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Revue de presse du mardi 18 novembre 2014

Des notes - Des redoublements - Des regards d’experts


De l’info du jour, nous avons gardé des notes, des réflexions sur le redoublement et des regards experts.

Des notes

OpinionWay a réalisé une enquête sondage en appliquant les procédures et règles de la norme ISO 20252, pour l’APEL. Celle-ci a annoncé l’organisation le 18 novembre d’un petit-déjeuner débat sur l’évaluation. Des experts, des chefs d’établissement et des parents apporteront leur éclairage pour étayer le débat sur le système de notation actuel et témoigneront des alternatives qui existent déjà au sein de l’Enseignement catholique.

A noter que la presse offre des comptes-rendus très différents de ce même sondage : 
Titre du Parisien : " Ecole : 73 % des parents favorables à la réduction du poids des notes "

Titre de l’Express : " 73% des parents veulent diminuer le poids des notes "

Titre du Figaro : " Éducation : les parents sont toujours attachés à la notation " !

Le même Figaro commente ainsi la visite de la ministre dans un collège sans note : "Éducation : Najat Vallaud-Belkacem préfère les couleurs aux notes". « Soutenant les expérimentations, Najat Vallaud-Belkacem avance prudemment sur ce dossier explosif pour les parents. « La chasse aux rouges »… C’est le mot d’ordre entonné depuis maintenant cinq ans au collège Gabriel-Séailles, à Vic-Fezensac. Dans cet établissement du Gers, les 260 élèves ne sont pas évalués par des notes, mais à l’aide de points verts et rouges qui viennent valider des connaissances et compétences. »
On peut aller directement sur le site du collège pour en savoir un peu plus sur ce projet d’établissement.


Des redoublements

Stéphanie de Vanssay a publié sur son blog une interview de Nathalie Mons le 14 novembre 2014 « Professeure de sociologie à l’université de Cergy-Pontoise, Nathalie Mons est spécialisée dans l’action publique et consacre ses recherches à l’évaluation des politiques éducatives. En 2012, elle a copiloté la concertation pour la refondation de l’École. Elle est depuis janvier 2014 la première présidente du Conseil national d’évaluation du système scolaire (CNESCO) ».

« La France demeure l’un des pays où les élèves redoublent le plus dans l’OCDE, comme le montre PISA ou les statistiques nationales. Près d’un tiers des élèves ont redoublé à 15 ans alors que nombre de pays se sont convertis à la promotion automatique des élèves ou limitent de façon drastique cette pratique. »
Elle poursuit : « …si la pratique, bien qu’en recul persiste, c’est parce qu’il n’y a pas d’alternatives ou peu d’alternatives efficaces au traitement de la difficulté scolaire. Il existe des initiatives locales qui sont conduites par des établissements mais le soutien institutionnel aux politiques locales de prévention de l’échec scolaire demeure faible, à l’exception des quelques dispositifs d’accompagnement personnalisé ou autres aides individualisées qui se développent aux marges des classes et dont l’efficacité est encore à démontrer.
Et puis il faut savoir que le redoublement a aussi des fonctions que les sociologues appellent « latentes » et qui sont tout aussi centrales. Le redoublement, par l’incitation au travail scolaire qu’il induit implicitement, sert aussi à réguler la discipline dans les classes ou à dynamiser le travail scolaire. D’ailleurs, c’est pour cette raison que certains pays, les USA par exemple, après avoir considéré la suppression du redoublement ont seulement mis en place des politiques visant à le faire reculer mais sans l’interdire.
 »

Sur ce même site vous trouverez les usages et les représentations sociales du redoublement chez les enseignants et les parents.


