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Revue de presse du mardi 24 février

Parcours citoyen - Ecole et réseaux sociaux - Evaluation en question - Bonus : la salle des profs perdus


Aujourd’hui, on s’interroge sur le parcours citoyen publié sur le site du Premier ministre. On réfléchit à l’influence des réseaux sociaux dans l’enseignement et l’on continue de parler évaluation.


Parcours citoyen

Sur le site du premier ministre, une infographie est disponible, illustrant le nouveau parcours citoyen. Il rappelle l’introduction de l’enseignement moral et civique (pas vraiment une nouveauté puisqu’il remplace l’éducation civique en reprenant une très grande part de ses enseignements), l’éducation aux médias et à l’information (sans détailler la forme de cet enseignement), la participation de l’élève à la vie sociale de l’établissement. Deux nouveautés : la participation des apprentis à des ateliers débats et philosophiques, et la préparation de la Journée défense et citoyenneté. Nouveauté aussi : ce parcours citoyen sera évalué au terme de la scolarité obligatoire.
Des annonces mais rien n’est détaillé sur la mise en œuvre.

Le blog de l’UNSA, l’école de demain en fait une lecture critique : " La réponse française, c’est encore plus de pression sur notre jeunesse, un discours incitant à la fois à l’ouverture et à l’exercice des droits et affirmant en même temps de vieilles recettes comme le retour à l’autorité ou la prescription d’un nouvel enseignement. Le programme de l’enseignement moral et civique (EMC) pour le collège n’est-il pas déjà une occasion ratée ?".
Le blog en profite pour interroger Laurent Fillion qui avait dirigé l’ouvrage "Comment éduquer à la citoyenneté ?". S’il aime bien l’idée de parcours, il constate que l’on confond citoyenneté, civisme et civilité et que le parcours reprend ce qui se fait déjà. "Il ne s’agit donc pas de dicter ce qui est bien mais de proposer des situations d’apprentissage qui amènent les élèves à confronter et à se confronter afin de faire émerger une véritable citoyenneté".

Aux Cahiers Pédagogiques, on y a réfléchi. On peut trouver un résumé dans "Ne pas se tromper de chemin".
Que faire ?
"repenser des programmes qui fassent la part belle à l’éducation à la citoyenneté par l’apprentissage actif de la démocratie, à l’éducation aux médias, à la transversalité et à l’interdisciplinarité."
"rétablir une formation initiale et continue des enseignants, en particulier sur la capacité à mener un véritable débat laïque, à faire face aux discussions houleuses en classe, à enseigner le fait religieux, les sujets sensibles."
"l’État doit poser les bases d’une lutte efficace contre l’apartheid scolaire, puisque apartheid il y a. Faire en sorte que la réussite de tous ne soit plus un slogan, mais une réalité."


Ecole et réseaux sociaux

Le café pédagogique signale ce matin la parution d’une enquête de l’INJEP sur Twitter comme outil de transformation dans le champ éducatif. Ce travail de Cécile Delesalle et Gérard Marquié s’intéresse d’abord à l’usage de ce réseau social en classe, utilisé pour valoriser les productions des élèves, mais aussi comme outil d’éducation aux médias. Il montre aussi l’usage de Twitter par les enseignant pour "se former, veiller et mutualiser des outils pédagogiques. C’est « ma salle des professeurs virtuelle » dit l’un d’eux. Twitter est utilisé pour se former en continu car il donne accès à « une mine d’expériences. Pour les enseignants qui ont de la curiosité, c’est magique »".
Ils remarquent aussi les injonctions contradictoires de l’institution. "On parle de « résistances » de la hiérarchie, de rapports « compliqués avec des conseillers pédagogiques qui maîtrisent moins bien les outils », d’instances formatrices qui déconseillent l’utilisation de Twitter, d’établissements où les comptes Twitter et Facebook sont bloqués, d’un rectorat qui interdit un projet Twitter après que l’inspecteur de l’Éducation nationale ait donné un feu vert, de lenteurs « procédurières » dans l’autorisation des projets…”.
Il est vrai que twitter est un outil très intéressant, notamment utilisé par les rédacteurs de la revue de presse pour sa réactivité.
Ce n’est pas Stéphanie de Vanssay (@2vanssay) qui me contredira, elle qui, sur le site Educavox, explique comment le réseau a changé sa vie. Elle "peut affirmer que les réseaux sociaux n’isolent pas : ils lui ont permis dit-elle de rencontrer dans la "vraie vie" nombre de celles et ceux qui la suivent sur Twitter". Ce que je peux confirmer. Et voilà pour ceux qui estiment que les réseaux sociaux isolent...

