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Revue de presse du lundi 16 juin 2014

Baccalauréat : jour J - Nos salles de classes sont-elles obsolètes ?


Baccalauréat : jour J

C’est LE marronnier par excellence : le baccalauréat a commencé aujourd’hui en métropole.
Cette institution napoléonienne* (créé en mars 1808) a connu bien des inflexions mais reste pourtant un moment important dans la vie des jeunes. Tous ceux qui l’ont passé en gardent un souvenir très net.
Cette année, 686.907 candidats : le plus âgé a 13 ans, le plus âgé 92. Tous les chiffres ont été publiés dans 20 Minutes la semaine dernière.

Traditionnellement, les séries générales et technologiques (celles dont les journaux font leurs gros titres) commencent par l’épreuve de philosophie. Les séries professionnelles ont commencé aujourd’hui par le Français et l’Histoire Géographie.
Le calendrier, toutes séries confondues est disponible sur le site de l’Étudiant.

Pour la philo, vous trouverez tous les sujets dans la presse, voire même déjà des corrigés, comme par exemple dans Le Monde. Bizarrement, nous n’avons pas trouvé les sujets et les corrigés de la série pro...

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Le dessin de Fabien Crégut

Véronique Soulé signe d’ailleurs dans Libération sous le titre Le bac avec mention « inégalités » un article qui s’appuie sur une étude récente qui "met en évidence qu’entre les filières générale, technologique et professionnelle persiste une hiérarchie scolaire et sociale."
En effet, "officiellement, tous les bacs ont la même « dignité », le prestigieux bac scientifique (S) qui garantit aux meilleurs d’accéder aux écoles de l’élite, comme le professionnel qui, avec ses 80 spécialités, permet de travailler tout de suite, ou encore le technologique, coincé entre les deux, dont l’identité est plus floue."
Mais si on s’attache aux statistiques, on remarque forcément que "quelque 36% des lycéens en première ou terminale scientifique ont un père cadre, 17% un père ouvrier - l’inverse dans la série techno étudiée. De plus, sept ans après l’entrée en sixième, 81% sont en retard en pro, contre 21% à 28% dans le général."

Tous vos quotidiens en parlent : malgré les dispositifs "anti-fuite" annoncés par le ministère, il semblerait que les sujets aient été connus avant l’heure légale de diffusion possible. On peut ainsi lire dans Libération que la gendarmerie enquête sur des soupçons du ministère de l’Éducation nationale, qui « recommande la prudence ».
Pas de risque d’annulation de l’épreuve à priori, mais ça risque de coûter cher aux auteurs de ces fuites.

Les risques de triche aux examens ont évidement été accrus par l’entrée du numérique dans nos vies. "Ils posent aujourd’hui le même problème qu’avaient soulevé en leur temps les calculatrices électroniques et leur mémoire permettant de sauvegarder des données – et des antisèches. Les calculatrices avaient finalement été autorisées en 1986. Quand le bac se mettra-t-il à l’heure d’Internet ?". Le Monde a posé la questions à Claude Lelièvre qui imagine une entrée d’internet au baccalauréat d’ici quelques années.
"On y viendra forcément, peut-être dans les trois à huit ans à venir. J’imagine mal le contraire. A l’époque où j’étais professeur d’histoire à Paris, les documents n’étaient pas autorisés pour les devoirs sur table.
J’ai fait passer des examens en autorisant tous les documents. Eh bien, les notes n’étaient pas meilleures. Forcément, si on autorise les documents, il convient d’adapter les sujets, de les rendre plus transversaux. Avant, on demandait aux élèves de restituer leurs connaissances, car on voulait tester si l’information avait bien été transmise. Maintenant, on demande surtout au candidat de montrer qu’il a compris et d’être inventif. Internet s’inscrit dans cette évolution..
".
Ceci signifiera forcément une révolution pédagogique des épreuves...

On oublie trop souvent que les futurs bacheliers ne sont pas seulement des jeunes ou des retraités. Il existe un lycée méconnu, le Lycée Municipal d’Adultes de la Ville de Paris (LMA) qui prépare à l’examen des adultes salariés. Le Nouvel Observateur lui consacre un article. "Dans la journée, ils sont aide-soignants, vendeurs, secrétaires, maçons... Et, pour certains, sans emploi ou retraités. Inscrits dans des classes de la seconde à la terminale, ils préparent un bac général. Pour le plaisir, pour prendre leur revanche, ou pour évoluer. " Le taux de réussite est très comparable à celui des lycéens et le trac n’est sans doute pas moins grand pour ces candidats atypiques. Ce qu’on retiendra de l’article c’est le bonheur d’étudier, une meilleure confiance en soi et l’entraide générationnelle que ce genre d’établissement permet de développer. Un bel exemple qui donne envie de voir éclore d’autres expérimentations de ce genre dans toutes les académies !


Nos salles de classes sont-elles obsolètes ?

Futurs en Seine, une grande manifestation consacrée au numérique, a ouvert ses portes à Paris. C’est l’occasion pour la presse de s’intéresser à l’ergonomie des salles de classes.
Nos salles de classe ressemblent toujours à celles de nos aïeux. Et ce n’est pas près de changer titre Louise Tourret dans un article de Slate. Cette normalisation de l’espace scolaire (la classe mais aussi les espaces hors de la classe est rassurante. Les innovateurs plient souvent devant les obstacles et les incompréhensions. "La pédagogie est une affaire de représentations, et la bonne disposition des tables l’est également. Pour la plupart des enseignants, il reste plus simple de travailler dans le cadre traditionnel, leur formation ne leur apprend pas à penser autrement ou très modestement. Changer les choses signifie parfois affronter ses collègues, sa hiérarchie, devoir convaincre les parents. Car, finalement, les représentations du « bon ordre » pédagogique semblent encore solidement ancrées dans les esprits, et pas seulement les esprits enseignants."
Sur le site de France Info, l’accent est mis sur le retard pédagogique induit par cette vision traditionnelle de l’organisation des lieux d’apprentissage. Les salles de classe sont-elle en retard sur la pédagogie ?

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* On lira une histoire du baccalauréat dans un article de Claude Lelièvre paru en 2008 à l’occasion de son bicentenaire dans le Café Pédagogique.
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Bonnes lectures et bonne semaine avec toute l’équipe de la revue de presse.
Mila Saint Anne


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

La philo en discussion
Revue n°432 - mars 2005
Multiplication de cafés philo, succès de livres philosophiques, création d’universités populaires... On assiste à une forte demande de philosophie dont témoigne aussi la revendication des élèves de lycée professionnel de bénéficier de cet enseignement, ou le développement de nouvelles pratiques philosophiques à l’école primaire.

À quoi sert de réussir à l’école ?
Hors-série n°Cahiers d’Éducation & Devenir n° 8 - juin 2010
Y a-t-il adéquation ou relation directe entre réussite scolaire et réussite professionnelle ? Entre réussite scolaire et réussite sociale ? Entre réussite scolaire et réussite personnelle ? Questions qu’Éducation & Devenir s’est posées lors de son colloque national de 2010 à Roubaix, et auxquelles ont tenté de répondre les participants adhérents, experts et praticiens de l’école.