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Revue de presse du mardi 19 avril 2005

Le 6 avril, à 24 ans, Alexis Lemaire, étudiant en année de maîtrise dans un cursus de master d’informatique à l’université de Reims, a réussi un exploit unique. Lors d’une épreuve organisée par le magazine Sciences et Avenir dans ses locaux, à Paris, en présence d’un mathématicien et d’un huissier, il a réussi à extraire, de tête, la racine treizième d’un nombre de 200 chiffres. C’est Le Monde qui relate cet exploit digne du livre des records. Mais quel rapport avec une revue de presse consacrée à l’éducation ? Le jeune étudiant le dit lui même, il estime même que sa méthode "est applicable à tous les problèmes d’apprentissage". Pour l’instant, sa méthode précise reste secrète, compétition oblige. Mais son cas devrait intéresser des laboratoires explorant le fonctionnement cognitif du cerveau tout comme ceux qui étudient les processus d’apprentissage. Du coup, Le Monde nous livre trois articles passionnants sur ce sujet.
Dans le même journal, un titre « Des députés veulent en finir avec l’encyclopédisme à l’école ». Il s’agit de la commission Périssol, qui rend compte de ses travaux sur le « socle commun » et propose de rompre avec le système actuel sur deux points : ne plus parler uniquement de connaissances mais aussi de compétences et rompre avec l’empilement des savoirs disciplinaires pour améliorer les apprentissages . Une bonne direction, me direz-vous ? Mais ces propositions risquent de faire grincer des dents chez les anti-pédagogues de tous poils, à commencer par le Ministre... Si même des députés se mettent à parler vraiment de pédagogie et aller contre la nostalgie de l’école d’hier...

Question(s) d’éducation, Le blog de Pierre-André Périssol

Bonne Lecture...


Libération du 19/04/05

La haine du juif sous toutes ses cultures
Une somme. Et un bilan. Deux ans de recherche, douze sociologues envoyés aux quatre coins de France. Et à l’arrivée un ouvrage de 450 pages, signé Michel Wieviorka, la Tentation antisémite : haine des Juifs dans la France d’aujourd’hui . Le sociologue aborde à peu près toutes les questions que chacun peut se poser sur la recrudescence de la judéophobie observée ces dernières années en France. [...]
La question de l’antisémitisme agit comme un révélateur et un miroir grossissant des dérives d’une institution scolaire dépassée par les évolutions de la société. Découverte : les personnels sont apparus à Wieviorka « dans l’ensemble peu soucieux, sinon de connaître et de comprendre l’antisémitisme à l’école, du moins de penser les moyens susceptibles de le contrer efficacement ». Quand les enseignants « ne nient pas l’existence de l’antisémitisme », ils le resituent comme « un simple élément dans un flot de tensions généralisées : phénomènes de bandes, sexisme, violence scolaire, précarité des familles, etc. ».Enfin, tabou des tabous, le livre évoque les propos racistes qui émaillent parfois des conversations en salles des professeurs.
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Nouveaux rendez-vous lycéens.
Alors que l’on pouvait croire à un étouffement progressif du mouvement, c’est reparti pour les blocages des lycées. La coordination nationale des lycéens, qui s’est réunie ce week-end à Paris, lance une nouvelle journée nationale de manifestations, de blocages et d’occupation des établissements scolaires jeudi 21 avril. Les 20 et 26 mai seront des journées uniquement consacrées aux blocages et occupations. Les lycéens se sont encore donné rendez-vous pour manifester le 1er mai et le 12 mai, a priori aux côtés des enseignants. Pendant ce temps, le ministère reçoit les représentants des deux principales organisations lycéennes, UNL et Fidl, jusqu’au 2 mai. Celles-ci attendent un geste fort du ministre.
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Le Figaro du 19/04/05

Paris VIII ferme provisoirement ses portes
Le président de cette faculté de Seine-Saint-Denis, occupée et vandalisée, veut ramener le calme
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LA CHRONIQUE d’Alain-Gérard Slama
L’histoire en otage

