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Une revue où il sera question des ados et de leur cerveau, du budget de l’éducation nationale, de l’écriture, du numérique et du socle commun. Rien de bien nouveau direz-vous si ce n’est quelques articles glanés ces dernières heures et qui méritent le détour de manière à avancer la réflexion sur ces débats de fond.

Revue de presse du mardi 2 décembre 2014

Les ados - Réforme - Ecriture - Numérique - Socle


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Les ados et leur cerveau

Inutile de crier, votre ado (ou plutôt son cerveau) ne vous entend pas, tel est le titre résolument décalé mais très sérieux de cet article paru sur l’Obs/société Quoi de neuf du côté des neurones de nos jeunes ? A-t-on découvert le gêne responsable de cette curieuse pathologie qu’est l’adolescence ? C’est ce que nous allons apprendre grâce à l’expérience réalisée par « un groupe de scientifiques des universités de Pittsburgh, Berkeley et Harvard, qui ont examiné 32 adolescents et pré-adolescents à la moyenne d’âge de 14 ans et leur ont fait passer un scanner du cerveau. » Cette étude montrerait qu’ « en cas de critiques de la part de leur mère, le cerveau des ados montre plus d’activité dans les zones associées aux émotions négatives, mais aussi une activité réduite dans les zones impliquées dans la régulation des émotions et la compréhension du point de vue des autres. » Donc pour faire court mesdames les mamans, cessez de vous égosillez, les neurones de vos enfants ne transmettent pas les bons messages. Un bon conseil, si vous souhaitez que votre ado ramasse ses chaussettes et les porte jusqu’au bac à linge sale, dites-le lui en chantant, en rappant ou en rockant ou encore envoyez-lui un smiley sur son téléphone portable, ce sera bien plus efficace. Ou encore demandez à monsieur leur papa de transmettre le message, une manière tout en finesse de faire d’une pierre deux coups...


Réforme, budget et éducation nationale

A quand la régionalisation de l’éducation nationale ? C’est la question que soulève le journal Les Echos dans cet article paru hier. « Alors que le projet de loi de finances 2015 illustre l’impasse dans laquelle se trouve la France depuis près de dix ans, il est temps d’avoir le courage d’ouvrir certains débats interdits comme celui de la réforme de l’éducation nationale. » De quelles propositions s’agit-il ? Trois axes sont ici privilégiés : 1 « D’abord, confier aux régions le recrutement et la gestion des enseignants du second degré public (380 600) tout en leur donnant compétence, non plus seulement sur les lycées, mais également sur les collèges. » 2 « Ensuite, proposer aux enseignants volontaires de passer du statut de fonctionnaire à celui de contractuel, et ce, contre une rémunération plus attractive. » 3 « Enfin, permettre aux établissements, et d’abord ceux en zone d’éducation prioritaire, de recruter les enseignants en fonction des difficultés du terrain, du projet pédagogique et du choix de ces derniers qui adhéreraient dès lors pleinement au projet de l’établissement, créant ainsi une véritable dynamique d’équipe. »
Pour toute contre-proposition, rappelons que les commentaires de la revue sont ouverts !


A propos de l’apprentissage de l’écrit

Suite à la bulle médiatique autour de la soit-disant réforme finlandaise qui consisterait à supprimer l’apprentissage de l’écriture papier au profit de l’écriture clavier, deux articles sont à noter dans l’actualité du jour. D’une part celui de Michel Guillou sur son blog Culture Numérique. Un article tout en images et déchiffrage jusqu’à ces dernières lignes : « l’écriture cursive n’est rien d’autre qu’une commodité pour soi, un frein à la communication et un moyen de sélection pour l’école. S’il est bien préférable d’écrire encore en script, il est aussi indispensable de commencer à apprendre à écrire avec un clavier, réel ou virtuel, et de se préparer pour de bon à d’autres modes de saisie, y compris oraux. Histoire de mieux s’attacher enfin au fond de ce que l’on écrit et aux enjeux de la publication… » A lire également le sujet proposé par Minna Puustinen pour les Cahiers pédagogiques : « Contrairement à ce qui est affirmé dans les médias depuis quelques jours, la Finlande n’abandonnera pas l’enseignement de l’écriture manuelle. Bien au contraire : les médias finlandais ont eux aussi beaucoup publié récemment sur l’intérêt de l’apprentissage de l’écriture manuelle dans le développement du cerveau ! En d’autres termes, la Finlande n’est pas près abandonner la tradition précieuse d’apprentissage de l’écriture à la main. »


Numérique toujours

A signaler ce billet Apprendre à l’heure d’internet paru sur le site Prodagéo. On y parle d’apprentissage optimal et de contexte d’apprentissage. « Quel impact a le déferlement Internet et des technologies sur notre façon d’apprendre ? Il me semble que cela modifie au moins 3 aspects fondamentaux : notre relation au savoir, ce qu’il faut apprendre et notre rapport à l’effort nécessaire pour apprendre. » Un article à lire avec en guise de bonus une illustration schématique très synthétique.


D’un socle à l’autre

A découvrir, une analyse critique sur ce qui change et ce qui ne change pas d’un socle à l’autre. Dans ce long article de Jean-Pierre Terrail paru sur le site Démocratisation scolaire l’auteur énonce et dénonce un certain nombre de points qu’il tente de restituer dans le temps. Il commence ainsi : « Inacceptables et de plus en plus mal supportées, les inégalités scolaires ne se laissent pas oublier. Chaque gouvernement, chaque nouveau ministre engagent à leur encontre une politique qui structure toute leur action concernant le système éducatif, et qui est censée résoudre le problème. Depuis dix ans, c’est l’objectif d’un bagage minimum, d’un « socle », qui fait office de cheval de bataille. » Et l’auteur de conclure : « Pas plus qu’il ne s’attaque au principe de la mise en concurrence des élèves, le projet du CSP ne réfère clairement à l’exigence d’une amélioration massive de la réussite des apprentissages, et à ce qu’elle présuppose, l’examen critique des dispositifs pédagogiques existants, des contenus de la formation des enseignants, de l’organisation de l’enseignement élémentaire, où l’essentiel de l’échec scolaire prend sa source, et notamment du principe de la polyvalence des maîtres. Pour qui a l’ambition de transmettre une culture véritablement « commune » aux jeunes générations, ce sont pourtant là des questions incontournables. »


Ostiane Mathon