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Revue de presse du lundi 23 juin 2014

Retour au passé ou retour sur le passé ? - Et si on parlait "football" ? - ou "rythmes scolaires" ?


Des débats encore et toujours au menu de la presse et des sites spécialisés "Education" : port de la blouse ? passé ou futur ? Parler football en classe ? et les rythmes bien sûr !


Retour au passé ou retour sur le passé ?

Il est des débats aussi inutiles que récurrents dans le petit monde de l’éducation. Celui du port de la blouse est de ceux-là.
Le Figaro.fr nous apprend qu’il vient d’être relancé par le collège Pierre-de-Fermat, « un établissement public huppé, le plus ancien collège de Toulouse »
Le collège a écrit aux parents des 900 élèves pour qu’ils se prononcent pour ou contre le port de la blouse. A la lecture de l’article, on ne sait pas trop pourquoi le Comité d’éducation à la santé et à la citoyenneté [sic] de cet établissement a fait cette proposition. Certes, Françoise Lombardo, principale du réputé collège, y affirme que « cette initiative vise à atténuer les inégalités sociales ».
«  « Nous voulons lutter contre la dictature des marques et de certains élèves, socialement privilégiés qui imposent les tenues et se placent en situation de domination », explique-t-elle, n’hésitant pas à faire le lien avec une forme de harcèlement. » On apprend que la proportion d’élèves issus de milieux défavorisés est passée dans ce collège de 5% il y a quelques années à 17 % aujourd’hui. Diable, de la mixité sociale ! Quel problème ! Et plutôt que d’engager une réflexion sur le vivre ensemble, la seule solution trouvée serait « une béquille » permettant de procéder à « un petit lissage social ». Le Figaro cite Claude Lelièvre, historien de l’éducation qui rappelle cet objectif d’égalité républicaine par la blouse est un mythe (un de plus) : « Le but était alors de protéger les vêtements qui, contrairement à une autre image répandue, pesaient lourdement sur le budget des familles ». Par ailleurs cette blouse n’a jamais été obligatoire à l’école primaire publique. Mais il précise que « dans le secondaire, l’uniforme pouvait être obligatoire, notamment dans les établissements les plus huppés, l’objectif étant de développer un sentiment d’appartenance à une communauté d’élite ». Voilà peut-être bien l’objectif non avoué. A moins qu’il ne s’agisse comme le suggère l’auteure de l’artcile, Caroline Beyer, de
« cacher les tenues inappropriées, ces shorts courts, décolletés plongeants et autres tenues de plages qui, avec les beaux jours, envahissent les salles de classes. »

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Le dessin de Fabien Crégut

Pendant que certains cherchent des solutions simplistes dans un passé mythifié, d’autres cherchent à progresser en tirant les leçons du passé, notamment des erreurs. C’est ce que propose la recension de deux ouvrages sur le site du GRDS (Groupe de Recherche sur la Démocratisation Scolaire)
Il s’agit "Du changement dans l’école" de l’historien Antoine Prost, et "Transmettre, apprendre" des trois philosophes Marie-Claude Blais, Marcel Gauchet et Dominique Ottavi.
Le GRDS a visiblement préféré le second ouvrage tout en vantant les mérites du premier.
Antoine Prost y revient sur les difficultés actuelles de l’école.
« Si l’école n’arrive plus à remplir ses missions c’est donc que les élèves ont changé, sans qu’elle-même s’adapte à ce changement, procédant au contraire à « la généralisation d’une scolarité de premier cycle dont les contenus et les méthodes, inadaptés à ce nouveau public, le mettent en difficulté, voire en échec »
Il lui paraît essentiel de trouver « les moyens de faire travailler plus efficacement les élèves », tout particulièrement dans le primaire, et « c’est aux professeurs des écoles et à leurs inspecteurs qu’il revient d’y réfléchir collectivement ». Et Du changement dans l’école se termine en reprenant l’appel à définir « une façon d’enseigner autrement, en laquelle je veux espérer » (p. 325). »

L’auteur de cette recension, Jean-Pierre Terrail, reste sur sa faim après cet appel :
« Encore faudrait-il, pour que cet appel ne reste pas un vœu pieux – et une culpabilisation inutile des enseignants –, que l’analyse des récentes décennies de notre système éducatif permette d’identifier les raisons pour lesquelles il ne parvient pas à résorber l’échec scolaire. Les propositions à cet égard d’Antoine Prost paraissent un peu courtes. »
Il nous paraît plus enthousiaste après la lecture du second livre qui « interroge la conception de la transmission en regard de laquelle s’est élaboré le modèle de l’apprendre : son principe aurait été confondu avec l’une de ses formes historiques, alors qu’il s’agit d’une « donnée interhumaine indépassable ». Car transmettre sans se préoccuper de l’apprendre est vain, mais apprendre hors d’un cadre réglé par la volonté de transmettre l’est tout autant.[...]
Telle est la problématique générale de Transmettre, apprendre, qui conjugue l’ambition du projet, la qualité de la réflexion et celle de l’expression.
 »


Et si on parlait football ?

« L’école peut-elle ignorer la folie du football qui s’est emparée d’une très grande partie de la population et bien entendu des élèves qui ne parlent que de ça dans la cour de récréation y compris contrairement à une image stéréotypée les jeunes filles ? » c’est la question que pose Jean-Michel Zakhartchouk sur son blog hébergé par Educpros.fr,
Il y livre simplement quelques réflexions fort intéressantes et pertinentes comme à son habitude. Selon lui, « on ne peut pas ne pas réfléchir à ce phénomène »
et en bons « passeurs culturels » on peut utiliser le football comme thématique en classe, en évitant la démagogie et les activités artificielles en faisant une fois de plus face à la complexité et au « faire avec » qui font toute la difficulté et l’intérêt de notre métier.?


Et si on parlait "rythmes scolaires" (il y avait longtemps, non) ?

France Info nous apprend que le ministère
a lancé ce lundi un site pour présenter les horaires de la plupart des écoles, à la prochaine rentrée.On y découvre que la plupart des écoles sont rentrées « dans le rang de la réforme »
« Le tableau présenté sur le site lancé par le ministère de l’Education nationale est quasiment complet, avec 97% des horaires affichés pour les 52.900 écoles publiques, soumises en septembre à la réforme des nouveaux rythmes.
Selon la comptabilité du ministère, la plupart des écoles fonctionneront en septembre avec un rythme de neuf demi-journées par semaine.
 » Beaucoup de bruit pour rien finalement ?

Va falloir me supporter deux jours de suite aux manettes de la revue de presse ! A demain

Laurent Fillion


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Ce qui fait changer un établissement
Revue n°509 - decembre 2013
Le ministre réforme, les enseignants travaillent. Entre les deux, que se passe-t-il à l’échelle d’un établissement ? Quelle organisation, quelle répartition des rôles, quels leviers pour répondre aux prescriptions institutionnelles, pour favoriser les apprentissages des élèves, dans toutes leurs dimensions ?

L’actualité du monde et la classe
Revue n°434 - mai 2005
Ce dossier interroge toutes les facettes de la problématique en donnant la parole aussi bien à des théoriciens de l’image qu’à des enseignants qui analysent comment ils prennent en compte l’actualité dans la classe. Également dans ce numéro, un minidossier sur L’école en Angleterre.