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Revue de presse du lundi 26 mai 2014

Les Européennes et l’école - Des engagements du gouvernement - Le blues des enseignants


L’actualité est surtout dominée par la politique mais on peut la relier à l’actualité éducative. Le gouvernement prend des engagements. Les enseignants semblent avoir le blues.


Les européennes et l’école

De nombreuses analyses du vote extrémiste font état du grand nombre de votants parmi la jeunesse. Emmanuel Davidenkoff rappelle dans Question d’éducation sur France Info que la jeunesse a voté à 30% pour le Front National. Il interroge la sociologue Anne Muxel qui explique que "contrairement à leurs aînés ils ont grandi dans une atmosphère de désenchantement et de défiance vis-à-vis du politique, qui se nourrit de l’impuissance des gouvernements successifs à faire reculer le chômage et à ce contexte de crise permanent – ils sont nés dedans." De plus "il faut bien avoir en tête qu’un large pan de la jeunesse fait ou a fait dès l’âge de 16 ans l’expérience d’une forme d’exclusion des voies d’insertion scolaire et sociale privilégiées par le système. Facteur aggravant si on parle spécifiquement de la dimension européenne : ce sont ces jeunes qui profitent le moins des programmes de mobilité étudiante."

C’est pourquoi le Café pédagogique ce matin explique que"l’Ecole n’a jamais réussi à enseigner sans malaise l’idée européenne. C’est ce que relevait N. Allieu Mary, chercheure à l’INRP, dans un article de 2009." L’article rejoint Anne Muxel : "Au lieu de soutenir l’individu, l’Ecole apprend très tôt à ne regarder que ses faiblesses. Et cela se voit dans le résultats final , c’est à dire la sortie chaque année de 150 000 jeunes sans diplôme reconnu sur le marché de l’emploi. Dans la situation économique actuelle, des chômeurs en devenir."

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Le dessin de Fabien Crégut

Des engagements du gouvernement

Tout d’abord c’est le ministère du travail qui va consacrer plus de 4 millions d’euros à l’apprentissage, comme nous l’apprend le site chefdentreprise.com .
"François Rebsamen, le ministre du Travail, a signé le 22 mai 2014, trois nouvelles conventions avec l’ACFCI-CCI France (Assemblée des Chambres françaises de commerce et d’industrie, l’APCMA (Assemblée permanente des chambres de métiers et de l’artisanat) et le CCCA-BTP (Comité de concertation et de coordination de l’apprentissage du bâtiment et des travaux publics). Objectifs ? Promouvoir la formation initiale par l’apprentissage, établir plus de 110 000 contacts avec les entreprises, et signer plus de 26 000 contrats d’apprentissage."

C’est aussi un engagement de Benoit Hamon annoncé ce matin dans un déplacement dans l’Allier : raccorder à un haut débit de qualité les écoles qui ne le sont pas encore. ""Sur les 64.300 écoles et établissements du second degré, publics ou privés, répartis sur l’ensemble du territoire national, plus de 16.000 n’ont pas aujourd’hui accès à un haut débit permettant de répondre au développement des usages numériques éducatifs", relève le ministère." dans Le Nouvel Observateur . 9000 écoles sont concernées. "Ces établissements bénéficieront d’une subvention, versée par la Caisse des dépôts, "dans la limite de 400 euros par établissement ou école éligible raccordé".


Le blues des profs

L’Express reprend les résultats des enquêtes menées par le SE-Unsa qui vient de tenir un colloque. Le sentiment des enseignants ? "84% d’entre eux considèrent que l’opinion publique ne comprend pas leur travail, et la moitié se sentent incompris par leur entourage. [...] 92% estimaient que leur profession était malmenée par les médias." Ce sentiment dominant est ancien, déjà présent en 1965 pour une autre enquête. Mais il est vrai que seulement 33% des Français conseilleraient ce métier à leur enfant.
Antoine Prost se demande "si la nostalgie d’un âge d’or où l’enseignant était quelqu’un de bien considéré n’est pas un trait caractéristique du milieu lui-même." D’ailleurs, "ce sentiment d’incompréhension s’explique aisément. D’abord le métier est difficile à faire comprendre : comment expliquer le travail du professeur, l’ennui des copies, la fatigue des cours, et cette angoisse sourde qu’engendre la rencontre d’une classe, et que la plupart refoulent ? Qui n’a pas fait ce métier en ignorera toujours la charge". La dépréciation peut venir des enseignants eux-même comme le rappelle cette citation du philosophe et ministre de l’éducation Jules Simon : "Eh bien oui, le métier que je fais m’est odieux. Mes confrères sont des cuistres, mes élèves, de jeunes idiots qui ne pensent qu’à être bacheliers ; et nous sommes idiots nous-mêmes avec nos examens et nos chinoiseries. Tout cela me répugne et m’ennuie. J’aimerais mieux être commis de bureau, précepteur, conducteur de travaux. Je m’ennuierais ferme, mais on ne me parlerait pas de services rendus au pays et de sacerdoce"


Que devient l’orientation sans CIO ?

Un rappel : 10 CIO de l’académie de Rouen doivent fermer. Paris-Normandie.fr rappelle la mobilisation sans faille de celui de Vernon. En effet comment orienter correctement les jeunes sans CIO et sans conseillers d’orientation ? Tous les professeurs le savent : sans eux, c’est très difficile. Aider à l’orientation est un métier, un professeur ne saurait remplacer un conseiller d’orientation-psychologue. Il n’en a pas les compétences.

Géraldine Duboz (un grand merci à Bernard Desclaux)
Demain vous retrouverez Laurent Fillion


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