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Revue de presse du lundi 24 mars 2014

Journée de lutte contre les discriminations - Le métier d’enseignant - C’est quand le bonheur ? - L’École au XXIe siècle.


Il ne vous a pas échappé que la presse s’intéressait surtout à autre chose qu’à l’éducation aujourd’hui. Heureusement qu’Edukactus nous donne sa vision toute particulière sur ces élections : École : un électeur retrouvé lundi matin dans un isoloir

Journée de lutte contre les discriminations

Plus sérieusement, samedi dernier c’était la Journée inter­na­tio­nale pour l’élimination de la dis­cri­mi­na­tion raciale. C’est vrai que cette information est passé à l’arrière plan, elle aussi.

Pourtant, on pouvait lire dans Huffington Post une tribune de George Pau-Langevin, ministre délé­guée à la Réussite éduca­tive, rappelant les axes de travail du gouvernement pour lutter contre les discriminations à l’École. "Pilier du modèle répu­bli­cain, l’École a voca­tion à pro­té­ger les enfants de ce mal".

Toujours sur ce thème on pourra également lire le billet de Claude Lelièvre sur Médiapart simplement intitulé La journée de l’élimination de la discrimination et qui remarque que l’École est finalement assez peu sensibilisée à ce phénomène "en raison sans doute du sentiment que les enseignants sont l’un des milieux les moins sensibles au racisme." "Ce sentiment est sans doute fondé. Mais cela n’empêche pas que la discrimination existe bel et bien (en dépit éventuellement de ’’bons sentiments’’) dans l’École française, et à certains égards plus qu’ailleurs." Il nous rappelle que d’après les enquêtes, "les élèves issus de l’immigration sont au moins deux fois plus susceptibles de compter parmi les élèves en difficulté", particulièrement en France.
il nous conseille par ailleurs la lecture d’un récent dossier de veille de l’Institut Français de l’Éducation (IFÉ) consacré aux "Discriminations et inégalités à l’école’’ n°90 de février 2014.

Au jeu des discriminations, les filles sont toujours bien placées dans certaines fillières. Dans Le Monde on peut lire une intéressante présentation sous le titre : CFA des métiers de l’aérien : les ingrédients d’une filière qui réussit.
"On n’a pas tous les jours l’occasion, dans le domaine de l’éducation, d’observer une filière qui fonctionne bien, dotée d’installations et d’équipements de qualité, dont les étudiants paraissent contents de leur sort et trouvent en général un emploi dans des conditions plutôt satisfaisantes. Donc, ne boudons pas notre plaisir lorsque cela se produit."
Seulement voila.... "l’établissement peine à recruter des filles, qui restent peu présentes dans les métiers techniques de l’aérien". Et s’il s’agissait aussi d’une certaine forme d’auto-discrimination ?

Pour faire entendre sa voix dans le débat public, l’enseignement privé musul­man vient de créer la Fédération Natio­nale de l’Enseignement Privé Musul­man (FNEPM). "Elle compte une dizaine de membres fon­da­teurs, dont les plus gros groupes sco­laires musul­mans (Averroès à Lille et Al-Kindi à Lyon)" d’après son pré­sident, Makhlouf Mamèch. À lire dans VousNousils.


Le métier d’enseignant

D’après Grégoire Biseau dans Libération, un prochain remaniement ministériel pourrait permettre à Ségolène Royal de récupérer le porte-feuille d’un super-ministère regrou­pant Éducation natio­nale, Culture, Jeunesse et sports
Les paris sont ouverts....

Qu’est ce qu’un "préfet des études" ? VousNousIls est allé en interviewer un au col­lège Nelson Mandela d’Elbeuf (Seine-Maritime) et nous propose son témoignage. Préfet des études : "un professeur qui aide les élèves à mieux travailler".
Il s’agit en effet d’une fonction méconnue, "dont les contours devraient évoluer très bien­tôt". Dans cet établissement, ils sont trois enseignants à assurer cette fonction qui consiste principalement à "assurer un suivi plus per­son­na­lisé des élèves par niveau, impul­ser une dyna­mique au sein de l’équipe éduca­tive mais aussi créer du lien entre élèves, parents et ensei­gnants."

Ce week-end, c’était également le séminaire de printemps de la Fédération des Établissements Scolaires Publics Innovants (FESPI). Le thème de ces deux journées était "Culture et pratiques culturelles à l’école". Le Café pédagogique s’en fait l’écho.

Pendant ce temps, Jean-Rémi Girard, secré­taire natio­nal à la péda­go­gie du SNALC-FGAF brosse un tableau noir du métier d’enseignant qui d’après lui n’attire plus, en rai­son de condi­tions de tra­vail dégradées. "De nombreux professeurs sont perdus", affirme-t-il. C’est à lire dans VousNousIls. On aurait attendu de sa part, outre un constat qui peut se discuter, des propositions de solutions.


C’est quand le bonheur ?

