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Revue de presse du lundi 19 janvier 2015

Idées - Choix - Voisins - Et ?


Les débats consécutifs aux attaques terroristes continuent dans l’actualité éducative. Il est d’ailleurs difficile d’y trouver d’autres sujets.


Idées

La course aux idées continue après les attentats perpétrés en France. Sur BFM, François Bayrou a plaidé pour une "refondation" de l’école. Passons sur le fait qu’elle est actuellement en cours… Selon lui, "L’école doit avant tout transmettre la lecture et la langue française. Il faudrait multiplier les heures de français à l’école primaire". "On ne pourra pas avoir une pensée articulée en tapotant sur un clavier numérique", a renchéri sur la question Iannis Roder, professeur en Seine-Saint-Denis, également invité de l’émission, et auteur du livre Tableau noir, la défaite de l’école.” Pas de doute, dans les moments difficiles, la tentation d’un retour en arrière n’est jamais loin.
On pourra aussi lire le point de vue d’Alain Bentolila pour l’Obs. Pour le linguiste “l’école laïque doit remettre l’éthique au coeur de l’enseignement”.
Toujours pour l’Obs, Lidia P. Blanc, Professeur de lettres y va également de son analyse : “croire que le discours va passer partout comme dans du beurre est un aveu de naïveté confondant. Je me rappelle qu’en ZEP, où l’école occupe 6h par jour des écoliers ou collégiens, lycéens, le professeur est très seul face à une logique de meute, de quartier, de territoire, où l’instinct et les impressions, les discours rapportés, les mythologies mal digérées ont le dessus sur nos extraits de "l’Encyclopédie" de Diderot.” Le verbe “occuper” laisse tout de même perplexe. “On nous laisse nous faire insulter, menacer et on croit naïvement que les mêmes qui nous dévaluent vont d’un coup nous écouter et adhérer à notre discours citoyen ? C’est ignorer une des règles de base de l’énonciation : si l’énonciateur est ignoré de l’énonciataire, l’énoncé a peu de chances de passer de façon autonome ou clandestine par lui-même, par la seule magie de son existence propre.” Comme si la formation du citoyen ne pouvait passer que par un discours descendant… L’auteur enfonce le clou : “Le discours n’est rien sans la sanction”.
Dans Le Monde, Pascal Convert, propose un point de vue différent. Selon cet artiste, il faut « Mettre fin au culte de l’écrit dans l’enseignement ». “Le conflit qui oppose au sein même de l’éducation nationale culture visuelle et culture de l’écrit, au bénéfice systématique de cette dernière, a conduit à un échec total de l’éducation à l’image.” “Si l’heure est à la révolution, il en est une pacifique : celle de mettre fin au culte de l’écrit dans l’enseignement – culte qui participe à la reproduction des élites –, pour enfin mettre au premier plan l’étude de la culture majeure du XXe et du XXIe siècle, celle de l’image. »


Choix

La ministre de l’éducation nationale devrait mettre fin jeudi au petit concours Lépine des idées sur l’éducation. Déjà l’heure des choix ? C’est ce que rapportent plusieurs médias. Le Figaro évoque les pistes possibles. “Pour le moment, les pistes ministérielles s’apparentent à de grandes déclarations de principe consensuelles. Les mesures s’articuleront autour de trois « axes prioritaires » : la laïcité, la réduction des inégalités et la mobilisation des partenaires de l’école. Enfin, « la question des rites et du respect de l’autorité se pose » également. Imposer aux élèves de se lever ou encore de chanter La Marseillaise fait partie « des choses qui me paraissent devoir ne pas être prises à la légère »” estime Najat Vallaud-Belkacem.
Les décisions de la ministre, il en est également question sur M6.
Les choix à faire résident probablement aussi dans la formation des élèves.
Sur son blog, Jean-Michel Zakhartchouk s’interroge sur ce qui fait autorité. Il explique que "les événements récents font entre autres ressortir la nécessité de travailler à l’école la question du « vrai », face à la déferlante de rumeurs, absurdités complotistes et autres désinformations." "Comment éviter le choc des légitimités, lorsqu’il y a des contradictions (le cas le plus spectaculaire étant celui des religions face à la « vérité historique ou scientifique ») ? Mais aussi comment aider les élèves à naviguer entre autorité de l’École, celle de la famille, et celle de la conformité avec ce que pense le groupe de pairs (parfois fabriqué par les médias, la pression publicitaire, etc.) ?"


