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Revue de presse du mardi 17 juin 2014

Débattre - Provoquer - Améliorer


Nos sommes le 17 juin et la revue de presse n’abordera même pas la question du baccalauréat. Il y sera par contre question de consensus...

Débattre

Le débat autour du projet de nouveau "socle" présenté la semaine dernière par le Conseil Supérieur des Programmes continue. Interviewée par Touteduc au sujet de la mise en cause de son syndicat par Alain Boissinot, le président démissionnaire du CSP, Claire Krepper, secrétaire nationale du SE-Unsa, rappelle ses positions sur ce sujet ô combien clivant.
On comprend à la lecture de cet entretien qu’en se souciant de «  ne pas réveiller les Finkelkraut et autres Brighelli », le CSP a réveillé les progressistes. Claire Krepper s’en explique : «  Le travail en huis clos à 18 membres - aussi compétents et impliqués qu’ils soient- sur des bases faussées par la volonté imposée par son président d’un "consensus" introuvable ne pouvait conduire qu’à la situation actuelle.
un projet de socle qui n’est pas un socle mais, encore et toujours, un programme idéal pour élève idéal, celui qui apprend tout seul parce qu’il a le bon goût d’aimer les savoirs. [...] Le consensus n’est tout simplement pas possible. D’ailleurs le consensus de M. Boissinot n’en n’est pas un, c’est un compromis avec la FSU.
Nous n’excluons pas que le président du CSP se soit largement autocensuré, obsédé par la recherche du "consensus" et la crainte des réactions de la FSU et des "républicains". Mais cette vision mène à l’immobilisme et l’impuissance, ce que refusent les progressistes qui ont porté la logique du socle commun.
 »
Sur son blog hébergé par educpros.fr, Jean-Michel Zakhartchouk revient lui aussi sur ces deux visions antagonistes d’un socle : « Il me semble que les débats sont biaisés dès lors qu’on ne considère pas comme central, dans le domaine de l’Ecole, ce qui est réellement appris par les élèves et qu’on reste polarisé par ce qui est enseigné. Une différence de point de vue qui est essentielle et qui commande tout le reste. Le socle commun, est-ce bien cette ardente obligation qui est faite à l’Ecole de permettre cette appropriation de savoirs et de compétences jugés indispensables par tous les élèves de France ou seulement une référence abstraite, un horizon lointain qui convient bien à un « élève épistémique », qui fait chic mais dont on sait bien au fond que tout le monde n’y arrivera pas, que voulez-vous ? Si on est sans l’avouer dans cette seconde perspective, on peut alors se laisser aller à accumuler toujours plus, à bâtir des chimères qui n’engagent pas à grand-chose.  »

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Le dessin de Fabien Crégut

Il en profite également pour nous distiller un rappel salutaire autour du concept de compétences :
« La compétence, c’est vraiment prendre au sérieux des savoirs, qui servent alors à quelque chose. Mais « servir », ça a un sens très large. Cela peut être à donner du plaisir, à mieux goûter l’univers qui nous entoure, à mieux vivre avec les autres. C’est le contraire d’une certaine conception de la « gratuité » très aristocratique (alors que certaines activités dites gratuites comme la pratique des langues anciennes pouvait servir aussi à briller dans le monde par exemple, sous couvert de gratuité)
La compétence, c’est aussi saisir l’intelligence d’une situation.
 »
Jean-Michel Zakhartchouk nous propose du reste une savoureuse démonstration à partir de la compétence "repasser"

Provoquer

Les Inrocks nous informent que le Front National a choisi Nantes pour implanter « la deuxième section départementale de son collectif Racine, une sorte de laboratoire d’idées [sic] destiné aux enseignants ». Une provocation selon le site du magazine avec ce choix « d’une ville symbole, dirigée depuis 25 ans par des maires-professeurs ». Eric Bainvel, du SNUipp 44 et Emmanuel Séchet, du Snes-FSU sont très dubitatifs quant à la possibilité de réussir cette percée du FN parmi les rangs des enseignants de Loire atlantique. Quant à François Portzer du Snalc, il refile peu élégamment la patate chaude de la proximité avec ce collectif à Force Ouvrière qui appréciera. Il reconnait toutefois indirectement une convergence des idées en proclamant « On ne les a pas attendus pour faire des constats de bon sens sur l’éducation nationale. Ils se conduisent un peu comme des ‘coucous’ en reprenant des analyses qui viennent d’ailleurs. »
On peut tout de même trouver très inquiétant que des idées du FN soient qualifiées de bon sens par un responsable syndical. Quant à l’argument entendu très souvent de l’antériorité de ces idées, il ne peut vraiment convaincre ceux qui combattent non pas le seul parti d’Extrême-droite mais justement ses idées, qui présentent bien une cohérence d’ensemble.
Encore un consensus (?) qui pose bien des questions...

