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Revue de presse du mardi 11 janvier 2005

Journée chargée demain mercredi 12. Le Ministre François Fillon présente son projet de loi d’orientation en conseil des ministres. Pendant ce temps là, les professeurs de Sciences économiques et sociales (dont votre serviteur) manifesteront du côté de la Madeleine jusqu’à la Bourse et demanderont à être reçus à l’Élysée. La presse revient sur le 1er événement, un peu moins sur le second (mais on espère faire parler de nous quand même...).
C’est dans le Monde qu’on trouvera l’analyse la plus complète de la Loi Fillon. On retiendra surtout la critique extrêmement virulente d’Antoine Prost, historien et grand connaisseur du système éducatif, de ce projet de loi. « C’est une trahison du rapport Thélot. Son projet de socle commun est réduit à un enseignement minimal de connaissances et à une note de vie scolaire. Si nous ne voulons pas des sauvageons, il faut éduquer les jeunes à l’école. Avec la mise en place d’une note de vie scolaire, on se limite à punir les élèves qui ne seraient pas socialisés. [...]M. Fillon va à l’encontre du résultat des recherches. Imaginez un ministre de la santé qui dispose de quarante études montrant qu’un produit est nocif et qui invite les médecins à le prescrire. C’est ce que fait le ministre en augmentant le pouvoir des enseignants en matière de redoublement, dont toutes les études montrent l’inefficacité. » Voilà qui est dit, et bien dit...
Bonne Lecture...


Libération du 11/01/05

La gestion à la louche d’un lycée toulousain
Dans la langue de bois de l’administration de l’Education nationale, cela s’appelle « un soupçon de mauvaise gestion ». Autour de la machine à café du rectorat de Toulouse, deux fonctionnaires soupçonnent plutôt l’ancien proviseur, l’ancien intendant et l’actuel chef des travaux du lycée d’enseignement professionnel Gallieni de ne pas y être allé « avec le dos de la cuillère ». A les écouter, le trou serait de « plusieurs dizaines de milliers d’euros ».
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L’enfance coupable par Yann Bisiou
Une haie de policiers le long des grilles d’un collège, des adolescents en rang, leur cartable à leurs pieds et des chiens policiers qui cherchent de la drogue. Des images faites pour marquer les esprits. Mais pour quel résultat ?
Censée lutter contre la violence à l’école, cette coopération entre police, gendarmerie et Education nationale a permis, nous dit-on, d’arrêter une centaine d’élèves pour usage de stupéfiants. Un tel résultat n’a rien d’étonnant quand on sait l’ampleur qu’a prise la consommation de cannabis chez les jeunes. Malgré la politique très répressive de la France en ce domaine, on estime que 53 % des garçons et 31 % des filles de 15 à 24 ans ont déjà consommé au moins une fois du cannabis.
Mais si l’usage de stupéfiants peut constituer un problème social, sanitaire et éducatif, il ne participe pas à la violence scolaire contre laquelle ces actions médiatiques prétendent réagir.[...] On ne luttera donc pas contre la violence scolaire en recherchant le cannabis dans les cartables des élèves. En revanche on transforme en délinquants une centaine d’adolescents victimes de leur consommation. La société répondra à leur usage de drogue par une exclusion de l’établissement scolaire, par une garde à vue, une perquisition au domicile des parents, parfois des poursuites pénales avec, au bout du chemin, l’interdiction d’exercer plusieurs dizaines de professions. En montrant complaisamment des élèves traités comme des suspects, cette politique accrédite l’idée qu’il faudrait séparer le bon grain de l’ivraie pour retrouver la paix dans les collèges et lycées. Ce n’est plus l’enfance en danger, c’est le retour de « l’enfance coupable » et un grand pas en arrière à l’époque des colonies pénitentiaires et des écoles de préservation.
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Le Figaro du 11/01/05

Rien vu...


L’Humanité du 11/01/05

Les infirmières en colère
Quinze ans qu’on leur promet la lune et qu’elles écopent de nèfles. Les infirmières scolaires n’en peuvent plus des annonces mirifiques jamais suivies d’effets. Malgré des engagements répétés, aucun poste les concernant n’a été inscrit au budget 2005 (pas plus qu’il n’y en avait eu au budget 2004). Sans attendre les prochaines discussions budgétaires, elles manifestent, aujourd’hui, à Paris, pour exiger que les moyens d’assurer leurs missions leur soient enfin donnés.
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Le Parisien du 11/01/05

« Dans trois mois, le nouveau bac sera prêt »
FRANÇOIS FILLON présente demain matin sa future loi d’orientation sur l’école en conseil des ministres. Un texte qui fixe les objectifs du système éducatif d’ici aux quinze prochaines années. Principales mesures prévues : l’instauration d’un socle commun à acquérir pour l’ensemble des élèves, la création d’aides individualisées dès le cours préparatoire pour y parvenir et aussi la refonte en profondeur du baccalauréat. Les syndicats enseignants qui appellent à une grève le 20 janvier et les principales associations de parents d’élèves rejettent le projet en raison notamment de son « manque d’ambition ». Ce qui n’entame pas la détermination du ministre de l’Education nationale. Il s’en explique au « Parisien » et « Aujourd’hui en France  ».
A la veille de la présentation de votre loi sur l’école en conseil des ministres demain matin, une loi déjà critiquée, dans quel état d’esprit êtes-vous ?
François Fillon. Serein. Il y autant d’avis sur l’école que de Français mais j’ai la conviction qu’avec ce projet le fil de l’intérêt général est tenu ! Face à ce projet, je n’ai entendu que des critiques vagues et souvent contradictoires. Il y a urgence à agir, les performances de nos élèves baissent, le système s’essouffle. Et, il faut le moderniser. Il y aura des moyens pour financer les mesures nouvelles comme les aides individualisées pour les quelque 200 000 élèves qui ne maîtrisent pas les savoirs fondamentaux mais aussi pour le dédoublement des classes de langues au lycée.
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La Croix du 11/01/05

Rien vu...