Ne nous contrediront pas non plus les professeurs du collège Henri Matisse de Grand-Couronne dont le café pédagogique relate les travaux. " les professeures de français Claire Ridel et Laurence Bot ont avec la professeure-documentaliste Sophie Bocquet-Tourneur développé des pratiques de travail collaboratif qui feraient rêver beaucoup d’établissements. Un site internet commun permet de diffuser des ressources à destination des élèves, mais aussi de publier leurs productions pour valoriser et stimuler leur créativité." De très nombreuses productions, dont des bandes-annonces, mais aussi de faux profils Facebook (une idée originelle de François Jourde que j’ai moi même expérimentée avec succès en histoire), une exposition virtuelle, etc.

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Twitter - Le dessin de JiMo

Evaluation en question

Le ministère n’a pas voulu changer l’évaluation des élèves, mais le sujet continue d’agiter la blogosphère.
C’est le cas sur le blog Profencampagne dont l’auteur s’interroge sur le pourquoi de la notation. En effet, la note chiffrée en rouge n’est pas la seule manière d’évaluer. "Mais voilà, la note en rouge fait partie de l’Histoire de l’École. Nous, professeurs et parents, avons été notés par les chiffres. Concernant les professeurs, et bien sûr pas seulement, plutôt bien notés... " Il revient sur le débat notes chiffrées = autorité du professeur.
A lire aussi l’article de Bernard Desclaux sur la relation entre l’évaluation et l’orientation sur son blog. "Mais quelle est la fonction de l’évaluation au sein du système scolaire français ? Est-ce qu’il s’agit de faire réussir tous les élèves, ou s’agit-il de les classer pour les distinguer et les « orienter » ?
Au fond notre organisation scolaire suppose toujours un petit lycée trieur qui participe gentiment à la fabrique de l’élitisme républicain parait-il, mais qui surtout maintien la répartition sociale actuelle.
"

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Noter ou ne pas noter, that is... - Le dessin de Geneviève Brassaud

Bonus : la salle des profs perdus

Le journal La Croix signale la diffusion sur France Culture cette semaine d’une fiction par épisodes de 10 minutes qui "conte les souvenirs d’Annie, professeur de français aux portes de la retraite préparant son discours de départ avec son compagnon Claude." "Ces chroniques esquissent à grands traits vifs, pleins d’humour mais aussi, souvent, de vérités, les difficultés du métier." A écouter, pour ceux qui sont encore en vacances, ou à podcaster.

Géraldine Duboz.
Vous retrouverez demain Bernard Desclaux.


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Eduquer à la citoyenneté
Laurent Fillion, collection Repères pour agir, Scéren-CNDP et CRAP-Cahiers pédagogiques, 2012.

Comment offrir aux élèves un parcours qui mobilise les valeurs, pratiques civiques et comportements sociaux ? Quelles actions mener pour favoriser leur participation à la vie sociale et professionnelle ?
Comment évaluer ensuite ces compétences si particulières ?
Laurent Fillion a rassemblé dans cet ouvrage des propositions très diverses, basées sur des situations expérimentées en classe. Toutes visent les mêmes objectifs : aider les élèves à vivre en société et construire de futurs citoyens. Enseignants, éducateurs et chercheurs témoignent et livrent leur point de vue sur la mise en place de cette compétence emblématique du socle commun.

L’évaluation plus juste et plus efficace
Florence Castincaud et Jean-Michel Zakhartchouk, collection Repères pour agir

Un livre pour faire évoluer les pratiques en terme d’évaluation des élèves. Entre retours d’expérience et analyse profonde du sujet, il offre une lecture stimulante et salutaire pour aborder cette question d’actualité difficile.