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Revue de presse du lundi 26 juin 2017

Lire - Réforme - Supérieur - Ailleurs

Les annonces diverses et variées du nouveau ministre continuent d’alimenter les médias, que ce soit sur les Fables, les CP à 12 élèves ou les devoirs faits.
On continue aussi à parler d’APB et du tirage au sort.
On termine par quelques infos variées, dont les suites de l’"affaire" Véronique Servat.


Lire

"Le nouveau ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer distribuera ce lundi des exemplaires des Fables de La Fontaine à l’école Paul Claudel de Tourcoing. Il lance ainsi l’opération « un livre pour les vacances » pour les élèves de CM2 des Hauts-de-France." Rappelons tout de même que cette opération n’est que la reprise d’un dispositif inauguré sous Luc Châtel. Et il ne concerne que 3 académies.

Ce que rappelle Claude Lelièvre dans son blog. "pour ceux qui penseraient que cette ’’opération’’ renouvelée serait une sorte de ’’réhabilitation de la littérature classique’’ dans l’enseignement primaire, il faut noter que l’opération ’’commencée’’ en 2010 par les "Fables’’ de La Fontaine s’est continuée en juin 2011 (toujours sous la houlette du DGESCO Jean-Michel Blanquer) par "Neuf contes de Charles Perrault ; un livre de l’été 2011 illustré d’images d’Epinal’’ distribué à des élèves de CM1 en fin d’année scolaire. Fabuleux, le climat "contes et légendes’’ entretenu par Jean-Michel Blanquer."

Jean-Michel-Zakhartchouk, quant à lui, s’emporte sur une distribution pour l’été sans accompagnement pédagogique : "Ce que disent les pédagogues, c’est qu’il ne suffit pas de distribuer un livre de Fables, de faire étudier par cœur telle ou telle, d’en lire en classe en expliquant le vocabulaire , mais qu’il faut un vrai travail différencié selon les âges, pour que soit vraiment approprié un auteur qui a le mérite énorme d’être connu de tous les Français, d’être une sorte d’emblème de la culture française (tout en puisant ses sources dans de multiples cultures, dont les légendes et contes persans)."

D’ailleurs, les polémiques sur les méthodes de l’enseignement de la lecture sont reparties de plus belle. "Un récent séminaire à destination des inspecteurs a relancé les récurrents débats sur la place respective du code et du sens dans l’apprentissage de la lecture. L’insistance portée sur la maîtrise instrumentale de la combinatoire (la mise en relation de graphies et de phonies), au nom d’un retour nécessaire aux fondamentaux, laisserait entendre que le problème des élèves français ayant des difficultés en lecture aurait pour origine leur insuffisante capacité à déchiffrer, c’est-à-dire à identifier les mots. Le tout dans un discours qui revendique de s’appuyer sur la science et tout particulièrement sur la psychologie cognitive."


Réforme et contre-réforme

Tout d’abord, au bout d’un an à peine, un bilan plutôt positif de la réforme pour
les élèves et professeurs du collège Pierre-Ronsard, à Tremblay-en-France. "Une année de rodage qui "s’est plutôt bien passée".

Une vision du programme de Jean-Marie Blanquer par Bernard Toutlemonde, ancien directeur général de l’enseignement scolaire. "Le nouveau ministre a donc en tête tout un programme. Un programme original qui n’en pose pas moins des questions : le pilotage par la science et par les résultats ne masque-t-il pas en somme des choix idéologiques ? Les premières mesures décidées (rythmes scolaires avec retour possible à la semaine de quatre jours, dédoublement des CP au détriment du « plus de maîtres que de classes » mis en place précédemment, rétablissement du redoublement etc.) sont-elles vraiment inspirées par la méthode scientifique annoncée ? La volonté d’encourager l’autonomie et l’innovation résistera-t-elle aux traditions centralisatrices, bureaucratiques et « top-down » du ministère de l’Éducation nationale ? Wait and see…"

Le ministre annonce aujourd’hui la création de 2500 postes pour mettre en place les CP à 12 élèves. Sauf qu’il ne s’agit pas de création de postes (comment recrute-t-on par concours 2500 enseignants durant l’été ?) mais un redéploiement des 4000 postes créés par le gouvernement précédent.
D’ailleurs Le Monde dénonce une réforme à marche forcée.
"Manque de locaux, professeurs difficiles à trouver : l’application, dès la rentrée, de cette promesse de campagne du candidat Macron tourne au casse-tête."

Problèmes aussi pour mettre en place les devoirs faits à la rentrée. "Il faut recruter, organiser les plannings, trouver les locaux... Rien que dans le collège qui teste l’expérimentation, il y a 45 intervenants et 10 salles mobilisées. C’est pour cette raison que les rectorats sont actuellement en train de faire un audit de ce qui est possible pour septembre. Et au total, le ministre se donne quatre ans, jusqu’en 2020, pour installer le dispositif dans tous les collèges de France et pourquoi pas en école primaire."

