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Revue de presse du mardi 27 juin

"Détricotages" contestés — Serpents de mer

L’actualité éducative de cette fin d’année scolaire est partagée entre les projets de rentrée, et les préoccupations saisonnières.


"Détricotages" contestés

Les mesures verticales du nouveau ministre continuent de susciter réserves et contestations.
C’est le cas des CP dédoublés dans les quartiers les plus défavorisés.
« Moins d’élèves dans les CP des quartiers les plus défavorisés pour mieux les encadrer : séduisante au premier abord, la promesse d’Emmanuel Macron inquiète des enseignants du primaire, qui craignent que ce soit au détriment d’autres élèves » lira-t-on dans Libération.
Dans la dernière lettre de l’éducation de la saison, Luc Cédelle évoque ces « détricotages » à géométrie variable : « L’actuelle équipe ministérielle est-elle en train d’éliminer avec méthode ou d’aménager avec pragmatisme ce qui a été fait par la précédente  ? Si les deux analyses coexistent, c’est que la réalité est elle-même ambivalente et évolutive. Deux grands dossiers l’illustrent » : la réforme du collège et le dispositif plus de maîtres que de classe. Ils sont passé en revue.
A propos du collège, l’Express est revenu dans celui de Tremblay pour évaluer la mise en place de la Réforme un an près : Réforme du collège : retour à Tremblay avec un "bilan plutôt positif". On pourra y lire les points de vue des enseignants et des élèves sur l’AP et sur les EPI.
« "C’est un travail monstre qui nous attend" et "un pari pour les élèves", avaient raconté à L’Express les professeurs de Pierre-Ronsard le jour de la rentrée. Ils évoquaient déjà des ajustements, des améliorations. "Il faudra six mois ou un an pour tout mettre en place, c’est une année de rodage pour voir si cela marche", pensait Claire Benhamou, professeure d’espagnol. Résultat, un an plus tard, "le bilan est plutôt positif, cela s’est bien passé", affirme Julien Maraval, principal du collège [...] A Tremblay, l’AP est aussi plébiscité par les élèves. "Il y a plus de soutien individuel", lance Line. "On participe davantage, les professeurs nous prennent plus en compte", raconte de son côté Sofiane qui du coup a "moins le trac de parler devant tout le monde". » Pour les EPI, le bilan est plus mitigé : « certains EPI ont bien fonctionné, d’autres un peu moins, assurent les professeurs qui demandent "moins de rigidité". "Il ne faut pas faire d’EPI un peu prétexte, dit Julien Bacconier qui regrette "trop de contraintes, notamment en terme d’horaires, de thème ou de nombre". "La transversalité est bénéfique si nous avons des heures pour préparer nos cours et se mettre d’accord entre professeurs", abonde Morgane Vieux. Un moment de concertation avait été planifié dans leur emploi du temps. Non rémunéré, il n’a semble-t-il pas suffi. ». Le ministre avait annoncé vouloir évaluer les dispositifs avant de prendre des décisions ...
Toujours dans la lettre de l’éducation, on lira avec intérêt l’interview de Jean-Paul Delahaye :
« Comment espérer construire du « vivre-ensemble » si l’école n’organise pas du «  scolariser-ensemble  »  ? Dans le projet de 2016, inclure dans le temps scolaire des collégiens un accompagnement personnalisé, pris en charge par des professeurs, c’est un progrès démocratique. Ce sont les élèves les plus démunis, les plus en risque de décrochage qui ont un besoin fondamental de ces heures. Laisser aujourd’hui la possibilité d’utiliser une partie de ces heures pour reconstituer des enseignements réservés à certains élèves, c’est utiliser ainsi l’autonomie pour mettre en concurrence les établissements. Ce n’est pas une façon d’être au service de tous, c’est une réponse à des intérêts particuliers. Les angoisses des familles pour l’avenir de leurs enfants doivent être entendues. Elles expliquent les stratégies individuelles  : choix d’école, choix de filière, etc. Mais le rôle des pouvoirs politiques est de rassurer ceux qui n’ont pas envie que l’école se transforme et de leur faire comprendre qu’il est de l’intérêt de tous d’élargir la base sociale de la réussite scolaire. »

Serpents de mer

L’utilité du baccalauréat en est un dans le monde éducatif. On lira le très intéressant article de Bruno Magliulo qui retrace son histoire, du baccalauréat réservé à une élite, au bac pour (presque) tous : plus de deux siècles d’une irrésistible expansion.
Pour ses débuts, « on attribue très fréquemment à Napoléon 1er le mérite d’avoir créé le baccalauréat. C’est vrai pour sa version moderne, mais faux pour sa version ancienne. Dès le XIIIe siècle, il existait un "bacca laurea" (ce qui, en latin, signifie "couronne de lauriers", par référence à l’objet symbolique que, dans les sociétés antiques, on plaçait sur la tête des vainqueurs d’épreuves de toutes sortes : Jeux Olympiques, batailles, guerres...). Ce diplôme, qui comportait plusieurs épreuves en latin, n’était délivré que très parcimonieusement, dans le cadre d’une poignée d’universités (en particulier celle de Paris), à l’issue de ce que nous nommons aujourd’hui "le premier cycle universitaire". »
Autre débat : Les professeurs sont-ils prêts à consentir à l’autonomie ? Laurent Frajerman, chercheur au Centre d’histoire sociale du XXème siècle de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne tente une réponse sur The Conversation. On y apprend que « le soutien à l’autonomie est [...] surreprésenté chez les jeunes professeurs et les professeurs de collège ».

On terminera par cette initiative d’un collectif de professeurs qui ont rédigé une lettre ouverte sous forme de pétition à la députée Claire O’Petit. Cette dernière y est interrogée avec malice sur ses propos choquants sur les profs, les musulmans, les roms ...

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Dessin de Fabien Crégut

Bon courage à celles et ceux qui corrigent,

Laurent Fillion


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Des numéros qui peuvent bien être utiles par les temps qui courent ...

N° 532 - Justice et injustices à l’école
Dossier coordonné par Marie-Christine Chycki et Émilie Pradel, novembre 2016
L’école est traversée par tous les débats qui agitent la société. La question de la justice y est particulièrement vive et le sentiment d’injustice très prégnant chez tous les acteurs aux prises avec l’institution. Entre la subjectivité du sentiment et les conditions objectives des injustices vécues à l’école, quelles réponses pouvons-nous apporter ?

N° 643 - Former les futurs citoyens
Dossier coordonné par Laurent Fillion et Pascal Thomas, juin 2016
Mise en place du nouveau socle commun, de l’enseignement moral et civique : l’éducation à la citoyenneté, thème souvent abordé par les Cahiers pédagogiques, revient au cœur des préoccupations. De quelle éducation à la citoyenneté parle-t-on ? Comment ne plus la confondre avec une éducation au civisme et à la civilité ?