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Revue de presse du mardi 21 février

Polémiques - Une autre école ? - Divers

De nombreuses polémiques dans l’actualité aujourd’hui, liées ou non à la campagne politique. On y voit aussi d’autres façons de faire l’école. Quelques actualités diverses pour terminer.


Polémiques

La fille de Jean Zay, grande figure de gauche et de la laïcité, s’insurge de la récupération des propos de son père par le Front National. "Hélène Mouchard-Zay le rappelle : « Ceux […] qui, dans les années 30, menacent la laïcité, ce sont essentiellement les ligues d’extrême droite qui, pour détruire la République, maintiennent l’agitation dans les établissements scolaires et cherchent à y introduire leur propagande, par toutes sortes de ruses : tracts, recruteurs, enrôlement, etc. C’est contre les menées de ces ligues que Jean Zay veut protéger les enfants, et par la protection de la loi. »"

Claude Lelièvre s’attaque à Bayrou qui veut remettre en place l’école fantasmée de Charlemagne. "Au cœur de son exposition sur l’Ecole : une opposition (plus que caricaturale, mais susceptible de capter des électeurs) entre « deux conceptions de l’école, l’école qui veut d’abord transmettre, qui croit aux contenus, et l’école qui croit que la pédagogie est d’abord animation » (sic). Pour en finir avec « cette guerre qui dure depuis des décennies » (re-sic) et refonder à sa façon l’Ecole, François Bayrou a une solution inédite : en revenir à la fondation (fantasmée) de l’école carolingienne et à son programme (soi-disant) quasi intemporel (!) de ’’ blocs de connaissance’’ !"

Le Comité de suivi de la refondation publie un rapport assez critique de l’application de la réforme au collège. " Tous les changements ont dû être mis en même temps lors de la rentrée 2016 : assimiler des programmes nouveaux et les mettre en oeuvre à tous les niveaux en même temps (avec toujours le même sujet : qu’est-ce que mettre en place un programme défini pour trois ans dans la troisième année d’un cycle quand les élèves n’ont pas eu le programme des deux premières années ?), une culture de cycle méconnue au collège, des formes d’évaluation et des outils nouveaux pour en rendre compte, des bouleversements organisationnels avec un accompagnement personnalisé dans une nouvelle formule, les Enseignements Pratiques interdisciplinaires (EPI), les enseignements de compléments", poursuit le comité. Quant aux actions de formation , nombreuses en 2016, elles n’ont pas touché tous les enseignants..."

Un site d’aide aux devoirs tarifée fait polémique. "La ministre de l’éducation et le principal syndicat lycéen souhaitent la fermeture de Bonnenote.fr, qui propose d’effectuer exercices et dissertations moyennant rémunération."

Dans Rue des Ecoles, une interrogation intéressante sur les inégalités scolaires. "Depuis quand l’école augmente les inégalités scolaires ? Peut-on critiquer le rapport Pisa qui ne cesse de le rappeler ? Le discours de déploration sur l’école plombe-t-il l’école française ?"

Une collègue handicapée ne peut enseigner et dénonce le traitement différent appliqué aux enseignants malentendants et malvoyants. "Janick Leclair, professeure de français et sourde depuis l’âge de 5 ans des suites d’une méningite, ne peut pas enseigner sur décision du rectorat. L’enseignante, qui a obtenu son Capes de lettres modernes en juillet 2015, avait pourtant été affectée au lycée de Saint-Gaudens (Haute-Garonne) en septembre dernier."


Une autre école ?

Prisons : deux enseignantes racontent leur quotidien auprès de jeunes détenus.
"Depuis 10 ans, Sylvie donne des cours à ces jeunes, qu’elle ne considère pas comme des détenus, mais comme ses élèves. "Ce qui nous regarde, c’est qu’ils se construisent dans la vie", explique-t-elle. Idem pour Cécile, professeure de français. En 12 ans, elle n’a jamais pensé à démissionner, même au lendemain des attentats de Paris. Après les cours, les détenus retrouvent leur cellule et les enseignantes leur liberté."