Véronique Soulé, elle, cherche désespérément le devenir des dispositifs pour l’égalité. "C’était en un temps déjà ancien. François Hollande était président. Najat Vallaud-Belkacem était ministre de l’Education nationale et elle encourageait les dispositifs de mixité sociale afin d’en finir avec les collèges-ghettos. Dans le cadre du renouveau en marche, on s’est demandé ce que devenaient ces dispositifs. On a cherché, cherché, cherché..."

Alors que l’Observatoire des inégalités s’interroge sur l’égalité des chances.
“L’Observatoire des inégalités, dans le cadre de son rapport publié le 30 mai dernier, s’interroge sur la situation de l’éducation en France. « L’école amplifie-t-elle les inégalités ? », la question est posée et les conclusions peu encourageantes. Le système éducatif doit encore s’améliorer pour assurer l’égalité des chances.

Dans un simple dessin, Jacques Risso résume bien les annonces du ministre.


Supérieur

APB : comment améliorer le passage du lycée à la fac. “Pour endiguer un échec massif en licence, il importe d’aborder sans tabou les questions de l’orientation, du rôle du bac ou d’une sélection au seuil de l’université.”

La nouvelle ministre de l’Enseignement Supérieur, Frédérique Vidal, est contre la sélection à l’université par tirage au sort. Clara Jaboulay, de l’Union Nationale des Lycéens, a réagi à ses propos.


Divers

Les suites du billet d’une collègue handicapée qui se voyait refuser la reconduction des aménagements de son poste. "Un simple "malentendu"
Quinze minutes, c’est à quelque chose près le temps qu’il a fallu pour que mon téléphone se mette à sonner après la mise en ligne sur Médiapart le Club de la tribune consacrée au refus de l’Education Nationale, via ses instances académiques, d’aménager mon poste de travail.
Le revers de la médaille est que beaucoup de collègues m’ont transmis des témoignages décrivant une situation analogue à la mienne. Handicapé.e.s, il leur est impossible, en dépit de demandes légitimes et parfois réitérées d’obtenir un aménagement de poste par l’Education Nationale. Cela concerne des enseignant.e.s de lycée ou de collège, à Paris ou en Province, handicapé.e.s visuels ou auditifs, titulaires le plus souvent d’une Reconnaissance de la Qualité de Travailleur Handicapé, ils ont été pour certain.e.s débouté.e.s de leur demande d’aménagement, pour d’autres, de sa reconduction d’années en années, leur pathologie, comme la mienne, n’étant pas évolutive."

Le créationnisme est normalement interdit dans les écoles publiques américaines. Pourquoi subsiste-t-il encore ?

Quel enseignement pour penser le monde social ?
"Quelle place et quelle conception dans l’école d’aujourd’hui - et plus encore dans celle de demain - pour un enseignement prenant pour objet le monde social ? Jérôme Deauvieau revient dans ce texte sur les enjeux inhérents à l’enseignement dans ce domaine et propose des pistes de réflexions sur les évolutions à envisager, particulièrement au niveau de l’école primaire."

Le questionnement philosophique dans l’enseignement de la physique au lycée.
“Bien que les sciences physiques ne soient pas enseignées aujourd’hui comme une philosophie de la nature, leurs contenus et donc aussi leur apprentissage se prêtent toujours à un questionnement de nature philosophique. En particulier, leur caractère mathématique de la physique marque souvent une rupture dans la construction intellectuelle des élèves, à laquelle il appartient à l’enseignant de veiller. Cette rupture porte essentiellement sur l’apprentissage de l’abstrait, le deuil d’un réalisme naïf et les limites des analogies. Ces questionnements méritent d’être explicités ouvertement en classe pour permettre un juste apprentissage de cette discipline.” par Cyril Verdet, professeur de sciences physiques au lycée Saint Louis de Gonzague à Paris (Franklin), formateur en épistémologie à l’ISFEC d’Ile-de-France."

Géraldine Duboz


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

N° 537 - Classes inversées

Dossier coordonné par Françoise Colsaët et Héloïse Dufour
mai 2017

La classe inversée, on en parle beaucoup, des partisans enthousiastes et des opposants décidés s’opposent. Est-ce une mode passagère, un gadget pédagogique, ou l’amorce d’un changement de fond ? Au-delà des définitions (trop) simples, ce dossier s’attache à mieux cerner ce qu’est la classe inversée.

N° 536 - Éduquer aux médias et à l’information

Dossier coordonné par Émilie Kochert
mars 2017

Nous sommes inondés d’informations. L’actualité a remplacé l’information dans une culture du buzz où souvent on ne prend pas le temps de vérifier. Est-il simple de déceler le vrai du faux ou de sélectionner l’information dans le divertissement ? Éduquer aux médias et à l’information relève des missions des enseignants.