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Revue de presse du mardi 1er septembre 2015

Rentrée — EMC — Etudes, témoignages, humeurs — Ailleurs


Au cas où, vous ne sauriez pas, C’EST LA RENTREE ! Bon l’EMC fait encore débat. Il y aura également des études, des témoignages et des humeurs. Et un petit tour ailleurs... ça fait pas de mal.


La rentrée

France3 remarque qu’Une pré-rentrée des enseignants plutôt calme à l’heure de nouveautés consensuelles. “Ce lundi 31 août, les enseignants ont franchi les portes des écoles, collèges et lycées, avant l’arrivée des élèves mardi. Quelques inédits les attendent cette année : les programmes de maternelle, un enseignement moral et civique et la réforme des zones prioritaires.”

Pour la ministre le désaccord sur la réforme est un malentendu. “"On oublie trop souvent que cette réforme a été concertée longuement avant d’être adoptée [...] Comme si tout venait d’en haut alors que chaque mesure a été inspirée par le terrain." “ dit-elle.

Sur le site du ministère vous trouverez la lettre de Najat Vallaud-Belkacem aux parents d’élèves.

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Sophie Coignard s’indigne, rien de surprenant : Éducation : le coût du mépris. “L’exécutif est frappé d’autisme chronique : ni l’Élysée ni le ministère ne répondent aux doléances des professeurs sur l’enseignement du latin.”

Plus sérieux, à mon avis, le Café pédagogique donne la parole à Pierre Merle : Plus que jamais, le rôle central de l’Ecole. “Face à la montée de la xénophobie dans la société et de la ségrégation dans l’Ecole, que peut faire le professeur de base ? Sociologue, Pierre Merle revient sur les phénomènes ségrégatifs dans l’école française pour délivrer un message aux enseignants : former des citoyens responsables grâce à l’instruction.”

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L’EMC

Le débat sur cette “nouveauté” occupe encore le terrain, sans doute pour quelques jours.
Le Monde fait le point : Un enseignement moral et civique du CP au bac.
Pour La Croix, Morale à l’école, le gouvernement renoue avec une vieille tradition. “C’est l’une des nouveautés de la rentrée scolaire, prévue mardi 1er septembre : des cours d’enseignement moral et civique seront dispensés du CP à la terminale, avec pour objectif de rendre vivantes les valeurs qui fondent notre société.”. “« L’école primaire a, tout au long du XIX e siècle, mis au premier plan de ses objectifs l’inculcation de la morale, avant même les “rudiments” que sont lire, écrire et compter. Que ce soient les ministres Guizot et Falloux avec l’instruction morale et religieuse, ou ensuite Ferry en 1882 avec l’instruction morale et civique. » Pour Claude Lelièvre, historien de l’éducation, l’idée selon laquelle l’école sortirait de son rôle en enseignant la morale est une erreur historique.

Jean Baubérot déclenche nombre de commentaires à la suite de son article : L’enseignement moral et civique.

Bernard Girard, enseignant en collège, “s’interroge” : Enseignement moral et civique : mais quelle morale, quel civisme ? en ouvrant son article ainsi : “La communication sur le sujet n’aura pas fait défaut : tous les services de l’Education nationale sont mobilisés, derrière leur ministre, pour vanter les mérites et la nouveauté de l’Enseignement moral et civique (EMC). En réalité, nouveauté est un bien grand mot pour ce qui ressemble diablement à ce qu’on connaît depuis longtemps sous des dénominations variées, suivant l’humeur du ministre en poste : instruction civique, éducation civique, éducation civique juridique et sociale, éducation morale, etc.” Et il le termine par : “En réalité, moins la société est en elle-même morale et civique, plus elle alourdit ses exigences sur la jeunesse, un peu comme si elle souhaitait se décharger de sa propre responsabilité. C’est là toute l’ambiguïté de cet enseignement : il ne s’agit pas de former des citoyens critiques, des adultes responsables mais de prédisposer les élèves à devenir les fidèles serviteurs d’un ordre politique en défaut de légitimité.” Il déclenche également de nombreux commentaires.

Jean-Pierre Veran présente quelques articles de réflexion à propos de cet enseignement “nouveau”, Enseignement moral et civique : un nœud gordien ? Il le termine ainsi : “En ce début d’année scolaire, ces réflexions sur le sens d’un enseignement moral et civique fondé sur le principe de laïcité sont particulièrement précieuses pour tous ceux qui souhaitent éviter l’échec de cette entreprise.”

Le site l’Ecole de demain (SE-UNSA) collecte et met à la disposition des collègues toutes les pistes et ressources utiles à la mise en place de cet enseignement : EMC, concrètement on fait comment ?

Et le zapping de Libération note que Sur l’enseignement moral et civique, la gauche et la droite tombent d’accord


Etudes, témoignages, humeurs

Rentrée 2015 : comment les classes ont-elles été constituées ? Enquête auprès des chefs d’établissement des collèges et lycées. En collaboration avec le Syndicat national des personnels de direction de l’éducation nationale. Une enquête à lire !

Et ce qu’en dit Le Café pédagogique : L’archéologie des classes vue par le Cnesco et le Snpden. “"On va rentrer dans la boîte noire des chefs d’établissement". L’ambition portée par Nathalie Mons, présidente du Conseil national d’évaluation du système scolaire (CNESCO), fait suite au colloque sur la mixité sociale à l’Ecole. Le 1er septembre, le Cnesco rend compte d’une enquête délicate menée avec le Snpden, premier syndicat des chefs d’établissement, sur la constitution des classes. Une étude qui révèle plus en creux qu’ouvertement les conceptions et les divisions des chefs d’établissement face à la naissance de la discrimination scolaire dans les établissements.”

