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Revue de presse du lundi 6 février 2017

Enseignement privé - SES - Divers

Une actualité éducative assez terne en ce premier lundi de vacances pour la zone C. Échéances électorales obligent, il sera beaucoup question de l’enseignement privé, un peu de l’enseignement de SES. Et nous terminerons avec quelques informations diverses.

Enseignement privé

Les présidentielles approchant, l’enseignement catholique fait le forcing pour obtenir plus de subventions de l’Etat (il semble en effet tout à fait urgent de subventionner encore davantage un des facteurs les plus criants du manque de mixité sociale dans nos établissements), et bénéficie de l’oreille bienveillante, pour ne pas dire complaisante, de Mme Annie Genevard, responsable nationale pour l’éducation des Républicains :« Aujourd’hui, plaide l’enseignement catholique, « ce compromis technique ne permet plus de tenir compte de la réalité du besoin scolaire", écrit La Croix. Le secrétariat général de l’enseignement catholique, si attaché à la règle des 80/20 qui s’est imposée dans les années1990, aurait décidé de la remettre en question et d’exiger davantage.
Le quotidien interroge la responsable nationale Education des Républicains, Annie Genevard, qui veut aller encore plus loin. " Nous ne sommes pas hostiles à une évolution du 80-20 pour répondre au passage massif d’élèves du public vers le privé", dit-elle à La Croix. Elle propose d’élargir le financement à des écoles hors contrat comme les établissements "Espérance banlieue" »
Le Café pédagogique relativise ensuite la hausse des élèves accueillis par le privé, prétexte pourtant avancé pour justifier cette demande assez peu fondée.
Il est également question, aujourd’hui, de la scolarisation à domicile, appelée homeschooling outre-Atlantique. L’Obs publie un témoignage de parents qui ont fait ce choix : « Elise* a une quarantaine d’années, elle vit dans un petit village à la campagne. En 2016, à quelques mois d’intervalles, elle a décidé, avec son mari, de retirer ses enfants de l’école et du collège pour assurer leur instruction à domicile – comme la loi le permet. Au centre de cette démarche, l’envie de donner à leurs enfants la possibilité d’avancer à leur rythme, tout en apprenant au contact de leur environnement. Comment ça marche pour sa famille au quotidien ? Elle nous raconte ».


SES

Après les multiples controverses de ces dernières semaines concernant les programmes de SES, et à l’occasion des 50 ans du bac ES, Bruno Magliulo publie un billet en forme de plaidoyer en faveur de cet enseignement : « Le bac économique et social a donc apporté une grande contribution à ce qu’il est convenu d’appeler "la démocratisation de l’enseignement secondaire", marquée par la forte extension du taux d’une tranche d’âge parvenant à se doter du baccalauréat. Ce seul chiffre devrait suffire à légitimer la place de cette filière dans les lycées français, et ce d’autant que, tout au long de ces cinquante dernières années, nombre d’autres pays ont décidé de créer au sein de leur propre enseignement secondaire, des filières identiques ou fortement ressemblantes.
Et pourtant ! Non seulement le processus de création de cette filière - et du nouvel enseignement qui le caractérise : les "sciences économiques et sociales (SES) - fit l’objet de très vives oppositions, mais force est de constater que les cinquante années qui viennent de s’écouler ont été très fréquemment marquées par diverses critiques, attaques, et même parfois tentatives de suppression pure et simple. Dans les années 1990, un recteur alors très en vue se permit de qualifier publiquement cette filière d’ "erreur génétique" (faisant en cela référence à la part sociale de cet enseignement) , en réclamant sa suppression, ou pour le moins sa refonte en profondeur. Il ne fut fort heureusement pas écouté. Au moment même ou nous écrivons ces lignes, un énième débat oppose une partie des représentants du patronat français et certains de leurs alliés, aux professeurs de sciences économiques et sociales et à leur association disciplinaire (l’APSES), à propos des programmes de l’enseignement des SES, une nouvelle fois mis en cause dans le cadre de l’Académie des sciences morales et politiques.
Pour la filière "économique et sociale", et l’enseignement des sciences économiques et sociales qui la caractérise, les 50 années que nous célébrons furent donc loin d’être un "long fleuve tranquille", et nous faisons hélas le pari que les années qui suivent ne le seront pas plus. »


Divers

Pour terminer cette (très) courte revue, quelques informations diverses. Najat Vallaud Belkacem fait le bilan du quinquennat en matière d’éducation et s’en dit fière : « La ministre a également été interpellée par un enseignant, membre du mouvement Touche pas à ma zep. Il lui a reproché de n’avoir jamais reçu ce collectif malgré les actions menées depuis septembre dans le but d’obtenir une carte de l’éducation prioritaire élargie aux lycées. Najat Vallaud-Belkacem a répondu que des membres de Touche pas à ma zep avaient bien été reçus et qu’elle est « extrêmement attachée à donner les moyens à l’éducation prioritaire » : « on ne peut pas me faire ce procès ». « Nous ne pouvions pas tout faire en même temps », a-t-elle déclaré pour justifier l’absence des lycées de la nouvelle carte : « nous avons procédé dans l’ordre, nous avons commencé par les écoles et les collèges. C’est un travail qui a été long, qui a pris deux ans, car il fallait définir des critères […] Je suis très fière de ce qui a été fait. Pour les lycées, il faudra faire la même chose, avec des critères différents ».
Elle a conclu en exprimant sa satisfaction sur le cap mené ces cinq dernières années : « le quinquennat va s’achever sur un bilan en matière d’Éducation dont je suis éminemment fière ! » »

Le Monde nous apprend que l’université de Bordeaux mise sur la pédagogie de projet : « Que des étudiants tentent de mettre « l’imagination au pouvoir » n’a rien de très neuf, sauf quand la demande émane de la direction de leur université. C’est ce qui se produit actuellement à Bordeaux, où les 55 000 étudiants de l’université issue de la fusion de trois des quatre universités de la métropole sont fortement incités à inventer des projets communs et innovants. »
C’est avec lassitude que nous évoquerons également l’éternel retour du marronnier sur l’uniforme à l’école, évoqué dans un reportage de France 2. Rappelons que l’introduction de l’uniforme à l’école n’induit aucun effet miracle gommant les inégalités et qu’il est plutôt le marqueur d’une idéologie au mieux très conservatrice... Et si on s’occupait des problèmes plus urgents ?
Aurélie Gascon


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Enseigner les langues aujourd’hui
N° 534 - Enseigner les langues aujourd’hui
Dossier coordonné par Soizic Guérin-Cauet et Hélène Eveleigh
janvier 2017
Apprendre une langue étrangère, c’est à la fois une évidence pour tous et une difficulté pour chacun. Et les études internationales ne font que confirmer que les Français seraient mauvais en langues. Quelles sont les pratiques qui permettent à l’apprentissage des langues vivantes d’être bénéfique pour nos élèves ?

N° 533 - Créer et expérimenter en sciences et technologie

Dossier coordonné par Évelyne Chevigny et Roseline Ndiaye
décembre 2016
L’enseignement des sciences expérimentales s’est considérablement renouvelé. Ces changements ont visé à mettre l’élève au centre, en prenant en compte les travaux de la didactique ainsi que les réflexions sur le bagage intellectuel de base pour tout citoyen du XXIe siècle, au cœur d’une société basée sur les sciences et les technologies.