Un long article de Slate fait le point sur l’enseignement à la maison, objet de bien des fantasmes. "Très largement minoritaire en France, l’instruction en famille est l’objet de nombreux tabous et fantasmes. Elle rassemble pêle-mêle des parents déçus par l’école ou dont l’enfant porteur de handicap ou de spécificités cognitives n’a pas été pris en charge de manière adaptée ; des parents conservateurs qui souhaitent donner une instruction religieuse à leurs enfants ; tout autant que des férus d’innovations pédagogiques, ou qui, au nom d’idéaux écologiques et philosophiques souhaitent renouer avec un mode d’instruction où l’enfant serait au contact du monde des adultes et qui valoriserait davantage les ressources locales."

Un dossier du Figaro (réservé aux abonnés) s’attaque à la phobie scolaire. " « Je n’ai pas demandé à être parent professeur ! Je n’ai pas non plus demandé à l’école de détruire mon enfant… » Isabelle, sept enfants, est la mère de Damien. À 11 ans, il suit, par correspondance, des cours de classe de sixième. Depuis le CM1, il ne va plus à l’école. Une semaine après la rentrée, une énième crise d’angoisse l’a empêché d’y remettre les pieds. Le point final d’une scolarité douloureuse, depuis le CP. "

On revient dans VousNousIls sur le dispositif de l’école pendant les vacances : "Pour tous les élèves de primaire et de secondaire, les vacances ne riment pas forcément avec farniente. Elles peuvent être studieuses, et se dérouler dans leur établissement scolaire."

Partons au Kenya découvrir une école à l’anglaise du genre de celle d’Harry Potter. "Cet établissement privé dispense aux 6-13 ans une éducation stricte à la «  british ». Le cricket et les bonnes manières, c’est magique." Mais c’est aussi très cher !


Divers

Les jeux dans la cour de l’école ont-ils changé ? A mon époque, c’était les billes,le ballon, l’élastique... "Billes, Pogs, ou encore cartes Pokémon, ces objets ont marqué l’histoire de la récréation. Certains ont disparu, d’autres sont indémodables. La corde à sauter est en plastique aujourd’hui, mais la performance est toujours là, en solo ou en groupe. Autour du ballon, les garçons et les filles se retrouvent aujourd’hui plus facilement. La récréation est certes un moment de détente, mais c’est aussi un temps complémentaire de l’enseignement en classe, où les élèves deviennent créatifs face à l’autonomie qui leur est donnée et s’initient à la vie en société."

Et si on faisait de la restauration collective scolaire un service public ? "Il y aurait quatre bénéfices considérables. Il n’y aurait plus de discrimination entre les enfants scolarisés selon l’endroit où ils habitent. Le droit humain fondamental à l’alimentation, reconnu à l’ONU, en Europe et en France, serait renforcé. Les règles de concurrence de l’Organisation mondiale du commerce, dont les services publics sont exclus, n’empêcheraient pas de favoriser un approvisionnement des cantines en fonction des choix locaux. Et le service public serait l’occasion de mettre en œuvre une politique de santé (équilibre alimentaire) et d’éducation à la nutrition, à la diversité des cultures alimentaires, au goût, au gaspillage…"

Géraldine Duboz


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

N° 535 - Arts et culture : quels parcours  ?
Dossier coordonné par Jean-Charles Léon
février 2017
Pour donner aux jeunes un égal accès à l’art et à la culture, les derniers textes officiels concernant l’Éducation artistique et culturelle mettent l’accent sur la notion de «  parcours  », qui doit permettre à l’élève de se constituer une culture personnelle, développer son habileté artistique et rencontrer des artistes, des œuvres, des lieux.

Rencontrer le fait religieux à l’école
Hors série numérique 44
Coordonné par Élisabeth Bussienne et Françoise Colsaët
Qu’est-ce que rencontrer le fait religieux à l’école ? Comment amener les élèves à réfléchir à une question aussi sensible, et pour cela à dépasser leurs expériences subjectives ? Un HSN qui mêlera articles tirés des archives des Cahiers pédagogiques et d’autres entièrement nouveaux.