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Revue de presse du mardi 10 avril 2018

Orientation et sélection- Supérieur - Divers

L’actualité éducative de ce mardi est très dense et s’articule principalement autour des polémiques concernant l’orientation et le supérieur. Nous terminerons par quelques informations diverses.


Orientation et sélection

Il est beaucoup question d’orientation aujourd’hui, pour deux raisons. Le controversé parcoursup continue de faire parler de lui et le sort des CIO préoccupe toujours autant.
La Dépêche relaie ainsi les inquiétudes des syndicats concernant les CIO :« La fin des centres d’information et d’orientation (CIO) ? C’est un peu un serpent de mer dans le monde de l’éducation nationale, déjà promis à une disparition en 2003 puis 2013, mais il ressort à nouveau du tiroir. Localement, plusieurs syndicats enseignants – SNES-FSU, SNUipp FSU, FSU et le SGEN-CFDT – soutiennent un rassemblement qui se tiendra, demain (à partir de 14 heures) place du Capitole à Toulouse, ayant pour objet la tenue d’un « CIO plein vent » pour sensibiliser la population. Les syndicats dénoncent, dans le cadre du projet de loi baptisé « Liberté de choisir son avenir professionnel », qui doit être examiné par les députés à compter du 12 avril, une « grave remise en cause de l’orientation scolaire des élèves et des étudiants, en confiant aux Régions l’information et l’orientation des élèves et en prévoyant la disparition des CIO. »
Ouest France en parle également ici
Un article de blog hébergé par Alternatives économiques est très critique sur les intentions réelles de la loi de décentralisation de l’orientation :« Vraiment il apparaît que cette réforme vise essentiellement une réorganisation interne à l’Education Nationale, sujet dont le projet de loi ne parle absolument pas, et que le volet décentralisation tient selon l’expression d’Hervé Morin du cornichon sur l’assiette de charcuterie (voir Confier l’apprentissage aux branches professionnelles n’en permet pas le développement). »
Dans un autre article de blog, Bernard Desclaux, infatigable membre de l’équipe de rédaction de la présente revue de presse, tâche de dresser un bref historique des rapports de l’Etat à l’orientation :« Dans le contexte de remise en question de l’organisation du service publique d’orientation de l’éducation nationale qui semble se jouer à l’occasion de la loi « la liberté de choisir son avenir professionnel » dont j’ai déjà présenté un certain nombre de conséquences, il n’est peut-être pas inutile de prendre la perspective historique du problème ».
Du côté de parcoursup, les enseignants-chercheurs se montrent toujours aussi critiques. Marianne se focalise sur les critiques concernant les algorithmes :« Macron a promis la publication de l’algorithme national de Parcoursup. Mais l’avenir des étudiants se jouera plutôt dans la pléthore de variantes locales, estampillées "outils d’aide à la décision". "Opaques" pour les uns, "incompréhensibles", pour les autres, ces algorithmes locaux sont "un vrai moyen de sélection" à l’entrée de l’université. »
Francetvinfo publie unetribune signée par plus de 400 enseignants-chercheurs : « A Paris, Lille, Rouen... Ils ne sont plus étudiants, mais eux aussi appellent au retrait de la loi Orientation et réussite des étudiants (ORE), et de sa fameuse plateforme Parcoursup. Lundi 9 avril, certains enseignants de Paris 1 Panthéon-Sorbonne ont reconduit la grève votée jeudi, apportant leur soutien aux étudiants qui bloquent depuis plusieurs jours le site de Tolbiac. Leurs collègues de Lille menacent, quant à eux, de ne pas examiner les candidatures des futurs bacheliers souhaitant intégrer une filière universitaire. Dans une tribune à franceinfo, 425 enseignants dénoncent une "réforme absurde" et expliquent pourquoi ils soutiennent les étudiants contestataires. Ils s’expriment ici librement. »
Enfin, France Culture rappelle la position de Paul Ricoeur concernant la sélection à l’entrée de l’université : « En 1964, Paul Ricœur se réjouissait de la massification en cours à l’université. Tous étudiants ? Le philosophe concédait qu’il fallait "contrôler et diriger" l’accès du plus grand nombre à la fac, mais refusait tout ce qui ralentirait la grande vague de démocratisation du supérieur. »


