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Revue de presse du lundi 2 juin 2014

Ca sent la fin de l’année - Projets institutionnels - Pédagogie dans les classes - Une bonne nouvelle


ÇA SENT LA FIN DE L’ANNÉE

L’annonce avait reçue un accueil mitigé, selon qu’on était parent ou enseignant. On peut aujourd’hui esquisser un premier bilan de l’expérimentation du "dernier mot aux parents" pour l’orientation en fin de 3e. C’est ce que fait Europe1 sous le titre Redoublement : quand les parents ont le dernier mot après avoir été voir sur le terrain, au collège Georges Brassens de Santeny, dans le Val-de-Marne.
""On a davantage peur". (...) C’est un sentiment ambivalent qui domine chez les parents d’élèves de 3ème de ce collège. D’un côté, ils trouvent ça normal, en tant que parents, d’avoir leur mot à dire sur l’orientation après le collège. Mais en même temps, ils se sentent un peu écrasés par cette responsabilité.". L’une des principales craintes avancées par les opposants à cette expérimentation, le passage en seconde générale à tout prix, même contre l’avis des enseignants, semble donc avoir fait long feu : "Selon le principal du collège, Stéphane Léger, ils ne profitent pas d’avoir le dernier mot pour faire passer leurs enfants en seconde coûte que coûte. Au contraire, même. On note un petit rebond des redoublements.". Un article sur le même sujet est à lire dans Le Parisien, mais il est réservé aux abonnés et nous n’y avons donc pas eu accès.

Le bac approche, c’est le moment des dernières révisions. Pour s’entrainer et pour tenter d’imaginer les sujets qui tomberont en ce mois de juin, il est traditionnel de scruter ceux proposés à Pondichéry, au Liban et à Washington. Ces derniers sont disponibles sur le site du magazine en ligne Intellego.fr.


PROJETS INSTITUTIONNELS

En visite dans le Nord, Benoît Hamon veut relancer l’éducation prioritaire titre La Voix du Nord. C’est en effet dans l’académie de Lille, qui accueillera à la rentrée prochaine le plus grand nombre (11) de REP+ (ces "Super Zep" dont Le Monde proposait la liste en mars dernier), que Benoît Hamon s’est rendu ce matin pour évoquer la réforme de l’éducation prioritaire. "On observe une vraie dégradation des inégalités et des résultats, c’est frappant entre 2007 et 2012. La crise, c’est plus d’inégalités, de pauvreté, de précarité et cela se ressent à l’école. Il faut donc une nouvelle carte de l’éducation prioritaire, établie sur des critères objectifs comme le taux d’échec en 6e, le nombre d’enfants boursiers, les catégories sociales des familles, pour une politique qui relie l’école et le collège. L’amélioration du niveau suppose qu’il n’y ait pas de rupture." Répondant à une question sur le manque de candidats aux concours de recrutement et sur leurs compétences, le ministre a une réponse qui plaira aux enseignants : "Des gens qui ont bac+5, qui réussissent un concours et sont mis au défi d’enseigner tous les jours à une ou plusieurs classes d’enfants tous différents, en se remettant en cause chaque matin, n’ont rien de cancres. Je pense qu’on devrait plutôt leur dire notre admiration. »

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Le dessin de Fabien Crégut

Savez-vous qui sont les développeurs d’apprentissage ? "Leur mission est d’informer, de promouvoir l’apprentissage auprès des entreprises artisanales et de les accompagner dans la concrétisation de leur projet jusqu’à la signature du contrat.". Leur action est primordiale dans la volonté du gouvernement de développer cette voie de formation. On lira les détails de leur action dans un article de jactiv.ouest-france.fr à l’occasion de la signature par François Rebsamen, ministre du travail, de l’emploi et du dialogue social, et Alain Griset, président de l’Assemblée Permanente des Chambres de Métiers et de l’Artisanat ( APCMA), d’une convention pour reconduire leurs missions.

La nouvelle municipalité de Béziers, conduite par Robert Ménard (FN), après avoir annoncé sa chasse au linge séchant aux fenêtres dans le centre historique de la ville, s’en est pris aux fondements de l’égalité du service public en annonçant que les activités périscolaires proposées par la ville seront désormais réservées aux enfants dont les deux parents travaillent. On peut lire dans La Marseillaise comment un conseiller municipal d’opposition demande l’arbitrage du sous-préfet. Affaire à suivre.


PÉDAGOGIE DANS LES CLASSES

L’évaluation, toujours en vedette dans les médias. Sur le site Euronews, on peut lire un article au titre un peu provocateur : Les notes, à quoi ça sert ?. Le média européen se propose d’aller voir comment les choses se passent en Uruguay (où les notes ne sont pas remises en cause) et au Danemark (où les notes sont proscrites avant 13 ans), puis se tourne vers deux "spécialistes de l’éducation", Philippe Meirieu et Andreas Schleicher. La solution est peut être dans l’entre-deux. Ou plutôt, dans un changement de paradigme ? Sur ce sujet, nous vous conseillons vivement la lecture, d’un billet publié le mois dernier sur le blog L’école de demain, intitulé "Puisqu’on vous dit que la note, ce n’est pas le problème !"

