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Revue de presse du lundi 30 janvier 2017

Enseignement - Présidentielles - Divers

L’actualité éducative de ce lundi n’est pas très abondante mais offre quelques débats de qualité. Il sera beaucoup question du métier d’enseignant et des présidentielles. Nous terminerons par quelques informations diverses.

Enseignement

Les médias nous offrent aujourd’hui plusieurs réflexions intéressantes sur le métier d’enseignant. Le Café pédagogique fait la recension du nouvel ouvrage d’Anne Barrère, Au coeur des malaises enseignants : « Peut-on à la fois être fidèle au métier d’enseignant et assumer pleinement l’objectivité du travail sociologique ? L’ouvrage d’Anne Barrère montre non seulement que c’est possible mais que la sociologie peut aider les enseignants à comprendre le malaise et à agir. Si vous vous interrogez sur l’efficacité de l’accompagnement personnalisé, la légitimité des "bonnes pratiques", la résistance aux réformes ou encore le rôle des enseignants dans la reproduction des inégalités sociales, cet ouvrage apporte des clés scientifiques pour analyser et comprendre. Cela veut dire que l’ouvrage passe au crible de l’analyse bien des idées toutes faites. Autant dire que le livre d’Anne Barrère est un véritable plaidoyer pour la formation des enseignants. Mais pas une formation descendue d’en haut. Il plaide pour un éclairage débattu par les enseignants eux-mêmes, à l’image du livre lui-même, relu et critiqué au final par une dizaine de professeurs. Rien que pour ce positionnement et cette audace, l’ouvrage mérite une très chaude recommandation. » A noter que sous cette recension, on trouve également un entretien très riche avec l’auteure, qui donne envie de prolonger le débat en lisant l’ouvrage : « Le livre aborde la question de la reproduction des inégalités sociales par l’Ecole et donc par les enseignants. Vous dites que ce n’est pas leur faute ?
Au départ, je me demande si les thèses tellement célèbres de Bourdieu et Passeron peuvent encore être utiles aux enseignants, alors même qu’elles les présentent comme des agents de reproduction des inégalités scolaires.
En fait les enseignants adhèrent à ces thèses ; ils se sentent en partie responsables de la reproduction. Mais ils le font bien sûr aussi en prenant ce qui les arrange – la force de ses mécanismes, venant confirmer leur propre sentiment d’impuissance et en refusant ce qui les dérange, la mise en cause de la culture scolaire et de certaines pédagogies.
J’ai voulu montrer aussi la méconnaissance de certaines thèses de Bourdieu visant à défendre une explicitation des pédagogies ou la nouvelle sociologie critique des nouvelles pédagogies.
Au final ce livre est de tous mes livres celui qui plaide le plus pour la formation des enseignants.
Mais pas n’importe quelle formation. Une formation par la controverse et le débat, où les enseignants reliraient leur expérience, leurs difficultés et leur inventivité personnelle, à la lumière de ces travaux et non une formation descendante sur les bonnes pratiques ou, pire encore, les réformes. »

Louise Tourret, quant à elle,s’attaque sur Slate au mythe du « super prof ». Et là aussi, l’article permet une introspection aussi riche que rare, en ces temps de sorties médiatiques péremptoires concernant le métier, sur ce qu’est enseigner et sur l’image du professeur que les enseignants aimeraient incarner, au risque de se mettre trop de pression : « C’est pour les encourager et les rassurer que Philippe Watrelot, qui est également formateur en ESPE (école supérieur du professorat et de l’éducation), préfère proposer l’image du professeur « suffisamment bon », au sens du psychanalyste Donald Winnicott à propos des mères. Et dans ce « suffisamment bon », il ne faut pas entendre une limite mais plutôt un souci de travailler convenablement sans chercher tout de suite à être exceptionnel ou à coller à une idée archétypale du bon prof alors que cela reste avant toute chose un métier… »
Enfin, dans un entretien accordé à la Lettre de l’éducation, Stéphane Kus estime que « la formation doit partir des difficultés ordinaires du travail » .


Présidentielles

Aujourd’hui, il est bien sûr question des propositions de Benoît Hamon, récent vainqueur des primaires de la gauche, pour l’éducation. C’est le Café pédagogique qui s’en fait l’écho : « "Ce serait grave si la droite remettait en question ce qui a été fait pour assurer plus d’égalité à l’école", a affirmé Benoit Hamon pendant la campagne. Il a été élu candidat du parti socialiste à l’élection présidentielle le 29 janvier. Ancien ministre de l’Education nationale, son programme accorde beaucoup d’importance à l’Ecole qui devrait rester, s’il est élu, une priorité. Benoit Hamon a jugé positif le quinquennat en ce qui concerne l’Ecole et défendu deux idées. »
Bernard Desclaux, membre de l’équipe de rédaction de cette revue de presse, propose par ailleurs sur son blog un décryptage des propositions d’Emmanuel Macron sur l’orientation, et semble rester sur sa faim sur plus d’un point : « La question de l’orientation n’est envisagée qu’en fin de parcours scolaire, « … l’un des défis qui est le nôtre, c’est lorsque le lycée s’achève et que les enfants doivent prendre la mer, l’entrée dans ce monde nouveau, dans l’enseignement supérieur, nous avons une transformation profonde à conduire : celle de l’orientation. Celle qui consiste à accompagner tous les enfants et en particulier les boursiers, celles et ceux qui viennent des quartiers les plus défavorisés à accéder à l’information, à accéder aux bonnes formations. »
L’orientation serait donc une affaire d’accès à l’information, une affaire de déblocage de motivation des personnes. Sûrement, et c’est bien de le dire, et de pointer les barrières sociales en la matière. Mais s’arrêter là est bien dangereux. »

Le MEDEF livre lui aussi ses vues sur le système éducatif : « En attente de réformes profondes du système éducatif , le Medef appuie l’autonomie des établissement scolaires, voit dans l’école « un incubateur de talents » et se promet de développer l’apprentissage. Le tout sans se livrer à des provocations inutiles. »
Enfin, le Café pédagogique relaie une publication du SNUIPP, qui se penche sur les intentions de vote des enseignants.


Divers

Quelques informations diverses pour terminer cette revue de presse. La première est dramatique, puisqu’il s’agit de la mort d’un lycéen, tué devant son établissement.
Sans transition, on peut lire ici les craintes d’un inspecteur d’académie honoraire concernant la possible légalisation du tirage au sort comme mode de sélection des étudiants dans certaines filières.
Et enfin, le marronnier des options du baccalauréat commence bien tôt cette année avec un reportage de France 3 sur l’introduction d’une option chasse...
Aurélie Gascon


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Enseigner les langues aujourd’hui
N° 534 - Enseigner les langues aujourd’hui
Dossier coordonné par Soizic Guérin-Cauet et Hélène Eveleigh
janvier 2017
Apprendre une langue étrangère, c’est à la fois une évidence pour tous et une difficulté pour chacun. Et les études internationales ne font que confirmer que les Français seraient mauvais en langues. Quelles sont les pratiques qui permettent à l’apprentissage des langues vivantes d’être bénéfique pour nos élèves ?

N° 533 - Créer et expérimenter en sciences et technologie

Dossier coordonné par Évelyne Chevigny et Roseline Ndiaye
décembre 2016
L’enseignement des sciences expérimentales s’est considérablement renouvelé. Ces changements ont visé à mettre l’élève au centre, en prenant en compte les travaux de la didactique ainsi que les réflexions sur le bagage intellectuel de base pour tout citoyen du XXIe siècle, au cœur d’une société basée sur les sciences et les technologies.