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Revue de presse du mardi 14 janvier

Violences scolaires : LP et harcèlement - Numérique : premiers MOOC et virage raté - Cup Song


Violences à l’école : du neuf ?

Dans sa question d’Education du jour sur France Info Emmanuel Davidenkoff commente l’enquête du ministère sur la violence dans les collèges et les lycées. Les chiffres « confirment pour l’essentiel ce qu’on savait déjà : " Les incidents graves sont fortement concentrés : 10% des établissements en signalent 40 %." Ils confirment aussi que le lycée général et technologique est raisonnablement épargné avec en moyenne 5,6 incidents par an pour 1.000 élèves, que ça se tend au collège avec 15,3 incidents pour 1000 élèves, mais c’est au lycée professionnel que les statistiques explosent : 24 incidents pour 1.000 élèves. C’est presque deux fois plus qu’en 2008 ! » Si le journaliste commence prudemment par relativiser ces chiffres (« Plusieurs facteurs se combinent. Il y a peut-être un petit effet de seuil dans la mesure où cette enquête, baptisée Suivis, n’est pas exhaustive. Elle procède par sondage sur des établissements tirés au sort. Comme il y a moins de lycées professionnels, une petite modification du vivier peut avoir des effets statistiques plus importants que pour les autres établissements »), il avance aussi une explication à cette hausse : le passage à trois ans du Bac Pro. Il rappelle d’ailleurs que « cela inquiétait les enseignants depuis le début. Ils craignaient pour la frange des élèves qui avaient déjà du mal à suivre en quatre ans, ou bien qui y arrivaient tout juste, au prix d’une attention très soutenue, très personnalisée. Apparemment ils n’avaient pas tort. On décrit ici ou là une montée des tensions liées au sentiment d’échec des élèves. Ça peut aussi se manifester par de l’absentéisme ou bien par du décrochage, tout cela est lié. » Il précise aussi que le fait d’avoir par ce passage à trois ans « redorer le blason du lycée professionnel » qui attire désormais de meilleurs élèves ne s’oppose pas à cette montée de la violence en soin sein :
« Ces élèves-là ont en effet moins de mal à suivre, et cela augmente l’écart entre ceux qui y arrivent et ceux qui n’y arrivent pas. On a accru l’hétérogénéité des niveaux ce qui fait toujours plus de mal aux élèves les plus fragiles. Or un élève qui a du mal est aussi, bien souvent, un élève qui a mal. Et cette souffrance scolaire est un des principaux ressorts de la tension dans les établissements scolaires. »

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Le dessin de Fabien Crégut

Violences à l’école également dans 20 Minutes qui, à l’occasion de la sortie du livre De la rage dans mon cartable de Noémya Grohan, nous propose un article sur le délicat et douloureux problème du harcèlement à l’école.. L’auteure de ce livre témoignage a des mots très durs en parlant de « l’indifférence du monde enseignant ». L’article donne aussi la parole à Jean-Pierre Bellon, coauteur de l’ouvrage Harcèlement et cyberharcèlement à l’école qui sort également demain pour qui, « pendant très longtemps, l’institution n’a pas réagi. Le harcèlement scolaire était dénié » et à Eric Debarbieux, délégué ministériel en charge de la prévention et de la lutte contre les violences en milieu scolaire qui se veut plus optimiste pour l’avenir puisque avec la mise en place des référents « harcèlement » dans chaque académie.


Les MOOCS dans le virage du numérique ?

Alors que les premiers cours en ligne de la plate-forme France université numérique débutent jeudi prochain, La Croix s’entretient aujourd’hui avec Henri Isaac autour de l’enjeu que constitue le développement des « Moocs ».
Pour le maître de conférences à Paris Dauphine, ces cours en ligne révolutionnent la façon d’enseigner et d’apprendre.« Car la connaissance n’est plus diffusée verticalement, du professeur vers les étudiants. L’enseignant met en ligne son cours, des documents, des exercices, des questionnaires à choix multiples. Ensuite, il joue davantage le rôle d’un tuteur, d’un accompagnateur que celui d’un transmetteur. Il est d’une certaine manière l’animateur d’une communauté d’« apprenants ». Dans la mesure où un Mooc peut compter des milliers d’inscrits, les étudiants sont souvent invités, dans le cadre de forums, à répondre aux questions posées par leurs pairs, voire à effectuer une évaluation entre pairs. Le tout, bien entendu, dans le respect de règles précises, pour éviter toute dérive. »
Le Nouvel Obs nous informe que « plus de 80.000 personnes sont d’ores et déjà inscrites aux Moocs proposés par la plateforme de France université numérique (Fun) dès jeudi » C’est avec François Taddei, directeur du Centre de recherche interdisciplinaire (Cri), que le site de l’hebdomadaire s’entretient pour l’occasion. Il y voit une arme nouvelle pour démocratiser l’ensiegnement : « Un prof qui fait cours devant des étudiants, c’est vieux comme le monde. Ce qui est révolutionnaire avec les Moocs, c’est le nombre de personnes qui y participent . Les Moocs démocratisent l’accès au savoir, alors que la dernière enquête Pisa de l’OCDE a montré que le système universitaire français est le plus inégalitaire du monde développé ». L’aticle cite aussi le Collectif anti-Moocs créé par trois syndicats étudiants et enseignants après la création d’un Mooc par l’Ecole normale supérieure de Cachan qui craint une uniformisation des savoirs avec la multiplication des cours de masse en ligne.
« C’est comme dire que l’imprimerie a mené à l’uniformisation du savoir parce qu’elle a permis la distribution de livres à plus grande échelle, ironise François Taddei. »