Car enfin, tout est question de pédagogie. On lira dans le Huffington Post une série de recommandations qui, si elles feront sans doute sourire les plus aguerris ne sont pas inutiles à faire lire aux jeunes collègues, ils en feront un meilleur miel que de nombreuses autres lectures.... C’est un sociologue, Stéphane Edouard qui réagit aux derniers sondages sur l’image des enseignants dans la société :
"D’après le dernier sondage AFP en date (fin 2013), seuls 3% des français ont une vision "très positive" de l’école. Alors quand on pense que c’est pourtant la seule époque de la vie où l’on apprend une nouvelle chose chaque jour, où l’on se fait des amis en claquant des doigts tout en échappant aux servitudes du travail salarié, où le concept d’augmentation fiscale est une abstraction parentale, mais aussi l’époque des premiers rapports sexuels, on est en droit de se demander si 97% du corps enseignant faillit chaque année dans sa mission, si 97% des français sont d’indécrottables ingrats, ou bien si le concept même d’enseigner et d’engendrer de la reconnaissance était antinomiques, autrement dit si la majorité des gens n’estimerait pas receler certains dons cachés pour la pédagogie, jugeant d’autant plus sévèrement l’enseignement reçu qu’ils n’ont jamais été en position d’en délivrer eux-mêmes". On y trouvera, en plus des "Huit techniques pour enseigner avec pédagogie" mentionnées dans le titre de l’article, les trois raisons pour lesquelles il est si difficile d’enseigner.

Terminons cette revue de presse par quelques articles portant sur la pédagogie numérique et par... une bonne nouvelle !

Sur le site d’Euronews, La fin de l‘écriture est-elle signée ?
"Que serait l‘école sans les stylos ? [Même] si on n’en est plus à l’encre et à la plume (...) les gestes sont bien là. Et pourtant ils sont menacés. Cette menace est évidemment technologique, à base de claviers et autres tablettes numériques qui ont envahi les domiciles et les lieux de travail pour finalement bouleverser les habitudes. Et si on écrit plus on le fait de moins en moins avec un stylo et du papier. De plus en plus d’écoles envisagent d’abandonner, au moins partiellement, cet outil… " Quel impact sur les fonctions cognitives ? L’écriture manuscrite sera-t-elle un jour seulement une discipline artistique ?

Cela dit c’est André Marcant, délégué académique au numérique pour l’académie de Nice qui l’affirme dans Nice-Matin : "« Le numérique permet d’enseigner et d’apprendre autrement »". L’article est court mais cette phrase à elle seule en vaut la lecture.

Pour rire un peu (et réfléchir un peu aussi), vous pourrez lire l’article de Xavier de La Porte de France Culture, sur le Nouvel Observateur : « Mes parents et leur dinateur » . Juste un extrait pour vous mettre l’eau à la bouche :
"J’aime beaucoup jouer. Quand je joue, je n’entends plus rien. Souvent, ça énerve mes parents, qui me demandent d’arrêter, ce qui m’énerve à mon tour, parce que c’est toujours au milieu d’une partie. Mes parents me disent souvent que j’aime trop les jeux vidéo, en même temps, quand ils veulent être tranquilles, ils me disent « Va jouer sur l’ordinateur » et quand j’essaye de leur expliquer ce qui se passe dans mon jeu, ils ne m’écoutent pas du tout et me coupent la parole pour demander « Et ça s’est bien passé à l’école ? ». Alors que ce qu’on fait, à l’école, justement, c’est parler de nos jeux."


UNE BONNE NOUVELLE

Je vous l’ai promise, la voila. C’est vrai, ce n’est pas tous les jours qu’on assiste à la naissance d’un magazine généraliste sur l’éducation. Accueillons donc La Revue de l’Éducation dont le premier numéro est en libre téléchargement. Ne boudez pas ce plaisir.

Bonnes lectures et une bonne semaine avec l’équipe de la revue de presse.

Mila Saint Anne
(qui remercie Bernard Desclaux pour sa participation à la revue du jour !)


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Quelle éducation prioritaire ?
Revue n°499 - septembre 2012
Où va l’éducation prioritaire, après les dispositifs « Ambition réussite », puis « Éclair » ? Quelles évolutions des pratiques professionnelles, dans la classe, dans l’établissement, dans le réseau ? De ces établissements trop souvent lieux de relégation sociale et scolaire, peut-on faire une école commune ?


Égalité des chances ou école démocratique ?
Revue n°467 - novembre 2008
Au concept ambigu d’égalité des chances, préférons celui d’égalité effective d’accès à l’éducation, à la formation, à la culture et à la qualification : choisir la réussite de tous plutôt que la seule méritocratie, promouvoir le travail souvent méconnu des enseignants et des équipes qui s’efforcent, au quotidien, de rendre l’école un peu plus égalitaire.