Des regards d’experts

Le premier regard est un regard dit d’expert, sur le site de l’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire (l’INJEP), celui de Régis Cortesero, chargé d’études et de recherche à l’INJEP. Dans son article “Les inégalités scolaires et l’alliance perdue de l’école et des catégories populaires”, Régis Cortesero revient sur le phénomène maintenant connu de l’école non seulement inégalitaire mais qui en plus accentue le décalage : “L’école y fonctionne même comme un véritable amplificateur d’inégalité sociale”. Pour le sociologue, la fermeture est désormais à double sens : “Naguère perçue comme un levier d’intégration à la citoyenneté et à une culture nationale assimilée au Progrès et à la Raison, l’école leur apparaît aujourd’hui comme un instrument d’exclusion, d’humiliation, de stigmatisation, scellant l’infortune de leurs destins sociaux dans le marbre du diplôme (et surtout de son absence !)” Le sociologue prône une réconciliation, “une alliance”, avec un premier pas par l’école qui reconnaîtrait notamment les savoirs des jeunes, puisés en partie en elle : “on constate, chez ceux qui sont les plus souvent exclus par l’école, la force et le développement de pratiques culturelles éminemment « scolaires », contribuant à l’émergence de nouvelles formes de cultures populaires et à la formation « d’élites lettrées », notamment dans les quartiers populaires. C’est le cas de la culture hip-hop, où l’écrit joue un rôle central et donne lieu à des pratiques d’apprentissage collectif selon des formes « sauvages » qui doivent cependant beaucoup à la forme scolaire”.

L’autre regard est multiple : celui d’une ministre de l’éducation a croisé celui d’un autre sociologue lors d’un débat organisé par AlterEcoPlus entre Najat Vallaud-Belkacem et François Dubet. Sur le nouveau site AlterEcoPlus, vous trouverez l’entretien entre Najat Vallaud-Belkacem et François Dubet (avec les trois journalistes Claire Alet, Xavier Molénat et Naïri Nahapétian). François Dubet joue presque un rôle de quatrième journaliste en poussant la ministre à préciser sa pensée. Au final, l’entretien, dynamique, cerne bien les enjeux. Une citation de François Dubet : “Nous avons une tradition scolaire en France où l’école doit remplir une fonction de salut. Peut-être qu’un ministre de l’Education doit dire que nous voulons une école modeste, mais qui fasse ce qu’elle dit, et non pas une école grandiose qui ne parvient pas à atteindre ses objectifs.

Dans La croix, le regard est celui d’une étude menée par Dominique Goux, Marc Gurgand et Éric Maurin, chercheurs de l’École d’économie de Paris. Ils partaient d’un constat : en fin de collège, beaucoup d’élèves « redoublent, tâtonnent, puis finissent par abandonner l’école sans avoir trouvé leur voie  ». L’expérimentation parait simple : “Ils ont demandé aux chefs d’établissement d’organiser deux réunions collectives de deux heures chacune entre le chef d’établissement et les parents des élèves exposés au risque de décrochage. « Dimension à part entière du dispositif, le principal a contacté personnellement chaque famille pour l’inviter à participer aux réunions », soulignent les auteurs.” Petits moyens, grands effets cependant selon l’étude, puisque “deux ans après, la proportion de décrocheurs parmi les élèves concernés par l’expérimentation est de 15 %, contre 20 % dans les 82 classes « témoins » où l’on n’a pas organisé de rencontres de ce type.

Terminons par cette nouvelle lue dans Les Echos : “les candidats aux concours de professeurs pour la session 2015 sont plus nombreux qu’en 2013 et en 2014, y compris dans des matières dites « déficitaires » (mathématiques, anglais, les lettres), a indiqué mardi le ministère de l’Education nationale.”. La hausse permettrait même d’espérer recruter suffisamment pour satisfaire les 60.000 postes supplémentaires annoncés. Avec un bond de 72% dans le premier degré et de 16,5% dans le second degré !

Peut-être est-ce la lecture de billets d’enseignants heureux qui a valu cette hausse spectaculaire, tels ceux de Sylvie Blanchet...

Bernard Desclaux et Christine Vallin


Le dessin du jour est signé Geneviève Brassaud, troisième clin d’oeil et soutien à Charb et à Charlie hebdo.

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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Quelle éducation prioritaire ?
Revue n°499 - septembre 2012
ù va l’éducation prioritaire, après les dispositifs « Ambition réussite », puis « Éclair » ? Quelles évolutions des pratiques professionnelles, dans la classe, dans l’établissement, dans le réseau ? De ces établissements trop souvent lieux de relégation sociale et scolaire, peut-on faire des laboratoires pédagogiques pour une véritable école commune ?

Enseignant : un métier qui bouge
Revue n°514 - juin 2014
Tous les enseignants expérimentés le disent : ce n’est plus comme avant, le métier change. Allons voir de plus près ce qui évolue, comment le métier change, comment ces évolutions pourraient être accompagnées par l’institution, à toutes les échelles, en quoi elles vont dans le sens de l’essentiel : mieux faire apprendre les élèves.