Une loi du 23 février 2005 sur la reconnaissance de la nation et la contribution nationale en faveur des Français rapatriés et des anciens supplétifs musulmans de l’armée française en Algérie soulève en ce moment un tollé dans le milieu des historiens et des professeurs du secondaire. Deux pétitions circulent, émanant l’une de l’Université, l’autre de la Ligue des droits de l’homme.
Le texte, souhaité par le premier ministre, était pourtant animé par les meilleures intentions. Inspiré d’un rapport du député UMP de Lot-et-Garonne Michel Diefenbacher, il visait à panser de façon définitive les plaies de nos guerres coloniales en accordant des « allocations de reconnaissance » ou des indemnités complémentaires en capital, aux civils et aux soldats qui, dans un camp ou dans l’autre, furent victimes du drame de la décolonisation de l’Indochine et de l’Afrique du Nord.
On pouvait imaginer que, plus d’un demi-siècle après les accords d’Evian et les massacres de harkis et de pieds-noirs qui s’ensuivirent, cette loi serait reçue pour ce qu’elle se veut, un acte de réconciliation. Le malheur est que, au lieu d’apaiser les vieux conflits, ce texte les a réveillés.[...]
La définition des programmes scolaires fait partie des prérogatives du législateur. Mais en démocratie, ce dernier n’a aucune qualité pour indiquer l’orientation idéologique de ces programmes. La recherche de la vérité relève de la compétence des historiens. Elle ne saurait procéder du pouvoir politique. Quel que soit le point de vue duquel on se place, le jugement qualitatif implicite contenu dans la notion de « place éminente » et la mention du « rôle positif » - même invoqué « en particulier », ce qui suppose la reconnaissance d’un rôle négatif - ne pouvaient manquer de soulever les protestations des historiens unanimes.
L’effet le plus navrant de cette incroyable maladresse est que les intellectuels de gauche et les anciens porteurs de valise, qui étaient beaucoup revenus de leurs errements à mesure que la réalité totalitaire du FLN s’était découverte, ont saisi l’occasion pour relever la tête.[...] Depuis que la République a cédé à la pression des communautés, ethniques, religieuses et identitaires, en leur reconnaissant des droits particuliers, assortis de concessions matérielles, on aura vu ainsi reculer l’exigence d’oubli et les règles de prescription que Renan jugeait nécessaires au maintien de la paix civile et de la solidarité d’une nation.[...]
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L’Humanité du 19/04/05

La colère monte à paris-VIII
La lutte des étudiants en anthropologie se poursuit à la fac de Saint-Denis, fermée depuis vendredi sur décision de son président
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Le Parisien du 19/04/05

Les parents s’alarment de la valse des remplaçants
Jusqu’à trois ou quatre enseignants vacataires se succèdent au cours de l’année dans une même classe maternelle ou primaire : le grand zapping des remplaçants inquiète les parents. Un casse-tête pour les écoles.
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Quelques cas d’école...
A l’école Jules-Ferry d’Asnières (Hauts-de-Seine). Pour Iskander, 3 ans, en première section de maternelle, l’année a commencé avec Sophie. Enceinte, l’institutrice a dû s’absenter régulièrement pour soucis de santé.[...]
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La Croix du 19/04/05

Rien vu...


20 minutes du 19/04/05

Coup de matraque sur les dérapages policiers
La discrimination raciale, en particulier contre les jeunes issus de l’immigration, est en cause dans un tiers des dérapages policiers en 2004. Selon le rapport annuel de la Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS) publié hier, ce phénomène a doublé depuis 2001.
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Ouest-France daté du 19/04/05

Demain 500 000 apprentis ?
par Pascal Pellan (Secrétaire général de la chambre des métiers des Côtes-d’Armor et auteur du livre La revanche des artisans)

Demain 500 000 apprentis ? C’est l’objectif annoncé par le gouvernement, à l’échéance de 2009, et chacun mesure bien qu’au regard des 320 000 apprentis actuellement en formation, cette annonce prend la dimension d’un vrai défi. Mais ce n’est pas parce qu’il sera difficile à relever qu’il n’est pas permis d’espérer la concrétisation de cette ambition qui peut permettre de faire face à certaines difficultés auxquelles notre pays est confronté.[...] La troisième difficulté de notre pays concerne notre système éducatif et son incapacité chronique à se réformer. En refusant d’admettre que tous les individus n’apprennent pas de la même manière et au même rythme, on décourage toute une catégorie d’élèves qui sont animés des meilleures intentions, mais qui se sentent exclus d’un système d’enseignement privilégiant à l’excès la conceptualisation et l’abstraction. Or, l’apprentissage offre une autre façon d’apprendre, basée sur l’observation, sur le concret, sur l’expérimentation. Et, dans ce nouveau contexte, des élèves, hier démobilisés, reprennent goût aux études et s’avèrent même, dans certaines circonstances, de brillants candidats. Développer l’apprentissage c’est donc enrichir le système éducatif français en cultivant ce droit à la différence sans lequel l’égalité des chances ne reste qu’un slogan sans contenu. Développer l’apprentissage, c’est enfin ouvrir de nouveaux espaces de liberté et de créativité qui peuvent, sur un sujet comme l’éducation, où toute velléité de réforme met la rue en émoi, changer de l’intérieur notre système éducatif pour que tous les talents trouvent matière à s’exprimer.
En définitive, l’objectif des 500 000 apprentis pourrait donc permettre à l’école de la République de faire un pas de plus vers une école de tous les talents et pour tous les talents.
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Le Monde daté du 20/04/05

