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Revue de presse du lundi 4 septembre 2017

Nouveautés de rentrée - Enseignement et pédagogie- Blanquer - Fausses notes

Dans cette première revue de presse de l’année scolaire qui débute, nous évoquerons les traditionnelles nouveautés de rentrée avant d’aborder différents débats autour du métier d’enseignant et de la pédagogie. Il sera ensuite question du nouveau ministre et des nombreuses fausses notes de cette rentrée qui se voulait pourtant musicale.


Nouveautés de rentrée

Comme chaque année, les médias se penchent sur les nouveautés que nous réserve cette rentrée scolaire. Cet intérêt est évidemment accru cette année par le changement de gouvernement. Francetvinfo fait le point dans un reportage sur les principales nouveautés : « Dès lundi 4 septembre, plus de 12 millions d’élèves reprendront le chemin de l’école. Et la rentrée 2017 leur réserve plusieurs nouveautés. L’emploi du temps des enfants changera dans certaines écoles avec le retour à la semaine de quatre jours, au lieu de quatre jours et demi. Un choix fait par 37% des communes qui ne feront donc plus travailler leurs élèves le mercredi.
Autre nouveauté : le dédoublement des classes de CP. Seulement 12 élèves par classe dans 85 des écoles situées en zone d’éducation prioritaire renforcée. »

Le Monde s’intéresse à la légitime perplexité des enseignants suscitée par l’annonce annoncée très tardivement et sans concertation d’une rentrée en musique dans les établissements :« Les enseignants ne s’en cachent pas : quand l’information a commencé à circuler, le 21 juin dernier, ils ont d’abord cru à une blague. « C’était le jour de la fête de la musique, raconte une directrice d’école qui a préféré rester anonyme. Faire un courrier officiel pour nous demander d’accueillir, à la rentrée, nos nouveaux élèves en chantant, même de la part d’un ministre qui raffole des coups de com’, ça m’a semblé impossible, dit-elle. J’ai cru à une annonce parodique ! »
Et pourtant, l’information a vite été confirmée. Le ministre de l’éducation, Jean-Michel Blanquer, et la ministre de la culture, Françoise Nyssen, ont même fait de ce « moment musical », qu’ils ont demandé à tous les enseignants du primaire et du secondaire d’organiser, un temps fort de cette rentrée 2017, en écho à la « priorité » à l’éducation artistique et culturelle fixée par le candidat Macron durant la campagne. »

Pour un ministre qui prétend ne pas vouloir se servir d’injonctions, ça démarre en fanfare.
Le Café pédagogique se penche sur les nouvelles évaluations prévues en CP et en sixième : « Quel accueil les enseignants font-ils aux nouvelles évaluations nationales du CP ? Après la publication sur un site académique d’une version quasi définitive des évaluations, plusieurs enseignants ont réagi à ces nouvelles évaluations imposées par le ministère. Pas toujours jugées utiles, elles suscitent des réaction variées. Le Snuipp demande un droit d’inventaire et d’adaptation pour les enseignants. »
Les Echos, quant à eux, rendent compte d’un ouvrage d’Eric Debarbieux sur le manque de continuité des réformes : « C’est un cri d’alarme. Alors que 884.300 enseignants retrouvent leurs élèves ce lundi, l’ancien délégué ministériel à la violence en milieu scolaire, Eric Debarbieux, dénonce dans un ouvrage qui vient de paraître (1) les effets dévastateurs des lourdeurs de l’administration centrale de l’Education nationale. Il les a vécues de l’intérieur, rue de Grenelle. « Grosso modo, les élèves apprennent correctement à l’école et apprécient, malgré des nuances, leurs professeurs et les autres personnes qui les encadrent. » L’école est « imparfaite, mais pas non plus décadente ». Du point de vue des enseignants, la réalité est tout autre. Dans un entretien aux « Echos », il souligne « l’immense ras-le-bol » des personnels de l’Education nationale. »


Enseignement et pédagogie

Le Monde publie un entretien avec Françoise Lantheaume, qui se penche sur le malaise enseignant :« Lundi 4 septembre, 884 300 enseignants ont retrouvé leurs élèves et leur salle de classe. Un rituel immuable qui s’est accompagné, cette année encore, d’une série de mesures annoncées par le ministère de l’éducation nationale qui vont modifier le périmètre d’activité des enseignants.
Pour Françoise Lantheaume, directrice du laboratoire de recherche éducation, cultures, politiques à l’université Lumière Lyon-II, ces nouvelles annonces contribuent à accentuer le « trouble identitaire » qui provoque le malaise de la profession enseignante. « Les enseignants ont aujourd’hui du mal à définir collectivement le projet qu’ils doivent porter », explique l’auteure de La Souffrance des enseignants (avec Christophe Hélou, PUF, 2008).
Selon le baromètre annuel UNSA-Education, si 93 % des enseignants disent aimer leur métier, ils ne sont plus que 77 % à trouver qu’il a du sens. »

Le Parisien, quant à lui, publie un entretien avec Eric Charbonnier, qui met davantage l’accent sur les questions pédagogiques :« Mal classée dans les palmarès internationaux, l’école française pourrait s’inspirer d’exemples étrangers. L’éclairage d’Eric Charbonnier, spécialiste des questions d’éducation.
Éric Charbonnier est expert des questions d’éducation à l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Cette institution publie tous les trois ans les enquêtes Pisa, sur les acquis des jeunes de 15 ans, qui permettent de comparer les systèmes scolaires. »


