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Loi Blanquer - Evaluations - Remplacements - Communautarisme

Revue de presse du lundi 15 octobre 2018

Où l’on dénonce le contenu explosif de la Loi Blanquer, tenue secrète le plus longtemps possible, pour ne pas alerter les enseignants. Le remplacement des enseignants par des AED par exemple, serait un sujet capable de mettre des professeurs dans la rue, pour ne pas dire à la rue. Mais ce n’est pas le seul.

Loi Blanquer

Ecole : le contenu du projet de loi Blanquer
« Un projet de texte de 24 articles doit être présenté lundi 15 octobre au Conseil supérieur de l’éducation selon Le Monde. »

Évaluation, expérimentation, formation des enseignants : ce que prévoit le projet de loi Blanquer
« Le projet de loi “pour une école de la confiance”, qui va être dévoilé ce lundi, annonce un bouleversement profond du système éducatif. Les principales mesures doivent entrer en vigueur à la rentrée scolaire 2019. » précisent Les Échos.

Blanquer : sans foi ni loi ? Un tournis historique pour faire la loi.
« Alors qu’il avait promis qu’il n’y aurait pas de “loi Blanquer”, le ministre de l’Éducation nationale présentera un projet de loi le lundi 15 octobre devant le Conseil supérieur de l’Éducation. En l’occurrence, il est sans foi sinon sans loi, la sienne. Il ne veut pas faire simplement une loi, mais la loi ; avec le moins de contrôle possible. » dénonce Claude Lelièvre.

François Jarraud renchérit dans le Café pédagogique :
La loi Blanquer pour réformer l’École
« Réforme territoriale par ordonnances, remplacement des professeurs par des AED, suppression du Cnesco, cadeau au privé, mise au pas des Espe : si la loi Blanquer a été tenue secrète jusqu’au dernier moment c’est qu’elle comporte des sujets explosifs. En principe elle n’aurait du modifier le Code de l’éducation que pour permettre la scolarité obligatoire à 3 ans. Présentée aux syndicats le 8 octobre elle doit passer en CSE le 15. »

Pour le maintien du Cnesco
« Quatorze organisations membre du conseil consultatif du Cnesco (Conseil national de l’évaluation du système scolaire) ont signé lettre commune au ministre de l’Éducation nationale pour demander son maintien, alors qu’un projet de loi qui sera discuté en CSE (Conseil supérieur de l’Éducation) le 15 octobre prévoit sa suppression. Le CRAP-Cahiers pédagogiques s’associe à ce courrier. »

Comment Blanquer enterre l’évaluation indépendante de l’École L’évaluation de l’École doit-elle être faite par le ministre de l’Éducation nationale « ou doit-elle être indépendante ? Doit-elle être au service des parents et des enseignants ou doit-elle répondre aux commandes du cabinet ministériel ? Ces questions se posent avec le projet de loi "pour une école de la confiance" qui vient d’être transmis aux syndicats. Très attaché à l’évaluation, au point de multiplier les niveaux des évaluations nationales à cette rentrée, Jean-Michel Blanquer semble surtout avoir peur que l’évaluation lui échappe. Le nouveau projet de loi "pour une école de la confiance" ne se borne pas à supprimer le Cnesco. Il le remplace par une structure qui non seulement sera dirigée par un conseil à sa botte mais aussi qui n’aura plus aucune autonomie dans ses recherches et ne pourra plus rendre aux enseignants les services que le Cnesco a rendu depuis 2013. » Le café pédagogique ne mâche pas ses mots.


Évaluations

« Les évaluations à objectifs multiples produisent de la confusion » prévenait, avant même les résultats, Yves Dutercq, professeur de sociologie de l’éducation, chercheur au Centre de recherche en éducation de Nantes (CREN) dans La Lettre de l’éducation.

Évaluations : « En CE1, un élève sur deux a des difficultés en calcul mental », pointe Jean-Michel Blanquer
« Le ministre de l’Éducation dévoile à “20 Minutes” les premiers résultats des évaluations nationales des élèves de CP et de CE1... »
Il porte le même titre que l’article du Monde, qui commence en rappelant que « selon ces évaluations, 23 % des élèves en début de CP ont des difficultés à reconnaître les lettres et le son qu’elles produisent et 8 % ont des difficultés à reconnaître les nombres dictés. »

Infox, s’insurge Roland Goigoux, qui a envoyé à France Inter une mise au point sur les résultats des évaluations CP/CE1 et l’a publiée sur Twitter.

