Accueil > L’actualité vue par le CRAP > Les revues de presse > Revue de presse du mardi 27 janvier 2015


JPEG - 26.3 ko

Revue de presse du mardi 27 janvier 2015

Mémoire - Redoublement - Evaluation - Inclusion - Mathématiques


Dans cette revue, il sera question de la journée nationale à la mémoire des génocides, du lancement de la conférence sur le redoublement, mais aussi d’évaluation, d’inclusion, de mathématiques et de quelques autres sujets. Bonne lecture !

70 ans après, journée de la mémoire

27 janvier 2015, 70 ans après, Najat Vallaud-Belkacem invite la communauté éducative à redoubler de vigilance suite aux attentas de ce début d’année. A lire sur son blog, cet article titré Enseigner la Shoah avec plus de détermination après les attentats « L’école française « assume sa mission » d’enseignement de la Shoah, mais les attentats parisiens " nous invitent à assumer cette responsabilité avec encore plus de détermination" , a expliqué, ce lundi 26 janvier 2015, Najat Vallaud-Belkacem. A la veille du 70e anniversaire de la libération d’Auschwitz, la ministre de l’Éducation nationale a évoqué " une responsabilité toute particulière envers les victimes de la Shoah » qui « augmente au fur et mesure » que « les voix des témoins s’éteignent". Elle s’exprimait aux côtés du chasseur de nazis Serge Klarsfeld, lors de la présentation d’outils pédagogiques pour aider les professeurs du secondaire à enseigner la Shoah, édités par Canopé, organisme chargé de créer et diffuser ces documents. »
Les ressources du Réseau Canopé « A l’occasion des 70 ans de la libération du camp d’Auschwitz, la Fondation pour la Mémoire de la Shoah et le Réseau Canopé mettent en ligne un wedocumentaire à vocation pédagogique intitulé "Les deux albums d’Auschwitz", réalisé à partir de documents historiques exceptionnels témoignant du quotidien à l’intérieur du camp. »
Sur le site Eduscol « Le travail de mémoire passe prioritairement par l’éducation des enfants et des adolescents. Depuis 2003, la journée du 27 janvier est l’occasion pour la communauté éducative d’engager une réflexion sur les génocides et de rappeler les valeurs humanistes qui fondent notre démocratie. Une démarche à destination des jeunes générations qui, près de soixante-dix ans après la découverte des crimes commis par les nazis reste toujours aussi importante en termes d’éducation à la citoyenneté. »
A ne pas manquer également le document en film documentaire d’Itélé « De la marche de la mort à l’ouverture du camp, Le Document retrace la journée du 27 janvier 1945 autour des témoignages de deux rescapées ainsi que de l’un des premiers officiers Russe à avoir pénétré à Auschwitz. »
Enfin, pour mieux comprendre et enseigner, d’autres lieux de ressources à découvrir sur le site de l’académie de Paris. « L’année 2015 marque les soixante-dix ans de la libération des camps nazis. Le Mémorial de la Shoah coordonne, à l’échelle nationale, des cérémonies et des rencontres dans douze lieux de mémoire. »
A noter dans la presse du jour cet article de Mattea Battaglia Enseigner la Shoah, c’est parfois « moins facile qu’avant » à lire pour les abonnés sur le site du Monde international et toujours pour le Monde, mais disponible en libre consultation, cet article de Benoit Floc’h Enseigner la Shoah malgré « les influences contraires". « Franck Schwab ouvre un livre. Le professeur d’histoire-géographie lit un extrait des mémoires d’André Balbin, rescapé du camp d’Auschwitz. « Imaginez le pire, et vous serez encore en dessous de la réalité. » Le passage évoque le départ des nazis emportant dans leur fuite les derniers rescapés du camp d’extermination. « Les traînards sont abattus », écrit André Balbin. Un soldat y est préposé. Dans la fuite, les déportés se soutiennent les uns les autres, comme ils peuvent, aussi longtemps que possible. Parfois, l’un d’eux tombe... « On se bouche les oreilles », écrit Balbin, pour ne pas entendre la détonation qui l’achève. Les élèves, en classe de terminale au lycée Loritz de Nancy, écoutent le récit dans un silence impressionnant. » Enfin, à écouter sur France Inter "Assassiner les Juifs, c’est une vieille histoire chrétienne", un titre pour le moins violent pour un témoignage fort et troublant, celui de Marcelline Loridan-Ivens qui évoque notamment ses interventions dans les écoles.