Pour sortir de la déploration, cherchons le bonheur à l’École. C’est ce que nous incite à faire Arnaud Gonzague dans un article intitulé Le bonheur, ce grand tabou de l’école française publié par Le Nouvel Observateur.
Je ne résiste pas à vous en livrer un extrait :
"Apprendre, c’est bien. Apprendre avec plaisir, c’est encore mieux, spécialement pour les enfants les moins favorisés. Mais chut ! C’est une promotion du "laxisme". 
"Le plaisir est-il un appui ou un obstacle à l’apprentissage ?" Si l’on posait cette question aux Français, beaucoup répondrait sans doute "un appui". Et pourtant, lorsqu’on se met à parler du plaisir dans le champ scolaire, souvent, les sourcils se froncent. Oui, bon d’accord, mais il ne faudrait pas non plus que les enseignants s’abaissent à "faire plaisir" aux élèves... Ce n’est pas leur travail : ils sont là pour transmettre le savoir, avec conscience et méticulosité, pas pour jouer aux animateurs de parc d’attraction.
En général, le spectre du philosophe Alain Finkielkraut surgit peu après, tout caparaçonné de ronflantes notions : "nécessité de l’effort", "exigence", "persévérance"… (...) La discussion s’achève sur l’assertion que la notion de plaisir à l’école est un "truc pour bobos", voire une démagogie dangereuse : comment expliquer autrement la montée de l’irrespect et de la violence dans certains établissements ?
"
Et l’auteur de poser une question très pertinente : "Mais si le laxisme se situait justement de l’autre côté ? "

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Le dessin de Fabien Crégut

Et comme pour illustrer son propos, il nous offre dans un autre article le portrait d’un vrai clown : le professeur de mathématiques de L’Ile Logique !, une compagnie de théâtre fondée en 2006 que l’on a pu voir samedi dernier à la BNF et qui s’est donné pour challenge de "faire rire les écoliers de 4 à 18 ans avec… des maths.".
La démarche pédagogique ? "Les clowns font toujours le contraire de ce qu’il faut faire pour que les enfants rigolent, puis réaffirment la vérité. Un jour après un spectacle, j’ai entendu un petit garçon dire à son père : ’Ils sont bêtes ces clowns, ils n’ont rien compris. Mais moi, si.’ Cela résume exactement notre projet."


L’École au XXIe siècle

Le téléphone portable, cause de tous les maux ? C’est visiblement ce qu’en pensent les enseignants de Corée du Sud, qui, comme nous le rapporte Quentin Duverger dans VousNousIls, contrôlent à distance les smartphones des élèves. En effet, ce pays teste une application "per­met­tant aux ensei­gnants et aux parents de res­treindre l’usage du télé­phone aux seules appli­ca­tions péda­go­giques, en désac­ti­vant à volonté appels, Internet et SMS". Mais "des voix s’élèvent contre la nature dra­co­nienne des mesures, un ensei­gnant qua­li­fiant même l’application de vio­la­tion des droits humains des élèves."
L’auteur de l’article conclue par une remarque fort pertinente : "L’uti­li­sa­tion péda­go­gique des smart­phones et tablettes est peut-être pré­fé­rable au rejet de ces tech­no­lo­gies qui font par­tie du quo­ti­dien des élèves."

D’ailleurs, maintenant, on le sait : Les SMS ne sont pas une menace pour l’orthographe des adolescents.
Une étude du CNRS nous révèle que bons et mau­vais élèves uti­lisent autant de "textismes" (mots mal ortho­gra­phiés car abré­gés) dans leurs SMS, et affirme que "les SMS ne sont pas une menace pour le niveau en ortho­graphe à l’école, mais une occa­sion nou­velle et sup­plé­men­taire de pra­ti­quer l’écrit".
Aux enseignants de s’en emparer !

À demain pour une nouvelle revue de presse sous la plume de Laurent Fillion.

Mila Saint Anne


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Apprendre et vivre la démocratie à l’école
Par Michèle Amiel, Richard Étienne et Marie-Christine Presse
Collection Repères pour agir, Scéren-CRDP d’Amiens et CRAP-Cahiers pédagogiques, 2003.
Où donc acquérir une conscience démocratique si ce n’est à l’école ? Par la pratique au quotidien, on s’y exerce et elle s’exerce. Éclairés par des contributions théoriques, les récits d’expériences de ce livre, pilotés par une équipe du CRAP-Cahiers pédagogiques, prouvent qu’on peut concilier la construction de la règle, les nécessaires exigences des savoirs et l’implication de tous, la responsabilisation et donc des pratiques démocratiques. « Cet ouvrage témoigne de véritables changements et d’une floraison d’initiatives originales s’efforçant de faire vivre, localement, des embryons de démocratie scolaire. » (Préface de François Dubet).

Filles et garçons à l’école
Revue n°487 - février 2011
L’école mixte est régulièrement mise en cause, accusée de desservir tour à tour les filles ou les garçons. La question des violences sexistes et homophobes préoccupe les acteurs de l’école. Ce dossier rend compte des débats, met en lumière l’inventivité de tous celles et ceux qui agissent en faveur de l’égalité entre filles et garçons.

Apprendre au XXIe siècle
Revue n°500 - octobre 2012
Apprendre est difficile, un peu mystérieux, parfois douloureux ; c’est aussi un plaisir, un enrichissement, une voie pour l’émancipation. Comment a-t-on appris ce que l’on sait, à quel endroit l’a-t-on appris ? Pour ce numéro exceptionnel, une question qui, au-delà de l’école, concerne tous les adultes qui contribuent à l’éducation des enfants.