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Revue de presse du mardi 18 mars 2014

Grève - Maths - Bon sens - Télé


La grève du jour ne fait pas recette ni chez les enseignants ni dans les médias, nous y reviendrons donc rapidement. Ce n’est pas le cas des mathématiques par contre en cette semaine qui leur est consacrée. Recettes encore, mais un peu faciles présentées dans la presse du jour. Enfin nous terminerons, une fois n’est pas coutume, par une rubrique télé. "Trop varié" le menu du jour !

C’est trop injuste !

La phrase culte de Caliméro qui revient sur nos écrans selon une information de La Croix était le mot d’ordre du jour de la grève de la Fonction publique, lan­cée par les syn­di­cats CGT, FO, FSU et Solidaires. Selon VousNousIls, elle n’a que très peu été suivie par les enseignants : « Dans le 1er degré, 5 % des pro­fes­seurs étaient en grève, et 6,3 % dans le second degré », soit 5,7 % au total.
La Voix du Nord nous apprend toutefois qu’à Lille, les lycéens ont participé au mouvement.
A cette occasion Lucien Marboeuf s’est "amusé" à calculer combien avait perdu un professeur des écoles sur sa fiche de paye depuis 2010. Le résultat est sur son blog L’Instit humeurs hébergé par France TV Info.


C’est trop dur !

A l’occasion de la 3e édition de la Semaine des mathématiques qui se tient du 17 au 22 mars, les médias nous offrent des réflexions intéressantes sur cette discipline.
Sur France Info, c’est Cédric Villani, mathématicien, directeur de l’institut Henri-Poincaré et lauréat de la Médaille Fields. qui s’exprime et affirme « la bosse des maths n’a aucun sens ». S’il réfute l’idée d’une discipline à usage de la sélection, il y voit une spécificité autre : «  Il y a une différence entre les mathématiques et les autres disciplines. La principale difficulté dans un cours de mathématiques c’est d’apprendre à changer sa façon de raisonner : construire une démonstration, trouver un argument, imaginer l’astuce qui va vous sortir d’une impasse... C’est un entrainement du cerveau principalement ».
Dans Le Monde c’est Martin Andler, professeur à l’université de Versailles-Saint-Quentin et président de l’association Animath qui aborde la question. Il met en avant la question du sens donné à l’apprentissage des mathématiques « Les élèves ont besoin de comprendre à quoi servent les mathématiques ». Mais il aborde aussi la manière dont les maths sont enseignées « Dans notre collège, les mathématiques sont enseignées de façon à préparer au lycée et à l’université. Si on pousse le trait, le programme en 6e est conçu en fonction de Polytechnique ! Dans de nombreux pays, l’enseignement est moins ambitieux sur le papier, mais parfois plus riche de sens. » et la formation des enseignants ? « Les maths sont la deuxième matière enseignée au primaire. Or, 80 % des professeurs des écoles sont issus de filières littéraires ou de sciences humaines. L’évolution de la série L a aggravé le phénomène, puisque les sciences ont quasiment disparu en 1re et terminale. Certains enseignants n’ont donc pas fait de maths depuis la 2de... Dans le secondaire, la formation reste très disciplinaire et ne pousse pas à faire des liens avec d’autres disciplines. »

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Le dessin de Fabien Crégut

C’est trop facile !

