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Revue de presse du mardi 14 octobre 2014

La consultation — ESPE — Pédagogie - Orientation - Système


Aujourd’hui, veille de la consultation, on en parle un peu, en bien, en mal. Le rapport récemment publié et dont nous faisions état hier dans la revue, alimente quelques articles. Il sera également question d’orientation et de l’état du système. Mais heureusement, Laurent a déniché une série d’articles sur la pédagogie sous le signe de l’innovation !


La consultation

Claude Lelièvre propose une mise en perspective : Les consultations « banalisées ». Une mise en cause « singulière ». « On peut s’étonner de leur mise en cause toute récente par des organisations appartenant à la PEEP ou à la FCPE. Ces journées (ou demi-journées) »banalisées » au service de »consultations » sont apparues en effet il y a plus de trente ans. Et il y en a eu plusieurs en ce début de siècle sans qu’elles fassent l’objet d’une interpellation publique (et encore moins de recours devant un tribunal administratif). »

Mais sur le terrain, un exemple sans doute pas isolé rapporté par le JSL de Châlon : Un mercredi d’improvisation. Et chacun de se renvoyer la balle. “Fabien Ben, le directeur des services académiques de l’Éducation nationale, explique qu’« un courrier a été adressé aux mairies il y a environ deux semaines pour avertir de cette journée sans cours. » Problème, tout le monde n’a visiblement pas été destinataire. « Nous avons appris ça incidemment il y a une semaine par des parents qui sollicitaient un dispositif d’accueil, explique-t-on ainsi au service éducation de la mairie de Mâcon. Cela ne nous laissait pas le temps matériel d’organiser un accueil et, de toute façon, les collectivités n’ont pas vocation à assurer un accueil des enfants lors des absences d’enseignants… »

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ESPE

Le rapport récemment publié et dont nous faisions état hier dans la revue, alimente quelques articles. Marie-Christine Corbier dans les Echos : Formation des enseignants : un bilan « mitigé ». Malgré les critiques du rapport il y a des défenseurs : « « Les Espe bougent à toute vitesse », ce sont « des objets vivants », tempère Daniel Filâtre, recteur de l’académie de Grenoble et président du comité de suivi de la réforme. Sans nier que « les principes de la réforme ne sont pas traduits dans la formation  ». « Les Espe n’ont pas atteint leur régime de croisière », corrobore Gilles Roussel, président de la commission formation de la Conférence des présidents d’université (CPU). « Même si c’est imparfait, les étudiants sont formés. » « Ce ne sera pas parfait la première année, il y aura des difficultés », avait prédit Vincent Peillon. Il ne s’était pas trompé.  »
Vousnousils répond à cet article par : ESPE : le ministère de l’Education nationale publie son bilan. «  Le contenu même des mas­ters MEEF (métiers de l’enseignement, de l’éducation et de la for­ma­tion) pose aussi pro­blème. Comme le sou­ligne Alain Mougniotte, direc­teur de l’ESPE de Lyon, dans l’entretien qu’il nous a accordé, "les ten­sions exis­tantes res­tent tou­jours liées à la même pro­blé­ma­tique : d’une part, la néces­sité de déli­vrer une for­ma­tion uni­ver­si­taire utile à moyen et à long terme et, d’autre part, le besoin de répondre à l’adaptation des postes de tra­vail dans une visée à court terme". Par ailleurs sou­ligne le rap­port, le contenu des mas­ters MEEF appa­raît par­fois comme du simple recy­clage d’anciens conte­nus IUFM.  »


Pédagogie

Aujourd’hui elle sera sous le signe de l’innovation !

