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Revue de presse du lundi 21 septembre 2015

Journée du refus de l’échec scolaire - Élèves migrants - Dictée - Vers le supérieur - Numérique. -

Aujourd’hui on prépare la 8e journée du refus de l’échec scolaire, on parle encore de dictée et de numérique, on s’intéresse aux dispositifs d’accueil des lycéens motivés malgré les échecs, à l’accueil des étudiants dans des conditions qui n’aident pas à la réussite, et on suit le parcours adapté des élèves migrants.

8e journée du refus de l’échec scolaire

Mercredi 23 septembre sera la journée du refus de l’échec scolaire. Cette manifestation, portée depuis 8 ans par l’Association de la Fondation Etudiante pour la Ville (AFEV) est l’occasion de mettre l’accent sur les actions qui créent du lien entre les différents acteurs de l’éducation, au sein de la société civile comme de l’institution. Et si la société aidait l’école, plutôt que l’inverse ? s’interroge Ouest-France. « Il faut toujours pousser pour qu’il y ait des réformes structurelles, mais il ne faut plus attendre, il faut agir localement » Or, « beaucoup de gens veulent s’engager dans l’éducation », dit-il, estimant que « tout le monde doit être légitime à intervenir. Qu’on arrête de faire des frontières : les citoyens, les associations, d’éducation populaire mais aussi sportives, les clubs de football ou de théâtre, les entreprises… »  
N’hésitez pas à visiter le site www.refusechecscolaire.org qui recense les actions organisées à l’occasion de cette journée.

Quelques initiatives glanées dans la presse montre que cette volonté d’engagement n’est pas un vain mot. Par exemple ce café-famille pour parler de l’éducation des ados aux Sables d’Olonne annoncé également dans Ouest-France, ou le formidable dynamisme de ce groupe de jeunes du quartier du Mirail à Toulouse, mobilisés depuis 8 mois pour l’éducation et l’emploi. Grâce à eux, des partenariats locaux ont été signés dans le cadre de la charte nationale Entreprises et Quartiers, par exemple avec Airbus et Bouygues Énergie et Services, pour encourager les stages et l’alternance. Un bel engagement à découvrir dans Toul Emploi.

Élèves migrants

La triste actualité internationale est l’occasion pour la presse (et pour le ministère) de mettre en avant les dispositif mis en œuvre pour accueillir les jeunes allophones à l’école. Dans Metronews, on découvrira Comment l’école française accueille les enfants migrants. Najat Vallaud-Belkacem se déplaçait ainsi lundi matin au "Centre académique pour la scolarisation des enfants allophones nouvellement arrivés et des enfants issus de familles itinérantes et de voyageurs" (CASNAV) du XXe arrondissement de Paris.
L’occasion de faire le point sur les dispositifs (qui existent depuis longtemps) qui vont permettre de scolariser les milliers d’écoliers, collégiens et lycéens réfugiés attendus en France au cours des deux prochaines années. Leur but est bien qu’à terme, tous les jeunes intègrent une classe ordinaire avec des enfants de leur âge. Après les tests les élèves sont orientés vers des classes spécifiques les Unités pédagogiques pour élèves allophones arrivants "UPE2A".
L’article est intéressant pour ceux qui ne sont pas familiers de ces dispositifs (qui n’existent pas dans tous les établissements), même si on peut regretter que son auteur se plaigne (encore !) du « jargon » et de la « novlangue » de l’éducation nationale. Je lui conseille d’aller faire un tour par exemple dans un hôpital (pour une simple visite) afin de lui permettre de constater qu’il existe, dans toutes les professions, un langage technique particulier.

Dictée au primaire

Dictée encore, puisque ce sujet plaît aux lecteurs et leur donne en ce mois de septembre des élans de nostalgie scolaire.
La Croix s’interroge « Faut-il instaurer des dictées quotidiennes à l’école primaire ?  » et rappelle fort justement, (Philippe Watrelot a déjà évoqué ce point dans son excellent bloc note de la semaine - que je vous recommande chaudement si vous ne l’avez pas encore lu) que les propositions de programmes ne mentionnent pas formellement de dictées quotidiennes. Elle se borne à évoquer, notamment, des « activités nombreuses et fréquentes de résolution de problèmes relatifs aux formes verbales, dans les dictées à visée d’entraînement et dans les écrits du quotidien  ». Comme le souligne le CSP, « ce sont la répétition et la régularité, voire la ritualisation d’activités quotidiennes qui permettront aux élèves de progresser  ». Et le quotidien de souligner que la dictée dont il est question ici « n’a pas toujours grand-chose à voir avec l’idée que s’en fait le grand public ».

Dans L’Obs, un témoignage qui pourrait être intéressant, celui d’un élève qui n’a jamais eu de note positive en orthographe, devenu aujourd’hui kinésithérapeute.
Malheureusement, son cas est complètement atypique puisqu’il s’agit d’une personne handicapée par une forte dyslexie. Et pour qui l’exercice quotidien de la dictée a eu une incidence proche du zéro. Sa conclusion sur le sujet est que la dictée peut être un moyen de diagnostiquer la dyslexie. Sans doute. Mais à quoi bon imposer cet exercice à celui qui ne pourra jamais le réussir ? Encore une fois, faisons confiance aux enseignants.

