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Revue de presse du mardi 21 juin 2016

Bac - Bienheureux enseignants ? - International - Enseigner l’arabe


Le Bac est à nouveau au menu de cette revue de presse, qui s’intéresse également aux états d’âme des enseignants (pas toujours négatifs comme nous le verrons). Une grosse actualité également autour des questions internationales, que ce soit à l’étranger ou dans nos propres établissements.


Bac

La presse continue, d’une façon assez ridicule, à relayer aujourd’hui des coquilles assez ordinaires dans les sujets du Bac, ainsi que les pétitions tout aussi ridicules de certains candidats à l’encontre de sujets jugés trop difficile (ce qui laisse parfois perplexe, à l’image de cette pétition se plaignant d’un sujet d’anglais osant demander à des élèves de terminale générale de savoir localiser Manhattan ! On trouve même, cerise sur le gâteau ou ironie bien sentie, une pétition contre les pétitions d’élèves contre les sujets difficiles du Bac. Vous suivez ? Tant mieux pour vous...)

Nettement plus intéressante, la question du Ramadan, qui tombe cette année en plein dans les épreuves du Bac, compliquant singulièrement la vie des lycéens musulmans qui choisissent de suivre de façon rigoureuse cette pratique. Bac 2016 : « Le ramadan est un challenge supplémentaire », titre ainsi Le Monde. Un article qui est une compilation de petits témoignages recueillis sur le site du Monde Campus, et qui ont finalement une tonalité assez différente de ce que laisse entendre le titre. L’essentiel des témoignages proviennent en effet de jeunes qui s’accommodent finalement fort bien de la pratique du jeûne en pleine période d’examens.

Plus fondamental encore, le Téléphone Sonne de France Inter posait hier la question (un peu rituelle également, avouons-le), faut-il réformer le Baccalauréat ?. Nathalie Mons, sociologue de l’éducation, et Armelle Nouis, proviseure d’un lycée parisien, répondent aux questions des auditeurs en abondant dans un sens assez favorable à une réforme du Bac, qui se manifesterait essentiellement sous la forme d’une grande simplification, sinon d’une réduction drastique de la voilure de cet examen qui détermine pratiquement toutes les dimensions de la pratique pédagogique au lycée.


Bienheureux enseignants ?

France Info nous présente Les 7 véritables privilèges du prof. Où l’on apprend que oui, les enseignants sont des privilégiés, mais que ce terme ne recoupe pas nécessairement la même chose que ce que l’opinion publique peut penser. "Les profs ? Des privilégiés, tout le monde le dira. C’est vrai, je suis le premier à reconnaitre que je suis un privilégié. Tout dépend de ce qu’on entend par "privilège"… Oubliez les clichés, voici sept vrais privilèges de prof que je regretterais beaucoup si j’arrêtais d’enseigner, sept avantages qui font la valeur de mon métier malgré ses difficultés".

Mais qu’on se rassure, le métier conserve quand même cette capacité rare à transformer toute évolution en souffrance potentielle. Et ce sujet ne peut évidemment pas être abordé sans faire un détour par la réforme du collège ! "Seuls 4 % des enseignants et personnels de direction qui ont répondu à l’enquête de notre partenaire, le Web pédagogique, sont "enthousiastes" et "ont hâte" de mettre en place des EPI (enseignements pratiques interdisciplinaires". Ils étaient un peu plus de 7 % au mois de février. Alors que 22 % disaient être sereins, ils ne sont plus que 12 %. De même, la proportion de ceux qui sont "attentifs" et qui "cherchent des solutions" baisse de 10 points, de 40 à 29,5% tandis qu’augmente de 10 points la proportion des "inquiets", qui ne savent pas "comment les mettre en place" (de 21 à 31 %). Et ils sont 16 % à être "opposés", comme cet enseignant qui déclare, sans souci de la nuance, "il faut abroger la réforme du collège, demander aux élèves de travailler, demander aux parents de rester à leur place, mettre des notes et restaurer l’autorité des professeurs". C’est le magasine en ligne ToutEduc qui livre ces éléments, dans un article intitulé Réforme du collège : les EPI se mettent en place, mais les inquiétudes et l’opposition augmentent.En fait de nain qui illustrait l’article de France Info, pour le coup, à la lecture de tels propos, on pensera bien plus à Grincheux qu’à Prof !


International

Education : l’Allemagne fait mieux que nous avec moins de moyens. "Comparée à celle de nos voisins, la performance du système scolaire français n’est pas à la hauteur des budgets qui lui sont consacrés. Notamment à l’égard des élèves défavorisés". Pour appuyer ses dires, Capital.fr donne la parole au secrétaire général du SNPDEN, premier syndicat des personnels de direction de l’Education nationale. "Notre système scolaire coûte cher, sa pédagogie, son organisation et ses programmes sont à côté de la plaque, il stresse les élèves et les profs, et en plus il fabrique de l’exclusion", assène [ce dernier]. Exagéré ? La comparaison avec nos voisins lui donne plutôt raison. Surtout sur le dernier point".

Au Mexique, une manifestation d’enseignants fait au moins six morts, nous apprend Le Monde. "De violents affrontements ont fait six morts, dimanche 19 juin, dans le sud du Mexique, lors d’une manifestation d’enseignants qui protestaient contre une série de réformes du système éducatif.
Les heurts ont éclaté lorsque quelque 800 policiers sont intervenus pour déloger un millier d’enseignants qui bloquaient depuis une semaine une route d’Asunción Nochixtlán, dans l’Etat touristique de Oaxaca, avec l’aide d’une centaine d’étudiants et d’autres sympathisants, dont des parents d’élèves. Des groupes d’hommes non identifiés ont ouvert le feu contre les civils et les policiers
". Il semble donc difficile de lier directement au mouvement enseignant ce bain de sang, manifestement davantage lié au climat social extrêmement tendu que traverse actuellement le Mexique.

Terminons enfin, une fois n’est pas coutume, par un article du Figaro qui semble tout en nuance et sans parti pris, sur un sujet pourtant hautement sensible. Le quotidien conservateur revient en effet, dans son édition d’aujourd’hui, sur l’enseignement de l’arabe à l’école, et la passe d’arme qui a opposé la ministre à une députée LR farouchement opposée à une pratique qu’elle jugeait communautaire. L’article de Marie-Estelle Pech, hélas réservé au abonnés, semble en effet élever le débat et le placer sous un angle intéressant, celui de la perception de la langue arabe dans l’opinion publique. Une langue perçue, à tort, comme intrinsèquement liée à l’Islam, alors qu’elle est d’abord la manifestation d’une des plus prestigieuses civilisations de notre histoire commune. Et j’ajouterais pour ma part une langue qui, dans son enseignement, ne dépare pas des autres par le fait qu’elle n’est pas enseignée seule, mais accompagnée d’une découverte de la culture dans laquelle elle se déploie. Incontestablement un enrichissement pour bien des élèves, même (et surtout) culturellement éloignés de l’Islam.

Lionel Jeanjeau