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Revue de presse du lundi 6 mars

Présidentielles - Enseignement - Divers

Les programmes des candidats à la présidentielle font encore et toujours l’actualité de ce lundi de reprise pour la Zone A. On peut lire aussi plusieurs articles intéressants sur l’enseignement et la pédagogie. Pour finir quelques actualités diverses avec un détour en Espagne et aux États-Unis.


Présidentielles

A la suite de l’annonce du programme d’E. Macron, Laurent Frajerman, chercheur à l’institut de recherche de la FSU, livre son point de vue sur le vote enseignant. D’après lui les enseignants "conservent très majoritairement des valeurs de gauche, antilibérales. La polarisation à gauche du milieu enseignant s’exprime, à mon sens, par des taux de syndicalisation et de grève très supérieurs à la moyenne. En revanche, la fracture du corps enseignant avec le Parti socialiste existe bel et bien. Et ne date pas d’aujourd’hui. Le divorce remonte quinze ans en arrière, en 2000, avec Claude Allègre."

Le projet éducatif d’E. Macron n’enthousiasme pas les jeunes qui lisent Le Figaro. "A la suite d’un appel à témoignages sur la page Facebook du Figaro Étudiant, douze jeunes réagissent aux déclarations du candidat d’En Marche ! "

La réaction de Benoît Hamon à ce programme est énergique :
"Je suis tombé de ma chaise quand j’ai appris qu’Emmanuel Macron proposait la liberté pour les écoles de fixer les rythmes scolaires et la liberté de recruter les enseignants", a ainsi lancé Benoît Hamon. "Mais où croyez-vous qu’iront les meilleurs ? Là où sont déjà les meilleurs", a-t-il martelé. "Que croyez-vous que seront les rythmes éducatifs ? Ce sera des écoles avec chacun son rythme. Et comment organisera-t-on le service public ? Cela sera l’irruption du libéralisme dans l’Éducation nationale", a insisté le député des Yvelines.

De son côté "M. Hamon a exprimé sa volonté de "consacrer des investissements importants", à savoir "un milliard d’euros par an" pour "la recherche et l’université, ce qui sur le quinquennat fera un investissement de 5 milliards d’euros". "Ce n’est pas possible d’étudier dans de bonnes conditions quand on reçoit une leçon magistrale dans un amphithéâtre bondé. C’est la réalité dans de nombreuses universités et cela précipite l’échec", a souligné celui qui fut brièvement ministre de l’Education (avril-août 2014) avant son départ du gouvernement."

Dans le Café pédagogique, un entretien avec Pierre Merle qui milite pour la démocratisation de l’enseignement.
""Les politiques éducatives... se sont heurtées à ceux qui défendent le statu quo et une conception élitiste de l’institution scolaire. Il en a résulté une démocratisation en trompe l’oeil". Dans cette nouvelle édition de "La démocratisation de l’enseignement", Pierre Merle introduit de nouvelles analyses basées sur des recherches récentes. Il prend aussi position dans le débat sur l’éducation prioritaire, recommandant la délabellisation. Il évoque aussi pour la première fois les facteurs pédagogiques de la démocratisation scolaire."


Enseignement

La ministre en déplacement à Tours ce lundi devrait annoncer des mesures pour revaloriser la filière professionnelle. "Les lycées professionnels ont longtemps souffert d’une mauvaise réputation. Ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche depuis plus de deux ans et demi, Najat Vallaud-Belkacem a cherché à revaloriser cette filière par le biais de différentes dispositions. La dernière en date est la mise en place à la rentrée de 500 nouvelles formations."

