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Revue de presse du lundi 29 mai 2017

Annonces et réactions - Numérique - Divers

L’actualité éducative de ce lundi est encore très marquée par les diverses annonces et les réactions qu’elles suscitent. Il sera également question de numérique et d’informations diverses.

Annonces et réactions

Le Parisien fait le point sur les intentions du nouveau ministre pour la rentrée 2017 : « Le nouveau ministre, Jean-Michel Blanquer, fait oeuvre de prudence. Il espère apporter du changement dès septembre, mais sans braquer les enseignants.
L’ancien directeur de grande école (l’Essec) veut s’attaquer aux problèmes « à leur racine », dit-il. Et réitère les promesses du candidat Macron : retour de la semaine de quatre jours, reconstitution des classes bilangues, lancement d’un dispositif d’aide aux devoirs dans les collèges, limitation des CP à 12 élèves dans quelque 2 000 classes de l’éducation prioritaire... En fait, les mesures annoncées à court terme relèvent plus du signal politique, ciselé pour tilter à l’oreille des familles, que d’un changement de cap radical. »

Le Café pédagogique passe également en revue, de façon très critique, les annonces pour la rentrée : « Réception des syndicats du 24 au 26 mai, interview au Point le 25, intervention au congrès de la Peep le 26, Jean-Michel Blanquer n’a pas fait le pont. Il a précisé ses orientations sur plusieurs points qui concernent directement les enseignants : les dédoublements de CP, les rythmes scolaires, les devoirs et d’une façon générale une "évolution" des programmes et la fin du "pédagogisme". Tout en affirmant sa volonté de ne pas faire "d’injonctions contradictoires avec celles de la majorité précédente" et de laisser le terrain arbitrer, c’est bien le détricotage des réformes par en haut qu’annonce le ministre. » On peut une nouvelle fois déplorer l’usage démagogique d’un terme tout à fait méprisant pour ce qui fait le cœur de notre métier, la pédagogie, tout en rappelant que le pédagogisme n’existe que dans l’esprit de ceux qui prétendent le haïr. Mettre fin à ce phénomène s’annonce donc ardu.
Le Parisien donne la parole au nouveau président de la PEEP, fédération de parents d’élèves : « Bernard Pommier, président de la Fédération des parents d’élèves de l’enseignement public commente les récentes annonces du ministère de l’éducation »
La lettre de l’éducation publie un entretien avec Frédérique Rolet, secrétaire générale du SNES-FSU : « Quelques jours après la nomination de Jean-Michel Blanquer, au fil de ses déclarations, de premières caractéristiques de style et d’orientation du « macronisme éducatif » commencent à se dessiner. Quelle est votre impression générale ?
Il est vrai que le nouveau ministre arrive précédé de sa réputation d’avoir été, comme recteur de Créteil puis comme directeur général de l’enseignement scolaire (Dgesco), un inconditionnel de l’expérimentation et du pilotage par les indicateurs de performance. Cependant, on perçoit de sa part une certaine atténuation des orientations libérales très fortes qu’il a pu développer à titre personnel dans ses ouvrages ou dans diverses interviews antérieures à sa nomination. Il prend en compte, nous semble-t-il, le fait qu’être ministre de l’éducation implique de relativiser ses idées personnelles, pour adopter un regard plus large, prendre le temps de l’écoute et éviter toute précipitation. Peut-être a-t-il perçu - en tout cas nous l’espérons - une forte attente, chez les enseignants, d’un peu de sérénité. »

Le Parisien, lui, va prendre la température d’une salle des maîtres à La Courneuve à propos de ce fameux CP à douze élèves : « Douze enfants,pas plus, dans chaque CP des quartiers défavorisés : la première mesure éducative du quinquennat Macron, annoncée pour la rentrée et calibrée pour parler au plus grand nombre, se veut une réponse simple et précise aux racines du décrochage scolaire. Et pourtant, dans cette école de La Courneuve (Seine-Saint-Denis), le sujet soulève plus de questions que d’enthousiasme chez l’équipe d’enseignants rencontrés à la pause déjeuner, fourchette à la main, en salle des maîtres : Douze enfants,pas plus, dans chaque CP des quartiers défavorisés : la première mesure éducative du quinquennat Macron, annoncée pour la rentrée et calibrée pour parler au plus grand nombre, se veut une réponse simple et précise aux racines du décrochage scolaire. Et pourtant, dans cette école de La Courneuve (Seine-Saint-Denis), le sujet soulève plus de questions que d’enthousiasme chez l’équipe d’enseignants rencontrés à la pause déjeuner, fourchette à la main, en salle des maîtres. »
Dans son édito de La lettre de l’éducation, Luc Cédelle appelle d’ailleurs à ce propos, et à juste titre, à une certaine prudence : « Pour étayer son projet phare de réduction des classes de CP et de CE1 en éducation prioritaire, le ministre invoque les résultats de la recherche. Il n’a pas tort, mais cet exemple montre aussi que le consensus en faveur de cette mesure a réclamé du temps pour s’établir. »
Signalons pour finir, deux tribunes intéressantes du Monde. La première est signée Pierre Merle et appelle à fonder un collège qui ne soit pas élitiste :« Le sociologue Pierre Merle observe qu’une élite passéiste s’est toujours opposée aux avancées pédagogiques nécessaires à la réussite de tous les élèves. »
La seconde, hélas réservée aux abonnés, est signée par un collectif de professeurs en sciences de l’éducation : « Pour une éducation réellement émancipatrice sans l’exploser en une multitude de « communautés scolaires autonomes » aux valeurs hétérogènes et aux pratiques claniques, estime un collectif de professeurs en sciences de l’éducation.
Mais il faut aussi une politique éducative hardie. Une revalorisation symbolique et matérielle du métier d’enseignant est indispensable. Une gestion de la « machine-école » plus attentive aux initiatives de ses acteurs est nécessaire. Un effort sans précédent en faveur des établissements les plus défavorisés est urgent : il faut, enfin, donner plus et mieux à ceux qui ont moins en proportionnant systématiquement leur dotation - salaires inclus, bien sûr - au niveau social des élèves qu’ils scolarisent. »


