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Revue de presse du lundi 25 novembre

Ténèbres (le printemps Français qui s’en prend au SNUipp) - Assombri (notre ministre ?) - Éclairage (de E. Davidenkoff et J. Jaurès) - Lumineuse (proposition de P. Bride)


Quand la revue de presse vous invite à passer de l’ombre à la lumière...

Ténèbres

Le Point revient sur les actions du Printemps Français contre des locaux du SNUipp accusé par ces milieux extrémistes de promouvoir à l’école une "théorie du genre". L’hebdomadaire nous livre la réaction de Vincent Peillon, qui, dans un communiqué, « condamne fermement les actions menées par un groupuscule se réclamant du Printemps français à l’encontre du Snuipp" et "assure le syndicat de sa solidarité totale face à ces tentatives d’intimidation qui s’en prennent à sa liberté d’expression et à son engagement en faveur d’une école du respect de l’autre et de la différence"."A travers lui, c’est toute l’éducation nationale et la mobilisation du ministère et de ses personnels contre les discriminations sexistes ou liées à l’orientation sexuelle qui sont visés par ces agressions  »
Le syndicat a publié aujourd’hui un communiqué sur ces tentatives (vaines) d’intimidation.


Assombri

On lira dans Libération (édition pour les abonnés) une interview de Vincent Peillon par Grégoire Biseau et Véronique Soulé. Interrogé sur son bilan au ministère à quelques jours d’une grève (mais aussi sur celui de gouvernement en général), ce dernier oscille entre la compréhension des mécontents : « Le passage aux quatre jours et demi est dans l’intérêt des élèves. Personne ne le conteste. Mais cette nouvelle organisation requiert des efforts pour les collectivités locales, les enseignants, les parents. Je l’assume : je demande aux professeurs de revenir à une matinée de plus - sans pour autant augmenter leurs heures de travail. » « Nous savions tous que ce serait difficile, y compris les syndicats qui y étaient favorables. » et une certaine irritation : « Mais on peut s’en étonner et regretter ce mouvement. Car quand on donne la priorité budgétaire au primaire, on accorde une indemnité aux professeurs des écoles, on élargit l’accès à la hors classe, on revoit les programmes en les consultant, on débloque 10 000 contrats pour aider les directeurs, on sort de la précarité les personnels qui accompagnent les enfants en situation de handicap, on conforte les Rased (maîtres spécialisés dans la difficulté scolaire), on accueille à nouveau les moins de 3 ans, on met en place [la règle, ndlr] plus de maîtres que de classes… », « Au moment où on s’attaque aux vraies difficultés, il est normal qu’il y ait des résistances. Mener une politique qui soit capable d’inverser des tendances lourdes et de vaincre les inégalités suppose d’être courageux, prêt à affronter une part d’adversité. »
Interrogé sur ses propres reculades et celles du gouvernements, il les assume, les justifie mais « insiste sur la volonté du gouvernement d’aller de l’avant » : « Il faut savoir se replier avant de se retrouver dans des situations de blocage. Mais nous devons continuer à avancer et marquer notre détermination. C’est ce que nous faisons pour l’école et c’est ce que le Premier ministre vient d’annoncer avec la grande réforme fiscale. ». Continuer à avancer même après les élections européennes puisqu’il précise en fin d’interview « Je vais mener une bataille politique qui touche aux principes mêmes de mon engagement. Et après, je serai heureux de rester au gouvernement pour y poursuivre la refondation républicaine de l’école. »


Eclairage

Dans sa question d’éducation du jour sur France Info, Emmanuel Davidenkoff revient quant à lui sur le rapport de l’Inspection sur l’école primaire dévoilé par Maryline Baumard du Monde dont il a été question dans le bloc-notes de Philippe Watrelot hier et qui en a énervé plus d’un (le rapport pas Philippe !).

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Le dessin de fabien Crégut

Dans sa chronique radiophonique, Emmanuel Davidenkoff fait une lecture un peu différente de ce qu’on a pu lire et entendre depuis vendredi. Pour lui, c’est surtout le manque de formation qui est mis à l’index « c’est au fond le vrai reproche qui parcourt les 100 pages du rapport. Défaut de formation initiale depuis 2008, date de sa suppression par le ministère Darcos, mais aussi défaut plus ancien de formation continue à destination des enseignants déjà en poste. »
Comme beaucoup, il trouve les auteurs de ce rapport pour le moins ambigus : « Si ce qui est écrit dans le rapport reflète la réalité, on ne peut que relever le formidable cynisme de l’institution, car il est tout de même assez facile de reprocher aux professeurs des écoles de ne pas savoir faire des choses auxquelles on ne les a pas formés... » .
Mauvais enseignants ? Mauvaise (ou absence de) formation ? Ou mauvais programme 2008 ? A la veille du classement PISA, chacun a déjà ses explications.
Dans ce contexte de sorties de rapports en tous genres et de négocations sur les statuts et les fonctions des enseignants, Catherine Chabrun a eu la bonne idée sur son blog Mediapart "Education et société" de ressortir une discours de Jean Jaurès sur l’état de l’école français. Extrait : « Non ! C’est parce que nous ne donnons pas aux enfants qui fréquentent l’école jusqu’à l’âge de treize ou de quatorze ans tout l’enseignement auquel ils ont droit, et cela faute de maîtres suffisamment éclairés, faute, peut-être aussi, d’ambition suffisante de la part de la démocratie pour l’avenir des classes laborieuses. »


Lumineux

Terminons par la proposition de Patrice Bride sur le temps de travail (au travail ?) des enseignants. Il y va fort le rédacteur en chef des Cahiers Pédagogiques : « Exigeons que l’on reconnaisse enfin aux enseignants la responsabilité de la gestion des temps d’enseignement devant les élèves. » / « débarrassez-nous enfin du corset de l’heure de cours ! » / « Il faut bien sûr une heure d’accueil et une heure de clôture, des temps de présences globaux pour chacun, mais qui peuvent très bien être comptabilisés en journée ou demi-journée. À chaque équipe de s’organiser ensuite pour ajuster les groupes, les durées de prise en charge, de construire des emplois du temps intelligents et souples. » .
Chiche ?

Je suis certain que Mila Saint Anne, qui vous proposera la revue de demain, est partante.

Laurent Fillion

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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

n° 507 : Questions aux programmes
Maîtriser les fondamentaux