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Revue de presse du mardi 24 janvier 2017

Enseignement - Orientation - Prédicat - Divers

Dans l’actualité éducative de ce mardi, il est beaucoup question d’éducation et d’orientation. C’est aussi le retour tant attendu (ou pas !) de la polémique autour du prédicat. Nous finirons avec quelques informations diverses.

Enseignement

Un article du Monde réservé aux abonnés revient sur les débuts difficiles dans le métier d’enseignant et fait le point sur la réforme de la formation initiale (qu’il a fallu totalement refonder en 2012, suite à sa quasi suppression par le gouvernement Fillon) :« La réforme de la formation, moins centrée sur les savoirs, porte ses fruits, mais la professionnalisation est encore jugée un peu courte. »
Le Café pédagogique, quant à lui, évoque le sujet de l’évaluation, qui serait plus favorable aux filles qu’aux garçons : « “Depuis le travail de Camille Terrier sur des classes de 6ème françaises, on savait que les professeurs de maths surnotent les filles. Une nouvelle étude, italienne celle-ci, portant également sur des classes de 6ème, montre que les filles sont aussi surnotées particulièrement en maths. Comment expliquer cette préférence de l’école pour les filles ? Quelles conséquences peut-elle avoir pour les unes et les autres ?” ».
Enfin, un article de Slate s’interroge sur les raisons de l’échec de nos élèves en difficulté : « La sociologie de la reproduction s’intéresse ainsi particulièrement aux catégories du jugement scolaire et à la fonction de verdict social de ce dernier. Néanmoins, elle n’explique pas les mécanismes de l’échec en tant que tel : qu’est-ce donc que ces élèves qui échouent à l’école n’arrivent pas à faire ? ». Il tente ensuite de définir ce qu’est l’échec scolaire et de donner quelques éléments d’explication. On peut regretter que ce questionnement intelligent et essentiel ne soit pas davantage au cœur des débats dans l’actualité éducative...


Orientation

Deux angles particuliers pour traiter ce sujet sont à relever aujourd’hui, et c’est pour mettre les pieds dans le plats. Un article de Capital, au titre provocateur, évoque ainsi les ratés de l’orientation et le nombre important de jeune qu’elle laisse sur le bord du chemin, et relaie quelques propositions d’amélioration possibles : « “Pour améliorer la transition lycée-enseignement supérieur, limiter les échecs et le nombre de réorientations post bac, cet organisme estime qu’il est d’abord "indispensable de repenser l’information et l’aide à la décision des étudiants et des familles" en construisant une plateforme apportant des informations transparentes et exhaustives sur les formations et les parcours, les prérequis, les procédures d’admission et même les statistiques de réussite en fonction des filières d’origine.” »
Libération relaie de son côté une information gênante pour le dispositif alternatif d’entrée à Sciences Po, destiné à accueillir plus d’élèves issus de lycées d’éducation prioritaire : « Mis en place par Richard Descoing en 2001, le dispositif devait permettre d’élargir le recrutement aux lycéens issus de catégories sociales modestes ou défavorisées en s’appuyant sur des établissements classés zone d’éducation prioritaire, les ZEP. Si plus de 40 % des étudiants appartenant à des familles CSP + entrent grâce à la fenêtre ouverte par la filière CEP, cela s’appelle un biais, ou un échec de l’ambition de mixité affichée initialement. Avec un sens de la formule qu’on n’apprend qu’à Sciences-Po Paris, Bénédicte Durand, nouvelle doyenne du collège universitaire chargée de veiller aux règles d’accès à Sciences-Po, évoque « un élément d’attention ». En clair, il y a un sérieux problème qui justifie de trouver des solutions, d’autant que le niveau monte de 20 % en 2001 (17 élèves), à 36 % en 2009-2010, et à plus de 40 % en 2016. On roule à contresens : la machine à produire de la diversité fabrique de l’homogénéité. »


