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Revue de presse du mardi 26 mai 2015

FCPE - Roman National - Podemos


L’actualité éducative de ce week-end de Pentecôte a surtout été marquée par le congrès de la FCPE, première fédération de parents d’élèves. Mais l’éternel (et lassant) débat sur l’enseignement du roman national continue. Quant à l’actualité internationale, elle a été marquée par des victoires électorales du mouvement Podemos en Espagne. De quoi nous amener à nous intéresser à son programme dans le domaine de l’éducation.


A la FCPE : de l’ovation à la non reconduction

Les jours de congrès se sont suivis sans se ressembler pour la FCPE réunie à Reims.
Samedi, la ministre était reçue. Son discours a été ovationné par les congressistes présents, comme nous le relatent Les Echos :« La réforme du collège répond à la demande des familles qui souhaitent « un système scolaire où les enfants ne soient distingués qu’en fonction de leur mérite », a affirmé samedi à Reims la ministre de l’Éducation nationale Najat Vallaud-Belkacem. « Les familles nous demandent une école qui soit à la fois capable de développer le goût de l’excellence et en même temps de rattraper ceux qui sont en difficulté, un système scolaire où les enfants ne soient distingués qu’en fonction de leur mérite et c’est le sens de la réforme du collège », a-t-elle déclaré lors d’un point presse après avoir été ovationnée par les militants de la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE) qui tient à Reims son 69e congrès. »

Dimanche, le rapport d’activité était rejeté et le président en titre, Paul Raoult, n’était pas réélu au Conseil d’Administration. Les opposants à la réforme du collège se sont donc précipité pour affirmer que ce camouflet était dû au soutien de la direction sortante à cette réforme. Marie-Estelle Pech, dans le Figaro titrait ainsi « Le président de la FCPE victime de son soutien affiché à la réforme du collège ».

Pas si simple, si on en croit les participants et observateurs de ce congrès. Luc Cédelle dans le Monde, avec toute la rigueur qu’on lui connaît, évite les raccourcis simplistes :« Crise de gouvernance ou premier contrecoup du passage en force de la réforme du collège ? Les deux explications s’entremêlent ». Il a notamment interrogé sur la question Paul Raoult, « statutairement encore président jusqu’à l’élection d’un successeur dans deux semaines, [qui] « dément formellement » cette interprétation. « La question posée au congrès n’était pas du tout celle de la réforme du collège. Cette question avait été posée en interne il y a un an et les principes de l’actuelle réforme largement approuvés. Il s’agit beaucoup plus d’un problème de gouvernance interne et d’une contestation visant à ce propos la direction nationale, dont moi-même. » Paul Raoult rappelle à ce propos que la ministre de l’éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem, a bel et bien été ovationnée lors de son intervention samedi à la tribune du congrès. « Les images sont sur notre site ne trompent pas », ajoute-t-il. »

Le point de vue de Jean-Marie David, membre de la délégation de la FCPE des Hauts-de-Seine, a également été recueilli : « « Attention aux raccourcis trop rapides ! Il y a un désaveu, reconnaît-il, mais la réforme du collège n’est pas seule en cause. » Les motifs d’insatisfaction sont divers. On reproche à Paul Raoult sa manière de communiquer dans les médias et ses positionnements politiques. Entre les deux tours des élections départementales, un communiqué appelant à barrer la route au Front national a surpris les militants. « Là, on est clairement sorti de notre rôle », estime M. David. ». On me permettra un certain étonnement à la lecture de ces propos quand on sait que les départements gèrent les collèges...

La chute de l’article du Monde est toutefois fausse : la FCPE de Paris n’a jamais envisagé de quitter la fédération nationale, surtout pas sur la question des rythmes. On n’en voudra pas à Luc Cédelle pour cette erreur, au vu des raccourcis et approximations entendues et lues ailleurs.

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Le congrès de la FCPE vu par Geneviève Brassaud

Pour clarifier (un peu) la situation, la Fédération des parents d’élèves a, dans un communiqué, rappelé qu’« elle continuera, pour la réussite de tous les élèves, à défendre la réforme du collège, qui devra être abondée en moyens suffisants pour répondre aux exigences des parents d’élèves ».

Sinon, pendant ce congrès, il était semble-t-il aussi possible d’échanger des idées, par exemple lors de la table ronde organisée le samedi après-midi et dont rend compte le site des Cahiers pédagogiques. Notamment, Stéphane Kus, chercheur à l’IFE au Centre Alain Savary, « a rappelé la situation d’inégalité du système français, avec ses ghettos privilégiés (classes préparatoires et grandes écoles) et ses ghettos défavorisés, les deux étant de faible mixité sociale. Il y a donc matière à interrogation sur ces « ruptures d’égalité » flagrantes, entre les territoires mais aussi à l’intérieur même d’un territoire ou d’un établissement. »

Roman national

Pierre Nora est interviewé pour le Figaro par Vincent Tremolet de Villers sur la réforme du collège et des programmes d’histoire. Dès le début de l’entretien, peut-être par mimétisme avec son interlocuteur, il ose un comparatif entre la réforme du collège et le mariage pour tous (voilà qui va chagriner quelques opposants à la première). Sur l’enseignement de l’histoire et ses objectifs, Pierre Nora avance que « l’arrivée d’un monde nouveau nous a brutalement arrachés au passé, aux traditions, au sentiment de la continuité, à une histoire avec laquelle nous étions de plain-pied, dont on héritait et qu’on cherchait à transmettre. Ce régime a disparu au profit du couple présent-mémoire. »

Il se pose également dans une position de neutralité sur le retour du roman national. « Le système d’information dont la dialectique binaire interdit toute nuance réduit le partage des historiens entre, d’un côté, les partisans du roman national à restaurer et, de l’autre, l’ouverture à une histoire que la pression de la mémoire coloniale a rendue culpabilisatrice. Je ne me reconnais dans aucun de ces deux camps. » Mais il ose parler de « péché de moralisme et d’anachronisme » ou « encore de l’arrivée massive d’une population pour la première fois difficile à soumettre aux critères de la francité traditionnelle ». Bigre, on n’ose imaginer ce qu’il aurait avancé s’il était vraiment défenseur d’une histoire qui enseigne un roman national au lieu d’ouvrir au monde et à l’esprit critique...

