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Revue de presse du lundi 17 mars 2014

Orientation - Rythmes scolaires - Pédagogie - Décalé


ORIENTATION

De plus en plus, et c’est heureux, les jeunes ont la possibilité de changer de parcours en cours de formation supérieure. "Résultat, tout n’est pas forcément joué de façon définitive avec APB et l’entrée dans le supérieur. Une perspective qui devrait contribuer à dédramatiser quelque peu l’orientation, souvent vécue dans l’angoisse par les lycéens et (surtout) leurs parents..". D’après Le Monde, dans un article intitulé Pour changer d’orientation, veuillez emprunter la passerelle deux raisons expliquent la multiplication de ces dispositifs "passerelle". La première est de permettre aux jeunes d’échapper à une formation qui ne leur correspond pas et qui est par conséquent promise à l’échec. La seconde réside dans le fait que "l’organisation même de l’enseignement sur la seule base des disciplines, "en silo", comme on dit, est de plus en plus battue en brêche. A tous les niveaux, et notamment en licence, fleurissent désormais les cursus "multidisciplinaires", à "double compétence", ou les "bi-licences", qui favorisent évidemment le passage d’un programme à un autre et les changements de cap. Car l’étudiant est de moins en moins "prisonnier" d’une seule discipline." Et le quotidien de conclure : "Cette évolution, il faut le souligner, constitue un progrès majeur en matière d’orientation. Car, contrairement à une opinion répandue, l’orientation progresse en France – même s’il reste encore un long chemin à parcourir..."

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Le dessin de Fabien Crégut

Toujours sur l’orientation, on pourra lire le billet de Viviane Micaud, dans son blog hébergé par Mediapart intitulé Les biais liés à l’origine sociale dans l’éducation. Elle évoque notament les mécanisme de discrimination entre le collège et le lycée : "surreprésentation des catégories sociales défavorisées parmi les jeunes en grandes difficultés ; méconnaissance du système et donc des règles de la réussite par les familles ; l’autocensure dans les souhaits d’orientation ; la plus grande difficulté à réussir en cas de faiblesse pour les enfants qui n’ont pas le soutien de leur famille."

L’Éducation Nationale, coupable de ne pas aimer les apprentis titrent Les Échos. "Un récent rapport interministériel portant sur « Les freins non financiers au développement de l’apprentissage » jette un regard cru sur la responsabilité de l’Éducation nationale sur ce développement." et en particulier le « manque de légitimité » de l’apprentissage chez les enseignants.
"Pour rectifier le tir, les inspections générales suggèrent à l’Éducation nationale de se fixer des objectifs clairs, d’introduire un module apprentissage dans la formation initiale des professeurs ou encore de rendre obligatoire la participation de tous les collégiens à au moins une séance de découverte de l’apprentissage." Ce à quoi le ministère répond que "c’est précisément l’objectif du parcours individuel de découverte du monde économique et professionnel dès la sixième – dont la mise en œuvre est prévue pour la rentrée 2016.


RYTHMES SCOLAIRES

"Qui a dit que la réforme des rythmes scolaires était un « enjeu » des élections municipales ? A moins d’une semaine du premier tour, on les compte sur les doigts des deux mains, ces villes où l’épineux retour à la semaine de 4,5 jours d’école s’impose comme central dans les échanges entre candidats." C’est à lire dans Le Monde sous le titre Les rythmes scolaires épargnés par les débats des municipales

Cette absence peut en partie s’expliquer par le fait que "petit à petit, des solutions sont trouvées" VousNousIls fait le point avec Paul Raoult, président de la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE).
Pour lui, "la réforme est gagnée dans la mesure où "90% des com­munes se disent prêtes à orga­ni­ser des temps péri­sco­laires à la ren­trée de sep­tembre 2014. Parmi les 10% res­tant, 6% ne veulent pas en entendre par­ler pour des rai­sons poli­tiques et 4% éprouvent de vraies dif­fi­cul­tés dans la mise en œuvre."

Et si on demandait aux premiers concernés ce qu’ils en pensent ? Libération est allé à la rencontre d’élèves de Paris et de Seine-Saint-Denis (93) en pleine activité péri-scolaire. Question : que pensez-vous des nouveaux horaires ? Une vidéo à voir.

Ce que l’on constate en tous cas, c’est que l’appel à manifester des "gilets jaunes" a finalement reçu peu d’écho : 350 manifestants (et deux dromadaires) à Paris, 300 à Marseille, 400 à Mulhouse. À lire dans VousNousIls.


PÉDAGOGIE

"Les professeurs d’EPS n’enseignent pas que du sport" VousNousIls a interviewvé Françoise Brisset, pro­fes­seur d’EPS au col­lège des Tilleuls à Claye-Souilly.
"Au tra­vers de l’EPS, nous cher­chons aussi à déve­lop­per le res­pect des autres, le res­pect des dif­fé­rences, l’autonomie, le goût de l’effort et le tra­vail en groupe avec en sup­port des acti­vi­tés phy­siques et sportives." "L’EPS n’est pas que du sport. Nous fai­sons tel­le­ment de choses à côté : on les motive, on les ras­sure, on leur donne des conseils..."
L’enseignante évoque aussi les obstacles qu’elle peut rencontrer dans son enseignement : éloignement des infra­struc­tures, nombre impor­tant d’élèves par classe, manque de motivation de certains et le sur­poids des élèves qui peut les gêner dans leurs apprentissages.

