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Revue de presse du lundi 22 juin 2015

Epreuves - Finalités - Rythmes - Epuisement - Et...


Evidemment, en cette fin de semaine d’épreuves, le bac reste au coeur des préoccupations, qu’on s’intéresse à son contenu et sa correction ou qu’on interroge ses finalités. L’autre actualité c’est la publication d’un point d’étape sur les rythmes scolaires en primaire. L’épuisement des personnels est aussi un souci, en particulier au mois de juin. Quant au reste des nouvelles, elles sont aussi variées que l’éthique, la réforme ou l’austérité. On le voit, même fin juin, l’actualité n’est pas en vacances.


Épreuves

Le bac n’est pas terminé, 20Minutes nous le rappelle avec les sujets des épreuves du jour en littérature et SES, avec bien entendu quelques tweets cathartiques d’élèves pour illustrer. Côté catharsis, certains sont allés loin en pétitionnant contre une question de l’épreuve d’anglais, la question M. On peut y lire un tweet de Laurence Benhamou qualifiant cette pétition de farfelue. L’Obs rapporte cette information en précisant que cette pétition au succès fulgurant « puisque depuis plus de 10.000 internautes l’ont signée, ce qui est "vraiment beaucoup", selon Change. ». L’article est plus nuancé puisqu’il évoque d’autres opinions comme celle de Hugo Travers, fondateur du site @radiolondres : « En 2015, tu trouves une question dure et tu fais une pétition. Bourrée de fautes. Non, juste non. » Outre des commentaires très intéressants, cet article se termine par une remarque fort juste : « Le Tigre Bleu comme la question M sont des exemples du rôle de défouloir post-bac de Facebook et Twitter, devenus des cours de récréation à l’échelle nationale pour commenter les épreuves. ».
Geneviève Brassaud s’en est inspirée.

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Question M par Geneviève Brassaud

Finalités

Que des élèves contestent les épreuves, les déclarant infaisables, c’est finalement un élément du rite. Et ce rite, Marie-Caroline Missir le questionne dans le Mammouthologue en évoquant une hallucination collective, car en effet, selon elle, « Le bac n’existe pas ». Derrière ce titre iconoclaste et intrigant, des idées force sur ses finalités. Tout d’abord le bac « couronne un système profondément inégalitaire, fait de filières sélectives ou de voies de relégation, de hiérarchies cachées entre les disciplines « nobles » et les autres, et de prime aux « sachants », bons connaisseurs du système. » Ensuite, le bac n’est pas le « premier grade » de l’enseignement supérieur : « rien dans le bac, ni dans sa forme, ni dans la composition des jurys, ni dans les modes de certification ne relève de l’enseignement supérieur. ».
Le Monde a décidé de questionner les enseignants sur ce que serait, selon eux, « le « bon » bac ». Un débat bien plus vaste qu’un souci de témoignages, mais poser la question aux enseignants semble un bon début.

Ceci dit, le bac, à quoi sert-il ? C’est la question qu’on peut se poser après lecture du sondage de Ouest-France. « Pour 68% des Français, pas besoin d’avoir son bac pour réussir dans la vie. Les employés et ouvriers sont même 81% à adhérer à cette opinion, beaucoup moins partagée par les cadres et professions intermédiaires (60%). ». Où l’on remarque que la vision du bac dépend peut-être aussi de ce qu’on l’a eu ou passé soi-même ou pas...


Rythmes

Aujourd’hui est paru sur le site du ministère un point d’étape sur les rythmes scolaires.
Le Café pédagogique l’évoque dans L’expresso en insistant notamment sur le cas de la maternelle. Il récapitule la situation actuelle : « Finalement il y a peu de variation en 2015 : 1% de plus de cadre expérimental et 1% de plus de cadre dérogatoire. La plupart des communes se glisse dans le décret Peillon et 80% d’entre elles ont signé un PEDT. Les deux tiers des commune sont opté pour des OTS régulières même si on constate une légère progression vers l’organisation du périscolaire sur 1 ou 2 demi journées. La part des OTS libérant le vendredi après midi diminue de 6% en 2015 au profit du jeudi. »
20Minutes sur le même sujet insiste sur la question de la fatigue des enfants qui sera particulièrement scrutée pendant l’étude 2015-2017.