Dans Slate.fr, Louise Touret nous brosse le portrait d’un jeune prof de SES que Monique Royer nous avait déjà présenté. Sa recette pour ses classes de lycées de banlieue ? La vieille école « Punitions, renvoi de cours au moindre de problème de discipline, contrôles de connaissances hebdomadaires et notation archi dure, voire basse » et il l’assume ! «  La paresse est cœur de la reproduction sociale ».Un discours simple, (simpliste ?) qui laissent des interrogations en suspens. La notion de "travail" scolaire reste en effet bien ambigüe. D’autre part, on connaît tous des élèves qui "travaillent" beaucoup et qui sont pourtant en échec et au contraire d’autres qui réussissent sans efforts particuliers non ? Enfin et surtout, un tel discours fait reposer l’échec uniquement sur les épaules de l’élève : quid de l’effet prof ? de la pédagogie ? du contexte social ? On notera toutefois l’enthousiasme dont semble faire preuve notre collègue. De quoi postuler au prix de meilleur prof du monde et empocher le million de dollar offert ? (précipitez-vous sur l’Express.fr pour savoir comment)
Pour réussir à l’école, il faut donc travailler et dormir suffisamment. Décidément la presse de jour est riche en scoops. Dans Question d’éducation sur France Info, on revient sur les liens entre le sommeil, la mémorisation... et les encouragements avec les explications de la chercheuse Kinga Ingloi. « Donc ce soir, on félicite les enfants et on les couche tôt... On les félicite en précisant, avec eux, ce qu’ils ont fait ou appris d’important dans la journée, ce qui n’est pas évident, notamment quand ils sont petits car ils ne sont pas capables de hiérarchiser ce qui compte le plus dans leur journée d’école. » Et ensuite, on est tranquille pour regarder la télé !


C’est trop "grand public" !

Ce soir, France 2 proposera le premier volet de sa série colorisée Apocalypse- la Première Guerre Mondiale. On nous annonce des images inédites : voilà qui intéressera forcément les professeurs de cycle 3, de 3ème, de 1ère et de préparation au CAP.
Comme à chaque sortie de ces documentaires de vulgarisation, on n’échappe pas aux polémiques ni aux avis divergents. Pour Télérama, Apocalypse ne prend pas assez de distance avec les images de propagandes, quant à Jean Sévilla dans le Figaro, il estime que le film nous offre trop de lieux communs (marxistes !) sur le plan historique. Ce sont donc surtout les commentaires d’Isabelle Clarke et Daniel Costelle dits par Mathieu Kassovitz) qui offrent le flan aux critiques. Mais comme disait l’un de mes profs à l’université : « En histoire, l’objectivité est une qualité de châtré ». Le travail de recherche quant à lui fait l’unanimité : c’est plus de 80 000 clichés mais aussi des sons qui nous sont ainsi offerts, comme le rappelle Le Monde. Le Nouvel Obs, lui, s’enthousiasme : « Le choc ! Nous avons tous lu des récits de la Première Guerre mondiale. Vu des centaines de photos. Nous savons. Ou nous croyions savoir. Mais ce que nous voyons là, sur l’écran, cela nous ne pouvions pas l’imaginer. Parce que c’est tout simplement inimaginable. On reste saisi devant ces images qui, restaurées, remises en couleur, sonorisées avec un soin méticuleux et à l’aide des techniques les plus modernes, nous plongent au coeur des ténèbres. 1914, comme si nous y étions, dans la boue et le froid. »

Demain, C’est Bernard Desclaux qui vous proposera une revue "trop bien".
Laurent Fillion

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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Compétences et mathématiques
Hors série n°31 - septembre 2013
coordonné par Rémi Duvert
Ce dossier propose un point sur l’approche par compétences en mathématiques. Comment les travailler, puis les évaluer ? Comment en faire une opportunité pour mieux enseigner les mathématiques, dans le cadre des programmes comme dans des projets interdisciplinaires ?

Aider et accompagner les élèves, dans et hors l’école
Hors série n°22 - février 2011
coordonné par Sylvie Grau et Jean-Michel Zakhartchouk
Si la question de l’aide a déjà été beaucoup travaillée, l’utilisation du mot « accompagnement », très à la mode, demande à être précisée. De quoi parle-t-on exactement ? Pour quelles pratiques avec les élèves ? Accompagner, c’est prendre une posture différente de celle de surplomb souvent attribuée à l’enseignant.

14-18 : quel centenaire dans nos classes ?
Hors-série numérique n°34
coordonné par Jean-Michel Zakhartchouk et Laurent Fillion
Il sera utile aux enseignants qui voudront utiliser cet objet d’actualité, le centenaire, comme projet d’apprentissage dans leur classe. Il sera sans nul doute utile aussi pour une réflexion autour de l’idée même de commémoration dans un cadre scolaire.