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Revue de presse du mardi 13 mai 2014

Jean-Michel et Florence Robine - Benoit et les maires - Louise et les profs


Deux femmes à l’honneur de cette revue de presse : Florence Robine et Louise Tourret, et encore et toujours la question des rythmes...

Quand Jean-Michel parle de Florence Robine

La semaine dernière, la presse spécialisée annonçait la nomination de Florence Robine à la tête de la Dgesco. Sur le site du CRAP, jean-Michel Zakhartchouk nous la présente en revenant sur certains de ses écrits notamment pour les Cahiers Pédagogiques.
Elle s’y était exprimée au sujet des compétences « Si personne ne remet en cause, bien au contraire, la nécessité de transmettre les connaissances essentielles, de forger une culture commune, l’école a aussi pour mission de préparer le futur adulte qu’elle forme au monde dans lequel il va évoluer. C’est ce que recouvre usuellement le mot de “compétence” : un ensemble d’outils intellectuels faits de savoirs, de savoir-faire, d’habiletés, qui rend apte à s’adapter à une situation nouvelle, à comprendre le monde qui nous entoure, et également à apprendre tout au long de sa vie » ou encore sur celui des pratiques d’évaluation : « Je pense que beaucoup d’enseignants sont mûrs pour faire évoluer les pratiques usuelles d’évaluation, dont ils ressentent les insuffisances. Évaluer ce n’est pas seulement vérifier si la leçon est apprise, si l’élève peut restituer les connaissances enseignées au dernier chapitre lors du fameux et redouté “contrôle”. Là encore, les situations sont très différentes suivant les disciplines. Il est vrai que l’évaluation dans certaines disciplines reste encore très centrée sur des tâches de restitution, d’autres évaluent des activités de transfert de connaissances d’une situation à une autre, certaines évaluent usuellement des savoir-faire en action, d’autres encore des activités de créativité ou même des attitudes. Les histoires, les habitudes sont différentes : c’est là une source majeure de difficulté. Cependant l’évolution des pratiques d’évaluation est inéluctable ». Jean-Michel Zakhartchouk conclut ainsi ce portrait : « Ce que nous attendons d’elle, c’est qu’elle fasse mentir ceux qui pensent que la refondation est en panne, que le socle commun va être vidé de son contenu et qu’on n’arrivera pas à transformer notre école en changeant les pratiques d’évaluation et d’enseignement. »

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Le dessin de Fabien Crégut

Quand Benoit parle des maires

Depuis quelques jours, sans doute sous l’effet de l’assouplissement annoncé, des maires se font entendre dans la presse régionale (par exemple ici ou ) pour exiger un report, voire une annulation de la réforme des rythmes. Maire nouvellement élu qui n’avait pas anticipé ? Maires qui ont d’autres priorités budgétaires comme l’installation de la vidéosurveillance ?
Pour Benoit Hamon, invité ce matin sur I-Télé, ces « maires font des rythmes scolaires un objet idéologique au détriment de l’enfant ». Il a donc prévenu qu’aucun report supplémentaire ne sera accordé et que si certaines communes ne font pas remonter l’organisation prévue d’ici le 6 juin, c’est l’Etat fixera leur organisation.
Si l’on en croit Gérard Courtois dans Le Monde, il ne devrait pas passer par cette voie car en faisant du « Chevènement » (sic) « cela devrait suffire pour calmer les esprits et préparer, sans trop d’accrocs, la prochaine rentrée scolaire. Même si, comme il se doit, tout le monde ou presque continue de râler ».

Quand Louise parle des profs

Alors que certains profs républicains autoproclamés (qui n’ont rien compris à Bourdieu) jouent la complainte de Calimero en se plaignant des méchants sociologues de l’éducation qui ne disent que du mal de notre profession, Louise Tourret sur slate.fr ose un article qui nuance fortement ce qu’on peut lire ici ou là sur notre métier ces derniers temps en proclamant : « Arrêtons de plaindre les profs : ils ne sont pas mal payés et leur métier n’est pas mal considéré ». Sur les salaires des enseignants, elle rappelle ainsi que « là où ils sont particulièrement mieux payés qu’en France, comme en Allemagne, ils n’exercent pas leur métier dans des conditions similaires : davantage d’heures de cours, obligation d’enseigner deux disciplines, plus de temps de présence dans l’établissement et pas de droit de grève. » ou encore que si les débutants sont effectivement mal payés, c’est le cas des débutants dans toutes les professions.
Sur l’attractivité du métier, Louise Tourret écrit « la carrière d’enseignant est parfois choisie après une première vie professionnelle. Parce que, même quand on est surdiplômé, le rythme de vie des super-cadres, les horaires élastiques du précariat et la disponibilité permanente qu’exigent certains métiers peuvent légitimement faire considérer la profession enseignante comme davantage compatible avec une vie équilibrée. ». Tout enseignant qui ne vit pas en vase clos et qui côtoie d’autres salariés ne peut qu’acquiescer, non ?
On notera enfin un passage réjouissant : «  il existe des enseignants qui font ce métier parce qu’ils y croient, tout simplement ; on ne sait pas s’ils sont majoritaires, mais ils existent. » Il lisent la revue de presse du CRAP, non ? Demain, ils liront celle de Bernard Desclaux

Laurent Fillion

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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Enseignant : quel métier !
Hors-série n°33 - decembre 2013
Une compilation d’articles parus dans notre revue, pour alimenter les débats en cours, en prenant du recul sur ce qu’une revue pédagogique a pu dire des métiers enseignants au cours des dernières années.

Notre métier, notre identité
Revue n°380 - janvier 2000
Comment définir l’identité professionnelle enseignante ? Selon quels critères et comment l’explorer ? Dans ce dossier, des enseignants se risquent à raconter leur travail, à se raconter dans leur travail ; beaucoup de récits passionnants de professeurs débutants ou retraités, du premier ou du second cycle.