D’ailleurs, parlons-en justement des enseignants. Concours des professeurs des écoles : le grand écart de la sélection A l’occasion de la publication des statistiques de l’édition 2015, publiées par le ministère de l’éducation nationale, Le Monde mesure « combien le sésame pour enseigner s’avère difficile à obtenir dans certaines académies, et bien plus facile dans d’autres.  » Le quotidien propose une carte d’une France coupée en deux "par une diagonale qui va de Rennes à Menton. Au Sud, celles où au moins quatre candidats se présentent pour chaque poste ; au Nord, celles qui suscitent un moindre engouement. Les banlieues parisiennes constituent un cas particulier : elles recrutent énormément, en raison de leur forte démographie, sans susciter un intérêt proportionnel des candidats".

Vers le bac et au-delà

Un intéressant témoignage à lire dans L’Etudiant, celui d’Adrien, 20 ans : "Comment j’ai préparé le bac en candidat libre" http://www.letudiant.fr/bac/temoignage-d-adrien-comment-j-ai-prepare-le-bac-en-candidat-libre.html C’est l’occasion de découvrir le dispositif MOREA [module de repréparation d’examen par alternance] qui existent au sein des lycées, pour permettre aux jeunes de bénéficier de quelques cours, de séances de développement personnel, d’une plate-forme numérique et de l’accompagnement d’un tuteur.

Mais une fois obtenu le sésame, l’arrivée sur les bancs des amphis universitaires n’est pas toujours de tout repos. D’ailleurs, des bancs, il n’y en a pas toujours. Le Monde se fait l’écho du Tumblr « Ma salle de cours va craquer », qui cherche à dénoncer la surpopulation à l’université.
Les images sont éloquentes et doivent faire bondir les responsables de la sécurité des universités. Il va falloir être très très motivé pour étudier dans ces conditions. Qui s’inquiétait du taux d’échec en L1 ?

Numérique

Après les lectures un peu trop rapides des analyses de l’OCDE sur l’influence du numérique sur la réussite scolaire (évoqués par Philippe dans son bloc-notes-de-la-semaine-comment-ça-vous-ne-l’avez-pas-encore-lu) il est rafraîchissant de lire un article intelligent sur ce sujet. On le trouvera dans Libération, sous la plume de Benoit Thieulin : Oui, le numérique est une chance pour construire l’éducation de demain.
Je ne résiste pas au plaisir de vous en livrer quelques extraits.
"Au-delà, la diffusion de la culture numérique est de nature à profondément faire évoluer la capacité à fédérer et à mobiliser les énergies autour d’une action collective, qui doit devenir la nouvelle règle pour travailler différemment au sein des établissements, au sein de l’institution Education nationale. La transition numérique est un levier de transformation au service de la refondation de l’école. Elle doit se passer au plus près du terrain, au cœur même de la classe et permettre à l’enseignant de jouer pleinement un rôle de médiateur. Sa formation se doit d’intégrer les nouvelles formes d’apprentissages pour mieux soutenir, en lien avec le chef d’établissement ou le directeur d’école, les initiatives pédagogiques collaboratives. La réforme du collège montre bien, à quel point, l’établissement est le point d’entrée de la refondation de notre école.
On entend aussi souvent : « il faut généraliser les bonnes pratiques ». Arrêtons avec la généralisation des bonnes pratiques, ça ne marche pas, mais parlons plutôt de dissémination. Les échanges doivent se faire par cercles concentriques et de manière systémique et non pas dans une logique pyramidale où seuls certains seraient habilités à rendre généralisable certaines pratiques, selon quel critère, selon quelle compétence. C’est encore trop la règle, il faudra que demain ça devienne l’exception, le numérique peut être une solution.
"

Je vous souhaite une bonne semaine en compagnie des rédacteurs de votre revue de presse préférée.
Mila Saint Anne


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

École et milieux populaires
Revue n°520 - mars 2015
Le mythe de l’égalité républicaine, nous n’y croyons plus trop, nous savons bien que certains élèves «  sont plus égaux que d’autres  ». Nous ne sommes pas naïfs. Mais pour la plupart, enseignants et acteurs de l’éducation, nous pensons travailler à la promotion de tous et souhaitons souvent pouvoir «  compenser  » les inégalités.

À l’école avec les élèves roms, tsiganes et voyageurs
Hors-série n°21 - mai 2011

Quelle pédagogie dans le supérieur ?
Hors-série n°25 - avril 2012
Publication disponible uniquement au format numérique (PDF - epub), en téléchargement depuis notre site.
Dans ce numéro, des témoignages, des articles de fond, des comptes rendus d’expériences, des « coups de gueule », qui dessinent un panorama de l’enseignement supérieur et ouvrent à la réflexion et à la discussion : comment améliorer la pédagogie universitaire ?