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Revue de presse du lundi 9 décembre

Grève des khôlles - Pour quelques euros de plus - Programmes ou curricula ?


Grève des khôlles

Aujourd’hui, le SNES et le SNALC appelaient les enseignants des Classes Préparatoires aux Grandes Écoles (CPGE) à faire grève. Dans VousNousIls, le SNALC prédisait 80 à 90% de grévistes.
Malgré les propositions de Vincent Peillon ("une prime annuelle de 3 000 euros aux ensei­gnants "exer­çant au moins 6 heures dans des classes de plus de 35 élèves", et "la pos­si­bi­lité pour les pro­fes­seurs en sous-service de com­plé­ter leur ser­vice à hau­teur de deux heures par des heures de colle"), le syndicat a maintenu son appel à la grève car "ces mesures demeurent insuf­fi­santes et l’ensemble du pro­jet consti­tue tou­jours pour les pro­fes­seurs de CPGE une sérieuse dégra­da­tion des condi­tions de tra­vail et du pou­voir d’achat".

De son côté, le Nouvel Obs relevait 68% de grévistes à Paris. "Tout en reconnaissant que les classes prépas sont "perfectibles", ces professeurs estiment que le projet les "humilie" et constitue "une attaque frontale contre ces classes et les grandes écoles"."

Dans son blog Conseils de classe, l’école en débat hébergé par l’Express, Adrien Sénécat, sous le titre Grève des profs de classes prépas : hystérie au pays des enseignants, met en vis à vis les différentes positions face à ce mouvement qui divise. Il conclut : "Que les enseignants des classes préparatoires obtiennent gain de cause ou non, cette "hystérie" qui accompagne le débat pourrait bien laisser des traces au sein d’un corps enseignant déjà bouillant."

Samuel Laurent, pour Le Monde, évoque "Les profs de classes préparatoires, un corps d’élite bien rémunéré". Il rappelle que ces enseignants, titulaires du concours de l’agrégation forment effectivement un "corps d’élite" dont l’obligation réglementaire de service (ORS) est réduite, qui bénéficient d’avantages spécifiques et de salaires plus élevés (bien que l’on constate de grandes variations selon les cas).

Dans le Nouvel Obs, on lira l’interview de Christophe Bigot, professeur en français et philosophie dans la classe préparatoire scientifique du lycée Louis-le-Grand. "Il y a chez beaucoup d’entre nous un sentiment d’exaspération, d’écœurement d’être vus comme des nantis" affirme-t-il.

Finalement, "Prendre aux riches (prépas) pour donner aux pauvres (ZEP), est-ce juste ? Vous avez 4 heures." C’est le sujet que vous propose Louise Tourret sur Slate.fr.

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Le dessin de Fabien Crégut

Enfin, je me permettrais de rappeler aux journalistes que les "colles" ce sont des heures de retenues, donc des punitions alors que les "khôlles" sont des interrogations orales en CPGE (qui peuvent être aussi parfois de véritables punitions). Je connais de nombreuses personnes qui ont subi de nombreuses khôlles sans jamais avoir été collés !


Pour quelques euros de plus

Améliorer les résultats de l’École en France ? Il suffirait de presque rien, peut être de payer les enseignants 4.000 € ? C’est ce que propose sous un titre un brin provocateur Patrick Fauconnier dans Le Nouvel Obs. D’après lui, "chez notre voisin d’Outre-Rhin, les profs gagnent 34% de plus qu’en France. C’est une preuve de considération qui motive leur implication." Il est dommage que l’article soit surtout focalisé sur le thème de la masse salariale de l’Éducation Nationale et ne parle pas de pédagogie ni de formation. Les enseignants ne seraient-ils motivés que par les salaires ? L’argent serait-il le seul levier pour avoir moins peur de PISA ? La fin de l’article pose rapidement la question : "Nous devrions, en France, prendre conscience qu’une organisation plus concentrée, plus coopérative, mois dispersée serait une grosse source d’économies de gestion à redéployer vers l’investissement pédagogique."


Programmes ou curricula ?

Alain Boissinot, président du Conseil supérieur des programmes (CSP) s’exprime dans le Café pédagogique. "Le CSP veut impulser une réforme culturelle importante : passer des programmes disciplinaires au curriculum.".
Un projet ambitieux qui fait envie : "Le curriculum ce n’est pas que du contenu mais une réflexion sur les compétences, l’évaluation, les outils numériques, la formation professionnelle. C’est une nouvelle approche , une nouvelle manière d’aborder les questions au programme. Plutôt que remplacer les programmes, procédure qui lasse les enseignants, on réfléchit à une nouvelle méthode pour élaborer plus globalement et les accompagner mieux en terme de formation et d’outillage pédagogique et d’accompagnement.". Sur ce sujet on pourra également se référer à un article de juin dernier d’Annie Feyfant pour l’IFÉ sur le site Éduveille : "Les contenus d’enseignement : des programmes au curriculum".

En tous les cas, les lycéens de l’Union nationale lycéenne (UNL) ont lancé aujourd’hui une campagne pour demander une refonte des rythmes scolaires ... au lycée. Un sujet qui ne sera sur la table de travail de Vincent Peillon qu’en ... 2015 !
Journées trop longues, emplois du temps irréguliers et parsemés de "trous", la fatigue accumulée serait en partie responsable de nombreux décrochages. C’est à lire dans Le Monde sous la plume d’Emma Paoli : "Les rythmes scolaires du lycée contraires au bien-être des élèves ?".

À demain pour une nouvelle revue de presse, avec Laurent Fillion.

Mila Saint Anne


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques


Ce qui fait changer un établissement - Revue n°509 - décembre 2013

Questions aux programmes - Revue n°507 - septembre 2013

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