Numérique

Les Echos s’intéressent à la polémique autour de la gestion des données des élèves : « Il a suffi d’ un courrier pour remettre le feu aux poudres. Il y a dix jours, le site spécialisé Le Café pédagogique dévoilait la lettre envoyée par le ministère de l’Education nationale aux académies, dans laquelle l’institution « confirme qu’il n’y a pas de réserve générale sur l’usage des outils liés aux environnements professionnels chez les grands fournisseurs de service du Web (Gafam et autres) ». L’heure est à l’ouverture rue de Grenelle. L’administration explique que, tant que les établissements scolaires font une déclaration à la CNIL et que les services sont couverts par les CGU « éducation » des éditeurs - des conditions générales d’utilisation spécifiques -, il n’y a pas de raison de se priver de mettre à disposition des élèves et professeurs les outils de travail collaboratif de Google, Microsoft et consorts. Pour le ministère, ces précautions suffisent même à utiliser les noms et prénoms des utilisateurs et non des pseudonymes. »
Une tribune du Monde se penche sur le rôle possible du numérique dans une refondation de l’école :« Le numérique peut-il sauver l’école ? C’est ce que suggère le tandem formé par Cécile et François-Xavier Hussherr dans leur ouvrage Construire le modèle éducatif du XXIe siècle. Les promesses de la digitalisation et les nouveaux modes d’apprentissage (FYP Editions). ­
Refusant une « apologie simpliste du numérique » mais souhaitant « faire le bilan des opportunités ­offertes par le numérique à l’école et des occasions manquées », les auteurs signent un manifeste pour surfer pédagogiquement sur la ­vague du « tsunami numérique ». »


Divers

Un peu d’international pour terminer cette revue de presse. Un reportage de LCI vante (un peu trop) les mérites du système scolaire de Singapour (sans trop évoquer le système politique autoritaire qui va avec, c’est bien dommage) : « L’éducation ? A Singapour, le secteur est pris très au sérieux. Le pays est en tête des classements des meilleurs établissements scolaires. Quelle est la recette miracle ? Réponse. »
Enfin, Bruno Magliulo s’intéresse à l’internationalisation de notre enseignement supérieur : « Dans un rapport récent ("L’enseignement supérieur français par-delà les frontières", septembre 2016), France Stratégie (organisme public d’études prospectives), fait un constat concernant l’enseignement supérieur français : "au XXe siècle, on s’était accoutumé à l’idée que la mission de l’enseignement supérieur était essentiellement de former les étudiants du pays sur le territoire national. Cette époque a pris fin au début de ce siècle (...) Un nouveau paysage universitaire international se construit sous nos yeux". Et d’ajouter : "ce phénomène devrait être considéré comme une chance". »
Aurélie Gascon


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

N° 537 - Classes inversées

Dossier coordonné par Françoise Colsaët et Héloïse Dufour
mai 2017

La classe inversée, on en parle beaucoup, des partisans enthousiastes et des opposants décidés s’opposent. Est-ce une mode passagère, un gadget pédagogique, ou l’amorce d’un changement de fond ? Au-delà des définitions (trop) simples, ce dossier s’attache à mieux cerner ce qu’est la classe inversée.

N° 536 - Éduquer aux médias et à l’information

Dossier coordonné par Émilie Kochert
mars 2017

Nous sommes inondés d’informations. L’actualité a remplacé l’information dans une culture du buzz où souvent on ne prend pas le temps de vérifier. Est-il simple de déceler le vrai du faux ou de sélectionner l’information dans le divertissement ? Éduquer aux médias et à l’information relève des missions des enseignants.