Accueil > L’actualité vue par le CRAP > Les revues de presse > Revue de presse du lundi 4 avril 2016


JPEG - 26.3 ko

Revue de presse du lundi 4 avril 2016

Remplacements - Equité - Litige - C’était mieux avant


Les problèmes de remplacement ont été mis à l’agenda médiatique du jour par les associations de parents d’élèves. La presse s’en fait largement le relais aujourd’hui. Les questions d’égalité et d’intégration sont également au menu d’une revue de presse qui n’échappe pas à son lot de ronchons.


Remplacements

Les problèmes de remplacement des enseignants reviennent comme un
serpent de mer. Les associations de parents d’élèves poussent un coup de gueule largement relayé dans la presse du jour.
La FCPE appelle à une action symbolique ce jeudi, invitant élèves et parents à publier des selfies sur les réseaux sociaux, commentés : "Y a pas de prof"”, peut-on lire sur le site de BFM.
RTL dénonce “une situation incompréhensible quand on sait que 2.172 postes de remplaçants ont été crées depuis 2013. Alors comment l’expliquer ? Les spécialistes de l’école désignent un coupable : le quinquennat de Nicolas Sarkozy. En cinq ans, 10% des effectifs remplaçants, soit 2.600 emplois ont été supprimés. Pourtant depuis un peu plus de deux ans, des postes ont été recréés.” Dans Le Parisien, le Snuipp explique que “plus de 900 de ces emplois ont en fait été absorbés par des dispositifs d’allègement des horaires, pour les maîtres des zones d’éducation prioritaire”. Il faut tout de même préciser qu’il ne s’agit pas de simples allègements horaires mais de la mise en place de temps de concertation et de formation des enseignants concernés.
Rappelons qu’il y a quelques semaines, on pouvait lire sur le blog InstitHumeur que les profs sont moins absents que la moyenne des salariés.

JPEG - 115.2 ko

Plus de remplaçants - Le dessin de Jimo


Equité

Le Gfen organisait le 2 avril une journée pour "lever les fatalités" en mettant en avant des des pistes de réussite.Le Café pédagogique se fait echo de cette journée. On trouve également une revue de tweets compilée par Stéphanie De Vanssay. On retiendra l’intervention de Marie-Aleth Grard. “Comme JP Delahaye, auteur d’un rapport sur l’Ecole et la grande pauvreté, elle estime que "toutes les pédagogies ne se valent pas" et recommande une pédagogie "explicite, différenciée et de coopération".” Peut-être faudrait-il plutôt recommander DES pédagogies “explicites, différenciées et de coopération” au risque de voir certains vouloir imposer une méthode uniforme. Une tribune sur le site AgoraVox illustre parfaitement ce risque. L’auteur semble vouloir se positionner au dessus de la mêlée… mais non…
Pour tordre le cou à ces méthodes uniformes et fortement guidées, France 3 Languedoc Roussillon consacre un très beau reportage sur l’institut Saint-Pierre à Palavas qui aide les enfants à combattre les troubles de l’apprentissage. Plus que jamais, la question de l’intégration se pose au sein de notre système scolaire.
L’équité à l’école passe aussi par l’accès au savoir nager. La Nouvelle République pointe les inégalités à ce sujet. “En fonction de leur éloignement, culture familiale ou moyens financiers. « Au collège, nous constatons souvent que ceux qui ne savent pas nager viennent de milieux défavorisés ». Or, au-delà du bain de mer l’été, « ne pas savoir nager, c’est se priver d’un grand nombre d’activités qui sont en plein essor : la voile, planche à voile, le canoë, canyoning, etc. » “En rendant obligatoire l’apprentissage de la natation, l’Education nationale a eu la louable intention de gommer ces autres inégalités. Louable mais pas toujours réalisable. Les choses vont peut-être évoluer. « Dans le cadre de la réforme des collèges, nous voulons mettre en place des dispositifs pour compenser ces inégalités. C’est une mission de service public ».


Litiges

Vosges Matin nous fait découvrir, à traver l’interview de Gérard Michel, le rôle de médiateur de l’éducation nationale. Il “examine et cherche des solutions aux litiges concernant le fonctionnement du service public de l’Education nationale, de la maternelle à l’enseignement supérieur. Au travers de notre action, on tente de mettre de l’huile dans les rouages, du liant dans cette grande maison, d’apporter de la modération afin de désamorcer certaines situations et de remettre l’église au centre du village. Et ce, afin d’éviter notamment que les conflits aillent jusqu’au tribunal.
Un litige, on peut en lire un dans la gazette Valdoise avec l’histoire de Dylan, un petit autiste dont la situation semble compliquée.


C’était mieux avant

L’article “le numérique c’est mal” du jour est pour Atlantico. Les textos et des réseaux sociaux plomberaient notre capacité de réflexion. Cela serait même “vérifié par une expérience scientifique.”
L’étude intitulée "Social media, texting, and personality : A test of the shallowing hypothesis", menée par Lagan E. Annisette et Kathryn D. Lafreniere à l’Université de Windsor au Canada, pointe une corrélation entre un usage abondant des réseaux sociaux et des performances scolaires et réflexives moins bonnes que celles d’élèves/étudiants dont la fréquentation des médias sociaux est plus modérée.
L’article alterne entre ce qui semblent être des évidences et quelques raccourcis.
Rien à voir cela dit avec l’outrance de cette tribune publiée sur le site des Echos par un cadre en retraite (??). A lire si vous avez envie de vous payer une franche partie de rigolade. Un morceau choisi qui donne le ton : “L’éducation est légalement du ressort exclusif des parents et que ce n’est donc pas aux établissements d’enseignement que reviennent l’obligation et le devoir d’éduquer les enfants. Cette éducation que ces derniers ont de plus en plus de mal à dispenser à leurs enfants, prenant pour prétexte qu’ils travaillent et qu’ils ne peuvent pas être partout, sauf à se payer le luxe d’un personnel de maison. Ils ne travaillent pourtant pour la plupart que de 35 heures par semaine.
Pour la nuance, il faudra peut être s’intéresser à la conférence "la vie écrite des jeunes" relayée par Rue 89 sous le titre racoleur « Les jeunes écrivent moins et sont nuls en orthographe ». Dans les faits, plusieurs points de vue seront développés comme celui d’ “Elisabeth Schneider, ancienne enseignante en ZEP”. A travers sa thèse, “elle a observé des pratiques riches, diversifiées, qui glissent de l’écran au papier et du papier à l’écran, des pratiques sociales souvent, et la plupart du temps réfléchies.
Pour finir, pendant que certains râlent, d’autres avancent. A l’heure où les nouveaux manuels sont attendus, Yann Houry nous parle des siens dans La lettre de l’éducation du jour. Pour lui, «  la technologie permet de s’affranchir de la contrainte de l’édition scolaire classique ».

Guillaume Caron


JPEG - 20.3 ko

Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Ecole et milieux populaires

Le mythe de l’égalité républicaine, nous n’y croyons plus trop, nous savons bien que certains élèves «  sont plus égaux que d’autres  ». Nous ne sommes pas naïfs. Mais pour la plupart, enseignants et acteurs de l’éducation, nous pensons travailler à la promotion de tous et souhaitons souvent pouvoir «  compenser  » les inégalités.

Inclure tous les élèves

Pour les élèves à besoins éducatifs particuliers, l’écart est parfois grand entre ce qui est prescrit et la réalité de leur scolarisation. Ce dossier vise à en pointer les freins et à proposer des leviers à même de faire vivre l’école inclusive refondée.