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Revue de presse du lundi 29 août 2016

Rentrez - Attrapez - Invectivez - Romancez


29 août, à deux jours de la pré-rentrée, la ministre a déjà effectué la sienne. Dans le même temps, on s’interroge sur la place du jeu à l’école, mais aussi sur celle des réseaux sociaux dans les relations enseignantes. Une sorte de programme scolaire à ne pas forcément suivre...


Rentrez

Dès avant la conférence de presse de rentrée, la ministre a accordé des interviews à la presse régionale et des commentaires fleurissaient dans divers quotidiens.
Dans le Courrier Picard, on peut lire un entretien avec la ministre résumé succinctement par « On voit les effets des créations de postes » alors qu’elle y évoque aussi les difficultés d’avoir été bousculés par la refondation, la mise en place de la réforme du collège, ainsi qu’une énième réponse concernant les classes bilangues.
Libération titrait « Langues anciennes : Vallaud-Belkacem tente de désamorcer la polémique » : « A quelques jours de la rentrée des classes, et de l’application de la réforme du collège, le ministère veut absolument démontrer que les critiques, notamment sur l’enseignement du latin, n’étaient pas fondées. »
Dès la fin de la conférence, de nombreux compte-rendus sont parus, citons entre autre celui du journal Le Monde résumant les annonces ministérielles en « nouveautés de la rentrée ». Sur France3, on insiste sur les annonces sans surprise, créations de postes, réforme du collège et notamment l’accompagnement personnalisé pour tous...
Arte insiste sur la politique « Vallaud-Belkacem pourfend les "fantasmes" et cible la droite ». « Avant la rentrée scolaire et la mise en oeuvre de la réforme du collège et des nouveaux programmes, la ministre de l’Education nationale a pourfendu lundi "fantasmes" et "élucubrations" et ciblé la droite, à huit mois de l’élection présidentielle. La reprise des cours de jeudi, qui concernera 12,4 millions d’élèves et 860.000 enseignants, sera celle "de la réalité et non des fantasmes", "loin des élucubrations fantaisistes qui ont trop souvent pollué le débat public", a déclaré Najat Vallaud-Belkacem lors de la conférence de presse de rentrée. »
Tout comme, Le Point qui publie la dépêche de l’AFP : « Education : Vallaud-Belkacem dénonce les programmes des candidats de droite ».
Cette conférence de presse a amené une réplique comme sur Europe1 où Frédérique Rollet, secrétaire nationale du SNES-FSU était interviewée et s’inquiètait en particulier de la réforme du collège.

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Les pofs en vacances par Jimo

Attrapez

Mais, qu’on se rassure, la culture du buzz a joué à fond et la plupart des journaux évoquent une épi-réponse de la ministre, la question des Pokemon (il faut bien l’avouer, centrale, si, puisqu’ils vous le disent...). Le Monde lui consacre un plein article « Najat Vallaud-Belkacem veut interdire les Pokémon rares à l’école » de ce qu’ils qualifient pourtant de « petite information bonus ». Numérama aussi y consacre une pleine page indiquant des intentions « louables et [ ]sincèrement destinées à améliorer les conditions d’apprentissage des élèves. Néanmoins, on ne peut s’empêcher de trouver cette décision légèrement zélée. Pokémon Go est ici considéré comme un outil dangereux alors que les dérives sont facilement évitables dans les cours de récréation sans avoir besoin de mettre en place un tel dispositif. » [la demande qu’il n’y ai pas de pokemons rares dans les établissements]. Kulturegeek, logiquement, s’y intéresse aussi précisant que « Parmi les politiques français, Pokémon Go a une image plus négative que positive. Il y a peu, le maire du village Bressolles dans l’Ain a pris un arrêté qui interdit l’implantation de Pokémon sur la commune. ». Mais c’est aussi la une du Parisien, de BFMTV, de RTL... Attrapez-les tous...
Le Café pédagogique propose de les utiliser ces petites bestioles ! « Exploiter Pokemon Go à des fins éducatives ? » « Sur son site Ludum Invaders, Gaël Gilson, professeur de français à Liège, propose une séquence de travail originale intitulée « Des touristes ardents » : l’application y sert de support à une exploration de la ville par les élèves qui sont amenés à réaliser des cartes postales interactives. »

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La rentrée de Pikachu par Jimo