JPEG - 91.5 ko
Le dessin de Jean-Marie Olaya

Le redoublement, combien ça coûte ?

Aujourd’hui avait lieu le lancement de la conférence sur le redoublement, organisée par par l’IFE-ENS de Lyon et relayée sur twitter par le @Cnesco_Educ Compte officiel Conseil national d’évaluation du système scolaire, une évaluation scientifique indépendante pour la réussite de tous les élèves. Plusieurs articles relayés dans la presse. Sur la page éducation du site 20 Minutes on tente de dresser l’état des lieux du redoublement en France. « Environ 30% des élèves Français âgés de 15 ans redoublent au moins une fois lors de leur scolarité. La France se classe ainsi au 5e rang des pays de l’OCDE qui font le plus redoubler leurs élèves. Seuls l’Espagne, le Portugal, le Luxembourg et la Belgique francophone présentent des taux de redoublement plus élevés. Le redoublement est utilisé soit pour lutter contre les difficultés scolaires rencontrées par un élève, soit dans le cadre de stratégies familiales pour contrer une orientation. » Sur le site du Café Pédagogique François Jarraud évoque la rentabilité de cette pratique très française. « Difficile d’évaluer le coût réel du redoublement. Encore plus difficile d’évaluer le profit de sa suppression. Pourtant le Cnesco a demandé à l’Institut des politiques publiques (IPP), un organisme de recherche lié à l’Ecole d’économie de Paris, d’évaluer l’impact financier de la suppression du redoublement. La surprise c’est que si le redoublement coute cher, sa suppression n’est rentable que lentement. » Sur le site de l’Est républicain, Philippe Rivet s’intéresse également à cet étrange phénomène qu’il nomme paradoxe. En effet :alors que « la majorité des familles et des enseignants reste attachée au redoublement, son inefficacité à long terme est démontrée par les chercheurs.. »

JPEG - 168.9 ko
Le dessin de Geneviève Brassaud

Evaluer autrement, c’est possible

Avant de se poser la question du redoublement, sans doute faut-il s’interroger sur les modes d’évaluation en cours dans nos établissements. A signaler cet article sur
le site NousVousIls « A l’école élémentaire de Chevry-Cossigny, l’évaluation par contrat de confiance d’André Antibi a été adaptée, dans une optique participative. Les élèves "co-construisent" leurs "fiches de réussite. Un retour d’expérience qui permet d’aller de l’avant : « Aujourd’hui, 70% des enseignants de ce territoire ont modifié leur regard sur les élèves, et réinterrogé leur manière de les accompagner jusqu’au contrôle », explique Philippe Roederer, qui constate « des progrès spectaculaires » dans les classes où le nouveau protocole a été mis en œuvre. Baptisé « contrat participatif d’évaluation », ce système transforme le « contrat d’évaluation » de l’EPCC en un véritable objet de travail partagé par la classe. » A lire également cette présentation intitulée Lutter contre la constante macabre, par Grégory Quiquempoix. Enfin, un autre témoignage, celui de François Lamoureux, enseignant "branché" et adepte des pédagogies coopératives, à découvrir en images et en mots sur le site de l’EIDOS64. On y parle évaluation, différenciation, apprentissages et ceintures... De quoi cogiter, semble-t-il, avant de faire redoubler...


