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Revue de presse du lundi 30 mai

Humeurs - L’école et le monde - Brèves


Les enseignants ont la parole aujourd’hui, quand d’autres s’interrogent sur les savoirs enseignés à l’école, adaptés ou non au monde dans lequel vivent les enfants. On termine par quelques brèves.


Humeurs

Plusieurs articles de profs s’exprimant sur le métier sont à lire aujourd’hui.
Avec un titre provocateur, "Fuck les conseils de classe", Thomas Messias s’interroge sur l’utilité des conseils de classe actuels, qui ont bien changé et "ressemblent désormais moins à des conseils de classe qu’à leur propre bilan. On se contente d’y résumer pour l’assemblée ce qui a été décidé sans grande concertation avant même la réunion. À vrai dire, il ne serait sans doute pas très compliqué de coder une application qui scanne le bulletin des élèves (notes et appréciations) pour en tirer elle-même une appréciation générale et livrer son verdict quant à leurs demandes d’orientation. Les profs ont de plus en plus l’impression de faire de la figuration."

Un autre enseignant, connu sous le pseudonyme de Monsieur le prof sur Twitter, pense savoir pourquoi les concours de l’enseignement ne font plus le plein. Il y exprime en fait le malaise ressenti par une bonne partie de la profession. " comme on peut le lire dans un récent article du journal Le Monde, les jeunes qui désirent devenir professeurs ne se bousculent pas vraiment au portillon. C’est un métier délaissé, malgré tous ses aspects positifs et ses avantages. Alors, pourquoi ? Je ne sais pas. Peut-être que d’envoyer les jeunes profs au casse-pipe dans des établissements bien "chauds" les retient. Ou que d’imposer le statut de TZR (titulaire en zone de remplacement , NDLR) à de plus en plus de profs, faisant d’eux des bouche-trous -comme moi- qui va de collège en collège sans avoir le choix pendant 5 à 7 ans avant d’avoir un poste fixe, ne les branche pas trop... "

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"Je suis prof" par Geneviève Brassaud

Monsieur le prof intrigue Les Inrocks. En effet il ne laisse pas indifférent, certains le trouvant méprisant à l’égard de ses élèves, alors que d’autres appréciant son humour.
Non, en réalité je suis un prof plutôt banal. Je suis assez strict, rigoureux et exigeant. C’est pourquoi j’écris que les élèves m’aiment sur Twitter, mais pas en vrai. Comme je suis passionné d’anglais et que j’ai envie qu’ils réussissent, je ne laisse rien passer. Même si j’incarne le ‘prof cool’ sur les réseaux sociaux, je suis un enseignant normal en cours, qui donne des devoirs et des punitions. Et, contrairement à mon personnage de prétendu ‘bourreau’ sur Twitter, j’aime mes élèves. J’ai bien sûr une affection pour eux, même les plus pénibles.

Plus sérieusement, dans le Café pédagogique, une tribune de Jean-Paul Delahaye et Christian Forestier, anciens directeurs des enseignements scolaires au ministère de l’éducation nationale. "Dans les parties de notre territoire touchées par la pauvreté, notamment les quartiers ghettoïsés ou les zones rurales isolées, les valeurs de la République apparaissent trop souvent aux habitants plus comme des incantations que comme des réalités vécues. Comment entrer sereinement dans les apprentissages quand on est mal logé, qu’on a des difficultés pour se soigner, se nourrir, pour s’habiller, pour payer les fournitures et les équipements, pour participer aux sorties et voyages scolaires ? La situation est d’autant plus préoccupante que la France est l’un des pays dans lesquels l’origine sociale pèse le plus sur les destins scolaires."


L’école et le monde

Plusieurs articles s’interrogent des relations entre l’école et le monde qui l’entoure.
Une étude de Terra Nova veut bousculer et repenser les savoirs enseignés pour les ouvrir au monde. "Les élèves français apprennent-ils ce qui leur est utile ? Pas toujours. Apprennent-ils de vrais savoirs scientifiques ? Pas sur. Sont-ils préparés à devenir des citoyens actifs et utiles à leur communauté ? Pas tous. C’est ce constat que dressent Agnès Florin et Roger-François Gauthier dans une nouvelle étude publiée par Terra Nova. Ils invitent à repenser les savoirs enseignés et à sortir d’un ordre disciplinaire figé depuis plus d’un siècle. Et pour cela ils demandent qu’ils s’ouvrent à la vie, au monde et au bien être des élèves. Une étude qui prend à rebrousse poil les identités professionnelles et qui invite à d’autres réformes que les systèmes éducatifs les plus performants ont fait."

Pour Caroline Duret, le numérique permet de construire sa relation au monde. Ses élèves "ont inventé des maximes inspirées tout à la fois de La Rochefoucauld et d’un roman contemporain, puis les ont diffusées sur le réseau social Pinterest. Le numérique s’y révèle comme un levier de bien des mutations : une pédagogie volontiers tournée vers la créativité et la collaboration, la prise en considération scolaire de la brièveté, l’attention portée à la dimension visuelle du texte, une nouvelle façon de faire advenir l’autre et de se penser comme citoyen du monde…"

Sur France Culture hier, Rue des écoles se demandait si les conservateurs ont gagné la bataille des idées. "L’école est une passion française.
Une passion pleine de polémiques et de débats enflammés…dans les médias, les institutions, dans le champ politique ou tout simplement dans la société. Un débat qui semble parfois un peu figé, inquiet et volontiers alarmiste sur le niveau des élèves, leur comportement, leur avenir. Sur l’enseignement de l’histoire qui ferait fi d’un roman national qu’il faudrait préserver, les dangers qui pèsent sur les élites scolaires, l’ « égalitarisme » actuel ou le fait qu’une réflexion autour de l’égalité des genres, les ABCD de l’égalité, soit mise aux programmes de nos écoles
"


Brèves

A lire, le rapport de la vice-présidente du Sénat, Françoise Cartron, sur la réforme des rythmes scolaires.

A lire aussi un article sur l’architecture scolaire. "Le groupe scolaire Niki-de-Saint-Phalle, en Seine-Saint-Denis, a fait le pari de l’innovation architecturale : formes rondes, couleurs chatoyantes. Au cœur d’une banlieue sensible, cette structure est vécue comme un îlot de bien-être."

"François Hollande renonce aux annulations de crédit de 134 millions d’euros sur le budget de la recherche. Le chef de l’Etat l’a annoncé ce lundi matin à cinq prix Nobel français et un lauréat de la Médaille Fields reçus à l’Elysée."

La liste des masters concernés par la sélection.

Pour terminer une réflexion intéressante sur le respect, ou pas, de la vie privée des enfants sur internet et les réseaux sociaux.

Géraldine Duboz



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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Des maths pour tous
Revue n°529 - mai 2016
Plus que jamais, la question des «  mathématiques pour tous  » se pose. Elle implique qu’on cesse d’appliquer partout et à tous le même «  traitement  » mathématique, et qu’on prenne en compte le rapport spécifique aux maths que chaque élève a construit en fonction de son histoire scolaire, familiale, et personnelle.

Mettre en oeuvre les EPI

Revue n°528 - mars 2016
Les enseignements pratiques interdisciplinaires vont se mettre en place à la rentrée 2016. Dans certains collèges, on anticipe déjà. Dans d’autres, les pratiques interdisciplinaires existent depuis un certain temps. On ne part
donc pas de rien et les EPI peuvent s’appuyer sur l’existant.