Emmanuel GRANGE sur le Webpédagogique revient sur une conférence de Serge Boimare : Échec scolaire : comment relancer la machine à apprendre ?. Nous nous permettons de larges extraits. “En novembre 2013, le psychopédagogue Serge Boimare était l’invité des assises de l’éducation prioritaire de l’Académie de Lyon pour une conférence sur l’échec scolaire. « Existe-t-il une présentation des savoirs qui permettrait de diminuer l’échec scolaire ? Pour Serge Boimare, la réponse est oui.” “Et il n’y a pas besoin de les fréquenter longtemps pour s’apercevoir que ce qu’ils ne supportent surtout pas, c’est le flottement, le doute, la suspension du jugement qui accompagnent nécessairement toute recherche aussi élémentaire soit-elle, tout problème posé jusqu’à sa résolution. Ils ne le supportent tellement pas qu’ils vont jusqu’à mettre hors circuit leur fonctionnement mental au moment où ils en auraient le plus besoin, c’est-à-dire quand il faut associer, faire des liens, chercher..”.
Dans sa conférence de 2013, il explique comment se met en place cet empêchement de penser. Partant du constat que des enfants arrivent à l’école sans avoir été préparés à utiliser leurs capacités réflexives (initiation insuffisante à la frustration, manque d’interaction langagière et pas de préparation à l’autonomie), ces derniers sont déstabilisés par les contraintes majeures de l’apprentissage. La machine à apprendre est déréglée, les élèves ont du mal à reconnaître leurs insuffisances et à être patient face au travail demandé. Ils n’acceptent pas les règles et ce temps de solitude, de flottement que requiert l’apprentissage. Face à cette difficulté d’apprentissage sévère, l’école peine à trouver les remèdes. Plus les années passent et plus les écarts avec les autres se creusent. La difficulté sévère se transforme en échec scolaire et en marginalisation.
Une heure par jour pour relancer la machine à apprendre
Pour Serge Boimare, les besoins essentiels des élèves les plus réfractaires aux apprentissages sont aussi d’excellents tremplins pour favoriser la transmission des savoirs pour tous et pour favoriser le fonctionnement de la classe. Alors, quels sont les besoins des empêchés de penser pour se réconcilier avec l’apprentissage sans réduire les exigences de la classe ? Serge Boimare propose une séance d’une heure en trois temps.
1. Un nourrissage culturel qui donne du sens et des racines en étant relié aux questions humaines fondamentales
écouter : 15 à 20 minutes de lecture à haute voix de textes fondamentaux (contes, récits mythologiques, textes fondateurs de religion ou de de civilisation, romans initiatiques ou historiques). Ces textes donnent aux élèves les moyens de résister aux sentiments parasites qui se déclenchent dès qu’il y a apprentissage avec le texte. La lecture à haute voix réussit à capter l’intérêt d’élèves peu concernés par la classe et permet de faire de l’image avec le mot entendu.
2. Un entraînement à communiquer et à argumenter
Parler et écrire : 30 à 40 minutes d’expression orale et écrite où chaque élève est sollicité pour faire part de ce qu’il a compris du texte après la lecture à haute voix. Ensuite, il donne son avis sur une ou des questions mises en débat par la classe.

Deux jours pour créer un nouveau cours, pour l’inventer ou le réinventer. “Deux jours pour questionner ses pratiques pédagogiques et les partager avec ses collègues,… Quelle drôle d’idée ! Mais après tout, pourquoi pas ? Deux jours pour tenter une expérience plutôt originale dans un espace qui vous oblige à « sortir de la boîte ». Dit comme cela, c’est presque tentant. Enfin, deux jours pour découvrir les « petits secrets » de l’innovation pédagogique et le plaisir de construire ensemble de nouveaux modes d’enseignement,… alors là c’est sûr… on signe !
"Pour une première édition, le Laboratoire d’Innovation Pédagogique (LIP) de l’Université Catholique de Lille a lancé une session de formation à usage des enseignants et intitulée : « Communauté apprenante pour l’innovation pédagogique ». Jean-Charles Cailliez en fait un compte-rendu très détaillé à lire d’urgence. Il y est question d’équipe et de formation pluridisciplinaire, de « hackers pédagogiques », de Learning Lab, de communauté apprenante, de créativité avec les « six chapeaux de Bono ».

