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Revue de presse du lundi 9 janvier 2017

Réforme et politique - Eduquer - Menaces ? - Divers

La réforme du collège et l’échéance présidentielle continuent d’habiter l’espace médiatique éducatif. De nombreuses inquiétudes, fondées ou non, s’expriment. On terminera avec plusieurs informations diverses.


Réforme et politique

Dans L’Express, Jean-Michel Blanquer propose sa réforme, assez radicale, de l’école.
"[...] l’idée est d’avoir un volume horaire garanti à l’échelle nationale en français et en mathématiques et fonctionner ensuite en laissant une autonomie accrue aux équipes pédagogiques pour fixer elles-mêmes la dotation horaire pour les autres matières et mettre en place un vrai projet d’établissement.
Cette grande liberté peut aller jusqu’au recrutement des professeurs. L’idéal à terme est que le chef d’établissement recrute lui-même ses professeurs certifiés sur la base du projet qu’il souhaite mener. Cela signifie aussi que les ressources humaines doivent être gérées à l’échelle locale, aux antipodes de la gestion "par ordinateur" d’aujourd’hui."

Deux enseignants réagissent sur Médiapart au traitement réservé par les médias au livre "Et si on tuait le mammouth ?" et déplorent l’absence d’esprit critique chez les journalistes.
"« Et si on tuait le mammouth ? » voilà le titre supposément vendeur choisi par S. Le Nevé et B. Toulemonde pour leur ouvrage paru le 5 janvier. La phrase annonce la couleur : il s’agit de programmer un massacre. Soulignons l’intelligence de ce choix, en ces temps marqués par la présence anxiogène de la violence dans notre quotidien, avant de nous pencher sur l’accueil médiatique du livre. "

Sur son blog, Jean-Michel Zakhartchouk s’insurge, quant à lui, face aux polémistes des réseaux sociaux à propos de l’école et de l’enseignement. "Comment ne pas être révolté par les déclarations à l’emporte-pièces, les diatribes jamais fondés sur de vrais faits, étayés et référencés, les déformations de propos coupés de tout contexte, détournés de leur sens, les références à un passé imaginaire au mépris des faits ? [...] On aime en particulier attribuer à tel formateur, à tel inspecteur, à tel responsable une phrase, qu’on cite sans référence ou qu’on coupe de tout contexte, comme l’a fait récemment Carole Barjon dans son très mauvais livre. Quand on accuse tel responsable de formation déclarer qu’il faut délaisser l’orthographe ou ne pas sanctionner, ou que sais-je encore, il faudrait citer le lieu et la date précise où la phrase a été prononcée, voire le nom de la personne pour qu’elle puisse éventuellement rétablir la véracité de ce qu’elle a dit. Mais la rigueur, l’exigence intellectuelle, prônées par certains, c’est pour les autres."

C’est aussi le cas de Luc Cédelle qui, sur son blog, fustige l’antipédagogisme. "Il y a donc, c’est un fait, des « antipédagogistes » qui sont de farouches antifascistes. On peut se situer politiquement à l’extrême gauche ou très à gauche, être, par exemple, syndiqué à Sud, lecteur assidu du Monde diplomatique, adhérent d’Attac, militant de l’ex-Front de gauche ou du Parti de gauche, universitaire en lutte contre la marchandisation du savoir ou auteur de tribunes dans L’Humanité et reprendre à son compte les fondamentaux de l’antipédagogisme comme s’ils étaient le sel de la résistance à la « destruction du savoir en temps de paix »"


Eduquer

Beaucoup d’anti-numériques à l’école utilisent comme argument le fait que les cadres de la Silicon Valley enverraient leurs enfants dans des écoles sans écrans. Démontage de ce mythe sur Rue89.
"Les enfants des ingénieurs en informatique - qu’ils soient de la Silicon Valley ou pas - sont les derniers à avoir besoin de l’école pour familiariser leurs enfants avec les outils numériques, leurs usages, les problèmes qu’ils posent et les possibilités qu’ils offrent.Ces parents ont les moyens de le faire et peuvent s’offrir le luxe d’une école qui ne prenne pas en charge la question numérique. Le numérique à l’école, ce n’est pas seulement une lubie moderniste et technophile, c’est aussi un impératif social, celui de ne pas encore plus laisser se creuser le fossé des inégalités que l’école peine à combler (voire contribue à élargir)."

L’éloge de l’ennui : selon l’auteur, il développe la créativité chez les enfants.
"Nombreux sont les parents qui font le maximum pour divertir et éveiller leurs enfants, à grand renfort de livres, de cours de sport, d’iPads et de programmes télévisés. Mais que se passerait-il si on laissait les enfants s’ennuyer de temps en temps ? Quel serait l’impact de ces moments de « vide » sur leur développement ?
les enfants ont aussi besoin de temps pour eux – du temps pour se déconnecter des sollicitations incessantes du monde extérieur, du temps pour rêvasser, pour penser, pour s’inventer des occupations, pour découvrir leurs talents et leurs centres d’intérêt."