Un calculateur prodige qui vulgarise ses techniques
La calculatrice... Sans elle, Alexis Lemaire n’aurait peut-être pas développé des capacités hors du commun pour... le calcul mental. Accusée de favoriser la paresse des élèves dont elle envahit les poches, la machine a, paradoxalement, contribué à exercer sa mémoire à l’âge de 8 à 9 ans.
Le 6 avril, à 24 ans, Alexis Lemaire, étudiant en année de maîtrise dans un cursus de master d’informatique à l’université de Reims, a réussi un exploit unique. Lors d’une épreuve organisée par le magazine Sciences et Avenir dans ses locaux, à Paris, en présence d’un mathématicien et d’un huissier, il a réussi à extraire, de tête, la racine treizième d’un nombre de 200 chiffres. Une performance telle qu’elle est même difficile à imaginer.
Un premier indice est fourni par les conditions dans lesquelles ce record mondial a été établi. Alexis Lemaire a effectué 742 tentatives avant de parvenir au nombre exact de 16 chiffres correspondant à la racine treizième du nombre proposé aléatoirement par un ordinateur. Auparavant, il a éliminé 738 propositions et essuyé trois échecs. Au total, l’épreuve a duré 48 minutes et 51 secondes. Record à battre...
Alors que la mémorisation des vulgaires tables de multiplication pose problème à nombre d’élèves, comment expliquer une telle aptitude à exécuter de tête des opérations si complexes ?[...] Exploit gratuit, purement sportif ? Alexis Lemaire l’admet mais ajoute aussitôt que son record va "un peu plus loin". Avec lucidité, il note que la résolution de ce problème permet de "mieux comprendre le fonctionnement du cerveau, des relations entre mémoire, calcul et intelligence". Il estime même que sa méthode "est applicable à tous les problèmes d’apprentissage". Ainsi, il déclare qu’il l’applique à ses cours d’informatique. L’un des secrets : l’exploitation des relations cachées entre les informations à mémoriser. Pour Alexis Lemaire, une telle recherche peut s’étendre à différents domaines. "J’ai commencé à travailler sur l’apprentissage des langues étrangères", indique-t-il.[...]
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"Vers 14 ans, j’additionnais ou multipliais les nombres que je voyais"
Tout a commencé vers 8 ou 9 ans, lorsqu’Alexis Lemaire a découvert la racine carrée grâce à une calculatrice scientifique. "Au début, je ne comprenais pas cette fonction, raconte-t-il. Puis je l’ai comprise et je me suis demandé comment faire l’opération." La curiosité face au "mystère" de la racine carrée s’est étendue à d’autres opérations. Le jeune Alexis cherchait spontanément des régularités dans les divisions par 7, par exemple. "J’essayais de deviner les réponses que donnait la calculatrice."
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La musculation des neurones
L’une des sources des prodigieuses aptitudes d’Alexis Lemaire et de l’ensemble des champions du calcul mental semble résider dans l’utilisation de la mémoire à long terme. Cette dernière se distingue de la mémoire de travail, dite épisodique, où se logent les informations destinées à ne servir qu’à court terme.[...] "Le vrai mystère scientifique, c’est d’où vient l’aptitude à une telle concentration sur des durées aussi longues", juge Bernard Mazoyer. Pour lui, les réponses peuvent être multiples. De la génétique aux circonstances de la vie en passant par l’éducation. "Les grands chercheurs ou les grands mathématiciens qui travaillent huit à dix heures par jour relèvent du même processus." De là à penser que l’expérience des calculateurs prodiges peut conduire à mettre au point de nouvelles méthodes d’apprentissage accessibles au plus grand nombre... Il n’y a qu’un pas que Bernard Mazoyer n’hésite guère à franchir. Alexis Lemaire pourrait ainsi aider ceux qui ont la volonté d’apprendre mais manquent de méthode pour exploiter au mieux leur mémoire.
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Des députés veulent en finir avec l’"encyclopédisme" à l’école
Le consensus en matière d’éducation est assez rare pour être souligné. Le rapport de la mission d’information sur les savoirs enseignés à l’école a été adopté, mercredi 13 avril, avec l’accord des députés UMP, UDF et PS. Présidée par Pierre-André Périssol (UMP), la mission suggère de repenser assez radicalement le contenu des enseignements à l’école primaire et au collège.
Après avoir procédé à 76 auditions entre octobre 2004 et mars 2005, elle propose ainsi une première ébauche de ce qui pourrait constituer le "socle commun" des connaissances et des compétences prévu dans la loi Fillon sur l’éducation, et qui doit être défini, dans les prochains mois, par le Haut Conseil de l’éducation.
Composée de onze députés, la mission a cherché à définir "quels sont les savoirs, les savoir-faire, les savoir-vivre que tout jeune doit maîtriser ou avoir intégré à la fin de la scolarité obligatoire". Pour définir ce "socle commun" fondamental, elle propose de rompre avec le système actuel sur deux points essentiels.
La mission estime d’abord qu’il ne faut plus seulement raisonner en termes de transmission de "connaissances", mais aussi de "compétences" permettant de s’adapter à la société.
Elle considère ensuite que l’approche par disciplines scolaires (français, mathématiques, etc.) est "sclérosante" dans la mesure où elle conduit à un "empilement des savoirs" néfaste pour les élèves
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