Invectivez

Yann Houry a quitté Twitter et s’en est expliqué. Il développe sa pensée dans un billet de blog sobrement intitulé Les profs (et ajoute immédiatement, pas tous). « Les profs n’en finissent plus de s’autoexciter, se répétant à l’envi que les “pédagos” ont pris le pouvoir. En réalité, ils veulent le dire à la terre entière. Ils s’infligent la lecture de gens qu’ils détestent pour mieux (non pas comprendre) mais détester encore. Et surtout le dire ! Si vous n’êtes pas enseignant, imaginez ! C’est comme si vous suiviez des comptes de choses que vous détestez viscéralement. N’importe quel compte ! [...] Il faut comprendre ces enseignants. Ils sont tellement lassés de cette injonction ministérielle de bienveillance qu’il leur faut exprimer quelque part, à quelqu’un cette malveillance fondamentale qu’ils portent en eux. »Il enfonce même le clou « Qui plus est (et cela fait bien 20 fois que je le trouve formulé par des enseignants), la passion de la polémique autorise tout. Fusillade et sodomie (vous croyez avoir mal lu, mais oui…). On est tellement bien derrière son ordinateur et son pseudonyme ! Que le mépris s’exprime ! »
Ceci, ainsi que d’autres invectives, on fait réagir Louise Tourret dans Slate : « Les invectives et les insultes fusent entre enseignants, au point que certains se retirent même du réseau social. Comment expliquer tant de violence ? Explications en plus de 140 signes. » On y lit une vraie colère contre « ces gens » comprendre ceux qui sont appelés pédagogo (aimable surnom !) : « Le ton est donné : brutal, dénonciateur et violent. Et assumé :
« Je suis très dur, parfois hargneux et sans doute méchant, mais le temps de la complaisance pour les médiocres est révolu. […] Alors oui, certains se sentent harcelés. Je répondrai (de manière certes facile) que moi je me sens harcelé dans mon travail par l’influence néfaste de ces gens.
 ».
Ces articles font écho à l’interview d’Anne Barrère dans la lettre de l’éducation rappelant qu’« On ne change pas les pratiques enseignantes par décret ».
Dans cette absence de discussion, notons que le Café pédagogique publie une « Lettre ouverte aux jeunes enseignants de la génération Facebook (et aux autres)  ».


Romancez

L’autre personnage politique en vue aujourd’hui c’est François Fillon !
Le Point rend compte de son discours de Sablé (Sarthe) « François Fillon a promis dimanche dans son discours à Sablé (Sarthe) de "traquer toutes les démissions de la société française et d’abord celles de l’école", proposant notamment de revoir l’enseignement de l’Histoire pour privilégier le "récit national". ».
LCI insiste sur le vocabulaire militaire (rappelant celui de la IIIème République) : « "réarmement moral". François Fillon propose ainsi un "apprentissage du respect et de l’autorité à l’école primaire" avec, par exemple, le port obligatoire de l’uniforme. »
Claude Lelièvre l’évoque aussi dans son blog avec une ironie mordante : « Hier, François Fillon a annoncé urbi et orbi qu’il fera « réécrire les programmes d’histoire » s’il est « élu président de la République ». Et il a longuement détaillé cette proposition "historique", susceptible de frapper les esprits dans le contexte actuel "identitaire’’, et d’être d’un certain secours pour revenir sur ses rivaux dans la primaire de droite. »

Emilie Kochert (merci à Bernard Desclaux et Géraldine Duboz pour la moisson d’articles)


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Débuter dans l’enseignement
Débuter dans l’enseignement
Hors-série n°43 - juin 2016
Dossier coordonné par Catherine Rossignol et Sylvain Connac
Selon Freud (1937), avec gouverner et soigner, éduquer serait un métier impossible. Pour­tant, des milliers de jeunes (et moins jeunes) choisissent chaque année l’ensei­gnement pour profession et dé

Former les futurs citoyens
Revue n°530 - juin 2016
Mise en place du nouveau socle commun, de l’enseignement moral et civique : l’éducation à la citoyenneté, thème souvent abordé par les Cahiers pédagogiques, revient au cœur des préoccupations. De quelle éducation à la citoyenneté parle-t-on ? Comment ne plus la confondre avec une éducation au civisme et à la civilité ?

Mettre en oeuvre les EPI
Revue n°528 - mars 2016
Les enseignements pratiques interdisciplinaires vont se mettre en place à la rentrée 2016. Dans certains collèges, on anticipe déjà. Dans d’autres, les pratiques interdisciplinaires existent depuis un certain temps. On ne part
donc pas de rien et les EPI peuvent s’appuyer sur l’existant.