Blanquer

Notre nouveau ministre est si prolixe qu’il est bien difficile de parvenir à tenir à jour le compte de ses nombreuses interviews. Nous nous contenterons ici de relever la dernière (enfin à notre connaissance), celle qu’il a accordée au Figaro, et qui est réservée aux abonnés : « INTERVIEW - Méthodes de lecture, langues anciennes, pédagogie… En ce jour de rentrée scolaire, le ministre de l’Éducation nationale livre ses projets. « Si c’est être conservateur que de vouloir rehausser le niveau, alors je crois que 95 % des Français sont conservateurs ! » assure-t-il. » A noter que si M.Blanquer estime que l’éducation n’est ni de droite ni de gauche, celle qu’il promeut semble n’être ni de gauche, ni de gauche, ni dans l’intérêt des enfants (voir la réforme des rythmes détricotée). Par contre, il semblerait qu’elle fasse le bonheur de Valeurs actuelles. Orange nous apprend que MM. Macron et Blanquer, ainsi que Mme Cluzel ont fait leur rentrée à Forbach : « Plus de 12,4 millions d’élèves faisaient leur rentrée lundi 4 septembre. Parmi eux, les enfants de l’école Louis-Houpert de Forbach (Moselle), qui ont reçu la visite du chef de l’État Emmanuel Macron, du ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer et de la secrétaire d’État chargée des personnes handicapées, Sophie Cluzel. »
Et pour finir, Jack Lang accorde une interview à l’Obs dans laquelle il juge les premiers pas du nouveau ministre : « Prof un jour, prof toujours. Après la publication de notre entretien avec Jean-Michel Blanquer, Jack Lang nous a contactés, souhaitant réagir aux propos de son lointain successeur. Aujourd’hui président de l’Institut du monde arabe, l’ancien pompier volant de la rue de Grenelle, venu remplacer Lionel Jospin en 1992, puis Claude Allègre en 2000, a conservé un regard aiguisé sur les questions éducatives. Il nous livre le bulletin de notes – mitigé – de l’élève Blanquer, sans oublier de décerner un bonnet d’âne à la plupart des ministres de gauche ou de droite qui lui ont succédé »


Fausses notes

On nous avait promis une rentrée musicale et harmonieuse, et nous nous retrouvons avec un concert de casseroles à rendre jaloux François Fillon. Dans le souci de disrupter la monotonie des rentrées scolaires, sans doute, le gouvernement de M. Macron a décidé de compliquer la tâche des établissements en ne renouvelant pas un grand nombre de contrats aidés, ce qui a pu avoir des conséquences locales telles que la rentrée a dû être reportée dans certaines communes, comme le rapporte le Café pédagogique : « Plusieurs communes de métropole ont annoncé le report de la rentrée faute de contrats aidés. C’est le cas par exemple de Sartilly , dans la Manche, des communes de Mazerolles, Cherves-Châtelards, Massignac, Vitrac-Saint-Vincent et Montembœuf en Charente ou encore de Valorbiquet, près de Caen. Les emplois aidés sont souvent utilisés pour les transports scolaires ou encore dans les cantines scolaires , sans parler des aides administratifs des directeurs ou encore de la surveillance dans les établissements secondaires. Certains réseaux d’école sont particulièrement touchés comme les écoles Diwan en Bretagne qui emploient 150 contrats aidés . »
Les élèves souffrant d’un handicap sont également victimes de cette mesure irréfléchie et brutale, qui impacte aussi nombre d’AVS comme le rapporte Le Parisien : "Face à l’annonce de la diminution des contrats aidés, les auxiliaires de vie scolaire (AVS) en contrat unique d’insertion s’inquiètent pour la suite. L’Education nationale assure que les moyens seront maintenus pour accompagner les élèves handicapés."
L’Actu.fr se focalise sur les enfants handicapés qui ne pourront pas faire la rentrée avec les autres enfants : « « La rentrée ne s’annonce pas satisfaisante pour les enfants souffrant de handicap ».
La déclaration du Président de l’ADAPEI * Pascal Coroller est à prendre à la lettre, même si sa forme est courtoise. « Plus d’une centaine d’enfants vont se retrouver sans solution ou avec une solution d’attente précaire ». Ces enfants de 6 à 18 ans voient donc, peu ou prou, leur rentrée scolaire tomber à l’eau. Leur point commun ? Un handicap mental. »

L’équipe de la revue de presse vous souhaite néanmoins une belle rentrée !
Aurélie Gascon


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

N° 537 - Classes inversées

Dossier coordonné par Françoise Colsaët et Héloïse Dufour
mai 2017

La classe inversée, on en parle beaucoup, des partisans enthousiastes et des opposants décidés s’opposent. Est-ce une mode passagère, un gadget pédagogique, ou l’amorce d’un changement de fond ? Au-delà des définitions (trop) simples, ce dossier s’attache à mieux cerner ce qu’est la classe inversée.

N° 536 - Éduquer aux médias et à l’information

Dossier coordonné par Émilie Kochert
mars 2017

Nous sommes inondés d’informations. L’actualité a remplacé l’information dans une culture du buzz où souvent on ne prend pas le temps de vérifier. Est-il simple de déceler le vrai du faux ou de sélectionner l’information dans le divertissement ? Éduquer aux médias et à l’information relève des missions des enseignants.