Epuisement

La fatigue des enfants rejaillit sur les adultes. C’est le constat alarmant du SNPDEN de Montpellier, principal syndicat de personnels de direction, rapporté par le MidiLibre dans un article malheureusement en accès restreint. On y comprend que le burn-out touche de plus en plus de personnels de direction en raison du stress des enseignants, des enfants et des parents, ainsi que de leur charge de travail de plus en plus importante.

Dans le Café pédagogique, l’info du jour est un entretien avec le psychosociologue Yves Guégan à propos de son ouvrage « Elèves difficiles ? Apprenez les ruses de l’intelligence ». L’ouvrage mentionne la ruse : « Bien loin d’être un abandon de l’autorité, la ruse est le judo de l’enseignant qui lui permet d’utiliser l’énergie négative offerte par l’élève pour le retourner et l’amener sur un chemin positif. » Cela permettrait de moins s’épuiser car ce qu’il propose « sont des gestes professionnels que les enseignants doivent souvent découvrir seuls car ils sont rarement portés en formation initiale. ».
Cela a inspiré Jimo.

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Y a comme un air de vacances par Jimo

Et...

La polémique continue autour des enseignants qui se lâchent sur Twitter. Thomas Messias, enseignant lui-même, les désapprouve dans Slate. L’éthique ne semble pas au cœur des préoccupations de ceux qui « déversent avec délectation leur détestation de tout ce qui ressemble à un élève, avec points bonus à la clé lorsqu’il est également possible de cogner sur les femmes. » Il explique que ces déversoirs de la part d’enseignants sont particulièrement néfastes. « Outre l’image qu’ils renvoient aux élèves et aux femmes et (c’est moins grave) le fait qu’ils écornent la crédibilité du corps enseignant, ces contenus sont intolérables parce qu’ils empêchent toute possibilité d’entretenir des liens de confiance entre enseignant(e)s et élèves. Avant d’être une fabrique à faire apprendre la trigonométrie ou les prépositions suivies du datif, l’école doit permettre à l’enfant et à l’adolescent de se construire en tant que citoyen, en prenant confiance en lui mais également en l’autre. Les profs sont supposés jouer le rôle d’adultes-référents, d’autant plus quand les parents sont à la dérive. Si les élèves sentent qu’ils ne peuvent plus se fier aux adultes qui les encadrent, alors tout est fichu. »

L’Académie française a pris son temps pour refuser la réforme de l’enseignement selon Le Figaro. Ne perdons pas trop de temps de notre côté à lire leurs arguments qui montrent surtout qu’ils ne l’ont pas lue directement.

L’Humanité rapporte la décision du Conseil départemental du Bas-Rhin concernant les classes de découverte : « Pour économiser 300 000 €, le Conseil départemental sacrifie les « classes vertes », formidables outils éducatifs, laissant les communes et les familles devant un fait accompli inadmissible. Cette aide, qui représentait 25 à 65 € par enfant chaque année, était un véritable coup de pouce aux familles et elle permettait également aux structures d’accueil d’exister. »

Emilie Kochert, qui laisse demain sa place au formidable Bernard Desclaux.

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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Quelle éducation laïque à la morale ?
Revue n°513 - mai 2014

Que s’agit-il d’enseigner, pour ce qui ne peut se réduire à une discipline scolaire ? Dans quel objectif, entre pacification des relations et formation du jugement moral ? Qui pour le faire, dans quel cadre ? Bien des questions, et ce dossier ose dès maintenant des réponses, dans la conviction que nous touchons là à un rôle fondamental de l’école.

Quelques outils et réflexions pour (bien) débuter
Hors-série n°7 - juillet 2006

Une compilation de textes parus dans la revue : des réflexions et des outils pour aider à démarrer dans le métier, sachant que chaque rentrée est un nouveau démarrage...

Le temps d’apprendre

Revue n°490 - juin 2011

L’objet de ce dossier est de montrer différentes manières dont joue le temps dans les apprentissages. À long terme sur les parcours des élèves ou la conception des enseignements. À court terme sur la vie de la classe, ses gestes au quotidien, le respect des rythmes de chacun, les souplesses à trouver entre lenteur et rapidité.