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Revue de presse du mardi 12 avril 2016

Pédagogie - Jeunesse dans la rue - Ressources


La pédagogie est à l’honneur aujourd’hui : querelles pédagogiques, enseignement de la citoyenneté, éducation populaire dans le mouvement Nuit debout.
On répertorie aussi quelques ressources pédagogiques.


Pédagogie

Le CNESCO publie un rapport sur l’apprentissage de la citoyenneté à l’école. Pour le Café pédagogique, l’enseignement de l’éducation civique est à revoir. On remarque " un décalage entre les prescriptions et les textes officiels, d’une part, la réalité des pratiques, d’autre part... L’examen des pratiques effectives montre une mise en oeuvre très inégale, et globalement limitée, de la formation du citoyen en classe et de la citoyenneté scolaire". Un sondage note que "seuls 13 % des Français considèrent que les jeunes ont suffisamment connaissance de leur rôle de citoyen. Les jeunes (entre 18 et 24 ans) eux-mêmes sont à peine plus de 20 % à considérer qu’ils connaissent leur rôle en tant que citoyens." Les Français veulent plus de débats mais aussi l’introduction de thématiques nouvelles comme l’égalité fille-garçon ou la lutte contre les discriminations. Ces thématiques ne sont pourtant pas nouvelles et sont abordées par les enseignants.

Une polémique : la dissection d’animaux en cours de sciences. "En 2014, le ministre de l’Education nationale avait pris une circulaire qui interdisait les dissections animales dans les cours de sciences de la vie et de la Terre (SVT) et de bio-physiopathologie humaine "dans toutes les classes jusqu’au baccalauréat". L’objectif était de transposer une directive du Parlement européen et du Conseil du 22 septembre 2010 relative à la protection des animaux utilisés à des fins scientifiques. " Le Conseil d’état a annulé cette circulaire car le ministère aurait mal interprété le droit européen. Les dissections peuvent donc reprendre.
André Jougla s’insurge contre cette décision : "il s’agit surtout d’une bataille morale, et force est de constater que nous ne pouvons pas parler de progrès, ni même de conservatisme mais bien d’archaïsme et de régression." Il critique vivement le SNES à l’origine de cette annulation.

Autre polémique : Antoine Desjardins, auteur de "Sauver les lettres", publie un billet au titre provocateur : "À bas les pédagogistes, vivent les pédagogues !" (LeFigaro). Il y décrit une variété de professeur assez étrange, sorte de "croque-mitaine" de l’enseignement qui ne semble exister que dans son imagination au vu de ce que l’on peut lire. "Le réel et la vérité n’intéressent plus le pédagogiste. Les élèves, plus du tout." "Le pédagogiste n’aime ni la science ni les sciences. Il hait la littérature qui le lui rend bien. Il fabrique de la tristesse et de la résignation."
Cet article a provoqué une réaction de la part de Nicolas Anoto. "Antoine Desjardins dénigre les enseignants qui veulent varier leurs approches pédagogiques et qui sont peu convaincus par le cours magistral ou frontal (...) Ce monsieur les accuse de faire des "transferts" psychologiques, d’être des fainéants qui ne veulent ni préparer les cours, ni corriger. Un point de vue peu nuancé... " "je dénonce la mauvaise foi de ce collègue qui se drape hypocritement dans le linceul de Condorcet, de Molière et de Spinoza pour justifier la mise à l’écart des plus défavorisés et la réaffirmation d’un enseignement qui profite aux plus cultivés, aux plus aisés, aux "héritiers"."


