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Revue de presse du lundi 5 octobre

Histoire - Accompagnement - Contre


Aujourd’hui, c’est la journée internationale des enseignants ; ça ne sert à rien mais il me fallait une intro.

L’Histoire : pourquoi l’enseigner ?

Jean-Pierre Veran sur son blog Mediapart fait la recension du dossier de la revue internationale d’éducation de Sèvres qui vient de paraître sur cette question.
« Les débats et controverses du printemps 2015 sur l’enseignement de l’histoire au collège ne sont pas qu’une querelle « franco-française » de plus. Le numéro 69 de la Revue internationale d’éducation de Sèvres, qui rassemble les contributions de dix pays pour répondre à la question « Pourquoi enseigner l’histoire ? » en apporte une preuve manifeste. » selon lui.
Le n° 859 de la lettre de l’éducation paru aujourd’hui présente également ce dossier dirigé par Jean-Clément Martin. Avec malice, le court article montre combien la question posée peut susciter les polémiques. « Au XIXe on enseignait l’histoire pour bâtir la nation. Maintenant ce serait plutôt, souligne l’article introductif pour "savoir, sentir, comprendre". Et "vivre ensemble" ?. Ah, mais sur ce point il y a justement controverse. »

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Le dessin de Jimo

Accompagner

Trois formes d’accompagnement dans trois domaines différents repérés dans les médias du jour.
Pour le primaire, tout d’abord le site de l’IFE (Institut Français de l’Education) pour son observatoire des politiques locales d’éducation et de la réussite éducative nous présente une vidéo sur la formation partagée dans le département des Landes. « En 2015, le département des Landes a mis en place des formations partagées dans le cadre de la réforme des rythmes scolaires. Pionnier dans le déploiement des Pedt, ce département s’est doté d’un comité de suivi des rythmes éducatifs. Un des objectifs principaux de la formation partagée est de mobiliser les différents acteurs qui interviennent sur le territoire dans le domaine éducatif autour d’une culture commune, afin de parvenir à une cohérence entre les différentes actions en direction des enfants »
Pour le collège, c’est La Voix du Nord, qui consacre un bel article aux classes-relais, ce dispositif hélas parfois détourné. Sophie Filippi Paoli nous y présente la classe relais du collège Rabelais à Mons-en-Barœul qui va faire office, pendant dix semaines, de refuge pour les collégiens en rupture avec le système. Quelques témoignages d’élèves et celui d’une enseignante nous donne à comprendre le pourquoi et le comment d’un tel dispositif : « « Moi, je suis là parce que je me levais trop tard le matin, je n’étais pas acceptée en cours… Et puis j’avais une prof qui parlait vite, vite, vite, je ne comprenais rien. On n’est rentré qu’hier mais je me sens déjà super-bien dans cette classe. » Ça, c’est R., une brunette de 12 ans. Sa voisine, A., 13 ans, enchaîne : « Moi je me couche très tard à cause de la tablette et j’étais fatiguée en cours. Et puis ça a été un peu difficile chez moi l’an dernier, du coup je faisais le bazar en classe. » J., lui, n’est carrément pas allé en cours toute sa 4e : « Je suis dysphasique et dyspraxique, je n’arrive pas à écrire, je mets mon bras comme un gaucher », explique-t-il d’une traite, comme s’il avait répété cette phrase quinze fois. [...] « Depuis sept ans que je fais ça, nous avons eu tous les profils d’élèves en rupture : des phobiques que l’on doit aller chercher sur le trottoir, des enfants qui s’élevaient un peu tout seuls, d’autres qui avaient mal vécu un divorce, explique Marie Lepetit qui, avec une assistante pédagogique, enseigne presque toutes les matières à la classe. La difficulté est de s’adapter au niveau de chacun, entre la 5e et la 3e. » »
Côté étudiant ; c’est Isabelle Quentin qui, sur son blog, s’interroge sur les conséquences pour les étudiants d’aujourd’hui du marché du travail de demain. Elle y partage dans un article, « un résumé des propos qui ont été tenus pendant lune table ronde consacrée aux emplois de demain qui s’est tenue lors des entretiens Enseignants – Entreprises (École Polytechnique, Saclay, le mardi 25 août 2015) suivi d’une réflexion plus personnelle sur ce que cela peut impliquer pour nos étudiants d’aujourd’hui. » Des éléments qui « donnent à réfléchir sur notre responsabilité en tant qu’enseignant pour préparer nos étudiants au marché du travail qui les attend. Il convient sans doute de leur donner les moyens d’acquérir des compétences leur permettant de se former par eux-mêmes afin de développer tout au long de leur carrière leur capital humain. Or, bien souvent, ces compétences sont des compétences « cachées » c’est-à-dire qu’elles sont peu enseignées et encore moins souvent évaluées, un peu comme si leur acquisition étaient naturelle, automatique. On peut penser que si rien ne change, les étudiants qui parviennent à développer ces compétences ou qui sont aidés pour cela par les membres de leur cercle familial auront un avantage décisif. »

