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Revue de presse du mardi 16 janvier 2018

Apprentissage- Mobilisations et mécontentements - Divers

L’actualité éducative de ce mardi se penche sur l’apprentissage, évoque aussi des mobilisations en cours ou en préparation. Nous terminerons avec quelques informations diverses.


Apprentissage

Les tensions apparues entre les régions et le gouvernement au sujet de l’apprentissage semblent s’estomper. Le Figaro estime que les régions ont fait quelques concessions : « Face à un exécutif déterminé à leur retirer le pilotage de l’apprentissage - et les financements de 1,6 milliard d’euros qui vont avec - pour le confier au monde professionnel, les 16 présidents de régions ont fini par lâcher du lest. Globalement, ils acceptent de passer d’un système de subventions régionales des centres de formation d’apprentis (CFA) à un financement au nombre de contrats de formation d’apprentis. Ce qui signifie qu’un CFA sans élève devra fermer mais à condition que « l’aménagement des territoires » soit pris en compte, insiste Hervé Morin. Si l’idée de définir les tarifs des formations dispensées dans les CFA au niveau national est acceptée, les régions pourront toutefois les moduler (à la hausse) dans certains cas. Et, plus spécifiquement, lorsque « les coûts des formations seront plus élevés, comme dans les CFA situés dans les régions rurales ou les zones sensibles » souvent moins remplis que dans les grandes villes, précise le président le l’ARF. L’exécutif planche sur les modalités techniques. »
La Rep’ se focalise au contraire sur ce que les régions ont obtenu : « Les présidents de Région avaient claqué la porte des discussions avant Noël. Ils dénonçaient en cas de perte de cette compétence une atteinte aux lois de décentralisation. Ils fustigeaient le risque que les grosses branches, bien organisées (comme l’Union des industries et métiers de la métallurgie), trustent les financements au détriment d’autres secteurs (comme l’agroalimentaire ou les services où les branches sont quasi-inexistantes)
Une nouvelle rencontre a eu lieu, ce lundi 15 janvier, entre l’Association des régions de France (ARF) et Edouard Philippe, Premier ministre. Le dialogue est renoué. François Bonneau, président de la région Centre-Val de Loire, qui a accompagné Hervé Morin, président de l’ARF, explique pourquoi. »

La blague du jour nous est offerte par Ouest-France, qui nous montre que Pierre Gattaz, dont on attend toujours le million d’emplois qu’il avait promis, n’a vraiment rien perdu de son indécence : « Le président du Medef, Pierre Gattaz, a estimé mardi 16 janvier, que les entreprises doivent être seules pour gérer le système de l’apprentissage. »


Mécontentements et mobilisations

L’association des professeurs de philosophie est inquiète des rumeurs concernant la réduction drastique des horaires qui menacerait la discipline au lycée et a publié un communiqué :« De nombreux médias se font l’écho d’un projet de réforme du lycée qui conduirait à un affaiblissement sans précédent de l’enseignement de la philosophie au lycée, et, par voie de conséquence, dans le Supérieur.
Aurait ainsi été fixée une liste de neuf couples de « disciplines de spécialité », dans laquelle la philosophie n’apparaîtrait qu’une seule fois, associée aux lettres. Comme le démontre l’APPEP dans le courrier qu’elle a adressé le 10 janvier au président Mathiot, ce dispositif aurait pour effet mécanique de marginaliser l’enseignement de la philosophie au lycée.
Les médias évoquent par ailleurs l’hypothèse d’un horaire de philosophie en classe terminale inférieur à 4 heures pour tous les élèves. Or c’est le seuil en deçà duquel l’enseignement de la philosophie ne peut être à la hauteur de son ambition, comme l’APPEP l’a récemment rappelé. »

Stéphane Crochet, secrétaire général du SE-UNSA, a accordé une interview au Café pédagogique dans laquelle il exprime son inquiétude concernant les 6 premiers mois de l’action éducative du gouvernement : « " Bien que le ministre parle de confiance, ses éléments n’y sont pas". Stéphane Crochet, secrétaire général du Se-Unsa, le second syndicat enseignant, fait le bilan des six premiers mois de JM Blanquer en passant en revue les réformes de la maternelle à Parcoursup. Il craint " l’imposition de méthodes très mécaniques" au primaire. Il dénonce le manque de postes dans le second degré. Il est déçu par les dernières propositions sur la réforme du bac et du lycée. Le Se Unsa marque ses inquiétudes et envisage des actions communes avec les autres syndicats »
Enfin, les collègues du collège Pablo Neruda de Pierrefitte sur Seine se mobilisent pour obtenir notamment des moyens pour pouvoir encadrer correctement les élèves : « Enseignants et parents d’élèves d’un collège de Seine-Saint-Denis réclament un poste supplémentaire de conseiller principal d’éducation, pour faire face à des problèmes de discipline. Les enfants n’ont pas eu classe depuis la fin du mois de décembre. » On leur souhaite bon courage et d’obtenir satisfaction.


Divers

Pour terminer cette revue de presse, vous reprendrez bien un peu du refrain bien connu "c’était mieux avant" ? C’est l’exercice auquel se livre, une fois de plus, Barbara Lefebvre dans le Parisien (il faut bien faire la promotion de son pamphlet sur l’école) :« Barbara Lefebvre est enseignante, auteur de « Génération : J’ai le droit ». Dans son livre, elle témoigne de son expérience et parle d’une génération individualiste, de crise de l’autorité... » Au-delà du côté navrant de ces propos dignes du café du commerce (rappelons que non, l’insolence et l’irrespect, même s’ils existent, ne sont pas la règle et que les élèves de sixième qui tutoient leur professeur le font le plus souvent parce qu’ils le faisaient avec leur maître ou leur maîtresse l’année d’avant), ces propos sont intéressants parce qu’ils sont révélateurs d’une conception erronée et désuète de l’autorité qui n’en finit plus de mourir face à l’évolution de la société, qui n’est pas forcément négative en soi. La génération "j’ai le droit" est en fait une génération d’enfants qui n’a plus peur des adultes, et c’est tant mieux. L’autorité se construit dans le respect des individualités, qui permet ensuite de respecter et faire respecter l’intérêt collectif. Cette construction prend plus de temps, mais donne lieu à beaucoup moins de contestations. Il serait temps de nous aider à le prendre en compte en nous formant correctement sur le sujet.
Enfin, nous apprenons avec beaucoup d’étonnement (non) que l’allongement des carrières des enseignants serait mauvais pour leur santé. Ça alors !
Aurélie Gascon


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

N° 541 - Les tâches complexes à la loupe
Dossier coordonné par Christophe Blanc et Florence Castincaud
décembre 2017
Depuis l’instauration du socle commun et l’incitation des enseignants à mettre en œuvre des «  tâches complexes  » dans leurs classes, on assiste à un foisonnement de propositions, personnelles et institutionnelles. Un dossier pour poursuivre la réflexion et nous aider à faire des choix pédagogiques et didactiques plus pertinents.

N° 540 - Voie professionnelle : (r)évolutions en
cours

Dossier coordonné par Sabine Coste et Nicole Priou
novembre 2017
La rénovation de la voie professionnelle engagée en 2009 a modifié les représentations sur les études initiales et la façon d’envisager les inégalités scolaires. Les caractéristiques sociales des jeunes scolarisés dans la voie professionnelle se sont, elles aussi, modifiées. Entre «  diplôme bradé  » et «  émancipation sociale  », quel état des lieux ?