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Revue de presse du lundi 15 juin 2015

Bac - Programmes et réforme - Inégalités - En vrac


Enfin, il est arrivé ! Le marronnier du bac 2015 est à la une de l’actualité éducative. Programmes et réformes font cependant de la résistance dans les médias. On se soucie aussi des inégalités dans l’éducation et on met quelques infos en vrac.


Bac

Le bac fait donc la une de l’actualité éducative jusque sur la chaine dailymotion du Ministère qui nous donne « les conseils du médecin scolaire ». On y découvre les conseils habituels, réviser en faisant des pauses... et surtout qu’il reste donc un médecin scolaire dans l’Éducation nationale. La préparation s’intensifie aussi à la radio avec France Info qui s’intéresse aux conditions de Grigny. Les propos sont tout à fait pertinents sur la nécessité du diplôme et les difficultés d’intégrer des établissements prestigieux. En parlant de préparation, l’Obs s’intéresse aux différentes formes de triches.
Le bac ce sont des prévisions, comme à la météo, et donc à l’Express on s’intéresse aux sujets de français en relevant les prévisions hasardeuses des autres publications. Savoureux.
Le bac c’est aussi un planning et cette année il questionne 20Minutes qui se demande : « Le week-end au milieu des épreuves, une fausse bonne idée ? ». Et on n’échappe pas aux poncifs. Ce planning, Claude Lelièvre l’a analysé en montrant qu’il témoigne d’un phénomène bien connu des enseignants « « le » baccalauréat (dont on nous rebat chaque année les oreilles) n’existe pas. » Effectivement, il existe des baccalauréats. Je vous recommande cette lecture.
Pascal Riché publie dans l’Obs une tribune pour supprimer le bac.
« La France s’accroche pourtant à sa relique bachelière, animée par sa passion immodérée pour les monuments nationaux. Le bac relève du même esprit que la légion d’honneur, le Panthéon, la marseillaise, Catherine Deneuve, la Tour Eiffel ("Comme elle, il ne sert à rien mais c’est un symbole dont on ne peut se passer", a dit de lui François Dubet), le camembert. C’est le rite de passage tricolore, le grand bizutage national. Et c’est une spécificité locale : la quasi-totalité des autres pays du monde entier se passent de bac. » Il conclue sur une préférence pour une graduation fondée sur le contrôle continu. Le contrôle continu, Claude Lelièvre l’évoque aussi dans EducPro « L’éternel retour de la question du »contrôle continu » au bac » montrant que cette question est, elle aussi, un marronnier politique.

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Le duel bac contre contrôle continu par Jimo

Programmes et réforme

Le collectif Aggiornamento propose sous la plume d’un de ses membres une : « proposition pour une réécriture des programmes des cycles 2,3 et 4 » d’histoire. La proposition d’une géo histoire est intéressante mais cela donne des programmes de 4è et 3è très chargés. Mattea Battaglia interviewe Claude Lelièvre pour Le Monde sur le roman national dans les programmes d’histoire. On peut retrouver ici l’article du blog de Claude Lelièvre sur ce sujet.
Côté réforme, Savoirs et Connaissances s’intéresse aux échanges du SE-Unsa avec le ministère lors de la réunion du 10 juin préparant la circulaire. Sous un vernis de neutralité l’auteur dévoile cependant son opinion sur le projet : « Ce qui étonne cependant, dans la teneur de ces échanges, c’est que le sacrifice opéré sur le latin et les classes bilingues au profit d’une plus grande justice apparaît bien vain, car les établissements scolaires vont finalement pouvoir faire ce que bon leur semblera en la matière, grâce à quelques petites adaptations. Et, en face, on ne trouve pas vraiment d’éléments permettant d’assurer aux plus faibles la réussite tant recherchée…A moins de penser que les fameux EPI vont à eux seuls réussir à donner les fondamentaux à tous les élèves… ».
Un blog rend compte d’une étude qui montre que « L’Éducation nationale reconnaît l’importance de la résistance pédagogique des enseignants du primaire » concernant les évaluations de CE2. « les ministères Darcos et Chatel bloqueront régulièrement la publication des travaux des chercheurs de la DEPP car ils ne correspondront pas à ses attentes ou à ses objectifs politiques…Cette politique d’évaluation chiffrée était bien conçue dans un esprit de classement et de mise en concurrence des écoles. Cette logique de compétition prenait à contre-pied l’esprit des anciens programmes de 2002 qui précisaient que les évaluations ne devaient pas « conduire à stigmatiser, à classer prématurément, à enfermer les élèves dans des catégories qui deviennent des destins ou, pire, à faire revivre des structures de relégation d’un autre temps ».  »
Vous avez dit compétitivité ? C’est la raison explique le Figaro pour laquelle « la Suisse a inscrit la formation musicale dans sa Constitution »


