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Revue de presse du mardi 23 octobre 2018

Émoi — Côté ministre — Rire et réfléchir — Et pendant cetemps

Toujours la même centration de l’actualité


Émoi

Violences à l’école, l’émoi des enseignants
Après l’agression d’une enseignante en fin de semaine à Créteil, de nombreux professeurs ont dénoncé, lundi 22 octobre sur Twitter, le faible soutien apporté par leur hiérarchie à des faits de violence.
Si le nombre d’incidents graves est stable, la permanence des violences scolaires interroge
.”

Éducation. Des profs bien seuls face à la violence
Quelles réponses apporter ? Depuis jeudi dernier, et la mise en ligne d’une vidéo montrant un élève du lycée Édouard-Branly de Créteil (Val-de-Marne) en train de braquer sa professeure en pleine classe avec une arme factice, le débat sur la sécurité dans les établissements scolaires est reparti de plus belle. L’affaire a suscité l’indignation jusqu’au sommet de l’État. Mais également – fait nouveau – libéré la parole des enseignants qui, depuis deux jours, critiquent l’inaction et les réponses inadaptées de l’éducation nationale face aux violences verbales, et parfois physiques, qu’ils peuvent subir. Lancé ce week-end sur Twitter, le hashtag ironique #PasdeVague a rencontré un succès foudroyant. Agressions mal ou pas sanctionnées, faits minimisés… Plus de 20 000 messages y auraient été postés. Des dizaines de professeurs évoquent les brutalités, notamment orales, qu’ils doivent endurer et le manque de soutien de leur hiérarchie. « Il existe une forme d’omerta, explique même une principale adjointe d’un collège. Un chef d’établissement n’a rien à gagner à signaler les problèmes. »

Éducation : la parole se libère après de multiples violences
Depuis l’agression d’une professeure dans un établissement de Créteil (Val-de-Marne), des enseignants témoignent sur les réseaux sociaux avec un hashtag pour dénoncer les faits de violence auxquels ils sont confrontés. Cette agression semble provoquer une vague de libération de la parole.”

Violences à l’école : le témoignage choc d’une enseignante
Ayant pris part au hashtag #PasDeVague dénonçant les violences à l’école, une enseignante a souhaité témoigner et réclamer le soutien des parents, des journalistes et des politiques.”

Violence scolaire : Il est temps d’écouter les profs
On a eu peur pour cette professeure. Cet incident nous a tous choqué. La violence subie par l’enseignante de Créteil suscite une grande émotion. Parfaitement légitime, elle dépasse maintenant cet incident. Ce qui remonte avec une très grande force à travers la multiplication des témoignages d’enseignants sur les réseaux sociaux et dans la presse c’est le ras le bol des professeurs envers leur institution. Ils ne se sentent ni soutenus ni traités correctement. S’ils s’identifient si fort à l’enseignante de Créteil c’est qu’ils sont brutalisés par l’institution depuis des années. Il est temps d’écouter les profs.”

Violences scolaires : « Les enseignants considèrent souvent qu’ils ne sont pas soutenus par leur hiérarchie »
Selon des enquêtes, moins de 1 % des enseignants sont victimes de violences physiques. Les insultes, elles, restent fréquentes.”

Exclusif : Eric Debarbieux : Les enseignants se sentent méprisés
Que faire après Créteil ? Alors que le pouvoir politique s’agite, dit vouloir "rétablir l’ordre", déscolariser les élèves auteurs de violences et interdire le portable dans les lycées, que nous disent les recherches ? Expert reconnu internationalement, Eric Debarbieux, ancien délégué ministériel chargé de la prévention de la lutte contre les violences en milieu scolaire, pointe déjà l’inefficacité de l’interdiction des portables. Il rappelle ce qui a été fait. Il pointe aussi dans cet entretien accordé au Café pédagogique ce qui reste à faire.”

#PasDeVague : pourquoi les profs n’ont pas parlé des violences avant
Trois raisons évoquées : Parce qu’on leur a demandé de se taire, Parce que ça peut leur nuire, Parce qu’il y a une part d’autocensure


Côté ministre

Blanquer, la digue anti-vague
Pour un peu, ce serait lui le vrai ministre de l’Intérieur. Jean-Michel Blanquer, qui réagit au braquage d’une enseignante par son élève avant même Christophe Castaner, son collègue de Beauvau. Jean-Michel Blanquer, d’autant plus prompt à brandir la règle de fer, qu’il sait le corps enseignant en proie au malaise. Sanction, déplacement sur le terrain, réflexion sur la « responsabilisation des parents », vite réagir pour vite se poser en « ministre des professeurs » (dans « Le Parisien »). Car la vague monte.”

#Pasdevagues : le ministre et le hashtag
Il n’empêche, ces cris de colères rassemblés sous le mot-clé #pasdevagues renvoie à une mécanique que l’on a connu avec les hashtags #MeToo ou #Blacklivesmatter - qui concernaient d’autres sujets bien sûr, en l’occurrence le harcèlement sexuel et les discriminations contre les afro-américains. Mais ces mots-clés, partagés des milliers de fois disent une même chose : ce qui peut-être vu comme une succession de faits isolés est en fait constitutif d’un système... En d’autres termes, le hashtag dit que c’est grave, mais aussi que c’est courant. Il a la puissance évocatrice du fait divers, et la force statistique du nombre. Il devient dès lors impossible à ignorer pour le politique. Un ministre peut recevoir des représentants syndicaux, il peut réunir des parents d’élèves, faire descendre la température... Mais que peut-il contre un mot-clé sur twitter, dont le succès amène encore chaque minute de nouveaux témoignages.”

Violences à l’école : « il faut plus de transparence et plus de sanctions », selon Attal
Il a précisé sur LCI que le « comité stratégique » annoncé par le ministre de l’Éducation, Jean-Michel Blanquer, et le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, aurait lieu « demain » (mercredi).”


Rire et réfléchir

Anne Roumanoff : ’Pour être prof, il faut avoir le mental d’un membre du GIGN mais sans le gilet pare-balles"

Un rappel par Christophe Chartreux d’une émission-interview d’il y a quelques jours
Quand les émotions prennent le pas sur la raison... (Vidéo)


Et pendant ce temps

L’école est plus inégalitaire en France que dans la plupart des pays développés (classement Pisa) par Valérie Cantié@valeriecantie, avec agences
La France peut mieux faire pour assurer une réussite égale aux élèves issus de milieux défavorisés, montre une étude publiée lundi par l’OCDE sur la base des données Pisa (Programme international pour le suivi des acquis des élèves).”

Bernard Desclaux


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

N° 547 - Des alternatives à l’école ?
Dossier coordonné par Richard Étienne et Jean-Pierre Fournier
septembre-octobre 2018
Qu’en est-il de ces expériences de classes et d’écoles alternatives, dans le système public comme à l’extérieur, voire à l’étranger ? Sur quels principes se fondent-elles ? Comment interroger ces principes ? Un dossier pour voir plus clair dans ce qui, au-delà d’une certaine mode, reste flou.

N° 546 - L’histoire à l’école : enjeux
juin 2018
Comment les élèves peuvent-ils construire un rapport apaisé, critique et intégrateur au passé de la société humaine et à l’Histoire ? Une histoire qui prenne en compte le récit, l’histoire politique, économique, sociale, les représentations, les enjeux de mémoire, qui éveille l’esprit et qui crée du « nous ».