Supérieur

Pour faire le lien avec la thématique précédente, commençons par la situation des mouvements de protestation dans les universités.
La Croix consacre un article à ce sujet : « Selon la ministre de l’enseignement supérieur, Frédérique ¬Vidal, seuls « six à sept campus sur 400 sites sont paralysés ». Jimmy Losfeld, président du premier syndicat étudiant, la Fage, n’identifie que « trois campus bloqués ainsi que des bâtiments ponctuellement occupés par des étudiants minoritaires. » Si les universités de Nice, Saint-Étienne et Tours ont décidé de lever l’occupation, les campus de quatre universités restent ¬paralysés depuis plusieurs jours, voire des semaines : ¬Jean-Jaurès à Toulouse depuis ¬décembre, Paul-¬Valéry à Montpellier depuis mi-février, le site ¬Tolbiac de Paris 1 – où de violentes échauffourées ont eu lieu dimanche soir – et Paris 8, en Seine-Saint-Denis, plus récemment. S’y est ajoutée hier Rennes 2, tandis que Nanterre, en région parisienne, a été partiellement fermée. Le mouvement, qualifié de « ponctuel » par Jimmy Losfeld, reste mouvant, tributaire des blocages et des mobilisations votées en assemblée générale par les étudiants. La coordination nationale étudiante (CNE) a appelé à une nouvelle journée de mobilisation aujourd’hui. »
Le coup de menton du jour est signé Benjamin Griveaux, dans Libération :« Le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux a justifié mardi l’intervention des CRS la veille à l’université de Nanterre, affirmant qu’« une infime minorité, souvent de personnes qui sont extérieures à l’université, n’empêcheront pas la tenue des cours ». »
La Nouvelle république s’intéresse à un plan de formation supérieure local : « Développer le pôle universitaire et surtout faire coller la formation supérieure locale aux besoins du bassin d’emploi, telle est l’ambition du « schéma local de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation » dont la CAN vient de se doter. »
Enfin, VousNousIls consacre un article à une modalité d’évaluation particulières des enseignants-chercheurs : « L’Evaluation des Enseignements par les Etudiants (EEE) est une pratique de plus en plus fréquente. Elle se répand dans les années 60 aux Etats-Unis, dans les universités anglo-saxonnes, et la question est saisie par les institutions. En France, un arrêté de François Bayrou prévoit, en 1997, ce type d’évaluation. Une initiative confortée en 1999 par la déclaration de Bologne qui préconise, entre autres, la création d’instruments communs pour évaluer la qualité des enseignements au sein de l’Espace Européen de l’Enseignement Supérieur. Cependant, chaque établissement organise ces évaluations comme il l’entend. »


Divers

Terminons avec quelques informations diverses. Quand Dominque Bucheton se fâche contre la dernière lubie de M.Blanquer, elle mérite encore davantage que d’habitude d’être lue avec attention : « Un ministre qui réoriente programmes et instructions du Cp au cycle 4 , tout seul ! Du jamais vu ! Zorro ? Décryptons le dessus et le dessous des mots, décodons les messages cachés, les menaces, les intentions d’agir sur le lecteur : cela s’appelle comprendre un texte ! Pas seulement une question de vocabulaire et d’ordre des mots dans la phrase ! »
Claude Lelièvre consacre un article aux effets de mai 1968 sur les réformes pédagogiques : « Précipitation » au sens d’un »précipité chimique » d’éléments déjà là en cours d’évolution ou projetés. »Cristallisation » au sens d’une focalisation plus ou moins ardente et exclusive, clivante, qui rend les »accommodements raisonnables » incertains ou difficiles. »
Enfin, Le Figaro s’intéresse à l’utilisation de l’intelligence artificielle en éducation. Des start-up disruptives se frottent déjà les mains : « À l’heure où l’intelligence artificielle gagne tous les secteurs, les robots n’ont pas encore conquis l’école française. Cette forteresse qui semble imprenable n’est pourtant pas insensible aux sirènes de l’IA. Le ministère de l’Éducation nationale a ainsi lancé en juillet dernier un « partenariat d’innovation » avec la Caisse des dépôts. De 6 à 8 millions d’euros devraient servir à financer la recherche et développement de six solutions innovantes pour l’apprentissage du français et des mathématiques en primaire. »
Aurélie Gascon


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

N° 543 - Enseigner par cycles
Dossier coordonné par Maëliss Rousseau et Céline Walkowiak
février 2018
La réécriture des programmes de l’école obligatoire réaffirme de façon explicite la notion de cycle dans le parcours de l’élève, mise en place dès la loi d’orientation de 1989. Cela change vraiment les objectifs et les conceptions des enseignements et donc interpelle les enseignants au cœur de leur pratique de classe.

N° 542 - Bienveillants et exigeants
Dossier coordonné par Danièle Manesse et Jean-Michel Zakhartchouk
janvier 2018
La notion de bienveillance a fait ces dernières années une entrée en force à l’école. Son articulation avec la mission principale de l’école (transmettre) n’est pas simple, surtout lorsqu’on inscrit cette «  transmission  » dans l’exigence que tous les élèves parviennent à un niveau qui leur donne de l’autonomie.