Inégalités

Le site Questions de classes inaugure une série d’articles intitulée « « Zébulon » : enseigner dans le 93, la chronique de Véronique Decker » qui débute par ces mots « J’ai toujours beaucoup aimé enseigner en Seine Saint Denis.
Je sais, ce que je dis n’est pas à la mode. Il faut se plaindre de nos conditions de travail exceptionnellement dures, des racailles, de la République abandonnée, des territoires égarés
. », la suite est tout aussi alléchante, régalez-vous.
Le Parisien propose un article sur des propositions concernant la mixité scolaire qui semble intéressant, mais il est en édition abonnés.
François Fourcade publie dans EducPro un article de blog audacieux sur les marges. Intitulé « Les marginaux d’aujourd’hui seront les leaders de demain », il y développe l’idée que notre monde changeant rapidement, pour s’y adapter, il nous faut modifier les paradigmes éducatifs afin de ne pas se laisser dépasser par des écoles comme Ecole42.

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L’élite marginale de Geneviève Brassaud

En vrac

En vrac certes, mais pas moins importants...
La chronique de Véronique Soulé dans le Café pédagogique évoque « Une journée pour intéresser les élèves à la science et à la techno » sur une initiative originale des étudiants des Mines de Nantes. Ils « ont organisé, le 4 juin, un « Défi techno » pour plus de 200 écoliers dans l’esprit de « La main à la pâte » – faire d’abord chercher les élèves eux-mêmes, puis expliquer ensuite. »
Robert Chaudenson commence une chronique sur l’évolution de la thèse de doctorat sur son blog. En ces années où elle a été souvent réformée, une lecture passionnante.
Le Café pédagogique rend compte de l’étude de Gilles Ferréol pour l’Unsa Education et l’IRES sur le malaise enseignant et son traitement par la hiérarchie. «  La crise que traverse un enseignant tient bien sur à sa personnalité. Mais elle renvoie aussi à sa formation, son environnement professionnel et à la crise du système éducatif qui est largement documentée.  ». Un sujet difficile mais bien documenté dans un article qui renvoie à d’autres études sur cette question.
Si vous ne souhaitez pas vous arrêter sur le burn-out enseignant, vous pouvez toujours nous informe Le Parisien acheter un cahier de vacances pour vous détendre puisque que « Dans les rayons depuis jeudi, ce livre publié par le premier éditeur religieux de France s’adresse aux « croyants ou incroyants », désireux d’« apprendre, retrouver ou réviser la foi ». ». Hé oui, un cahier de vacances catholique par l’époux de l’ancienne égérie de la Manif pour Tous...

Emilie Kochert

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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Au lycée professionnel
Revue n°484 - octobre 2010

Comment travaille-t-on, enseignants et élèves, dans les lycées professionnels ? Comment fait-on avec des publics souvent fâchés avec l’école, avec de nouvelles prescriptions ?

Ecole et milieux populaires
Revue n°520 - mars 2015

Le mythe de l’égalité républicaine, nous n’y croyons plus trop, nous savons bien que certains élèves «  sont plus égaux que d’autres  ». Nous ne sommes pas naïfs. Mais pour la plupart, enseignants et acteurs de l’éducation, nous pensons travailler à la promotion de tous et souhaitons souvent pouvoir «  compenser  » les inégalités.