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Revue de presse du mardi 25 mars

Suzanne revient ! - Vincent s’en va ? - Vers un bac pro enfin choisi - Fatigués et fichés.


L’information éducative continue à être quelque peu en suspens en cette semaine de la presse à l’école. On y trouvera une belle interview, le marronnier du moment (assaisonné par les éternels grincheux) , une enquête optimiste mais réaliste et deux infos qui raviront les « antitices ».

Souvenirs ou actualités ?

Vendredi dernier, L’Humanité proposait à ses lecteurs un portrait de notre amie Suzanne Citron sous la forme d’une interview. Elle y revient sur son parcours d’historienne et d’enseignante mais aussi sur les événements historiques qui ont marqué sa vie d’adolescente puis de citoyenne. Ce sont évidemment le rappel de ses combats comme pédagogues et comme comme professeur d’histoire qui ont retenu toute notre attention. Ainsi Suzanne revient sur le constat lucide qu’elle faisait du système éducatif dans les années 60 : « J’étais une ancienne «  bonne élève  » et une militante convaincue de l’école publique.[...] Mais je découvre comme parent et comme enseignante que cette école a bien des défauts : surcharge des programmes, enfermement des enseignants dans leur discipline, méfaits du système de notation, rigidités administratives ». C’était dans les années 60 ... déjà. Elle revient aussi sur le foisonnement d’idées pédagogiques nouvelles de la fin de cette décennie resté souvent sans suite. La fin de l’entretien est consacrée à son éternel combat contre l’enseignement du roman national « qui n’a jamais été véritablement déprogrammé ». C’est notamment dans un numéro de janvier 1970 des Cahiers Pédagogiques que Suzanne lançait ce débat. C’était en 1970 ... déjà
Enfin, deux jours avant le premier tour des élections municipales (plus éclairée que les instituts de sondage ?), elle nous donnait quelques pistes pour combattre les conservatismes et extrémismes : « Débusquer le totalitarisme masqué du Front national derrière son autolégitimation arrogante, cela exige de ses adversaires, par-delà l’incantation des mots, 
la refondation des choses  : l’exemplarité éthique et civique des gouvernants et la simplification 
du train de vie de l’État, une administration proche des gens, une école ouverte à tous les talents, des débats constructifs entre adversaires politiques. Face au projet d’une nation maurrassienne clôturée dans ses frontières et nourrie de roman national, une France des diversités et des multiples racines est à inventer, morceau d’humanité, 
bribe d’Europe, présage d’avenir. » C’était vendredi dernier... déjà.

Quel avenir ?

Le Figaro revient sur les rumeurs de remaniement qui n’ont bien évidemment pas désenflé depuis dimanche soir. Bien que pas candidat aux municipales Vincent Peillon est concerné puisque selon ce quotidien « l’atmosphère [est] électrique rue de Grenelle ». Un haut fonctionnaire, "habitué de la maison" se serait en effet épanché auprès des journalistes du climat ambiant et aurait avancé deux explications : « On sent la fin de règne. Le dossier mal ficelé des rythmes scolaires et celui des classes préparatoires n’ont pas aidé le ministre ». Rappelant la mésentente entre Jean-Paul Delahaye, le directeur général de l’enseignement scolaire et le directeur de cabinet, Alexandre Siné, révélée par l’Express il y a quelques semaines dont nous nous étions fait l’écho dans cette revue de presse, Le Figaro joue également au jeu des pronostics pour la succession de Vincent Peillon, en rappelant des noms déjà avancés.
Le blog satirique Edukactus croit, quant à lui, connaître la reconversion immédiate du ministre : entrer de son vivant au Panthéon.
S’il y en a un qui ne le regrettera pas, c’est bien Jean-Paul Brighelli qui nous livre dans Le Point une combinaison dont il a le secret : mauvaise foi, outrances, insultes ... Par égards pour mes lecteurs, j’éviterai de citer des passages de cet "article". Il revient notamment sur la désaffection de candidats aux concours, il avance toute une série d’explications. Pour ma part, j’en viens à me demander si ce n’est pas par peur de croiser des collègues capables d’écrire de telles lignes...

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Le dessin de Fabien Crégut

Vers un bac pro enfin choisi

La chronique quotidienne d’Emamnuel Davidenkoff sur France Info était aujourd’hui consacrée au lycée professionnel avec la recension d’une enquête réalisée par trois chercheurs du Centre de Recherches en Education de Nantes Pierre Yves Bernard, James Masy, Vincent Troger. Ces derniers se sont intéressés aux trajectoires des élèves de bac pro, entre promotion et espoirs déçus. Leur enquête a montré que le passage du bac pro en trois ans a fait diminuer l’orientation subie et a conforté l’orientation choisie en lycée professionnel. Ainsi « 87% de ces nouveaux entrants en bac pro avaient demandé en premier choix l’orientation vers la voie professionnelle, 81% se disaient satisfaits ou très satisfaits de leur orientation un mois après la rentrée ». Toutefois, le lycée pro continue aussi de recevoir les élèves « qui disent avoir été malheureux au collège », ceux qui ne sont pas adaptés au système (ou ceux pour qui le système de ne sait pas s’adapter ?). L’autre aspect important de cette enquête relaté dans la chronique est la plus grande proportion d’élèves qui souhaitent poursuivre les études après le bac. Mais on découvre de fortes disparités et surtout des réussites inégales. Du mieux donc mais peut mieux faire. Emmanuel Davidenkoff conclut en citant les trois propositions des auteurs pour améliorer les choses : la modularisation des parcours, la généralisation des systèmes de remise à niveau et l’adaptation du temps de travail des enseignants à la surcharge de travail que la réforme a entraînée pour eux. On y ajouterait volontiers le nécessaire changement des mentalités vis à vis de l’enseignement professionnel.

Fatigués et surveillés ?

Le Monde nous propose quelques chiffres sur l’utilisation des smartphones la nuit dans les chambres de nos ados à partir d’une enquête menée auprès de 133 élèves de classes de 5e et 4e dans un collège de Saint-Denis et un collège du nord de Paris : « 14 % se réveillent pour jouer sur Internet, 25 % se connectent à des réseaux sociaux et 32 % envoient des SMS – les mêmes pouvant cumuler ces activités ; 13 % d’entre eux y passent plus d’une heure, 15 % se réveillent naturellement et 17 % programment une alerte. Une fois couchés, 54 % utilisent leur portable et un tiers répondent à un message. » Voilà qui inquiète le réseau Morphée qui intervient en prévention dans les établissements scolaires.
En plus d’être fatigués à cause écrans, nos ados sont aussi fichés si l’on en croit cette fois-ci Mediapart, « et ce avec la complicité, involontaire, de l’éducation nationale ». Google aurait « en effet « subrepticement » collecté des données personnelles sur les quelque 30 millions d’élèves utilisant dans le monde une série d’outils mis à la disposition des enseignants par le géant américain à savoir la suite logiciels « Google Apps Education ». »
Va falloir que j’envoie un SMS cette nuit à mes élèves pour les mettre en garde...

Laurent Fillion


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Apprendre l’Histoire
Revue n°471 - mars 2009
Un dossier qui propose de nombreux récits de pratique et des réflexions pour aider les élèves à mieux apprendre l’Histoire, pour mieux se situer dans le temps du XXIème siècle.

Au lycée professionnel
Revue n°484 - octobre 2010
Comment travaille-t-on, enseignants et élèves, dans les lycées professionnels ? Comment fait-on avec des publics souvent fâchés avec l’école, avec de nouvelles prescriptions ?