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Le roman national, une déclaration d’amour, dessin de JiMo

Enseignement du roman national encore, dans une mise au point dont Claude Lelièvre a le secret. Suite aux propos récents de J-P. Chevènement qui a osé avancé que sous son ministère au moins ce dernier était enseigné, l’historien de l’éducation nous prouve le contraire en publiant dans un article intitulé «  Le ’’roman national’’ au collège : une légende ! »le programme Chevènement de 1985. Point de roman national, même si la place de l’histoire de la "France" y est importante. Par contre, quel catalogue encyclopédique !

Podemos

Dimanche, le mouvement Podemos, issu de celui des Indignés, obtenait des victoires électorales importantes aux élections régionales et municipales espagnoles. L’occasion pour nous de nous intéresser au programme de ce parti sur l’éducation. C’est un domaine peu abordé par les médias français quand ils nous présentent ce mouvement. Les propositions présentées sont alors souvent exclusivement économiques. Nous avons toutefois trouvé un site militant ("Fontenay à gauche") qui expose l’ensemble du programme de Podemos.

En ce qui concerne le domaine qui nous intéresse -l’éducation- on retrouve bien évidemment des revendications typiques des mouvements de la gauche radicale : « Arrêt des processus de privatisation de l’éducation et de tous les services scolaires. » / « Elimination de toutes les subventions et de toutes les aides à l’enseignement privé, y compris sous contrat, et utilisation de cette économie pour le financement et l’amélioration des établissements publics. L’éducation doit être gratuite pendant sa période obligatoire. ».
Mais le programme éducatif de Podemos est aussi pédagogique. L’innovation pédagogique, les pratiques coopératives et démarches actives sont en effet au cœur des revendications de ce programme :
« Mise en place de mécanismes qui garantissent un système éducatif ouvert à l’innovation pédagogique, décentralisé, inclusif et qui contribue à réduire les inégalités sociales, en accordant une attention particulière à la diversité individuelle et culturelle des étudiant/es, et qui encourage les pratiques de coopération et d’aide mutuelle.
Mise en place, dans les projets éducatifs, d’outils qui encouragent l’innovation, la pensée critique, les processus, créatifs et l’éducation professionnelle
 »
Le numérique n’est pas oublié : « Adoption d’engagements pour le développement d’une politique européenne d’alphabétisation technologique de tous les groupes sociaux et générationnels, avec une attention particulière aux groupes qui ont le plus de difficultés et risquent d’être victimes de la fracture numérique »

Si seulement tous ceux qui, en France, se réclament d’une certaine connivence avec Podemos, pouvaient vraiment adopter ses idées...

Demain, Ostiane Maton vous proposera à son tour une revue de presse.

Laurent Fillion, avec pour les illustrations JiMo (un bon anniversaire !) et Geneviève Brassaud


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Ecole et familles
Revue n°465 - septembre 2008
Si la place des familles à l’école a connu une importante évolution, si les textes ont levé les entraves institutionnelles, il existe toujours des tensions entre les attentes des enseignants et l’implication des parents. Comment mettre en place une relation qui ne soit vécue ni comme une intrusion, ni comme une absence des parents ?

Enseignants, parents, réussite des élèves : quel partenariat ?
Ouvrage - Pierre Madiot - CRDP de l’académie d’Amiens Crap-Cahiers pédagogiques, collection Repères pour agir, 2010.
« Que font les parents ? », « c’est la faute aux parents », « les parents devraient nous laisser faire notre travail » : on entend trop souvent ces plaintes, qui ne sont pas sans se contredire. Le parti pris de cet ouvrage est à l’opposé des déplorations. Comme dans les autres livres de la collection, témoignages, outils, réflexions alternent dans un ensemble organisé et cohérent. Les lecteurs, professionnels de l’éducation ou parents y trouveront de nombreuses pistes pour un vrai partenariat, où chacun prend sa place, toute sa place. Et ceci alors que la mise en place du socle commun le rend encore plus nécessaire, pièce maitresse pour la réussite de tous les élèves.

Apprendre l’Histoire
Revue n°471 - mars 2009
Un dossier qui propose de nombreux récits de pratique et des réflexions pour aider les élèves à mieux apprendre l’Histoire, pour mieux se situer dans le temps du XXIème siècle.

14-18 : quel centenaire dans nos classes ?
Hors-série n°34 - fevrier 2014
Publication disponible uniquement au format numérique (PDF - epub), en téléchargement depuis notre site.
Ce dossier numérique souhaite avant tout contribuer à la réflexion sur ce que l’on veut étudier, analyser, comprendre. Il s’agit aussi d’outiller les enseignants désireux de mettre en œuvre des projets, de travailler sur le sujet en impliquant les élèves, en pratiquant une pédagogie active.

Mieux apprendre avec la coopération
Revue n°505 - mai 2013
Lorsque deux enfants, deux élèves ou deux adultes coopèrent, ils apprennent au travers des échanges. En même temps, ils se construisent des valeurs humanistes telles que la solidarité, le partage, le respect. Des témoignages pédagogiques, des repères précis pour oser l’aventure, dépasser les embuches.