Et à Paris : Quand une classe invente un sous-marin pour explorer le canal de l’Ourcq. “Vendredi, école élémentaire du 17 rue de Tanger (19e), 15h, Lilia, Jérémie, Alice et leurs camarades de CM1 et de CM2 sortent leur cahier de chercheur. Car dans l’atelier périscolaire en lien avec les Savanturiers, programme éducatif, une quinzaine d’élèves découvre la démarche scientifique. Avec comme objectif ambitieux de construire d’ici juin un sous-marin pour explorer le canal de l’Ourcq. « J’avais envie de monter un projet concret, explique Aurélien Brendel, instituteur qui anime également cet atelier périscolaire avec les Savanturiers. J’ai pensé à Cousteau, au Titanic et à montrer aux enfants qu’il y a des choses très intéressantes près de chez eux. »
« Cette année pour la première fois ce ne sont pas seulement les étudiants et chercheurs en sciences qui interviennent pendant le temps périscolaire, mais dans un tiers des projets, les enseignants, accompagnés, mènent les expérimentations », explique Ange Ansour, directrice des Savanturiers.

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Orientation

En Alsace, S’unir pour l’orientation. « La Région et ses 16 partenaires, dont l’État, ont signé, hier, la Charte pour une stratégie régionale de l’orientation. « Une première en France » , a souligné Philippe Richert, à l’issue de la commission permanente qui a approuvé cette contractualisation. Celle-ci fait suite à la démarche expérimentale qui a permis de développer un portail régional de l’orienta-tion, avec un agenda commun à toutes les manifestations proposées en Alsace et un site dédié aux métiers porteurs. 25 000 jeunes Alsaciens sont accompagnés chaque année dans leurs démarches par les onze missions locales. »
Mais l’orientation, c’est aussi un marché et DigiSchool rachète 3 sites ciblés pour attaquer le marché de l’orientation.

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Système

Inégalités : Pisa pointe les inégalités systémiques. « Selon l’OCDE les inégalités de moyens matériels expliqueraient 19% des écarts de niveau en maths en tre écoles favorisées et défavorisées et on monterait à 30% pour l’ensemble des moyens. Et l’OCDE pointe particulièrement les Etats Unis ou le Luxembourg avec des écarts du simple au double entre les types d’école. Elle souligne que les pays performants comme la Finlande et al Corée du sud ont peu d’écarts. Plus les inégalités sont grandes moins bon est le niveau général en maths.  »

Le Nobel de Jean Tirole, un démenti aux « déclinistes » de l’enseignement supérieur. "Qui a dit que l’enseignement supérieur français était systématiquement à la traîne ? Qui a dit qu’il n’était pas compétitif, face aux grandes institutions anglo-saxonnes - les Harvard, Chicago, Stanford, Cambridge ou Oxford, que l’on cite sans cesse parmi les meilleures du monde ? Rappelons que Jean Tirole, président de l’Ecole d’économie de Toulouse, qui vient d’obtenir le prix Nobel d’économie, est diplômé de Polytechnique (1961). Tirole n’était d’ailleurs pas le seul Français "nobélisable" de la discipline : beaucoup évoquaient aussi Thomas Piketty comme possible lauréat. Rappelons aussi, en mathématiques, la médaille Fields obtenue, il y a quelques semaines seulement, par le franco-brésilien Artur Avila. Rappelons encore qu’en management, HEC est régulièrement classée, depuis une dizaine d’années, meilleure business school européenne par le "Financial Times", pourtant peu suspect de francophilie...

Certes, il ne faut pas pousser de vains cocoricos. Inutile de pavoiser, inutile aussi de se cacher les difficultés de notre enseignement supérieur - à commencer par le taux d’échec élevé en licence, ou les difficultés d’insertion que connaissent nombre de diplômés..." Signé Jean-claude Lewandowski sur son blog.

Laurent Fillion et Bernard Desclaux


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Mieux apprendre par la coopération
N° 505 coordonné par Sylvain Connac et Stéphanie Fontdecaba
mai 2013
"Lorsque deux enfants, deux élèves ou deux adultes coopèrent, ils apprennent au travers des échanges. En même temps, ils se construisent des valeurs humanistes telles que la solidarité, le partage, le respect. Des témoignages pédagogiques, des repères précis pour oser l’aventure, dépasser les embuches."

Les portraits de Monique Royer
Hors-série numérique 35

"Ils enseignent en classe d’accueil, au Liban, à des élèves handicapés. Ils utilisent un blog, de la couleur ou les volcans. Ils sont enseignants, chef d’établissement, journalistes. Ce sont dix-neuf portraits d’enseignants et d’acteurs de l’école que l’on découvre dans ce dossier"

et surtout pour se remonter le moral en ces temps moroses...