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Revue de presse du mardi 16 décembre 2014

Les poux - Les hommes - Les ados - Finalités de l’école - Divers

Une revue au spectre large où il sera question de petites bébêtes et de grosses bêtises, mais aussi et plus sérieusement d’adolescents, de dépression et de finalités. En fin de revue, une rubrique divers viendra clore votre lecture.

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Nos enfants ne sont ni chiens ni chats :

Curieux rappel diront certains et ils auront raison. Pourtant il ne s’agit ni d’un canular, ni d’une blague de potache mais d’un constat tristement réel ; en effet on découvre à la lecture d’un article publié dans le magazine familial Famili que « certains parents n’hésitent pas à utiliser le traitement antiparasitaire de leur animal de compagnie ». Cette affaire singulière fait l’objet d’une alerte très sérieuse lancée par l’ Anses - Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail qui rappelle à la communauté des humains qu’ « un traitement antiparasitaire, insecticide ou acaricide destiné aux animaux de compagnie ne doit en aucun cas être administré à un humain, a fortiori à un enfant. » Il est vrai qu’au fil du temps, ces bestioles sont devenues bien résistantes, elles ont muté et semblent peu réactives aux traitements offerts sur le marché. C’est sans doute également le résultat d’une méconnaissance du dispositif complet de lutte contre les poux. Une petite révision s’impose donc en cette veille de Noël afin d’éviter d’en garnir les jolis bonnets de laine... On trouvera dans cet article de l’Express l’ensemble de la méthodologie du traitement et de précieux conseils. « Comment lutter contre les poux ? »


L’égalité femme-homme remise en question :

A signaler, cet article paru hier dans le Monde à la rubrique sciences et au titre un brin provocateur : « Les hommes sont plus idiots que les femmes : c’est la science qui le dit » et plus précisément, il s’agit d’un article faisant écho aux travaux de recherches du British Medical Journal (BMJ) Qu’y apprend-on ? « Cette année, le BMJ a décidé de frapper fort. Il consacre son titre principal de l’édition de Noël à une étude britannique qui se propose de démontrer la « différence des sexes dans les conduites stupides ». Pour ce faire, il a choisi comme échantillon l’ensemble des lauréats des Darwin Awards. » « Le site des Darwin Awards offre ainsi un joli concentré de l’imagination humaine, mise au service de la bêtise. C’est cet habitant de Louisburg (Caroline du Nord), qui saute d’un avion pour filmer des parachutistes… en oubliant de porter lui-même un parachute ; ce Texan qui court après une canette de bière et se fait écraser par un camion ; ce braconnier polonais, qui pêchait à l’électricité et subit le même sort que ses proies après être tombé à l’eau. Mention spéciale pour Garry Hoy, notaire de 39 ans : il voulait démontrer à des étudiants la solidité des vitres d’un immeuble de Toronto, mais une d’elles n’a pas résisté à son coup d’épaule, il a chuté du 24e étage. Et prix du jury à cet apprenti terroriste, dont le site des Darwin ne précise pas la nationalité, tué par la lettre piégée qu’il avait lui-même envoyée mais qui lui avait été retournée, faute de timbre. » Pour connaître la conclusion de ces études, je vous invite à lire l’intégralité de l’article de Nathaniel Herzberg et vous laisse juger par vous-mêmes, ne voulant pas m’attribuer ici les foudres de mes chers amis, collègues et lecteurs de revue !