"Ce lycée qui apprend l’art difficile d’être libre" Le Nouvel Observateur évoque la BD "LAP !" d’Aurélia Aurita qui "s’est plongée durant un an dans l’univers du Lycée autogéré de Paris (LAP). "Elle aussi atterri sur une autre planète et en ramène un reportage qu’on lit en se frottant les mirettes : ça existe donc en France, ce truc ?"
L’article pose également la question : " un LAP est-il une machine à fabriquer de la liberté et de la créativité ou un sas à marginalité ?". La lecture de la BD peut donner quelques pistes de réponse...

Les copains d’abord, ou comment lutter contre l’échec au lycée sans dépenser un euro. La réponse à écouter sur France Info dans la chronique d’Emmanuel Davidenkoff, Question d’éducation.
"Deux chercheurs de l’Ecole d’économie de Paris, Son Thierry Ly et Arnaud Riegert ont établi que le fait de garder les mêmes camarades de classe d’une année sur l’autre favorise la réussite notamment lors des étapes importantes que sont les transition école-collège et collège-lycée – cette dernière étape étant même stratégique puisque les élèves dépassent à ce moment-là l’âge où la scolarité est obligatoire, ce qui signifie qu’en cas d’échec ils peuvent décrocher et quitter le système éducatif."
Et le résultat de leur étude est spectaculaire : le risque de redoublement en seconde diminue d’1% pour chaque camarade issu de la même classe de troisième.

Quelle attitude adopter envers les élèves abominables ? Mara Goyet, dans son blog hébergé par Le Monde
évoque avec lucidité et tendresse ces élèves que les enseignants ont du mal à "gérer" mais qu’il ne faut surtout pas abandonner.
"Je n’ai donc pas de solution. Mais une conviction. Il nous faudrait apprendre à nous sentir responsables de ces élèves. De refuser de les lâcher. Ca demande beaucoup d’efforts." "Nous sommes les profs de tous les élèves, bons, mauvais, adorables, désagréables, méritants ou non, travailleurs ou glandeurs, que notre enseignement est dû, qu’il ne se mérite pas."

La pédagogie dépendrait-elle de l’espace qui lui est consacré ? Une exposition à la Villa Noailles, à Hyères, est dédiée à l’architecture scolaire innovante dans le monde. "Ecoles : l’avenir prend forme" Libération vous la présente.

En tous les cas, selon Le Parisien il va falloir se résigner à dire "adieu à la salle de classe de votre enfance". "Des études ont montré l’importance des espaces scolaires sur l’efficacité des acquis, le climat général dans l’établissement, la qualité des comportements et l’ouverture sur l’extérieur », souligne Maurice Mazalto, un ancien proviseur de lycée qui vient de coordonner, avec le philosophe Luca Paltrinieri, un numéro de la « Revue internationale d’éducation » (CIEP) entièrement dédié à ces questions. « On sait par exemple que les longs couloirs favorisent la violence, alors que les lieux de pause, bien réfléchis, permettent des relations apaisées », ajoute-t-il."


DÉCALÉ

"Depuis un mois tout y est passé. Les élèves allaient s’entrainer à la masturbation en maternelle, on allait leur apprendre à utiliser des préservatifs en CM1, on allait leur montrer des films pornos pendant les nouveaux TAP… Face à ce déferlement de bêtises, les enseignants ne savent plus comment réagir. Lors du dernier conseil d’école une solution a été mise à l’étude : la circulation alternée.
Pour éviter toute accusation de pratiques « déplacées », les couloirs seront réservés aux garçons pendant les heures paires et aux filles pendant les heures impaires. Les enseignants et les élèves se déplaçant en groupe mixte de plus de 3 seront toutefois autorisés à se déplacer toute la journée.
"
Genre : une école va tester la circulation alternée dans les couloirs.. Eduk Actus, excellent site d’informations loufoques et décalées sur l’éducation a encore fait fort !

A demain pour une nouvelle revue de presse sous la plume de Laurent Fillion.

Mila Saint Anne


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Le sens de l’orientation
Revue n° 504 - mars 2013
Comment adapter l’éducation à l’orientation aux besoins de chaque élève, en prenant en considération les plus fragiles ? Comment concilier les compétences et le rôle de chaque acteur ? Comment éduquer à l’autonomie, développer l’estime de soi dans un système qui aiguille le plus souvent uniquement en fonction des résultats scolaires ?

Développer des compétences en EPS
Hors-série n°26 - novembre 2012
Comment, dans le cadre des programmes d’EPS, faire de l’approche par compétences une démarche au service des apprentissages, de la différenciation, de l’individualisation, de l’évaluation formative ?