Améliorer

Dans La Tribune, Medhi Lazar, qui est inspecteur, nous propose quelques pistes pour améliorer la formation continue des enseignants :
- Améliorer les résultats des élèves avec un travail collaboratif
- Une formation professionnelle assez dense pour les enseignants
- Evaluer la performance des enseignants pour améliorer leurs pratiques
- Des partenariats importants avec l’enseignement supérieur
- Des systèmes éducatifs qui doivent encourager les efforts des enseignants

Il s’appuie sur des exemples étrangers pour nourrir sa réflexion et fait des préconisations pour une formation continue qui passe par des évaluations d’établissements et des apprentissages collaboratifs centrés sur l’analyse de pratiques. Ainsi pour la première de ces pistes, qui est la plus intéressante,
« Au-delà des parcours de formation individuels, les enseignants français pourraient, comme à Shanghai ou Seattle, être impliqués dans des groupes de travail qui se réunissent régulièrement (tous les jours ou toutes les semaines) et qui portent sur leurs pratiques. Dans ces groupes, les enseignants travaillent ensemble à l’élaboration et à l’amélioration d’unités d’apprentissage, notamment en observant et en discutant sur l’enseignement de leurs collègues. Ces groupes partagent également autour des meilleures façons d’intégrer et de mettre en place les réformes et les innovations pédagogiques. »

Dans son blog hébergé sur LeMonde.fr, Olivier Rollot se propose quant à lui de revoir l’enseignement et l’entreprise afin de les adapter à la génération Y (du Y que trace le fil de leur casque). C’est un sujet qui agacera les contempteurs de la vie moderne mais qui intéresse de plus en plus les grandes écoles et les entreprises. Olivier Rollot nous citent quelques exemples dont le futur colloque des 27 et 28 juin organisé par la Fondation Paris Dauphine et l’EM Normandie et intitulé "Le numérique pour enseigner autrement" à l’Université Paris-Dauphine. Une constante dans ces projets et préoccupations : mieux utiliser les capacités des Y en cours. « Serious games, pédagogie inversée, pédagogie par le projet ou le problème, les initiatives se multiplient aujourd’hui » mais « sans véritable coordination et la Conférence des Grandes écoles vient tout juste de créer un groupe de travail sur ces questions. ». L’article cite Loïc Plé qui a créé à l’Iéseg un Center for Educational and Technological Innovation, le Ceti :« 
En cours, il s’agit donc pour les enseignants de changer de logique, d’être de plus en plus des coachs
 » « Avec la pédagogie inversée, nous rélégitimons le rôle de l’enseignant », soutient-il également. Pas sûr que ces propos fassent consensus...

Demain, le consensuel Bernard Desclaux vous proposera le revue de presse
Laurent Fillion


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Enseignant : un métier qui bouge
Revue n°514 - juin 2014
Tous les enseignants expérimentés le disent : ce n’est plus comme avant, le métier change. Allons voir de plus près ce qui évolue, comment le métier change, comment ces évolutions pourraient être accompagnées par l’institution, à toutes les échelles, en quoi elles vont dans le sens de l’essentiel : mieux faire apprendre les élèves.

La formation des enseignants
Hors-série n°Cahiers d’Éducation & Devenir n° 10 - mars 2011
Afin de sortir par le haut du débat entre « pédagogie » et « formation universitaire », afin de clarifier ce qu’est le métier d’enseignant au regard de ses mutations et de ses évolutions, ou transformations, Education & Devenir veut réaffirmer dans ce dossier son attachement à ces valeurs : un enseignant est un professionnel ; être enseignant, cela s’apprend.

Analysons nos pratiques 2
Revue n°416 - septembre 2003
L’analyse contribue-t-elle à l’amélioration des pratiques ? Quelle place pour la formation des enseignants ? Quelle est la place du formateur, sa posture ? Qu’est-ce qui se fait hors Éducation nationale ? Telles sont, pour l’essentiel, les questions auxquelles ce dossier tente d’apporter des éléments de réponse.