La dépression des ados :

Bien plus sérieux et bien plus ravageur, ce fléau sanitaire qu’est la dépression et toucherait entre 4 et 7 pour cent des adolescents comme en témoigne cet article du journal LaCroix reprenant les chiffres édités par la HAS Haute Autorité de Santé. Un point capital ressort de cet article et qu’il convient de relever. « Les symptômes de la dépression ne s’expriment pas aussi clairement que chez l’adulte et un épisode dépressif caractérisé (EDC) passe souvent inaperçu à l’adolescence » D’où l’importance de bien informer les familles bien entendu, mais également les équipes éducatives au sens large, souvent peu formées à déceler ce genre de pathologie. Une dépression n’est ni un caprice d’adolescent ni la manifestation d’une crise souvent appelée crise d’adolescence. L’article insiste bien sur ce point : « il existe différentes formes de manifestations dépressives à l’adolescence. Selon les experts, des syndromes dépressifs et transitoires peuvent apparaître de manière normale chez 30 % à 45 % des ados. (tristesse, angoisse, ennui, morosité, irritabilité, instabilité émotionnelle, perturbation du sommeil, fléchissement scolaire, dévalorisation ». Il s’agit là d’un ensemble de manifestations physiologiques non pathologiques et qui peut même être envisagé « comme en partie nécessaire au développement de l’adolescent. Il ne faut donc pas surmédicaliser toute forme d’humeur dépressive. » En revanche, et c’est ici qu’il importe d’être vigilant, « chez 4 % à 8 % des 12-18 ans, cette souffrance peut prendre la forme d’un EDC. Ce qui fait la différence, c’est à la fois l’intensité des symptômes et leur durabilité. » Que faire en cas de dépression ? D’une part protéger l’adolescent, notamment face « à un éventuel risque suicidaire » mais aussi sur le long terme, l’aider à « dépasser ses vulnérabilités, retrouver une estime de soi et réinvestir sa vie sociale et affective. » Enfin, dernière précaution rappelée par l’article, « la délivrance d’un antidépresseur ne doit jamais avoir lieu dès la première consultation.  » La chaleur humaine, la présence, l’écoute, la mise en place de dispositifs bienveillants et rassurants sont les premières aides d’urgence à apporter, surtout à l’approche des fêtes de fin d’année qui pour certaines personnes fragilisées psychiquement ressemblent davantage à un parcours du combattant qu’à une période légère et festive.


Finalités de l’école :

« Finalité de l’école et ce que l’on doit enseigner », tel est le titre de cet article comte-rendu publié par leDépartement Sociétés humaines et responsabilité éducative du Collège des Bernardins suite à l’intervention, lors de la 3ème séance du séminaire intitulé Ecole et République de Roger-François Gauthier, inspecteur général de l’administration de l’Éducation nationale et de la recherche, professeur de politiques éducatives comparées à l’université Paris Descartes. Son propos repose sur le postulat d’un paradoxe au sein de l’institution scolaire française. « Alors que celle-ci semble afficher des finalités claires et ambitieuses régies par des principes humanistes, dans la pratique, et bien plus que les écoles appartenant aux systèmes où le néo- libéralisme est proclamé sans complexes, elle obéit au jeu social. Ainsi au-delà des déclarations de principes, les finalités (émancipation des individus et leur transformation en citoyens) vers lesquelles doit tendre le système scolaire, ne sont pas toujours inscrites dans son fonctionnement concret. Ce système est ainsi devenu une machine fonctionnant de manière plus ou moins inconsciente, composée de différentes structures (sous-systèmes) poursuivant des objectifs divergents, bien qu’ils semblent être les mêmes en apparence. » Pour sortir de cet insupportable paradoxe, il conviendrait « d’articuler la question du contenu du savoir scolaire à celle des modalités d’apprentissage. Dit autrement, réfléchir aux finalités de l’école suppose de repenser les savoirs scolaires en période postmoderne. Roger-François Gauthier propose ainsi d’orienter la réflexion vers l’élaboration de « savoirs responsables » sur un niveau triple : une responsabilité à l’égard des élèves, de la société et de l’humanité. »
Refondation, es-tu toujours là ? ...


D’autres sujets à découvrir :

Et voilà, ainsi s’achève cette revue du mardi ; demain ce sera Bernard Desclaux qui prendra la relève.

Ostiane Mathon