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Revue de presse du mardi 24 mai 2016

Coupes budgétaires - recrutement - numérique


Les coupes budgétaires annoncées par les lettres de cadrage de Matignon continuent à faire des vagues dans le monde de l’enseignement supérieur et de la recherche, cependant que la DEPP publie une étude en demi-teinte sur le niveau des recrutements de l’année 2015. Le numérique occupe également une place de choix dans l’actualité éducative du jour, en France, en Belgique et au Japon. Où l’on voit que les débats qui nous occupent ne sont pas tant ceux de notre seul pays, mais bien plutôt de l’ensemble des pays développés.


Coupes budgétaires

Les lettres de cadrage budgétaire envoyées par Matignon à la plupart des ministères ne passent pas. Dans le secteur éducatif, si le Ministère de l’Education nationale semble épargné, il n’en va pas de même de celui de l’enseignement supérieur et de la recherche. La revue de presse d’hier se faisait déjà l’écho de cette actualité, et de la réaction très vive de certains chercheurs de très haut rand dans les colonnes du Monde. La presse du jour reprend cet appel. Ainsi Europe 1 qui rappelle que Huit grands chercheurs dénoncent les coupes budgétaires. “Ils s’appellent Albert Fert, Cédric Villani, Jean Jouzel ou encore Françoise Barré-Sinoussi. Ces chercheurs, pour la plupart prix Nobel, ont signé avec quatre autres grands noms de la recherche scientifique une tribune publiée en Une du journal Le Monde dans laquelle ils dénoncent les coupes budgétaires. Un projet de décret a en effet été présenté en commission des finances de l’Assemblée nationale, mercredi dernier, annulant 256 millions d’euros de crédits sur la mission "recherche et enseignement supérieur".”
Face à cette grogne, l’exécutif tente d’éteindre l’incendie, comme le titre Les Echos. "«  Les moyens de la recherche seront intégralement préservés  », a assuré ce lundi soir le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Les annulations de crédits «  n’auront aucun impact sur l’activité des organismes de recherche  ».«  Il est vrai qu’il y a eu des projets de récupérer un peu de sous pour financer des dépenses nouvelles » décidées par le gouvernement, a reconnu Thierry Mandon, ce mardi sur LCI. «  Nous avons travaillé avec Bercy et nous avons trouvé la façon de gérer ça. Il y aura quelques mesures techniques (...) mais il n’y aura aucun programme touché, aucun chercheur qui devait être recruté et qui ne sera pas recruté  », a-t-il affirmé. «  La réalité pour les chercheurs et pour les laboratoires, c’est qu’il n’y aura aucune coupe de budget, contrairement  » à l’une des pistes envisagées au départ, a ajouté le secrétariat d’Etat à l’Enseignement supérieur et à la Recherche."
De son côté, nous apprend le Huffington Post, Najat Vallaud-Belkacem veut rassurer les chercheurs qui craignent "un suicide scientifique". Il s’agit en réalité d’un article similaire, lui aussi basé sur le communiqué de presse commun de la ministre et de Thierry Mandon.
Enfin, la cause des chercheurs bénéficie d’un appui extérieur indirect, puisque La Commission des finances refuse les coupes du gouvernement (LCP). “L’avis n’est que consultatif, mais c’est bien un camouflet que les députés ont infligé au gouvernement, mardi en début d’après-midi. La commission des Finances s’est prononcée contre les 256 millions d’euros d’annulations de crédits décidés par le gouvernement dans le budget de l’enseignement supérieur.


Difficultés de recrutement

L’argent est là, en revanche, pour financer la création de postes d’enseignants. Malheureusement, c’est une confirmation, il semble que ce soient les volontaires qui fassent défaut, au moins pour la session 2015 des concours de recrutement. C’est ce que vient de mettre en évidence une note de la DEPP intitulée Concours enseignants 2015 du secondaire public : 20% d’admissions en plus aux concours externes rénovés. Un titre qui cache une réalité un peu moins reluisante. Le Monde prévient : l’Education nationale peine toujours à recruter. “Les trois disciplines qui avaient ouvert le plus de postes, les mathématiques, l’anglais et les lettres modernes, sont aussi celles qui ont le moins bien réussi à les pourvoir, note la direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (Depp), rattachée au ministère de l’éducation”. Confirmation dans Ouest France : l’Education nationale en quête de profs de maths, français et anglais. "Autre secteur déficitaire, les disciplines de l’enseignement professionnel, où le taux de postes vacants oscille entre 13 et 28 %.
Pour l’ensemble des matières, les admissions ont
[toutefois] progressé de 20 % en 2015 par rapport à 2014, au même rythme que les créations de postes, mais elles restent inférieures de 13 % à l’offre.
Sur la session 2015, 17 600 postes ont été proposés aux concours de professeurs du second degré pour l’enseignement public (agrégation, Capes, enseignement sportif, lycées technologique et professionnel
".

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Numérique

Peut-on changer l’école par le numérique ? Question posée dans l’édition du jour du Café pédagogique. “Faire entrer l’École dans la culture numérique : voilà pour tous un enjeu majeur, que Catherine Becchetti-Bizot, Inspectrice générale de lettres, porte depuis des années. Elle mène actuellement une mission nationale d’étude des « pratiques mobilisant des pédagogies actives liées à l’utilisation des outils et ressources numériques ». A l’occasion du colloque écriTech’7 qui vient de se tenir à Nice autour des nouvelles pratiques d’écriture, elle fait un point d’étape sur ses observations et réflexions : qu’est-ce qui change en profondeur avec le numérique ? Quelles sont les pratiques qui lui semblent les plus neuves et les plus intéressantes ? Comment les diffuser au mieux dans les classes sans enfermer « les initiatives foisonnantes dans des cadres contraints » ? Comment remettre la pédagogie au centre du Plan numérique pour l’éducation et ainsi « construire une culture commune qui fera changer l’école » ?

Le numérique, qui touche aussi l’actualité éducative d’autres pays. En Belgique, selon Le Soir, Apple se met à échanger gratuitement des iPad contre des MacBook Air dans l’éducation. "l’avis général est qu’un ordinateur portable reste plus pratique à utiliser au quotidien. Grâce au système d’exploitation complet, d’un clavier et d’un écran plus confortable à utiliser. Résultat des courses, les écoles publiques ne sont pas contentes et l’on fait savoir à Apple. S’en est suivi une décision plutôt avantageuse pour ces écoles. La pomme va remplacer tous les iPad mis en service par des MacBook Air.
Au Japon, on retrouve un écho des débats qui animent le monde de l’éducation en France, puisque là-bas aussi, L’apprentissage du code [sera] bientôt obligatoire dans les écoles, nous informe le site slate.fr. "Le ministère de l’Éducation japonais vient d’annoncer que l’apprentissage du code informatique serait obligatoire dans les écoles primaires en 2020, au collège en 2021 et au lycée en 2022, rapporte le site Japan News.
Plusieurs villes japonaises ont déjà lancé des cours de programmation informatique dans le primaire en coordination avec des entreprises locales
".
On notera, au passage, le calendrier singulier de cette réforme. Et si elle était là, la clé de la question posée hier sur le caractère irréformable de notre institution ? Annoncer des réformes plusieurs années avant leur mise en oeuvre afin de laisser à chacun le temps de se les approprier ?

Lionel Jeanjeau