Voisins

Qu’en pensent nos voisins ?
La Tribune de Genève rapporte que “l’école en France est l’objet de critiques acerbes. Elles ont pris un tour encore plus vif après les incidents qui ont émaillé, dans quelques établissements scolaires, la minute de silence dédiée, jeudi 8 janvier, à la mémoire des journalistes et dessinateurs de Charlie Hebdo.” On y trouve le témoignage d’Antoine Tresgots. Il “relativise : « Sur 8000 collèges en France, il n’y a qu’une centaine d’établissements qui ont enregistré des incidents durant cette minute de silence. » La fracture, ce sont ces jeunes qui ne perçoivent pas le sens de l’école. Ils ne sont pas aveugles et voient bien que les valeurs de la République transmises par les enseignants ne sont pas pratiquées dans la vraie vie. Ils savent qu’en fonction du statut social de leur famille, ils ne pourront pas avoir accès aux meilleurs établissements.
Le Vif nous apprend qu’en Belgique "plus de 8 directeurs de l’enseignement officiel sur 10 se prononcent pour la suppression des cours philosophiques existants et pour leur remplacement par un cours d’éducation citoyenne."
Toujours chez nos voisins belges, Le Soir s’interroge : "Les cours de religion ou de morale sont-ils encore adaptés aux défis du XXIe siècle ? Doivent-ils laisser place à des leçons de citoyenneté ? Nos enseignants sont-ils préparés à cette mission ? Les questions sont nombreuses, les avis divergents, le débat souvent houleux."


Et ?

Mis à part les suites des attaques terroristes, l’actualité éducative n’est pas riche.
"A moins de six mois des épreuves du brevet des collèges et du baccalauréat, les propositions en matière de soutien scolaire sont nombreuses." La Montagne lance le marronnier du bachotage bien tôt ! « Les demandes se font en majeure partie en septembre mais au fur et à mesure de l’année, cela ne cesse de s’accroître. Notamment pour ceux qui ont les épreuves du baccalauréat ou le brevet des collèges », explique la responsable. Cette année, cent cinquante élèves ont fait appel à l’aide des cinq professeurs cette agence. « La matière la plus demandée reste les mathématiques », sourit Jocelyne Masson."
On peut aussi faire des maths autrement. Ouest France nous propose un exemple dans la droite ligne de la stratégie mathématique présentée il y a quelques semaines par le ministère. Il s’agit ici d’utiliser le Bridge.

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Dessin de Geneviève Brassaud

Enfin, France Bleu revient sur la difficulté à recruter de jeunes professeurs. "Il reste beaucoup à faire pour attirer les jeunes vers les métiers de l’enseignement. Emma, 17 ans, en Terminale au lycée Condorcet de Belfort n’est pas convaincue et elle ne se voit pas du tout prof plus tard. « M’occuper des élèves, ça prend du temps. Ça ne m’intéresse pas, on répète toujours la même chose et j’ai peur de s’ennuyer » dit la jeune fille." "L’autre frein, expliquent d’autres jeunes, c’est la longueur des études. On recrute désormais au niveau master, bac +5. " L’article n’évoque pas la question de la rémunération, ce que n’oublie pas de faire VousNousIls.

Demain, l’équipe de la revue de presse vous réserve une surprise.
Guillaume Caron


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

L’autorité éducative, la construire et l’exercer
Ouvrage - 2014
Bruno Robbes - Scéren-CNDP-CDDP/CRAP-Cahiers pédagogiques, 2014
Pour l’auteur et les différents contributeurs du livre, l’autorité n’est pas innée, elle ne relève pas du charisme, elle s’élabore au jour le jour et reste, de façon permanente, «  en construction  ». Une orientation générale qui va à contrecourant d’un certain esprit ambiant en quête d’une restauration de l’autorité d’hier pensée comme l’attribut quasi sacré de ceux qui la possèdent.

Charlie, en parler avec les élèves
Cercle de discussion

Nous avons tous été touchés par l’attentat contre Charlie Hebdo et les événements qui ont suivi. Comment en parler avec les élèves ? Que faire avec notre émotion, notre colère ? Comment laisser s’exprimer leurs points de vue tout en parvenant à maintenir un échange constructif, respectueux des personnes ? Apportez-nous vos témoignages, faites-nous part de vos difficultés, de vos satisfactions.