La Lettre de l’éducation s’entretient avec Elena Pasquinelli, philosophe en sciences cognitives. Pour elle, « La science peut servir les finalités de l’éducation, mais ne les fixe pas ». Notamment, "une intuition qui remonte à la nuit des temps nous dit qu’il faut, pour être efficace, faire les choses l’une après l’autre. Mais ce principe, ces dernières années, est de plus en plus battu en brèche par l’idée que la nouvelle génération, née dans le numérique, serait « multitâche ». Or, toute la recherche récente, fondamentale et appliquée, montre que nous restons « monotâche » et que les alternances rapides entre une tâche et une autre se traduisent par une déperdition de temps et d’efficacité."

Le sociologue Fabien Truong a suivi dix ans durant le parcours dans l’enseignement supérieur d’une vingtaine de ses anciens lycéens de Seine-Saint-Denis. "Ces jeunes vivent dans l’ambivalence. Par rapport à leur ­famille et à leurs amis, ils sont considérés comme des « intellos ». En revanche, ils sont déconsidérés par une bonne partie de la société. Ils expérimentent très vite ce décalage. Alors, il faut bricoler, ne pas tout dire et tout montrer à tout le monde, c’est souvent épuisant."

Une réflexion de Cécile Morzadec sur la classe inversée. Elle s’interroge sur le bien-fondé pédagogique de ce dispositif "à la mode".

Le russe gagne en popularité auprès des élèves européens. "Aujourd’hui, la part de ceux qui préfèrent étudier le russe comme deuxième langue étrangère a atteint 3%."

L’UE prête 250 millions d’euros à la région PACA pour 34 lycées. "La région Provence-Alpes-Côte-d’Azur a annoncé vendredi avoir obtenu 250 millions d’euros de l’Union européenne, sous forme d’un prêt, pour un vaste plan de construction et de rénovation de ses lycées."


Divers

Dans l’Express, un article réservé aux abonnés sur l’opposition entre l’intelligence artificielle et notre cerveau.
"La société doit exiger de l’école qu’elle permette aux enfants de rester compétitifs face à l’intelligence artificielle et qu’elle diminue les inégalités intellectuelles qui sont moralement insupportables et suicidaires."

Etudier sans se ruiner aux Etats-Unis, c’est possible, dans un community college. "Les community colleges, qui proposent une formation en deux ans, n’ont pas d’équivalent en France. Leur création remonte au début du XXe siècle. A côté des universités sélectives et formant l’élite, ils ont été conçus comme des établissements de proximité, pour démocratiser l’accès à l’enseignement supérieur. Ils proposent des cursus généralistes ou tournés vers la préparation d’un métier. Pour les étudiants, deux possibilités : sortir avec un diplôme (l’associate degree), ou demander, avec les crédits accumulés, un « transfert » vers une université, afin d’obtenir deux ans plus tard un bachelor degree."

En Espagne, les parents manifestent contre le trop grand nombre de devoirs à la maison. "Conformément au rapport PISA sur l’éducation de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), l’Espagne occupe la cinquième place après la Russie, l’Italie, l’Irlande et la Pologne dans la liste des 38 pays étudiés pour les volumes de devoirs imposés aux écoliers. L’indice de l’Espagne est de 6,5 heures de devoirs par semaine, la moyenne étant de 4,9 heures."

Géraldine Duboz


Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Arts et culture : quels parcours ?
février 2017
Pour donner aux jeunes un égal accès à l’art et à la culture, les derniers textes officiels concernant l’Éducation artistique et culturelle mettent l’accent sur la notion de «  parcours  », qui doit permettre à l’élève de se constituer une culture personnelle, développer son habileté artistique et rencontrer des artistes, des œuvres, des lieux.

Enseigner les langues aujourd’hui
N° 534 - Enseigner les langues aujourd’hui
Dossier coordonné par Soizic Guérin-Cauet et Hélène Eveleigh
janvier 2017
Apprendre une langue étrangère, c’est à la fois une évidence pour tous et une difficulté pour chacun. Et les études internationales ne font que confirmer que les Français seraient mauvais en langues. Quelles sont les pratiques qui permettent à l’apprentissage des langues vivantes d’être bénéfique pour nos élèves