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Revue de presse du mardi 10 janvier 2017

Education prioritaire- Offensives sur l’éducation- Orientation- Divers

L’ombre des élections présidentielles et ses enjeux dominent l’actualité éducative de ce mardi, où il sera (beaucoup) question d’éducation prioritaire, mais aussi des offensives diverses sur l’éducation et d’orientation. Nous terminerons avec quelques informations diverses.

Éducation prioritaire

Ce mardi, les enseignants des lycées situés en zone d’éducation prioritaire se mobilisent de nouveau pour obtenir le maintien des lycées en REP et l’élargissement de la carte de l’éducation prioritaire à d’autres établissements. 20 Minutes se fait l’écho de leurs revendications et de leurs craintes : « Les lycées n’ont pas été concernés par la dernière réforme de l’éducation prioritaire (rentrées 2014 et 2015), la ministre Najat Vallaud-Belkacem renvoyant au prochain quinquennat. En attendant, les lycées disposent, comme les collèges et écoles sortis d’éducation prioritaire, d’une “clause de sauvegarde”, permettant aux profs de garder pendant quatre ans leur prime spécifique et davantage de points pour une mutation. Face à la mobilisation, elle a aussi promis 450 postes supplémentaires pour la rentrée 2017.
Rien ne garantit que ces moyens seront maintenus après 2019, surtout en cas d’alternance cette année, craint le collectif “Touche pas à ma ZEP”, soutenu par plusieurs syndicats d’enseignants.
 »
Parallèlement à cette mobilisation, le Café pédagogique relaie dans son Expresso du jour l’annonce de la publication par l’association Observatoire des zones prioritaires de son Nouveau manifeste pour l’Education prioritaire. Vous pouvez retrouver son communiqué ici.
Enfin, l’Express fait le récit de la mobilisation des enseignants d’un lycée de Saint-Ouen, qui dure depuis plusieurs mois, pour que certains de leurs élèves puissent se loger.
Gageons que les quelques mois qui nous séparent de l’élection présidentielle ne manqueront pas de mettre encore davantage en exergue l’urgence d’une politique efficace en faveur des établissements et des élèves de ces zones d’éducation prioritaire.

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Offensives sur l’éducation

Les échéances électorales sont également propices à un regain d’intérêt de différents acteurs pour le système éducatif, et pas forcément toujours pour le meilleur.
Ainsi, le livre Et si on tuait le mammouth ?, co-écrit par Soazig Le Nevé et Bernard Toulemonde, ancien haut fonctionnaire de l’Éducation nationale, continue à faire couler beaucoup d’encre. Aujourd’hui, c’est France Info qui en fait une recension : « “L’Éducation nationale est un mammouth hélas extrêmement malade”, diagnostique Bernard Toulemonde. Et son livre n’épargne personne. Ni le ministère de l’Éducation nationale et ses ministres successifs qui refusent de réformer entièrement le système de peur de faire des vagues et qui préfèrent faire de la communication. Ni les professeurs qui ne se remettent pas en question et refusent toute réforme selon lui, ni les syndicats qui sont des “machines à dire non” systématiquement.
Un portrait à la limite du cliché mais qui reflète, selon lui, “fortement la réalité même si, sur 860 000 enseignants, énormément d’entre eux veulent bien faire leur métier”, souligne Bernard Toulemonde. »
S’il est évidemment nécessaire de s’interroger sur les défaillances de notre système éducatif et d’envisager des modalités qui lui permettraient d’être plus efficaces, force est de constater que certaines critiques finissent, comme ici, par devenir contre-productives, tant elles sont excessives, sur la forme (après les prétendus assassins de l’école, voilà maintenant qu’on se demande s’il faut « tuer » le mammouth), comme sur le fond (la caricature faite des syndicats, par exemple, ne peut naturellement que heurter, et peut-être est-ce le but recherché ?).

Dans un registre un peu différent, un article de blog du Huffington post s’intéresse aujourd’hui à la manière dont on pourrait envisager l’école de demain. Et le propos peut être séduisant : « Emmener tous les élèves d’une classe vers une réussite codée ne doit plus être l’objectif. L’objectif doit être de les emmener le plus loin possible dans leurs apprentissages, plutôt que de tenter de les façonner dans un même moule. Chaque enfant est différent. Il a ses ressources propres. Il n’existe donc pas une mais des réussites. »
Néanmoins, le message principal ne semble pas résider dans la manière dont on peut adapter les méthodes pédagogiques pour permettre à chaque enfant de s’épanouir au mieux, mais plutôt dans la nécessité de faire entrer les start-up à l’école, ce qui semble plus discutable et peut entraîner une confusion dans le discours autour des méthodes pédagogiques.

Enfin, le Café pédagogique, évoque à son tour une offensive libérale sur les SES, en relayant l’inquiétude des professeurs de cette discipline : « Pour E. Le Nader, l’offensive menée par Michel Pébereau et l’ASMP “est une atteinte grave à la neutralité de l’Ecole. Ils ont une influence et on ne peut que s’inquiéter pour les SES dans les mois qui viennent quand on entend des candidats qui souhaitent que les programmes scolaires soient rédigés par des académiciens”, allusion au programme de François Fillon.
On savait les programmes d’histoire menacés d’une réécriture dans le sens du “récit national”. Une autre science sociale est maintenant sur la sellette. L’ASMP a programmé deux colloques fin janvier et février 2017 pour mener son offensive.
 »


Orientation

Le Café pédagogique publie aujourd’hui également un compte-rendu du colloque sur le rôle des établissements dans l’orientation, au Salon APB, d’où il ressort que la transition entre l’enseignement secondaire et l’enseignement supérieur n’est pas au point, pour de multiples raisons : « Si cette transition est délicate c’est d’abord parce que l’orientation a du mal à trouver place au lycée, explique Agnès Van Zanten. Elle montre la multiplicité des objectifs associés à l’orientation et parfois leur contradiction. On veut à la fois améliorer la compétitivité économique de la France, remplir toutes les filières et réduire les inégalités sociales, ce qui fait beaucoup.
Les contradictions sont aussi dans l’établissement. Celui ci privilégie-t-il la lutte contre le décrochage, la réussite au bac ou l’orientation post bac ? Faut-il pousser tous les jeunes vers les études supérieure sou leur laisser le choix ?
 »


Divers

Deux informations pour conclure cette revue de presse. La Croix nous apprend que la CEDH (Cour européenne des droits de l’Homme) a débouté deux parents qui réclamaient que leur fille soit dispensée de piscine. Ça se passe en Suisse.

Et pour finir sur une note positive, Le Figaro relaie la belle histoire d’une lycéenne qui, dans le cadre d’un projet, a reçu 500 cartes postales du monde entier.

Aurélie Gascon


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