Aujourd’hui s’est ouvert à Lyon la deuxième conférence nationale « Cultures numériques, éducation aux médias et à l’information (EMI) ». Pour suivre cette conférence et retrouver les ressources c’est ici.

La Finlande s’apprête à supprimer les disciplines scolaires dans l’enseignement. "il n’y aura désormais plus de cours de physique, mathématiques, littérature ou histoire-géographie.
Au lieu d’avoir des matières distinctes, les élèves apprendront les événements et les phénomènes dans un cadre pluridiscipinaire. Par exemple, la Seconde Guerre Mondiale sera étudiée d’un point de vue historique, géographique et mathématique. Et pendant le cours ”Travail à la caféteria“, les élèves assimileront des connaissances complexes d’anglais, d’économie et de communication.
Ce système sera appliqué aux étudiants de dernier cycle, à partir de 16 ans. L’idée est que chaque élève choisisse le thème ou le phénomène qu’il souhaite étudier selon sa notion de leur utilité dans sa vie. De cette façon, les adolescents n’auront pas à étudier des cursus complets de physique ou de chimie en se posant cette éternelle question : “A quoi bon apprendre tout ça ?” ou ”Pourquoi ai-je besoin de savoir ça ?“"


Menaces ?

Faut-il maintenir l’enseignement technologique ?
"A défaut d’un bilan de l’ensemble du lycée, l’Inspection générale, sous la plume d’Alain Henriet, Michel Rage et Marc Rolland, nous livre un bilan du lycée technologique. Coincé entre un enseignement général en expansion et un enseignement professionnel en explosion, l’enseignement technologique est en crise. Faut-il le réformer ou le faire disparaitre ? Les inspecteurs analysent l’évolution de chaque filière et concluent à l’utilité sociale et économique de la voie technologique. Ils recommandent de revoir les contenus enseignés de façon à renforcer les liens entre enseignements technologiques et généraux. Surtout ils envisagent une recomposition globale du lycée général et technologique dans un ensemble plus modulaire et mieux articulé avec le post bac. Pour le lycée, l’heure de la réforme, dans tous les sens du mot, pourrait sonner en 2017."

L’association des professeurs de SES s’inquiète d’une nouvelle offensive de pressions sur leurs programmes car
"La section Economie de l’Académie des sciences morales et politiques dirigée par Michel Pébereau ancien PDG de la banque BNP-Paribas (et président d’honneur de sa Fondation) préparerait un nouveau rapport sur les SES (sciences économiques et sociales)."

D’autres s’inquiètent de manière polémique à propos de l’enseignement de la grammaire. Le Parisien donne la parole à deux opinions opposées, celles de Michel Lussault et Jean-Paul Brighelli.
"Nouvelles règles de grammaire : le pour et le contre
“Parents et enseignants découvrent, souvent surpris, les règles préconisées depuis la rentrée. Bienvenue au prédicat et au complément de phrase…”

A lire dans le Café pédagogique : les enseignants sont les cadres les plus menacés par les risques psychosociaux selon "une étude publiée par la revue ministérielle Education & formations. Au coeur du problème : le manque de soutien hiérarchique et l’isolement des enseignants. Une position qui contraste avec le sentiment d’utilité ressenti par les professeurs. "


Divers

A Saint-Ouen des enseignants se mobilisent pour 7 de leurs élèves qui dorment dans la rue. ""C’est impossible de fermer les yeux. Il y a toujours une peur. Tu te demandes : ’est-ce que je vais me faire agresser ou pas, qu’est-ce qui va se passer ?’ La nuit est hyper longue. Et il fait hyper froid." Avec ses mots, ceux d’une lycéenne de 18 ans, Marie* nous raconte la rue. Comment, avec sa mère et sa sœur de 17 ans, elle s’est retrouvée sans toit pendant dix jours consécutifs en novembre 2016. Comment, la nuit venue, toutes les trois se sont blotties dans des Abribus, des parkings, ou encore dans une gare de la région parisienne. Et comment, le jour, elle essayait de suivre les cours."

Les IUT fêtent leurs 50 ans : bilan et perspectives.
"Le 5 décembre 2016, on a célébré le 50e anniversaire des instituts universitaires de technologie (IUT). Ce demi siècle d’existence, et les cérémonies qui accompagnent l’évènement, sont l’occasion de dresser un bilan de ces établissements, mais aussi d’aborder la question de leur développement dans le futur proche, et notamment d’évoquer le projet de création d’une licence qui serait délivrée spécifiquement par l’ensemble des IUT."

Des écoliers normands testent le premier vélo-bus écolo
"Depuis la rentrée de janvier, une trentaine d’élèves de l’école Anatole France de Louviers, dans l’Eure, pédalent avec le sourire, malgré le froid mordant, pour se rendre à l’école à bord d’un singulier véhicule : le S’Cool Bus. Ce quadricycle, qui circule à environ 15 km/h, possède vitesses, marche-arrière et assistance électrique pour aider les pédaleurs."

Géraldine Duboz

Sur la librairie

 

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