Inclusion

L’inclusion qui vise à supprimer l’exclusion ou la ségrégation, diffère également de l’intégration qui permet, elle, au sein des structures scolaires, de développer des espaces spécifiques à l’accueil du handicap à l’école. L’inclusion, elle, va un cran plus loin encore ; elle vise à inclure et à accompagner, dans les classes ordinaires, les enfants à besoins éducatif particuliers. Pour autant cette inclusion est complexe à mettre en oeuvre et le premier des facteurs de difficulté de mise en oeuvre reste, en France, la méconnaissance et le manque de formation spécifique . Pour preuve cet article du télégramme ] qui soulève la question de l’autisme. « Depuis mars 2012, la Haute autorité de santé (HAS) recommande une prise en charge éducative, comportementale et développementale précoce de l’autisme. Cette prise en charge, encore peu développée en France, est appliquée partout ailleurs en Europe, et aux États-Unis parce qu’elle a fait ses preuves : elle permet aux enfants de gagner en autonomie, d’entrer dans la communication, de s’insérer à l’école et dans le monde ordinaire », explique la vice-présidente morbihannaise de l’association Papa, Maman et Moi contre l’Autisme. « C’est la raison pour laquelle, en mai 2013, le ministère de la Cohésion sociale a décrété son application obligatoire dans le cadre du troisième Plan autisme. Seulement, du fait même de la rareté de cette prise en charge en France, peu de personnes savent réellement de quoi il s’agit ». Un long travail reste donc à accomplir pour une bien noble mission.


Enseigner les mathématiques

Les maths ? moi, ch’uis juste zéro, c’est pas mon truc... Pour en finir avec cette litanie, on trouvera sur le site de l’académie de Rouen des pistes pour enseigner les mathématiques de manière plus efficace et plus ludique. « Le ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche Najat Vallaud-Belkacem a présenté, le jeudi 4 décembre 2014, les dix mesures clés qui constituent la nouvelle stratégie pour l’enseignement des mathématiques. Ces mesures reposent sur trois axes : 1- des programmes de mathématiques en phase avec leur temps. 2- des enseignants mieux formés et mieux accompagnés pour la réussite de leurs élèves. 3- une nouvelle image des mathématiques ». Voilà qui laisse rêveur ! Dans cette même optique, et pour poursuivre le rêve en jouant, on pourra se référer aux activités suivantes : Les maths en Légo
De quoi donner envie de replonger en enfance, vous ne trouvez pas ?


D’autres actualités à suivre

Sur le site 20 Minutes on traite d’une affaire en cours. En effet, « Un professeur de philosophie du lycée Victor-Hugo à Poitiers a été suspendu par le rectorat, accusé par les parents d’élèves d’avoir perturbé la minute de silence organisée le jeudi 8 janvier en mémoire des victimes de la tuerie à Charlie Hebdo. Les parents d’élèves se basent sur le récit des lycéens, qui racontent que l’enseignant aurait tenu des propos déplacés, selon une information révélée par la Nouvelle République. La suspension est d’une durée de quatre mois. »

Sur le site d’EducPros.fr on évoque la crise à l’université Rennes 2 et ses démissions en cascade. « Après la première vice-présidente, c’est au tour du conseil d’administration et du président. Les démissions s’enchaînent à l’université Rennes 2. La fac de sciences humaines se divise sur la fusion avec sa consœur, Rennes 1. Au cœur des désaccords : la gouvernance de la future université unique. ». Sur le même sujet, Le télégramme.fr titre : Universités. Les instances de Rennes 2 volent en éclat. « Séparée en deux après mai-68, l’université rennaise était en passe de retrouver son unité originelle lorsque l’affaire a capoté sur une question de gouvernance (notre édition de vendredi) : quoique ne pesant que 27% du budget de l’ensemble prévu, Rennes 2 rechignait à accepter des statuts où elle serait moins bien représentée que Rennes 1. »

Voilà, pour ce dernier mardi de janvier. Et demain vous serez en compagnie de votre fidèle Bernard Desclaux.

Ostiane Mathon