Prédicat

Il vous avait manqué ? Eh bien, il est de retour ! Mais il s’agit plutôt de réponses à la polémique ridicule alimentée depuis plusieurs semaines (et ce ne sont pourtant pas les réels sujets de préoccupation qui manquent). Ainsi, le Café pédagogique évoque ici la mise au point du CSP (Conseil supérieur des programmes) sur le sujet : « “C’est peut-être son premier souci, le principal problème de la France... Le prédicat a fait la Une du Figaro, suscité des milliers de commentaires dans les médias et provoqué la réaction d’au moins un syndicat enseignant. Le Conseil supérieur des programmes (CSP) devrait publier le 24 janvier une mise au point que le Café pédagogique s’est procurée.” »
Et, en guise de clin d’œil, Catherine Chabrun publie sur son blog l’introduction de Célestin Freinet à la Brochure de l’éducation nouvelle populaire n°65, au titre provocateur ( Si la grammaire était inutile) : « C’était en 1951… Question toujours d’actualité, voire urgente au vu des débats de ces dernières semaines sur le « prédicat ». Et la question que Freinet décline dans le texte d’introduction de l’ouvrage n’a pas pris beaucoup de rides… »


Divers

Nous terminerons cette revue de presse avec quelques informations diverses. Commençons avec un article intéressant de Louise Tourret sur Slate, au sujet du burn-out des parents : « Vous n’aviez pas pensé à comparer vos enfants à des employés et la famille à une PME ? Des managers le font pour vous. Quant à ce qui est de se voir, en tant que salarié, assimilé à un gosse (parce que non, on n’est pas tous manager) même pour « collaborer », moi, c’est non. L’infantilisation des adultes, le prêt à penser et les formules toutes faite, c’est tout ce dont nous n’avons pas besoin comme aide. » Voilà qui donne à réfléchir sur le modèle de société dont nous voulons pour nous et les générations futures...
Demain, les AVS (auxiliaires de vie scolaire) manifestent contre la précarité de leur statut. Le Café pédagogique en parle ici.
Et pour terminer, une autre mobilisation, celle de la FCPE des Alpes-Maritimes, qui s’élève contre les excès sécuritaires de la mairie de Nice autour des écoles : « La principale fédération de parents d’élèves FCPE des Alpes-Maritimes a dénoncé lundi "la surenchère sécuritaire" de la mairie de Nice et son projet de placer un policier municipal armé dans chaque école primaire à la rentrée 2017.
La présence d’un policier dans chaque école et pendant toute la durée du temps scolaire répond à "une demande forte de la communauté éducative et à l’expression des Niçois suite à la consultation qui a été menée", a de son côté assuré l’adjoint aux écoles de la mairie de Nice Lauriano Azinheirinha (UDI). La mairie, conseillée par le cabinet israélien Lotan, avait soumis en septembre un questionnaire sur les missions de la police et 2.200 personnes y avaient répondu, sur 173.000 foyers fiscaux. »
Avec un taux mirifique de réponses de 2200 sur 173000 possibles, qui oserait encore affirmer que le très discret et efficace adjoint à la sécurité de la mairie de Nice ne se préoccupe pas des avis minoritaires ?
Aurélie Gascon


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Enseigner les langues aujourd’hui
N° 534 - Enseigner les langues aujourd’hui
Dossier coordonné par Soizic Guérin-Cauet et Hélène Eveleigh
janvier 2017
Apprendre une langue étrangère, c’est à la fois une évidence pour tous et une difficulté pour chacun. Et les études internationales ne font que confirmer que les Français seraient mauvais en langues. Quelles sont les pratiques qui permettent à l’apprentissage des langues vivantes d’être bénéfique pour nos élèves ?

N° 533 - Créer et expérimenter en sciences et technologie

Dossier coordonné par Évelyne Chevigny et Roseline Ndiaye
décembre 2016
L’enseignement des sciences expérimentales s’est considérablement renouvelé. Ces changements ont visé à mettre l’élève au centre, en prenant en compte les travaux de la didactique ainsi que les réflexions sur le bagage intellectuel de base pour tout citoyen du XXIe siècle, au cœur d’une société basée sur les sciences et les technologies.