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Revue de presse du lundi 5 mai 2014

Le bac se réforme - Benoît Hamon en CM2 - Des parents tyrans à l’école ?


Le bac se "réforme"

C’est L’Express qui parle d’une "réforme, à bas bruit", 28 ans après l’échec de la réforme Devaquet. "La double nature du bac - diplôme terminal et grade universitaire - se vide ainsi de sens un peu plus chaque année. Et la tendance est nette : en dix ans, le nombre d’étudiants dans le supérieur a augmenté de 50%, et 80% de cette augmentation s’est faite au profit de filières sélectives, généralement privées."
Le Monde constate lui aussi cette évolution : "La peur du chômage dicte les choix d’orientation des futurs bacheliers". Les jeunes privilégient les filières qui leur semblent déboucher à coup sûr sur un emploi (IUT, BTS), les études en faculté semblant un choix par défaut. « Pour trouver un emploi, mieux vaut obtenir un BTS qu’un master de lettres ou d’anthropologie, constate Oliver Galland, sociologue au CNRS. C’est regrettable et il s’agit d’une spécificité française, car ces disciplines peuvent apporter de vraies compétences professionnelles, de rédaction, d’analyse, d’ailleurs valorisées dans d’autres pays. Les cursus de lettres et sciences humaines de l’université ont été conçus pour les emplois de la fonction publique, notamment l’enseignement, mais ils manquent aujourd’hui de crédibilité et de qualité, en particulier pédagogique. »


Benoît Hamon et les fractions en CM2

C’est le JDD qui raconte la première "sortie" du nouveau ministre de l’éducation dans une classe. "Vendredi matin, Benoît Hamon a pris le bureau d’une institutrice de CM2. Au programme : les fractions. Pendant quarante-cinq minutes, le nouveau ministre de l’Éducation nationale a observé la maîtresse, pris en note les méthodes pédagogiques utilisées pour capter l’attention des élèves.". Cela semble important à Benoît Hamon d’aller voir ce qui se fait dans les salles de classe. "Comme beaucoup d’hommes politiques, j’ai une relation théorique, un peu abstraite à l’école. Et quand on parle de pédagogie, il est toujours plus intéressant de voir comment un professeur adapte son enseignement à ses élèves, utilise différentes méthodes pour pouvoir arriver à la transmission d’une connaissance.". Le ministre entend d’ailleurs se rendre dans les endroits où la réforme des rythmes est contestée.
Son nouveau cheval de bataille ? La lutte contre les inégalités. Il cite à cette occasion une très belle phrase du sociologue Camille Peugny : « une grande démocratie doit pouvoir offrir à chaque jeune d’autres cartes que celles qu’il a trouvées dans son berceau. »


Des parents tyrans à l’école ?

La publication de l’étude de George Fotinos continue d’alimenter les médias. Cette fois-ci c’est Marianne qui interviewe Anna Topaloff pour son livre, prévu pour cet été, sur la relation parents-enseignants. Elle emploie carrément le terme de "tyrannie des parents".
Les résultats de l’étude ne l’étonnent pas. Elle en rejette la faute sur le ministère, le système mais aussi sur les parents. "Face au conflit, les instances de l’Education nationale avaient tendance à donner systématiquement raison aux parents. Le mot d’ordre était : « on ne veut pas d’histoire ». " Quant aux parents "la parole de leur enfant est devenue plus importante que celle des enseignants. Ils les croient sur parole. [...] Pour les défendre, ils se permettent parfois des choses qui sont hors proportion, ils se croient tout permis."

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Le dessin de Fabien Crégut

Elle va tout de même un peu plus loin que ces constatations un peu caricaturales : avoir un diplôme ne garantissant pas d’avoir un emploi, les parents sont plus regardant avec ce qui se passe à l’école.
Sa solution est radicale : il faut laisser les parents à la porte de l’école. " Être un bon parent, c’est aussi savoir lancer son enfant dans le monde, le laisser entre les mains du système. C’est important pour tout le monde. A la fois pour les parents, qui ne doivent pas se sentir omnipotents, et pour les enfants qu’il faut responsabiliser. "

Géraldine Duboz et Bernard Desclaux


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