Jeunesse dans la rue

Le projet de loi visant à modifier le Code du travail a mis dans la rue une partie de la jeunesse, et même initié de nouvelles formes de "manifestations".
Les syndicats étudiants et lycéens ont été reçus par le gouvernement. Cependant "les gestes en faveur de l’insertion des jeunes, annoncés ce lundi par Manuel Valls, ont été bien accueillis par les syndicats étudiants et lycéens. Sans faire toutefois flancher leur détermination à se battre pour le retrait de la loi travail." Libération en profite pour poser la question de la représentativité de ces syndicats et associations. "Quatre des huit organisations reçues font partie de l’intersyndicale mobilisée contre la loi travail : l’Union nationale des étudiants de France (Unef) pour les étudiants et pour les lycéens, l’Union nationale lycéenne (UNL), le Syndicat général des lycéens (SGL), et la Fédération indépendante et démocratique lycéenne (FIDL)." "Ils sont quelques milliers d’adhérents pour des millions d’élèves."

Très intéressant, le mouvement "Nuit debout" a donné naissance à un "Debout éducation populaire" permettant à chacun de débattre. "Sans se concerter, les premiers intervenants ont choisi de parler des révolutions ; la Terreur, 1848, la Commune, Mai 68… Le programme ne précise que leur prénom et le thème qu’ils abordent, mais ce sont majoritairement, pour cette première fois, des professeurs d’histoire."
"l’initiative, qui a fleuri sous la statue de Marianne, s’inscrit dans un mouvement de politisation accrue de l’éducation populaire, selon le chercheur en sciences de l’éducation Nicolas Fasseur. Un mouvement incarné en France par « une bonne trentaine d’acteurs, associations, collectifs moins institutionnalisés », qui « rapproche depuis quelques années l’éducation populaire des mouvements sociaux » et lui donne « une dimension culturelle » nouvelle." Le Monde.

Sur L’Obs, une vidéo montrant les gestes utilisés lors de ces débats peut inspirer les enseignants, notamment d’EMC, qui doivent en organiser en classe.


Ressources

Cursus.edu recense une carte mentale répertoriant vingt techniques pédagogiques à découvrir, re-découvrir, s’approprier...

Sur VousNousIls, un guide de survie pour les dys (élèves et enseignants). "Pour les dys, l’école est un parcours du combattant. Cela dépend du trouble et de la pratique de l’enseignant, mais dans l’ensemble, c’est très difficile. Beaucoup d’adultes dys sont sortis traumatisés du système scolaire."On dit souvent que les enseignants ne s’occupent pas des dys, mais c’est faux. Ils sont nombreux à vouloir les aider, mais ils ne savent pas comment faire. Beaucoup sont perplexes, parfois perdus. J’ai donc conçu un “guide de survie pour le professeur confronté à des élèves dys” (pdf). J’avais envie de transmettre mon expérience, en tant que dys, et en tant qu’enseignante."

Géraldine Duboz


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Pédagogie : des utopies à la réalité
Revue n°525 - decembre 2015
Qu’est-ce qui fait qu’un enseignant, un éducateur, sort des sentiers battus et s’avance sur les chemins de l’expérimentation et de l’innovation ? Qu’est-ce qui le met, l’a mis en mouvement ? Quels sont les utopies, les projets, les rêves, les modèles peut-être qui font entrer dans un collectif, un mouvement pédagogique ?

Éduquer à la citoyenneté. Construire des compétences sociales et civiques
Laurent Fillion, collection Repères pour agir, Scéren-CNDP et CRAP-Cahiers pédagogiques, 2012.
Comment offrir aux élèves un parcours qui mobilise les valeurs, pratiques civiques et comportements sociaux ? Quelles actions mener pour favoriser leur participation à la vie sociale et professionnelle ?Comment évaluer ensuite ces compétences si particulières ?
Laurent Fillion a rassemblé dans cet ouvrage des propositions très diverses, basées sur des situations expérimentées en classe. Toutes visent les mêmes objectifs : aider les élèves à vivre en société et construire de futurs citoyens. Enseignants, éducateurs et chercheurs témoignent et livrent leur point de vue sur la mise en place de cette compétence emblématique du socle commun.
Avec un chapitre d’actualité : comment éduquer à une « morale laïque » sans faire de leçons de morale !