Louise Tourret nous raconte son “processus” de recrutement en tant qu’enseignante contractuelle : Devenir prof ? Rien de plus simple (c’est après que ça se complique). “Pour résumer la situation, je suis là, j’ai l’air normale, je suis disponible, c’est bon.”

La prof de français de banlieue qui voulait faire la paix. “On pourrait croire que c’est un aveu de faiblesse, c’est en fait un tour de force. Parce qu’elle ne cesse de douter, parce qu’elle se trompe parfois, Marie-Sandrine Lamoureux nous fait avancer. Un prof, ça sert à quoi ? Après vingt ans d’enseignement, il lui est toujours impossible de répondre à cette question. "Et heureusement", précise-t-elle.” Un petit extrait : “Non, ce n’était pas plus facile avant, non, les adolescents ne sont pas plus difficiles aujourd’hui, s’indigne-t-elle. Ils pensent toujours en noir ou blanc quand nous, adultes, nous pensons en gris".

Mathieu Bédard, économiste à l’Institut économique de Montréal déclare qu’ Autonomie et responsabilisation améliorent les résultats scolaires. Un article fouillé qui se termine ainsi : “L’expérience internationale montre que les résultats scolaires peuvent être améliorés par une plus grande autonomie pédagogique. Pour bénéficier des avantages de cette autonomie, l’environnement dans lequel les enseignants et les directeurs d’école évoluent doit leur laisser assez de latitude pour expérimenter, tout en sanctionnant ou récompensant les conséquences de leurs décisions. Il s’agit de changements qui ne coûteraient rien à l’État, mais qui entraîneraient de meilleures performances scolaires et permettraient de mieux adapter l’offre éducative à la diversité des besoins et aptitudes des élèves.”

Valérie Pécresse fait une déclaration : l’Education nationale, "bombe à retardement". Mais est-ce vraiment une nouveauté ?

Christophe Barbier, dans l’Express : Discipline et numérique : l’Éducation nationale à bonne école pour la rentrée. “Si le pédagogisme mérite philippiques et châtiments, il est illusoire de prôner comme remède le simple retour aux cours magistraux d’antan. Réparer les dégâts de 1968 ne doit pas ramener l’école à 1967. Respect des maîtres, maintien de la discipline, culte de l’excellence ou pratique du par coeur sont des vertus auxquelles il faut joindre la puissance didactique du numérique, la finesse des méthodes ad hoc pour enfants à la peine, ainsi que la richesse des pratiques interactives. Le moderne n’est pas l’ennemi du savoir, il est son traducteur à l’usage des jeunes.”
Et comme en écho, le Nouvel Observateur annonce que L’e-éducation, nouvel eldorado des applications mobiles. “Alors que la révolution numérique bouscule la pédagogie traditionnelle, des start-up espèrent surfer sur le marché prometteur de l’e-éducation pour évincer les éditeurs traditionnels de manuels scolaires, sans toutefois avoir encore trouvé le modèle économique miracle pour rafler la mise.”

Peter Gumbel : « Des écoles pour échapper à l’Éducation nationale ». “Ancien journaliste, Britannique ayant travaillé aux États-Unis puis ayant dirigé la communication de Sciences Po, Peter Gumbel pose un regard étonné mais acéré sur le système éducatif français. Avec Ces écoles pas comme les autres (éditions Vuibert, août 2015), il opère une plongée dans le monde des dissidents de l’éducation. Et en ressort avec quelques idées qui pourraient inspirer une Éducation nationale souvent à bout de souffle.”


Ailleurs

Pour terminer, un petit tour ailleurs pour mettre en perspective nos problèmes.
Algérie, Education/ L’enseignement préscolaire bientôt généralisé à toutes les wilayas
Québec Éducation sexuelle à l’école : un projet mal ficelé, selon les enseignants
Belgique : Ecole : les dossiers chauds de la rentrée. Les défis sont nombreux pour la ministre Joëlle Milquet, un an après le lancement de son « Pacte d’excellence ».
Maroc : Enseignement privé : La crise des profs. Le secteur a du mal à trouver des personnes expérimentées. Le recours aux profs du public prendra fin en 2017.

Pour demain, c’est le mystère,


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Quelle éducation laique à la morale ?
Revue n°513 - mai 2014

Que s’agit-il d’enseigner, pour ce qui ne peut se réduire à une discipline scolaire ? Dans quel objectif, entre pacification des relations et formation du jugement moral ? Qui pour le faire, dans quel cadre ? Bien des questions, et ce dossier ose dès maintenant des réponses, dans la conviction que nous touchons là à un rôle fondamental de l’école.

Enseignant : un métier qui bouge
Revue n°514 - juin 2014

Tous les enseignants expérimentés le disent : ce n’est plus comme avant, le métier change. Allons voir de plus près ce qui évolue, comment le métier change, comment ces évolutions pourraient être accompagnées par l’institution, à toutes les échelles, en quoi elles vont dans le sens de l’essentiel : mieux faire apprendre les élèves.

Quelques outils et réflexions pour (bien) débuter
Hors-série n°7 - juillet 2006

Une compilation de textes parus dans la revue : des réflexions et des outils pour aider à démarrer dans le métier, sachant que chaque rentrée est un nouveau démarrage...