20 minutes du 11/01/05

Rien vu...


Le Monde daté du 12/01/05

Le projet Fillon oriente l’école vers l’Europe et l’entreprise
Présenté mercredi 12 janvier en conseil des ministres, le texte du ministre de l’éducation se caractérise par l’importance donnée aux engagements pris à Bruxelles en matière d’enseignement et par l’instauration d’une logique managériale et d’une "culture du résultat".[...]
La Rue de Grenelle ne veut plus simplement administrer le système éducatif mais compte désormais le "piloter". Outre les trois grands objectifs (100 % de jeunes qualifiés, 80 % d’une classe d’âge au niveau du baccalauréat, 50 % de diplômés du supérieur), l’éducation nationale se voit, par exemple, prescrire d’améliorer ses résultats en matière d’apprentissage des langues (+ 20 % d’élèves apprenant l’allemand, + 10 % de lycéens choisissant des langues anciennes, etc.), de mixité sociale (+ 20 % d’élèves issus de milieux défavorisés parmi les bacheliers généraux) ou sexuelle (+ 20 % de jeunes filles dans les filières scientifiques).
Ces prescriptions - dont certaines sont uniquement liées à la relance du couple franco-allemand ou à l’intervention de groupes de pression (langues anciennes) - s’inscrivent dans la transformation des procédures budgétaires due à l’entrée en vigueur, en 2006, de la loi organique relative aux lois de finances (LOLF). D’apparence technique, souvent méconnu, ce texte devrait pourtant modifier en profondeur le fonctionnement des administrations. A travers la loi d’orientation, le gouvernement anticipe ainsi l’instauration des "indicateurs de résultats" qui régiront dans l’avenir la vie des administrations.
L’ensemble doit permettre d’éviter une loi "purement incantatoire", selon les termes de l’entourage de M. Fillon. A nouveau, cette approche soulève des critiques. "Le projet de loi est très managérial dans sa conception générale. Depuis Jules Ferry, c’est la première loi où la pédagogie est aussi peu présente et où la culture est clairement entrepreneuriale", relève le professeur en sciences de l’éducation Philippe Meirieu. "On ne traite pas la question de l’éducation à travers la pédagogie mais par la recherche de la performance et le pilotage", ajoute l’actuel directeur de l’IUFM de Lyon.
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Antoine Prost, historien de l’éducation "Si vous faites une réforme tous les deux ans, vous détruisez le système"
Mettre en place un enseignement nouveau demande du temps. La temporalité de l’enseignement et celle du politique sont tout à fait différentes. Les élèves passent quinze ans à l’école. Il faut cinq ans pour former un professeur. Et les études montrent qu’il atteint son maximum d’efficacité au bout de six à sept ans d’exercice.
Je propose un moratoire des programmes. Il est contre-productif de les changer tous les trois ans. De ce point de vue, la suppression par François Fillon des travaux personnels encadrés (TPE) en classe de terminale est ridicule. La première année, les professeurs ont dit : "On n’en veut pas." La deuxième, ils ont trouvé que ça n’était pas si mal. La troisième, ils ont essayé d’en tirer vraiment parti. Aujourd’hui, on les supprime !
[...] M. Fillon crée une obligation de résultats. Il dit aux enseignants : "Vous devez vous débrouiller pour que les élèves n’échouent pas", mais il ne dit pas comment faire. Pour cela il faudrait s’appuyer sur la recherche. On a besoin de recherche appliquée pour définir les bonnes pratiques. Il faut bâtir un réseau à partir des instituts universitaires de formation des maîtres. Mais manifestement le ministre n’en a rien à faire.
Qu’est-ce qui vous permet de dire cela ?
M. Fillon va à l’encontre du résultat des recherches. Imaginez un ministre de la santé qui dispose de quarante études montrant qu’un produit est nocif et qui invite les médecins à le prescrire. C’est ce que fait le ministre en augmentant le pouvoir des enseignants en matière de redoublement, dont toutes les études montrent l’inefficacité. Cette décision est indigne. Elle ne résout pas le problème majeur des élèves en difficulté.[...]
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Petite leçon de calcul à l’usage des aspirants ministres
Ceci pourrait constituer un sujet d’examen pour les postulants au ministère de l’éducation nationale. Prenez la mise en place du contrat individuel de réussite éducative (CIRE), ce dispositif prévu dans le projet de loi d’orientation et destiné aux élèves du primaire ou de collège se trouvant en difficulté scolaire. Le gouvernement entend accorder trois heures de soutien en petits groupes aux élèves qui auront signé ce contrat avec leur établissement. Combien cette opération coûtera-t-elle au budget de l’Etat ?[...]
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