Selon Michel Guillou, les anti-numériques et autres contempteurs de "la vie moderne" n’ont pourtant pas trop de soucis à se faire. Sur Educavox, il nous paraît désenchanté par la petite ritournelle triste de Vincent Peillon.et ce, après avoir visionné une vidéo mise en ligne sur le site du gouvernement. dans laquelle le ministre fait le point sur le « chantier numérique pour l’école ». Selon Michel Guillou, le ton a changé en quelques mois : « L’enthousiasme a laissé la place à une lassitude évidente. En deux minutes, sur une tonalité neutre et désenchantée, il débite sans donner l’impression de trop y croire — est-il sur le départ ? — les principaux points de sa stratégie numérique. Sur le fond, c’est assez désolant. Du souffle initial, il ne reste rien ou presque : une simple déclinaison de mesurettes auxquelles Vincent Peillon ne semble pas croire lui-même. [...] Là où il envisageait hier encore de profondes et définitives mutations culturelles, il ne parle aujourd’hui que de ne pas « manquer le virage du numérique »


Formidaaaable

Le Huffington Post et La nouvelle République nous présentent tous deux le résultat d’un beau projet mené dans un collège de Blois par Sébastien Billon et Manu Caron, professeurs d’éducation musicale. Une chanteuse, une chorale, 200 participants et 200 gobelets et ça donne un formidable moment musical et collaboratif. (vidéo sur youtube)
Il y aura bien des esprits chagrin pour trouver là un "temps d’exposition aux savoirs" de perdu, pire un énième phénomène de mode (qui plus est venu d’outre-atlantique) qui empiète l’espace sacré du temple de l’instruction, voire un apprentissage au travail à la chaîne et au taylorisme (si,si !).
On préférera y voir ce qui manque encore trop souvent dans nos écoles : la capacité à mener des projets collectifs pour apprendre à coopérer, ou encore la construction d’une identité collective à partir d’une telle manifestation. On pourrait aussi enchaîner avec les retombées de tels projets sur l’apprentissage.


Et enfin pour terminer dans Closer ... rien vu !

Demain la revue de presse sera encore uniquement consacrée à l’éducation.

Elle reviendra certainement sur les annonces attendues pour l’éducation prioritaire. puisque lors de sa conférence de presse de cette après-midi, le président de la République a affirmé que « Demain, Vincent Peillon présentera un plan pour l’éducation prioritaire : il faut rendre plus attractifs pour les enseignants les postes dans les territoires qui concentrent les difficultés » et a laissé entendre que les moyens alloués y seraient importants.

Laurent Fillion


Dans la librairie du CRAP

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Quelle éducation prioritaire ?
Revue n°499 - septembre 2012

Où va l’éducation prioritaire, après les dispositifs « Ambition réussite », puis « Éclair » ? Quelles évolutions des pratiques professionnelles, dans la classe, dans l’établissement, dans le réseau ? De ces établissements trop souvent lieux de relégation sociale et scolaire, peut-on faire une école commune ?

- Le numérique à l’école Revue n°446 - octobre 2006
La confrontation de l’école avec un objet technique instable pose problème, et les promesses de bouleversements pédagogiques ne se confirment pas si simplement. Ce dossier propose un état des lieux des pratiques et des débats en cours au moment de sa parution.

- Mieux apprendre avec la coopération Revue n°505 - mai 2013
Lorsque deux enfants, deux élèves ou deux adultes coopèrent, ils apprennent au travers des échanges. En même temps, ils se construisent des valeurs humanistes telles que la solidarité, le partage, le respect. Des témoignages pédagogiques, des repères précis pour oser l’aventure, dépasser les embuches.