« En l’état, les chiffres communiqués par le ministre ne peuvent être signifiants » déplore le SE-Unsa
« Jean-Michel Blanquer livre lundi les premiers résultats des évaluations menées auprès de 1,6 million d’écoliers de CP et CE1. Mais pour Stéphane Crochet, interrogé par FranceTV Info, il faut s’interroger sur la "validité scientifique de ces tests". »

Déjà que « les enseignants se plaignent des nombreux problèmes techniques rencontrés lors de la saisie des réponses des élèves ».
Évaluations nationales en CP et CE1 : des dysfonctionnements sur la plate-forme en ligne


Remplacements

L’école malade de l’absentéisme des profs alertait Marie-Estelle Pech dans le Figaro.
« Depuis la rentrée, 26.021 heures de cours n’ont pas été assurées. Les remplacements demeurent un casse-tête.
Depuis septembre, au moins 26.021 heures de cours sont déjà parties en fumée pour cause de professeurs absents, révèle lundi la FCPE, première fédération de parents d’élèves de l’enseignement public. Un chiffre légèrement supérieur à celui récolté à la même époque en 2016. Depuis l’année de création du site Ouyapacours il y a dix ans, « rien ne s’améliore en dépit des promesses ministérielles successives », observe Raymond Artis, le président de la fédération. »

en signalant dans un autre article que la galère des remplacements n’épargne pas l’enseignement privé.

Est-ce que la solution sera dans la Loi Blanquer, qui prévoit que les assistants d’éducation inscrits aux concours de l’enseignement pourront assurer des heures d’enseignement ?

Agacé, Lucien Marboeuf fait remarquer que
Les profs (sont) moins absents que la moyenne des salariés. À lire, pour affronter les repas de famille et les remarques de la belle-sœur.

On en oublierait presque la grève du 9 octobre, unissant plusieurs catégories de salariés des services publics : psychiatrie, postiers, centres d’appels, enseignants, retraités...
« Nous montrer, être là, c’est notre seul moyen d’action » La manifestation du 9 octobre, à l’appel d’une partie des syndicats pour la défense du modèle social, des services publics et des salaires, a été plutôt bien suivie, notamment à Paris, note Médiapart.


Communautarisme

EXCLU EUROPE 1 - Les dérives du communautarisme à l’école pointées par une note des services de renseignement
« Repas, sorties scolaires, mixité garçon-fille… Dans certains établissements scolaires en France, des élèves reproduisent un comportement jugé communautaire, adopté par leurs parents. Et cela inquiète l’Éducation nationale. »

Communautarisme à l’école : Iannis Roder constate "une extension d’une pratique religieuse plus rigoriste"
Iannis Roder, professeur d’histoire-géographie au collège, reconnaît sur Europe1 constater une pratique "plus stricte" de la religion à l’école mais assure que l’on "ne peut pas parler de généralisation".


La disparition de "L’Étudiant"

« Et un journal de moins, cette fois c’est "L’Étudiant" qui disparait. Le journal "L’Étudiant", celui que vous avez probablement lu si vous avez été étudiant dans les années 80 ou 90, eh bien ce journal n’est pas en train de disparaître, il a disparu, dans la grande indifférence de tous. »

Sur une récolte de Cécile Blanchard, fruits amers apprêtés par Catherine Rossignol


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

N° 547 - Des alternatives à l’école ?
Dossier coordonné par Richard Étienne et Jean-Pierre Fournier
septembre-octobre 2018
Qu’en est-il de ces expériences de classes et d’écoles alternatives, dans le système public comme à l’extérieur, voire à l’étranger ? Sur quels principes se fondent-elles ? Comment interroger ces principes ? Un dossier pour voir plus clair dans ce qui, au-delà d’une certaine mode, reste flou.

N° 546 - L’histoire à l’école : enjeux
juin 2018
Comment les élèves peuvent-ils construire un rapport apaisé, critique et intégrateur au passé de la société humaine et à l’Histoire ? Une histoire qui prenne en compte le récit, l’histoire politique, économique, sociale, les représentations, les enjeux de mémoire, qui éveille l’esprit et qui crée du « nous ».

N° 516 - Devenir lecteur
novembre 2014
Allons au-delà des controverses stériles et caricaturales : lire est une compétence complexe, apprendre à lire peut passer par bien des chemins, prend bien du temps, jusqu’à faire des élèves des lecteurs capables de comprendre et d’interpréter des textes de tous les genres, pour découvrir le monde comme les plaisirs esthétiques de la littérature.