Contre, tout contre

A quelques jours de leur manif pour tous qui ne semble pas mobiliser les foules, les anti réforme du collège continuent de trouver des espaces dans la presse pour vociférer.
Dans le JDD c’est un collectif qui dénonce une "contre-réforme" (sic)
« A l’heure où l’OCDE publie sur l’école les résultats catastrophiques de l’expérience suédoise, qui applique depuis 1990 les principes et les modalités décrétés en France dans la nouvelle réforme du collège, au lendemain d’une troisième journée de grève nationale des enseignants, et devant les projets étiques des nouveaux programmes, la réforme du collège est d’ores et déjà condamnée. Malgré tous les sourires de la Ministre de l’Education nationale et de l’Enseignement supérieur et les coups de menton du Premier ministre, elle constitue déjà un échec. Et qu’on ne vienne pas nous dire que c’est un nouveau caprice de mammouth, car le principal adversaire de la Ministre, aujourd’hui, c’est le réel. La réforme repose en effet sur un déni de réalité et procède d’un aveuglement idéologique obstiné. »
On passera rapidement sur la pique sexiste inutile sur les sourires de la ministre. On préférera s’attarder sur la qualité des signataires, bien éloignés de la réalité de l’enseignement au collège pour oser affirmer représenter le "réel". On pourrait aussi, ce serait facile, se gausser de leurs outrances et exagérations en parlant "évaporation des disciplines" pour trois heures sur 26 d’enseignement pluridisciplinaires.
Coté des opposants à la réforme toujours, Le Figaro nous apprend (?) que Jean-Paul Brighelli « adhère à 80 % » au programme du FN sur l’école. Lançons un grand jeu concours : "Trouvez les 20 % restants"

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Le dessin de Geneviève Brassaud

Demain, le fidèle Bernard Desclaux sera de nouveau votre meneur de revue.
Merci aux deux dessinateurs toujours prompts à croquer l’actualité éducative

Laurent Fillion


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Apprendre l’Histoire
Revue n°471 - mars 2009
Un dossier qui propose de nombreux récits de pratique et des réflexions pour aider les élèves à mieux apprendre l’Histoire, pour mieux se situer dans le temps du XXIème siècle.

Développer des compétences en histoire-géographie
Hors-série n°28 - mars 2012
Publication disponible uniquement au format numérique (PDF - epub), en téléchargement depuis notre site.
L’approche par compétences bouscule la conception ordinaire de l’histoire-géographie. Elle est ambitieuse en explicitant ce que les élèves doivent être capables de faire en manipulant des notions et des connaissances en permettant d’évaluer sérieusement ce qu’ils ont appris dans ces activités.

Aider et accompagner les élèves, dans et hors l’école
Hors-série n°22 - fevrier 2011
Si la question de l’aide a déjà été beaucoup travaillée, l’utilisation du mot « accompagnement », très à la mode, demande à être précisée. De quoi parle-t-on exactement ? Pour quelles pratiques avec les élèves ?

Décrocheurs, décrochés
Revue n° 496 - mars 2012
Qu’est-ce qui se joue et se noue pour l’enfant, qui peut aboutir à un refus de l’école et de ses apprentissages ? Comment repérer les premiers signes de la désaffection scolaire ? Que peut la pédagogie pour l’éviter ? Quelles actions à l’échelle des établissements et des équipes pour anticiper et gérer les processus de décrochage ?

Mai 68 et l’école, vus par les Cahiers pédagogiques
Hors-série n°13 - mars 2008
On pourra être surpris, peut-être impressionné, peut-être aussi découragé, de l’actualité de bien des articles de ce dossier, sur des sujets aussi modestes que le poids des cartables comme sur les questions fondamentales de l’évaluation ou de l’autorité. Un dossier d’archives pour mieux faire connaitre ce bouillonnement, sans caricatures.